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I. CANADA

Quelques écrivains prétendent que Jean Cabot, et Sébastien, son second fils, pénétrèrent, vers 1497, dans le fleuve Saint-Laurent; mais rien n'est moins certain. De 1497 à 1534, plusieurs navigateurs conduisirent des expéditions vers les rivages canadiens. En 1534, le pilote malouin Jacques Cartier débarqua dans la baie des Chaleurs, reconnut, dans un premier voyage , les côtes du golfe, prit possession du puys au nom de la France, et remonta dans un second le fleuve Saint-Laurent jusqu'aux lieux qui devaient plus tard s'appeler Québec et Montréal. Mais il faut arriver à l'année IGOiS, pour voir les Français prendre pied sur cette terre , qui allait bientôt recevoir le Bom de Kouvelle-France. — C'est en 1608, en effet, que Samuel de Champlain fondait Québec. En 1G41 naissait Montréal. En 1663, Colbert se souvenait enfin de la France transatlantique, et lui donnait sa première constitution.

Déjà l'administration française avait imposé à la propriété territoriale, dans le Bas-Canada, l'organisation féodale dont les traces se sont conservées jusque dans ces derniers temps. La Couronne concédait à des gentilshommes , propriétaires d'un manoir, des domaines ordinairement fort vastes, moyennant les droits de rente fixés par la coutume de Paris ; ils exerçaient sur ces domaines un droit de justice locale, aujourd'hui aboli. En écliange, ces seigneurs devaient rétrocéder aux colons non encore propriétaires des lots de terres incultes qui avaient le plus souvent une étendue de 90 acres, pour lesquels ceux-ci payaient un cens d'environ un sou par acre, et qu'ils s'engageaient à défricher, etc. En Î755, les hostihtés éclatèrent entre lAnglelerre et la France. On sait quelles en furent les fatales conséquences.' Le traité de Paris de I7(i3 céda définitivement la Nouvelle-France à lAngleterre.

Les luttes ardentes des deux races qui se partageaient dès lors le Canada remplirent les premières années de la domination anglaise, et la colonie fut placée sous l'autorité sans contrôle du gouverneur. h"Ac(e de Québec, adopté par le Parlement en 1774, mit fin à cet état de choses, et fut la première constitution de la colonie anglaise. Par cet acte, on créait un conseil supérieur et législatif de vingt -trois membres, on rétablissait les lois françaises, et

on décrétait l'égahté devant la loi des catholiques et des protestants.

A VActe de Québec succéda la Constitution de 1791, qui faisait pour la première fois intervenir le principe électif dans le régime de la colonie. Le pays était divisé en deux provinces, le Haut et le Bas-Canada. Le pouvoir exécutif, dans chaque province, était délégué à un gouverneur et à un lieutenant-gouverneur, assistés d'un conseil exécutif, analogue au conseil privé d'Angleterre, dont les membres étaient nommés et révocables par la Couronne, et qui faisait en même temps fonction de cour d'appeL Le pouvoir législatif était confié à un conseil législatif composé de membres à vie choisis parle roi, et à une assemblée représentative élue pour quatre ans par les francs-tenanciers des villes et des districts.

La Constitution de 1840 réunit sous un même gouvernement les deux provinces du Haut et du Bas-Canada, séparées par l'acte de 1791. Le pouvoir exécutif était exercé par un gouverneur et par un ministère responsable. Les ministres discutaient, dans des assemblées particulières, les affaires qui se décidaient dans des conseils présidés par le gouverneur, « car, en sa présence , il est dans l'ordre de ne pas différer essentiellement d'opiniom». Le gouverneur, en cas de confiit, avait le droit de dissoudre le Parlement.

Ce parlement se composait de deux chambres. — 1° Le conseil législatif : le nombre de ses membres était indéterminé ; ils étaient nommés par la Couronne, sur l'avis du conseil des ministres, et le président du conseil était choisi par le pouvoir exécutif. — 2° L'assemblée législative, élue pour quatre ans par le peuple des comtés et des villes. Elle comprenait cent trente membres : soixante-cinq pour chacune des deux provinces, et élisait son président.

La réunion des deux provinces eu un seul État colonial avait, au fond, pour objet d'annihiler Félément français et d'assurer la prépondérance à la population d'origine anglaise. Mais grâce à une conduite habile et à une courageuse fermeté , grâce surtout à l'alliance de l'émigration irlandaise, que la communauté de religion rapprochait des colons français, l'influence de ceux-ci, loin de déchoir, a grandi. Les protestants du Haut-Canada ont alors formé des associations analogues aux loges orangistes de l'Union. En novembre 1859. les délégués des municipalités se-i"éunissaient à Toronto au nombre d'environ 600. Us demandaient la réforme de la constitution, le rappel de l'Union, ou au moins la constitution d'un gouvernement central adjoint, qui aurait un caractère fédératif et serait chargé de la gestion des intérêts généraux et communs, taudis que des gouvernements particuliers seraient investis du pouvoir de régler les afl'aircs locales ; on parlait même d'annexion aux États-Unis. Une autre question entretenait l'agitation. 11 s'agissait pour le Canada de choisir une capitale. Québec et Montréal faisaient naturellement valoir leurs titres historiques. Toronto et Kingston élevaient

DOMINION

des prétentions plus nouvelles, et les villes intéressées , dans l'impossibiliié de s'entendre , choisirent la métropole pour arbitre. Celle-ci les renvoya dos à dos, et conseillée par des considérations stratégiques, se prononça en faveur dOttawa.

En 1663, la population européenne du Canada ne dépassait pas 2,000 habitants, en 1721 elle s'élevait ù 25.000, à 70.000 en 1761;

— aujourd'hui elle compte 3,000,000 d'âmes, c'est-à-dire qu'elle est , par rapport à la population de, 1761, dans la proportion de 30 à 1.

— Les États-Unis eux-mêmes ne présentent pas , dans l'accroissement du nombre de leurs habitants, un progrès aussi rapide, et la différence est encore beaucoup plus sensible si on se contente de les comparer au Haut-Canada.— D'après le recensement de 1871, le chiÛVe exact de la population du Haut-Canada (Ontario) s"elève à 1,962,067 liab. Le Bas-Canada (Québec) compte 1,354,067 hab. Dans cette province, les '/g de la population appartiennent à l'ancienne émigration française de .rehgion catholique. Dans le Haut-Canada , "/so sont anglais-irlandais , %o d'origine anglo-américaine et '/îo d'origine française ',: en tout, 3,316,134, à quoi il convient dajouter environ 16,000 Indiens Ghippeways ou OjibewaySj Mahawks ou Iroquois.

Les recettes s'élevaient à 2,442,090 livres sterling en 1865 et à 2,640,183 livres sterling en 1866. Les dépenses étaient évaluées à 2,685,482 liv. sterling en 1865 et à 2,587,105 liv. sterling en 1866. Ces chiffres n'avaient pas sensiblement changé en 1870.

Le Canada est avant tout un pays agricole, et ce sont principalement ses produits naturels qui lui fournissent les éléments de son commerce. Une seule industrie y a pris un grand développement, c'est celle des constructions navales, et le port de Québec est un des plus grands chantiers de construction du monde.

Importation pour la consommation intérieure en 1869-1870, 71, 237,603dollars; en 1870-1871, 86.947,482 dollars; exportation aux mêmes années, 73,573,490 et 74,173,618 dollars.

ii. — xouvelle-kcosse, xouveau-brunswick , Iles du pringe-édouard, du cap-i!reto.\ et

DE LA madeleine; TERRE-NEUVE, LABRADOR.

La partie de la Kouvellc-Bretagne qui est située à l'est du fleuve Saint-Laurent l'ut peuplée, vers la fin du seizième siècle, par des colons anglais. Elle comprenait, sur le continent, deux provinces beaucoup moins étendues que le Canada, la Nouvelle - Ecosse et le JVouveau- Erunswick; ces deux régions, traversées de l'ouest à l'est par les dernières chaînes des montsAlléghanys, arrosées de phisieurs fleuves, couvertes de forêts où dominent le chêne et l'érable, devinrent rapidement des colonies florissantes. Les îles du Princc-Édouard, du Cap- Breton, de la Madeleine faisaient partie du même système géographique et colonial. C'était, dans l'extrême nord de l'Amérique (au Nouveau- Brunswick l'hiver le moins rigoureux est de six mois), l'avaut-gardc de cette colonisation an-

glaise qui a formé le principal groupe politique des États-Unis. Uestés sous la domination de la couronne d'Angleterre, les États riverains du Saint -Laurent reçurent en 1784 une coijstitution modelée, comme celle du Canada, sur la Constitution anglaise; c'est-à-dire qu'un gouverneur représentant la Couronne y exerçait le pouvoir exécutif et partageait le pouvoir législatif avec un conseil élu par les colons. L'ile de Terre-Neuve , située à l'extrême orient de l'Amérique nord, dans l'océan Atlantique, fut, dès le seizième siècle (sans parler des premiers voyages des Scandinaves), la station de pèche la plus fréquentée par toutes les nations maritimes du nord de l'Europe, mais par les Anglais principalement.

Après la cession du Canada aux Anglais, la direction militaire des États situés à l'est du Saint-Laurent fut concentrée à Québec; mais la législation intérieure et extérieure des provinces demeura toujours distincte. Avant l'annexion au Canada, en 1867, la population du Nouveau-Bruuswick était évaluée à 252,047 habitants; celle de la Nouvelle-Écosse à 330.857. L'ile du Prince -Edouard en comptait 84.386; l'île de Terre-Neuve 122,638.

Le budget de chaque colonie s'équilibrait, au Nouveau-Brunswick, par 170,450 liv. st. de recettes et 189,679 liv. st. de dépenses; à la Nouvelle -Ecosse, par 260,670 de recettes et 220,471 de dépenses; à l'île du Prince-Edouard, par 45,361 de recettes et 50,631 de dépenses; à Terre-Neuve, par 130,448 de recettes et 156,454 de dépenses.

Le mouvement commercial atteignait, au Nouvcau-Brunswick, un chiffre d'importations de 1,476,374 liv. st., un chiffre d'exportations de 1,153,008 liv. A la Kouvelle-Écosse , les importations s'élevaient à 2,876,332 liv.; les exportations à 1,766,139 liv. Les importations à l'ile du Princc-Édouard étaient de 381,015; les exportations, de 291,546, Les importations à Terre- Neuve étaient de 1,104,084; les exportulions, de 1,144,375.

m. — TERRITOIRE DELA BAIE d'hUDSOX, COLOM- BIE BRITAN.NIQUE, TERRITOIRE DE STEKI.X , ÎLE VANCOUVER.

Les immenses territoires situés à l'ouest du Canada ne comptent encore d'autres centres de population que quelques stations de chasse ou de pêche. Le territoire de la baie d'iludson n'est habité que par quelques Indiens et par les Trappeurs de la Compagnie dite de la Baie d'Hudson; la chasse aux fourrures est la seule industrie de celle contrée. Les territoires de Stekin et de la Rivière-Rouge, de la Colombie britannique soûl des déserts; l'ile Vancouver, seule, sur l'océan PacKlqiie, est une station de pêche et peut devenir un centre de commerce maritime important.

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