‹ Dictionnaire général de la politiqueChapitre 357 sur 557 · DOUANES. — DRAGONNADES · texte numérisé non relu

DOUANES. — DRAGONNADES

épiées; les (axes sur les objets de luxe, tabacs, eanx-de-vie, liqueurs, enfin sur les objets de grande consommation.

De son côté, la protection se propose de mettre, sur le marché intérieur, les produits du travail national à l'abri de la concurrence des produits similaires de l'étranger. Elle a divers moyens de procéder. Ainsi on protégera telle marchandise produite à l'intérieur en prohibant complètement l'importation de la marchandise similaire; dans d'autres cas, on se bornera à soumettre les produits étrangers à un droit égal ou supérieur à la différence des prix; ailleurs, on frappera d'un droit de sortie les matières nécessaires à l'industrie. Enfin un autre moyen de protéger consiste à affranchir de tous droits d'entrée les matières premières, telles que les laines en masse, les soies, le coton, les minerais, etc.

Aujourd'hui, la prohibition commerciale a disparu de nos tarifs; la Russie parait être actuellement le seul pays qui conserve encore quelques dispositions de cette nature. Ces prescriptions surannées ne résisteront pas dans ce pays aux vues plus libérales qui s'accréditent de plus en plus en Europe.

Il serait intéressant de rechercher, pour les principaux pays, le taux moyen des droits de douanes et de comparer ainsi les divers tarifs; mais l'insuffisance des publications officielles ne permet pas d'obtenir à cet égard des calculs d'une exactitude réelle. On peut admettre cependant jusqu'à un certain point que les pays où les droits sont les, plus élevés sont la Russie, l'Espagne et les États-Unis. Viennent ensuite l'Angleterre, la France, l'Autriche, l'Italie, l'Allemagne, la Belgique, et, en dernière ligne, les Pays-Bas et la Suisse, qui sont sans contredit les deux pays où le tarif des douanes a le caractère le plus libéral et le moins onéreux.

Nous trouvons dans un travail pubUé en 1859 par le Journal des économistes , sous le titre de Tarifs compares des douanes et la signature de M. Maurice Block, un aperçu fort curieux des proportions dans lesquelfes les douanes concourent aux revenus totaux des divers Etats. Cette appréciation n'a rien perdu de son intérêt.

Etats-Unis. . . . 93.07 "/o

Norwége .59.02

États romains . . 55.73

Suède 36.22

Suisse 35.43

Grande-Bretagne 32.90

Hanovre 25.74

Saxe 15.31

Bavière . . . . . 13.36

États sardes. . . 12.75 "/o

France 11.71

Russie 11.25

Espagne 10.56

Pruese 9.88

Belgique 8.52

Autriche 7.G5

Wurtemberg . . 5.15 Pays-Bas 3.97

De l'examen de ce tableau, il résulte que tel État demande aux droit.s de douanes un faible contingent pour son budget; dans tel autre, cet impôt pourvoit aux principaux besoins du trésor. A d'autres époques, les proportions ne sont naturellement pas les mêmes. Quoi qu'il en soit, le système des douanes, comme nous l'avons déjà dit, parait présenter, au point de vue fiscal, une utilité réelle, et, du moment que sou maintien est jugé nécessaire, il im-

porte d'eu simplifier, autant que possible, l'application et d'écarter avec intelligence toutes les complications qui ne sont plus en rapport avec Iq& tendances éclairées et de plus en plus libérales de notre temps. Henri Bacquès.

Comparez : Droits différentiels , Impôts , Libre Échange.

DRAGONNADES. Nom populaire et devenu historique d'un moyen de contrainte imaginé par Louvois à l'égard des protestants. C'était ce qu'on appelait, dans le langage administratif du temps , conversion des hérétiques par les logements militaires. Les dragons , qui alors combattaient indifféremment à cheval ou à pied, inspiraient une terreur particulière; c'est ce qui les fit préférer pour ce service qu'on désigna depuis sous le nom de missions bottées.

Louvois avait soutenu M™« de Montespan; il s'était prononcé d'abord, àl'égard des hérétiques, pour le plan de d'Aguesseau, qui voulait qu'on les ramenât sans violence. Quand ce ministre vit le roi dominé par M™^ de iMaintenon, la conversion prompte et générale des réformés devenue la grande affaire du règne et les convertisseurs seuls favorisés, il crut son crédit compromis. Changeant aussitôt de système, il eut l'art de faire rentrer la question religieuse dans les attributions du ministre de la guerre par les logements militaires.

11 commença, en 1681 , dans le Limousin et le Poitou qui* relevaient de lui, écrivant aux intendants d'accabler les protestants de cavaliers à loger : «Si, suivant une répartition juste, ils en devraient porter dix, vous pouvez leur en faire donner vingt.» Il fut obéi; tous les excès furent encouragés. L'effet de ce genre de persécution , au sein de chaque famille, dépassa l'espérance de Louvois. Des milliers de protestants se déclarèrent catholiques. Mais ceux de l'Aunis et de la Saintonge, pays maritimes, émigrèrent en foule. Colbert s'en émut; il éclaira le roi et, dès le mois de mai, il obtint trois mesures réparatrices : l'interdiction de ce moyen de conversion; un arrêt du conseil coiitre les violences qui se faisaient en quelques lieux contre les religionnaires et la destitution deMarillac, intendant du Poitou. ^ ,,.

Colbert mourut en 1683; les Le Tellier restèrent maîtres. Louvois obtient du roi, en avril 1685, l'autorisation d'employer contre le Béarn protestant une armée rassemblée au pied des Pyrénées pour intimider l'Espagne. (Mémoires de Foucault, p. 118.) Il suffu-ait, disait le ministre, de montrer les h-oupes aux religionnaires. L'intendant Foucault écrivit bientôt que de 22,000 hérétiques, quelques centainesseulement résistaient encore. L'armée . des Pyrénées fut alors envoyée en Guyenne, I Foucault en Poitou , Basville en Languedoc. Ce dernier, à Kimes, logea jusqu'à 100 hommes par maison de protestants riches; il convertit, en trois jours , 60.000 réformés. Une foule de documents attestent les allentats de tout genre contre les propriétés et contre les personnes

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