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DRAPEAU

était rendu maître, et l'on ne se tenait pour vaincu que lorsqu'on l'avait perdu.

A Ja chape de saint Martin , qui fut en vogue pendant six cents ans, succéda, au douzième siècle, une autre bannière non moins fameuse que l'on appela orijlamme , à cause des flammes d'or dont elle était parsemée. On avait répandu dans la nation la croyance qu'elle avait été apportée du ciel àCIovisouà Charlemagne. L'oritlamme ' n'était autre chose que la hannière que l'on portait aux processions de Saint- Denis et dans les guerres particulières que les moines de cette abbaye faisaient contre leurs voisins.

h' avoué, ou vidame [voy. ce mot) de ces moines, qui était le comte du Yexin, allait la prendre dans leur église avant que de se mettre en campagne, et l'y reportait en grande pompe quaud la guerre était finie.

Louis VI dit le Gros , ayant acquis le Vexin, en usa conmie faisaient les comtes; de là vint que ses successeurs s'accoutumèrent peu à peu à se servir de l'oriflamme , ce qui n'empêchait pas qu'on ne portât en même temps la bannière de France. Ou ne se servait de i'oriflannne et de la bannière que dans les grandes expéditions.

Au quinzième siècle, les ducs et comtes s'arrogèrent le droit d'avoir un drapeau et un cri de guerre, mais bientôt tout chevalier put l'acquérir, pourvu qu'il fût assez riche pour réunir sous ses couleurs quatre ou cinq gentilshommes, et douze ou seize gendarmes. Il demandait à être banneret pendant une expédition, et les chefs de fost, après avoir examiné ses titres, coupaient carrément la pointe anguleuse de son peunoH.

La couleur de l'oritlamme a changé plusieurs fois; Charles VI lui donna la couleur bleue; le blanc fut adopté sous Charles IX.

Sous Louis XIV, les drapeaux des régiments étaient à armoiries diverses. Sous Louis XV, la couleur des drapeaux a continué à être diverse, mais l'étofle était partagée par une crois blanclie.

Tendant longtemps, il y eut même autant de drapeaux que de compagnies ; ils portaient alors le nom d'enseignes. Le drapeau bUiuc était dans le principe le drapuau de la compagnie dite la colonnelle, c'est-à-dire de la compagnie qui appartenait au colonel général de l'infanterie ; quand cette dignité fut abohe , il n'y eut plus qu'un drapeau par bataillon, et le drapeau blanc devint le principal drapeau du régiment , et la cravate blanche des drapeaux de couleurs variées en devint comme la consécralion royale.

Les enseignes des régiments de cavalerie ont pris le nom d'étendards; le drapeau est de beaucoup plus long que l'étendard. Les drapeaux et étendards étaient portés autrefois par des officiers appelés enseignes; chaque compagnie ou escadron avait son enseigne. Au moyen âge, les étendards des comtes , des barons, des évèques, lorsqu'ils marchaient à la tête de leurs vassaux, prenaient le nom de gonfanons, bannières, pcnnons.

Depuis le règne de Louis XV, les étendards ont été de môme couleur que les drapeaux, c'est-à-dire blancs ; mais la draperie a toujours été de moindre dimension.

On tenait pour règle militaire, que le porteétendard , de m.ême que le porte-drapeau , ne devait jamais l'abandonner : « Le malheur avenant d'un désavantage militaire, disait Tauteur de V Alphabet militaire, le taffetas lui doit servir de linceul pour rensevelir.« La bénédiction des drapeaux se faisait en grande pompe, au bruit des tambours, des trompettes, et même de la mousqueferie des troupes qui étaient sous les armes.

Quand le régiment n'était pas campé , le drapeau était porté chez le colonel et escorté par un détachement du régiment, musique en tête. De nos jours les choses se passent de même; le drapeau est chez le colonel, et lorsqu'il eu sort, c'est toujours accompagné par une compagnie d'éhte, musique en tête. Dans la cavalerie, il est escorté par un escadron du réglmeiiL.

La couleur du drapeau français resta blanche jusqu'au règne de Louis XVI; mais le 13 juillet 1789, au bruit du tocsin , l'assemblée des électeurs de la ville de Paris rend un arrêté ayant pour but d'organiser la milice parisienne, et dans cet arrêté se trouvent les dispositions suivantes : « Les couleurs distinctives de la miUce parisienne seront celles de la ville : en conséquence, chacun portera la cocarde bleue et rouge. » Les couleurs de la ville furent aussi celles des premiers drapeaux de la mihce parisienne. Après le 14 juillet on joignit la couleur blanche aux couleurs de la ville par signe d'alliance de la royauté avec la population parisienne, et les drapeaux furent tricolores; et à partir de ce moment les étendards , drapeaux , tant de l'armée que de toutes les gardes nationales de France, furent ■ aux trois couleurs. Le 1 7 juillet , la milice a bourgeoise de la ville, qui avait pris le titre de ^ garde nationale de Paris, avait arboré les trois couleurs, et c'est au milieu de ses rangs pressés que Louis XVI se rendit à l'hôlcl de ville de Paris , et reçut des mains de Bailly la cocarde tricolore, la mit sur son chapeau et se montra ainsi à la fenêtre. Cette acceptation des couleurs nationales fut reçue par des applaudissements universels.

Sous la première République (décret du 27 pluviôse an II) et sous le premier Empire, le drapeau tricolore fut déclaré drapeau national. Ce glorieux drapeau a flotté sur les clochers de la plupart des capitales de l'Europe.

Le H vendémiaire an VIII (3 octobre 1799), dans une loi relative aux honneurs et aux récompenses nationales à décerner aux armées de la République, on avait arrêté ce qui suit : «Les drapeaux des armées qui auront obtenu, durant le cours de la guerre, des décrets de bien mérilc de la patrie, les pavillons-amiraux des commandants qui auront gagné une bataille navale, seront portés avec solennité au Panthéon , et les noms des batailles gagnées

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