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ÉCHANGE DES PKISONNIERS. — ÉCHELLES DU LEVANT, ETC

tième siècle, il y avait une énorme disproportion entre le prix des hommes, à raison de leur grade. Un maréchal de France, ou général en chef, ou vice-amiral, était assez ordinairement estimé 50,000 livres tournois ; un soldat ou matelot, de 5 à 7 hvres. Une fois le prix des hommes déterminé, rechange arrive naturellement à une compensation au taux de la valeur pécuniaire. Et comme c'est la pensée de la rançon qui domine, on s'habitue à considérer les bas officiers et les soldats comme la monnaie des officiers généraux et supérieurs.

Un siècle plus tard, le développement de la civilisation et des idées philosophiques ayant habitué les gouvernements à considérer les hommes comme ayant leur valeur personnelle indépendamment de leur position sociale , les tarifs se rajjprochent singuhérement. Dans un cartel de 1780 entre la France et l'Angleterre, un maréchal de France, un amiral, etc., sont évalués 1,500 livres tournois; les simples soldats ou matelots 25 hvres. Alors ce n'est plus la pensée de rançon qui domine, c'est celle d'échange. L'échange se fait autant que possible pour des hommes de grade égal ou trèsrapproché. En 1G90, on aurait consenti à rendre un maréchal de France contre 10,000 soldats; en 1780, on n'aurait pas imaginé d'ofl'rir 60 soldats comme la monnaie d'un maréchal. Le principe qui prévalut fut de ne plus considérer les hommes d'un prix inférieur que comme pouvant servir à un appoint.

A l'époque des grandes guerres de la République française , il se flt un nouveau progrès. Les principes d'égalité qui avaient dominé en France faisaient repousser toute appréciation d'un homme à prix d'argent. Aussi un décret de la Convention nationale, du 25 mai 1793, contient les dispositions suivantes, dont l'importance se comprend immédiatement, et qu'on ne peut faire connaître que par une citation textuelle: « 1. Il n'y aura aucun tarif pécuniaire pour l'échange des prisonniers de guerre. 2. Il n'y aura pas de tarif d échange, tel qu'un officier ou sous-ollicier, de quelque grade que ce soit, puisse êlre échangé contre un plus grand nombre d'individus de grade inférieur. 3. La base commune des échanges sera d'échanger homme pour homme et grade pour grade. » C'est d'après ces bases que fut conclu un cartel d'échange entre la France et l'Angleterre, le 13 septembre 1798; et depuis cette époque, ou a procédé suivant ces mêmes principes dans toutes les conventions entre les puissances européennes.

Les cartels pour l'échange des prisonniers sont ordinairement conclus direclement parles gouvernements, c'est-à-dire par des commissaires munis de pleins pouvoirs du souverain. Cependant les généraux commandant en chef étant toujours autorisés à faire au nom de l'Étatdes conventions militaires avec les généraux einiemis pour ce qui concerne leur commandement, il se fait fréquemment des cartels d'échange de géuéralà général. Souvent même on échange les prisonniers de part et d'antre en bloc et sans les compter, sauf à avoir égard

à ceux d'entre eux qui tiennent de leur grade une plus grande importance.

Enfin, il est devenu d'un usage invariable , qu'au moment du rétablissement de la paix, les prisonniers qui se trouvent entre les mains de leurs ennemis, sont immédiatement renvoyés de part et d'autre en toute hberté dans leurs pays respectifs, sans échange ni rançon.

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