ÉCHELLES DU LEVANT, ETC. — ÉCHIQUIER
G en Syrie : Alep, Beyrouth, Jérusalem, Damas, Bagdad, Mossoul ;
3 en Arabie et en Egypte : Djeddah, le Caire, Alexandrie ;
5 dans les pays barbaresques : Tripoli, Tunis , Sousse , Tanger , Mogador.
Chacune de ces places est le siège d'un tribunal consulaire dont la juridiction s'étend à toutes les échelles de moindre importance formant la circonscription du consulat.
A. Ubicini.
Comparez : Capitulations, Consuls, Francs, etc.
ÉCHELLE MOBILE. Voy. Subsistances.
ÉCHEVINS. Une opinion qui parait accréditée fait dériver ce mot de l'allemand Scliaben ou Scabinen (actuellement Schoppe ou Schoffe), en basse latinité Scabinus, qui veut dire juge ou homme savant.
11 est de fait, que le nom d'échevins a été d'abord donné aux assesseurs ou conseillers des comtes ou centeniers qui, dans les premiers âges de la monarchie française , étaient chargés d'administrer et de reiidre la justice dans les comtés ou centenies, à la tête desquels ils étaient placés. Us furent institués dans ces fonctions, d'une manière permanente, par Cliarlcmague , qui se trouve ainsi le fondateur de cette institution. Plusieurs auteurs ont pensé qu'à leur origine, les échevins étaient électifs: M. Guizot n'est point de cet avis ; il pense que ces élections, qui se faisaient, à la vérité, en assemblée publique , ne recevaient du peuple d'autre consécration que celle de sa présence, et le comte ou centenier, seul, désignait l'élu. Inutile de dire que le peuple, en ne s" opposant point à réleclion désignée, semblait en accepter la validité, c'est ce qui a fait penser, sans doute, que les échevins étaient électifs.
Les noms des échevins nouvellement élus étaient envoyés au roi, qui en confirmait l'élection, tantôt par son silence, tantôt par une approbation expresse.
En l'absence du comte ou centenier, les échevins le remplaçaient complètement, ayant alors la plénilude de son autorité, tant au civil qu'au criminel.
Lorsque par la suite les comtes se furent rendus niailres de leurs gouvernements et le possédaient à titre héréditaire, ils confièrent le soin de rendre la justice à des odiciers appelés baillis, prévôts, etc. La position des échevins se trouva alors changée, car, dans certaines parties de la France, les baillis et les prévôts voulurent seuls exercer les fonctions déjuges, ou s'ils consultaient des assesseurs ou échevins, ce n'était qu'éventuellement et de leur propre gré. Dans d'autres parties, au contraire, les échevins demeurèrent juges ou assesseurs, et leurs pouvoirs eurent plus ou moins d'étendue, selon l'usage des lieux.
A Paris . les échevins remplirent d'abord les fonctions de juges, sous la présidence d'un homme du roi ; mais à partir de 1251, le prévôt des marchands fut mis à leur tête, et ils devin-
rent ses conseillers ou assesseurs. Ils siégèrent avec lui à l'Hôtel de ville . rendant la justice sur les matières de police et sur les affaires commerciales.
Les échevins de Paris reçurent des rois de France plusieurs privilèges auxquels ne participèrent point les échevins des provinces : le plus important de ces privilèges était celui qui leur conférait des titres de noblesse. — Les échevins de Paris étaient au nombre de quaire; leurs fonctions duraient deux ans ; ils étaient élus au scrutin secret dans l'assemblée du corps de ville et des notables bourgeois, réunis à cet effet le jour de la fête de Saint-Koch; ils étaient renouvelés par moitié.
Dans tout le reste de la France, les échevins avaient des fonctions qui tenaient de l'administration des affaires civiles et de la magistrature ; ils étaient soumis à des usages et à des lois variant selon les provinces où ils exerçaient leur juridiction.
Les échevins formaient ainsi une municipalité portant le nom A'échevinage. Cette institution fut supprimée dans toute la France, par la loi du 14 décembre 1789, qui ordonna que d'autres administrations municipales fussent formées par voie d'élection. Depuis lors, les jnaires et les adjoints ont remplacé les échevins dans une partie seulement de leurs attributions, et la loi de pluviôse an VIII a circonscrit définitivement les fonctions municipales, en les plaçant sous le contrôle administratif , des préfets et des sous-préfets. l .
Henry Legeay.
ÉCHIQUIER. La Cour de Féchiquier était, dans les premiers temps des rois normands, en Angleterre, une institution d'une très-grande importance. Elle tenait ses entrevues dans le palais du roi ; les plus illustres prélats et les hauts barons y siégeaient avec les autres dignitaires du royaume, et quelquefois elle était présidée par le roi lui-même. Son nom. Scaccarium, est dérivé du tapis bigarré, semblable à un échiquier et divisé en carrés de différentes couleurs, qui était placé sur la table autour de laquelle la Cour prenait séance : on aurait trouvé que cette disposition permettait d'y compter plus facilement de l'argent. 11 s'en fallait de beaucoup toutefois que cette Cour n'eût d'autre attribution que d'encaisser les recettes de l'État. Elle avait pour principale fonction d'administrer les revenus de la couronne, et toute affaire qui se rapportait directement ou indirectement au domaine royal était portée devant elle. Elle vint bientôt ainsi à étendre sa compétence sur une grande multitude d'objets. Les revenus du roi avaient pour sources, soit les produits de ses domaines, épars sur toute l'étendue du pays, soit les aubaiues {escheats), les amendes, les confiscations (forfeitures) et autres redevances féodales; soit enfin les droits de douanes, les subsides, les tailles et autres taxes. Ces divers éléments de son revenu étaient ordinairement perçus par les shérifs des différents comtés, qui étaient quelquefois chargés de les recevoir au nom de