‹ Dictionnaire général de la politiqueChapitre 381 sur 557 · EGLISE CATHOLIQUE. — EGLISE GRECQUE · texte numérisé non relu

EGLISE CATHOLIQUE. — EGLISE GRECQUE

«elui de la révélation permanente du pape substituée à la révélation unique de Jésus-Christ. Cette nouvelle religion qui ne peut invoquer en sa faveur aucune des preuves qui servent de fondement à la croyance ancienne, prévaudra-t-elle contre le Christianisme véritable ? Quoiqu'il se soit formé un parti de vieux-catholiques, cette éventualité est à craindre. Les masses, trop ignorantes pour apprécier la portée des controverses religieuses , s'en rapportent à la parole du prêtre et l'enseignement nouveau se substitue ainsi sans difliculté à l'enseignement ancien. Ce ne sera que lorsque la doctri o inaugurée en 1870 aura produit ses conséquences, que chacun pourra juger l'arbre par ses fruits. Or, ces fruits on peut prévoir quels ils seront, quand on considère la voie que la papauté suit avec opiniâtreté, quand on voit que le premier usage qu'elle fait de son omnipotence est d'ériger le Syllabus à l'état de dogme, d'anathématiser la pensée même d'une réconciliation de l'Église avec les idées de progrès et de liberté ?

Pour nous, la civiUsation moderne est tille de l'Évangile et nous espérons fermement que le Christianisme continuera à présider à ses développements ultérieurs. Mais pour qu'il en soit ainsi , il faut que la crise qui agite aujourd'hui le catholicisme aboutisse à une rénovation réelle et qu'on ne revienne pas seulement à l'état de choses antérieur à 1870. Les entreprises hardie.: qui ont transformé la constitution séculaire de l'Éghse n'eussent pas été possibles sans les fautes commises par le clergé depuis le moyen âge. Les choses en sont arrivées au point que l'édifice cathoUque a besoin d'être reconstruit en entier. Puisse une réforme large et compréhensive adapter les institutions ecclésiastiques aux nécessités nouvelles, ne conserver que les croyances et les préceptes directement fondés sur l'Évangile et créer ainsi un véritable christianisme universel, capable d'unir dans son sein tous ceux qui cherchent sincèrement la vérité religieuse et morale.

A. Ott.

Comparez : Annales, Bénéfices, Bref, Bulle, Clergé, Concile , Concordat , ^.Congrégations religieuses , Dîmes, Droit canon, Édit de Nantes, Encyclique, Evêque, Excommunication, Franchises gallicanes, Hérésie, Index, Infaillibilité, Inquisition, Interdit, Jésus (Compagnie de) , Mainmorte , Missions religieuses, Papauté , Partibus (In) , Persécution , Petto (In), Rome, .'^icrilége, Saint-Barthélémy, Syllabus, Temporel , Vatican.

ÉGLISE GALLICANE. Voy. Franchises de l'Église gallicane.

ÉGLISE GRECQUE. Nous nous abstiendrons d'expliquer l'origine et les phases de la séparation de l'Église grecque de l'Eglise romaine, nous nous bornerons à exposer aussi succinctement que possible comment l'Église grecque ou d'Orient est constituée.

L'Église d'Orient est divisée en quatre patriarcats, dont le siège est à Constuntinople, à Jérusalem, à Antioche et à Alexandrie. La Grèce, avant son émancipation, relevait de celui de Constantinople; depuis la guerre de l'in-

dépendance , elle s'est affranchie de cette sujétion, et la constitution de 1844 a érigé le fait ^ principe. L'autorité supérieure réside dans un saint-synode permanent, composé de cinq membres; il siège dans la capitale et est présidé par le mètropohtain : les quatre autres membres portent le titre de conseillers. Le souverain est représenté dans le saint-synode par un commissaire royal qui assiste à toutes les séances et contre-signe tous les actes, mais sans avoir le droit de délibérer. En ce qui regarde les questions purement religieuses, le saint-synode agit dans la plénitude de son indépendance; dans les autres d'un intérêt mixte, il se concerte avec le gouvernement : il est chargé de censurer les ouvrages donnés à la jeunesse, il veille à ce que les fêtes soient célébrées selon le rite orthodoxe et à ce que les membres du clergé ne s'occupent pas de politique. Dans les demandes de divorce , c'est sur la transmission de la sentence émanée du parquet, que l'évêque prononce la dissolution du mariage. Le traitement du métropolitain est de 6,000 drachmes; chacun des dix archevêques en touche 5,000, mais les évoques n'en reçoivent que 4,000. Ces derniers sont nommés par le roi, sur la présentation de trois candidats choisis par le saint-synode dans le clergé du royaume de Grèce.

Des quatre grands sièges d'Orient, celui de Constantinople est le seul qui ait conservé de l'importance; c'est de lui que relèvent, quant à la direction spirituelle , les provinces soumises à la Turquie et à l'Autriche.

En ce qui concerne l'Église gréco- russe, on sait que depuis la prise de Constantinople par les Turcs, le clergé russe s'est regardé comme indépendant de la suprématie du patriarche d'Orient, et que son influence s'en accrut au point de porter ombrage aux souverains moscovites. L'avènement de Pierre P'' mit un terme à cet état de choses; il savait que son clergé était contraire aux réformes qu'il méditait. 11 déposa de sa propre autorité (1G81) le patriarche de Moscou, Nikon. Plus tard, il supprima cette dignité et confia la direction de tout ce qui concernait les affaires ecclésiastiques à un collège composé d'évêques et de conseillers de l'ordre civil, appelé le Saint-Synode diiigeant, qui siégea d'abord à Moscou et plus tard à Saint-Pétersbourg. Aujourd'hui les membres de ce synode prennent rang immédiatement après les sénateurs. Il est présidé par un archevêque, qui ne doit pas s'éloigner de la résidence impériale. Les quatre grands diocèses ont pour sièges Pctersbourg, Kief, Casan et Tobolsk; mais le saint-synode a des comptoirs en Géorgie, dans l'Imérétie et la MingréUe, dont les chefs-heux sont des sièges épiscofaux'.

Chopix.

Comparez: Grèce, Orthodoxie, Russie.

1. Xous ajouterons le passage suivant extrait de l'excellente Histoire des dogmes chrétieii.i par M.^Eug. Haag (Paris, J. Cherbuliez, 2<^ édit. ISIii) : tL'Église grecque diôère aujourd'hui de l'Eglise romains par un seul dogme, la procession du Saint-Esprit. L'une et l'autre admettent l'Ecriture et la tradition comme

ÉGLISES PROTESTANTES

ÉGLISES PROTESTANTES '. L'organisation des églises est la seule partie des choses religieuses qui soit directement du ressort de la politique. 11 me parait cependant convenable de commencer par jeter un coup d'oeil sur la nature même du protestantisme, l'organisation d'une église dépendant naturellement du principe sur lequel cette église est fondée. Et comme d'un autre côté le protestantisme a donné naissance à plusieurs communions différentes entre elles, sous plusieurs rapports, et qu'elles se sont constituées d'après divers systèmes, il convient encore d'indiquer quelles sont les dififérences dogmatiques qui les distinguent les unes des autres; j'exposerai ensuite, dans leurs traits généraux, les constitutions qui régissent les prijicipales de ces églises.

SOMMAIRE

Page 1