EGYPTE. — ELECTEUR
eliiffre au maximum de 18,000, a du être renforcée pendant la guerre de Grimée pour fournir au sultan un secours qui n'a pas été moindre de 30,000 hommes; mais depuis la paix le nizam est rentré même au-dessous de son cadre normal . s"il est vrai qu'il soit réduit aiijourd'iiui à 12,000 soldats. — Quant à laUotte, elle se compose d'un petit nombre de navires.
D'après le budget de lauuée copte commençant le 11 septembre 1871, les recettes s'éfèvent à la somme de 1,458,729 bourses 166 piastres, dont près de 90.5,000 bourses provenant de l'impôt foncier, 113,000 (net) des chemins de fer, 98.500 des douanes, 52 de divers domaines , le reste de sources très-diverses. Parmi les dépenses , dont le total a été évalué à 1,283,829 bourses 391 piastres, nous signalons les suivantes: liste civile du Khédive et de sa famille 82,145 bourses; tribut au Sultan 131,667 bourses 249 piastres; ministère de la guerre 1 10,000 bourses. L'ensemble des frais d'administration du pays coûte, à très-peu de chose près, 600,000 bourses et les intérêts de la dette s'élèvent à 483,408 bourses.
Quant à la dette, en voici le montant en livres sterling, telle qu'elle résulte du budget de 1872 (situation du 8 janvier 1872):
Capital Restant dû Iiiléitls primilif. en 1S72. en 1S71.
Empr. 1862,7 p. 100 3,292,800 2,883,000 202,8G0 Obligation Medji-
diél8G2, 10 p. 100 348,717 » .^OOO
Obliij. 18G1, 7 p. 100 5,704,200 3,923,800 280,511 Empr. du cbemiu
deferlHSfl, 7p 100 3,000,000 1,000,000 122. .")00
Empr, 18G8, 7 p. 100 11,890,000 11,493,500 812^017
Livres st. 24,235,717 19,300,300 1,422,8>;8
En ce pays les institutions dépendent trop directemeut des Khédives pour que l'on puisse considérer ce qui a été décrété comme de solides et délinitives conquêtes de la iégaUté sur l'arbitraire. Enregislrous cependant encore les réformes suivantes comme autant de jalons sur le chemin de la civilisation. En 1854 Saïd prohiba l'introduction d'esclaves en Egypte, et eu 185G libéra ceux qui s'y trouvaient; en 1801 les peines corporelles ont été abolies à leur tour. Far ses ordres, les écoles d'état-major, militaire et de médecine, créations de .Méliémet-Ali, délaissées par Abbas-Pacha, furent réorganisées , ainsi que l'école ou mission égyptienne de Paris. Dans les écoles secondaires on enseigna, outre le turc, la géographie, Phistoirc, les mathématiques, le dessin, et daus les écoles primaires la lecture et l'écriture arabes, ainsi que l'arithmétique: un conseil est préposé à leur bonne direction , mais ne peut triompher d'embarras flnanciers qui nuisent ù leur développement et on compromettent même l'existence. Un autre conseil, dit civil, fut institué pour la préparation des lois, et trois ministères pour l'admiiiislralion des affaires publiques, intérieur, finances, guerre. Les gouverneurs de province (moiuUrs), trop puissants , ont été remplacés par des préfets [maiinours) de département qui ont sous leurs ordres les chefs de village [cheikhs-el-be-
led). Pour le Soudan égyptien les réformes promulguées ont été plus radicales encore, mais leur application laisse à désirer, faute de surveillance.
Les travaux publics ont reçu une impulsion d'une efficacité plus assurée pour la prospérité générale. Le canal Mahmoiidié, qui unit Alexandrie au Ail, a été curé, élargi, flanqué d'une route latérale. Le pont-barrage du JVil a été construit. Le chemin de fer a été prolongé du Delta au Caire et du Caire à Suez , sans compter divers embranchements qui portent le réseau égyptien à plus de 500 kilomètres. La télégraphie sous-marine a rattaché Alexandrie à Malte par Benghazi et Tripoli; Suez à Aden par les Ilots de la mer Rouge. La télégraphie électrique a comblé la lacune d'Alexandrie à Suez, et remonte le iN'il jusqu'à Kéné. Sur le fleuve une flottille à vapeur remorque les navires à voile. Rappelons encore le balisage et Péclairage du port d'Alexandrie; la forteresse de Galaad-Saïdeh, qui protège tous les canaux du Delta; la formation de la compagnie maritime de la Medjidié, chargée de la navigation dans la mer Rouge; la création du musée du Caire; les encouragements donnés aux diverses explorations des sources du M. iV'oublions pas surtout que Pachèvement du canal de Suez est dii surtout aux capitaux que les Khédives ont mis dans cette grande entreprise, et qu'ils ont facilité en outre par la création du canal d'eau douce dérivé du Ml vers l'est.
Tel est, eu ce moment, Paspect général de PÉgypte: un pays riche des dons de la nature et des avantages de sa position , appauvri et engourdi par douze siècles de barbarie, a été violemment secoué par la rude main de Méhémet-Ah , dont l'œuvre de régénération s'est continuée avec une égale intelligence et plus d'humanité par la main de ses successeurs. Au premier événement qui ébranlera l'Orient, il entrera peut-être, sur le pied d'égalité, dans la famille des nations libres et civilisées, sous le haut patronage des pnis.sances de POccideut. En obtenant que sa neutralité devienne un des articles du pacte européen, PÉgypte sera mise en paisible et sûre possession de sa destinée et prendra le rôle, que lui assig-ne sa position centrale au cœur de Pancien continent, de route et de caravansérail, d'hôlcllerie et de bazar d'une grande partie du monde.
Jui.es Duval.
Mis à jour (en respect.ant autant que possible les opinions personnelles de l'auteur) par M. B.
ÉLECTElTR. On trouvera, d'une part, au mot Élection, et de Pautre, aux articles consacrés aux divers pays, les conditions requises pour être électeur et éligiblc.
Dans l'empire germanique, dissous en 1806, Pélectorat représenlait une dignité qui conférait le droit exclusif de prendre part à l'élection de Pempereur. La BiUle d'or de 1356 fut le premier acte authentique qui reconnut ce pri-vilége important à un certain nombre de princes, les archevêques de Mayence, Trêves et Cologne, le roi de Bohême et les titulaires des