ÉLOQUENCE. — ÉMANCIPATION (EN DROIT CIVIL
ans SCS fiers et impérieux accents. Puis ce trône allici' croulera, et la liberté, rentrée en possession de ses imprescriptibles droits, redressera la tête et reprendra la parole. Deux écoles se rencontreront aussitôt sur le terrain où elles vont se livrer une bataille qui dure tonjoui's: Técole légitimiste ou conlre-révolutioiujaire , ayant poi»' champions les de La Bourdonnaye , de Lalot, Dudou, de Castelbajac, de Bonald, de Salaberry, de Marcellus. de Villèlc, et avec une nuance très-prononcée, M. de Martigiiac et Chateaubriand; l'école libérale, représentée brillamment par Camille Jordan , Pasquier, Courvoisier, Siméon, Laine, Beugnot, de Serre, Manuel, Benjamin Constant, Lallitte, Bignon, d'Argenson, Casimir Péricr, Royer-Collard, Gorcelles , Slanit^las Girardin, Chauvelin, Mauguin, le général Lafayelte, le général Foy, dont le talent et la fortune oratoire n'ont point été ciracés. C'est cette dernière école qui a fourni au gouvernement de 1830 ses appuis et ses agresseurs, — ceux-ci renforcés d'un éloquent organe de l'opinion légitimiste (Berryer) et d'ardents apôtres du radicalisme, — les uns et les autres préparant, à qui mieux mieux, de nouvelles surprises révolutionnaires où la tribune ne devait pas toujours trouver son compte.
Dans les quarante à cinquante dernières années, la Belgique, rAilemagnc, l'Espagne, le Piémont, aujourd'hui royaume d'Italie, ont eu aussi leur tribune politique, et des hommes d'État tels que JN'othomb, Lebeau, Rogier, Donoso- Certes, de Cavour, Slahl, Wakleclc , Vijickc (pour ne parler que des morts), y ont marqué leur passage et inscrit leur nom d'une manière souvent glorieuse.
Après avoir ainsi esquissé à vol d'oiseau les annales de l'éloquence politique, nous demanderons-nous si les conclusions qu'on en peut tirer sont en faveur ou au désavantage de la tribune ? Ce serait poser ici la question des divers modes de gouvernement , et ce n'est pas le lieu de la traiter. On ne saurait sans doute méconnaitrc que l'éloquence politique expose à des épreuves et qu'elle a ses périls. Mais elle est, nous l'avons dit plus haut, l'upauagc de la liberté, et c'est par la tribune que celle-ci se manifeste cum dignitate. Les imprudences étant la loi des pays Ubres, il faut savoir s'y résigner et compter sur la liberté même poiu' réparer les accidents qu'elle peut causer. Tacite l'a dit: Malc periciilosam libertutem quam tutiim servitium. Quand vous aurez interdit l'éloquence , dit M^'^ de Staël , qu'aurez-vous fait ? Les hommes ne seront plus conduits que par les sentiments les plus vulgaires, qui, dans l'état habituel, sont ceux du grand nombre; la gloire aura disparu, car il faut que la parole soit hbre pour que la louange ait son prix. « 11 en est de l'éloquence comme des lumières, comme de la liberté , comme de tous les grands développements de l'esprit humain. Il se peut que des malheurs soient attachés à ces avantages; mais , pour se préserver de ces mallieurs, il faut anéantir tout ce qu'il y a d'ulile, de grand et de généreux dans l'exercice des facultés morales. « Cu.\nLES Beau.