‹ Dictionnaire général de la politiqueChapitre 408 sur 557 · EMIGRATION. — EMPEREUR · texte numérisé non relu

EMIGRATION. — EMPEREUR

de changer de patrie. L'émigration , quel que soit le motif qui la détermine, est rcxercice d'un droit incontestable: eu matière politique, elle peut être, et, de 1791 à 1793. elle a été, pour un trop grand nombre de Français, un acte de prudence et un préservatif contre la proscription et contre la mort : mais il ne semble pas qu'elle doive en aucun cas s'expliquer ni s'excuser comme l'accomplissement d'un devoir. Il y a plus de dignité, et eu même temps plus de courage, pour un parti vaincu, à attendre, au sein même du danger, la réaction inévitable des idées de justice et de paix, qu'à porter au dehors ses découragements et ses haines. Les prêtres et les nobles qui ont émigré à l'approche ou sous le coup de la Terreur, étaient excusables en ce sens qu'ils se voyaient menacés et frappés par les excès d'une révolution qui faisait violence à leurs convictions et à leurs sentiments. Mais l'excuse ne saurait s'étendre à l'erreur déplorable qui les entraîna à prendre les armes contre leur patrie. Vainement dira-t-on qu'ils combattaient avec l'idée que la France était avec eux et qu'ils se sacrifiaient pour elle. Leurs intentions pouvaient être pures, mais lacté était assurément coupable. En s'armant sous les drapeaux étrangers, les émigrés cessaient d'être citoyens, ils devenaient ennemis, et, dans la position qu'ils avaient prise , ils ne pouvaient sauver la France qu'en la déshonorant. Si donc la morale politique reconnaît le droit d'émigration, elle condamne Fémigration qui se retourne et s'arme contre le sol natal, quelque légitimes que puissent sembler ses ressentiments et ses vengeances. C'est en elle-même et non point au dehors que la patrie doit chercher et quelle trouve ses moyens de salut'

G. L.WOLLKE.

Comparez: Colonisation, Domicile.

ÉMIGRATION A L'INTÉRIEUR. Expression synonyme HCabsienlion. (Voij. ce mot et Émigration.)

ÉMIGRÉ. Voy. Émigration (ro^r. aussi ksïle [Droit d'j, Réfugié, etc.).

ÉMIR. Le mot émir signifie prince dans la langue arabe. Tous les descendants de Mahomet portent, principalement en Turquie, le titre d'émir. On trouve cette descendance dans tous les rangs de la société turque, mais surtout parmi les classes du peuple, sans en excepter les mendiants, il est a remarquer que cette noble extraction que tant de gens s'arrogent, est aussi difficile à étabUr qu'à contester, les généalogistes n'existant pas chez les musulmans. Être émir par son père n'est, à ce qu'il parait, Fêtrc qu'à demi; l'être du chef de sa mère est mieux ; Fêfre par Fun et par l'autre, c'est avoir droit à la plus grande considération.

Les prérogatives des émirs se bornent à peu près à porter la couleur verte, surtout au tur-

1. Nous renvoyons à l'ouvrage de M. JulesDuval sur l'^iHigiration (Paris, Guillaumin), où l'on trouvera une ample bibliographie.

ban: cette marque distinctive appelle le respect général, elle est aussi, dans bien des cas la cause des faveurs du gouvernement.

Les émirs forment, avec les ulémas, le premier des quatre ordres de FÉtat en Turquie, et lorsqu'aux audiences des divans et des tribunaux il s'en présente, ils sont toujours reçus les premiers. Le sultan, n'étant point de la race de Mahomet, ne peut porter le turban vert; par déférence, surtout dans les cérémonies publiques, les ministres, généraux ou pachas qui sont émirs, ne portent pas cette marque d'honneur devant lui.

Tous les peuples musulmans ont adopté la qualification d'émir, non-seulement pour les descendants de Mahomet, mais ils Font souvent attribuée à leurs souverains, qui parfois considérèrent ce titre au-dessus de tous les autres. Abd-el-Kader, qui, dans le principe, ne portait que le titre de cheik, a pris ensuite celui d'émir.

Depuis longtemps, le titre d'émir entre dans la composition de beaucoup de noms de dignités pour la jouissance desquelles il n'est pas nécessaire de descendre de Mahomet.

Henry Legeay.

EMPEREUR. Les tribus sabelliques appelaient embratur (commandant) celui qui les menait au combat ou au pillage. Les Romains disaient imperator et réservaient au général victorieux ce titre que les soldats décernaient sur le champ de bataille, comme les Français, à Friedlingen, proclamèrent Villars maréchal de Frauc.5. On sait qu'il n'était pas permis de porter dans Rome ce nom de commandant et qu'il ne pouvait pas y avoir plus d'un imperator à la fois. Mais César, s'étanl fait nommer par le Sénat dictateur perpétuel, se fit saluer par le peuple imperator, et permit à Cicéron de l'être en même temps que lui. Le pouvoir militaire de l'//«pe/-«/or était distinct de Yimperium, investiture que le Sénat donnait à tous les magistrats.

Octave se déclare aussi imperator, quoiqu'il n'aimât pas à commander en guerre. Il réunit le pouvoir consulaire et proconsulaire (la convocation du Sénat et des comices, l'initiative des lois et Fautorité sur les provinces); la puissance tribunitienne (le veto, la convocation des tribus et l'inviolabilité); il fut grand-poatife, prince du Sénat, afin de donner sa voix le premier, et s'attribua la surveillance sur les mœurs des autres.

Lui et ses successeurs portèrent peu le nom d'empereurs ; on disait plutôt le prince ou César. C'est au siècle suivant que le nom «l'empereur prévalut. Ce titre, qui, par lui-même, ne rappelait que le commandement des armées, réveillait aussi Fidée de toutes les magistratures accumulées sur la tête du prince; mais il ne signifiait pas un pouvoir absolu. Les jurisconsultes prétendirent, au temps d'Alexandre Sévère, que le prince était au-dessus des lois, mais le sénatus-consultc d'investiture le dispensait seulement des lois Papia, Poppœa et Voconia sur les legs et successions. Tribonien dit que le peuple avait conféré son autorité au

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