L. FOUBERT
COMPAKEZ : Corruption, Décadence , Démagogie, Factions, Liberté, Obéissance, Ordre public, Partis, Késistance (Droit de).
ANCIEN RÉGIME. On pourrait définir t ancien régime par : la féodalité dans sa décré- ])itudc. Tant que la féodalité fut vivante, tant qu'elle constitua une forme de gouvernement, les populations plus ou moins opprimées par elle la subissaient comme un mal nécessaire ; elles considéraient peut-être l'état social sous lequel elles vivaient comme l'état naturel aux hommes. Mais lorsque la poudre à feu, Fimprimerie, la découverte de FAmérique et mille autres inventions et découvertes eurent élevé le niveau intellectuel du grand nombre et formé une classe bourgeoise aisée et éclairée, lorsque la concentration des pouvoirs politiques dans la main du suzerain eut fait descendre les vassaux au rang de sujets, ue se distinguant des masses que par un vain titre et des privilèges tantôt humiliants, tantôt préjudiciables aux autres, la féodalité était condamnée. La révolution de 1789 a eu pour but de la faire disparaître.
C'est parce que l'ancien état politique et social a été détruit d'un seul coup, parce que le changement a été brusque, que l'expression (ï ancien régime s'est formée. Si, comme ailleurs , les abus avaient disparu un à un, d'une manière presque insensible, le contraste entre autrefois — ci-devant — et aujourd'hui aurait été moins frappant; on aurait à peine eu l'occasion de le constater. Ailleurs aussi le moyeu âge a été remplacé par Fépoque moderne, mais il y a eu de nombreuses transitions, s'opéraut sans lutte ouverte, meurtrière; il en est résulté que la haine entre les représentants du régime ancien et ceux du régime nouveau a été peu profonde ou, du moins, qu'elle n'eut pas à se manifester par la violence.
L'idée qu'on se fait actuellement dans les masses de l'ancien régime est assez vague. On y voit comme dans un brouillard des nobles et des prêtres privilégiés, des banalités, la dlme, des droits et redevances, et nombre de choses désagréables innommées. L'ancien régime est maintenant nu épouvanlail dont les partis se servent pour agir sur les esprits incultes. Les gens éclairés savent que l'ancien régime est bien mort et qu'il n'était déjà plus qu'un cadavre lorsque la itèvoiution l'enterra pour toujours. Jamais d'ailleurs Fhumanilé ne revient sur ses pas. M. B.
CoMHAKBz: «analité, Dîmes, Féodalité, Uévolu-
tlOIl <iu 1 (,SLt.
ANDORRE (RicpuuLiouH n'). Petit Éla' iiidépendanl situé sur le versant méridional des l'yi-éuées entre le département français de l'Ariége et la province espagnole de Lérida (Catalogne) , d une supcrllcie de 450 à 4G0 kUomctres carrés
avec une population d'environ 12,000 âmes. La république d'Andorre (val d'Andorre) est sous la protection de la France , qui partage la suzeraineté avec Févêque d'Urgel en Espagne. Celui-ci exerce la juridiction épiscopale et nomme aux cures ; de plus , il désigne l'un des viguiers et perçoit 450 fr. par an. La France (décret du 27 mars 1806) nomme l'autre viguier et (alternativement avec Févêque d'Urgel) le juge civil ; une redevance de 960 fr. est payée à la France, mais en revanche la répubhque jouit de quelques avantages douaniers.
Le gouvernement de la répubhque est exercé par le conseil souverain, dont les 24 membres sont élus à vie par les citoyens. Ce conseil est présidé par un syndic nommé, également à vie, par ses membres. Le syndic est chargé du pouvoir exécutif; les viguiers et le juge civil, de l'administration de la justice. Le viguier nommé par la France doit appartenir au département de FAriége, la durée de ses fonctions n'est pas limitée; la durée des fonctions du viguier nommé par l'évoque d'Urgel n'est que de trois ans, il doit être citoyen d'Andorre.
Les revenus delà république consistent dans le produit du fermage des pâturages communaux et d'un impôt personnel et foncier. Toutes les fonctions étant gratuites , ces revenus sont destinés à acquitter le tribut dii à la France et à Févêque d'Urgel.
Tous les citoyens sont obligés de porter les armes et de se réunir, sur Fappel des viguiers, pour maintenir Fordre et la tranquilUté publics.
ANGARIE. Foy. Embargo.
ANGLETERRE. Voij. Grande-Bretagne.
ANGLICANISME. Voy. Grande-Bretagne.
ANHALT. Les duchés, autrefois principautés d'Aiihalt, ont été pendant plusieurs siècles au nombre de quatre. En 1793 eut lieu Fextinctiou de la ligne de Zerbst, en 1847 celle de Kœthen, et en 1863 celle de Bernbourg, de sorte que maintenant la ligne de Dessau a réuni l'ensemble du pays d'Anhalt.
Le duché d'Anhalt fait partie de Fcmpire allemand ( voy. ce mot) ; il a une superficie de 2,323 kiloin. carrés avec une population, en majorité prolestante, d'environ 198,000 habitants.
Far son organisation politique, ce pays, si avancé d'ailleurs, est en retard sur beaucoup d'autres. Les duchés d'Anhalt jouissaient déjà du temps du Saint-Empire (avant 1806) d'une diète commune, et leurs princes avaient formé un pacte de famille, stipulant des droits réciproques de succession et accordant la préséance au plus ancien d'entre eux. Eu 1848 ces liens se relâchèrent; chaque duché se constitua séparément et se donna des chambres établies sur des bases démocratiques. Mais dés 1850 certaines dispositions démocratiques furent su])priinées, et le 4 novembre 1851 un arrêté du duc d'Aiihalt-Dessau annula l'acte conslitulionnelde 1848. L'ancien état dechoses, amendé par les arrêtés des 18 juillet et 31 août