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ÉTATS PROVINCIAUX. — ÉTATS-UNIS DE L'AMÉRIQUE DU NORD

nom d'élus, il y en avait un pour chaque ordre ; les États nommaient en outre des alcades pour surveiller et censurer les élus.

Ces Irois provinces formaient à elles seules les trois quarts des pays d'États. Les Élats de Flandre ne s'étendaient que sur la moitié environ du département actuel du jNord; ceux d'Artois compreuaient la plus grande partie du département du Pas-de-Calais; ceux du Cambrésis, l'arrondissement de Cambrai; ceux de Béarn , de Aavarre et de Soûle , le département des Basses-Pyrénées; ceux du Bigorre et des Quatre-Vallées, le département des Hautes- Pyrénées; ceux du comté de Foix, la moitié environ du département de l'Ariége; ceux du Kébouzan, une partie seulement de l'arroudissementde Saiut-Gaudens. Ces petites provinces jouissaient de constitutions patriarcales. « Je suis né dans les Pyrénées, dit Barère dans ses Mémoires, c'est-à-dire dans le pays delà liberté ».

La Provence avait plus d'étendue, puisqu'elle a formé à elle seule trois départements. Elle n'était pas précisément pays d'États, en ce sens que ses anciens États avaient été supprimés par Richelieu, mais elle avait conservé l'équivalent dans ce qu'on appelait l'assemblée générale des communautés ; on entendait par communautés ce que nous appelons aujourd'hui communes. La noblesse et le clergé n'y étaient représentés, depuis Richelieu, que par quatre députés, deux de chaque ordre; le tiers état seul y comparaissait en nombre , puisqu il comptait cinquante députés. Cette assemblée se réunissait dans la petite ville de Lambesc; elle était présidée par l'archevêque d'Aix. Le principal syndic s'appelait ï assesseur; c'était ordinairement un avocat.

Quand Louis XVI créa les assemblées pro- Tinciales, il respecta les institutions des pays d'États. Le roi et ses ministres avaient évidemment l'intention d'établir dans toutes les provinces du royaume une administration uniforme, et par conséquent de supprimer les États existants, dont les formes antiques blessaient sur beaucoup de points les idées nouvelles, mais Us n'avaient pas cru devoir l'essayer d'autorité et ils attendaient du temps l'adhésion des États eux-mêmes à cette transformation. Tant que les pays d'États n''avaient eu en face d'eux que l'administration despotique des intendants, ils avaient naturellement tenu à leurs privilèges qui les défendaient un peu contre le fisc; mais devant l'instrument perfectionné des assemblées provinciales, on espérait avec raison qu'ils ne persisteraient pas dans leur résistance.

On vit en effet, dans les années qui précédèrent immédiatement 1789, un mouvement très-prononcé se déclarer dans la plupart des pays d'États. Dans ceux où, comme en Bretagne et eu Bourgogne, la noblesse avait la domination, le fiers état réclama ses droits. En Languedoc, où aucun des ordres n'avait de représentants électifs, les trois ordres réclamèrent à la fois le principe de l'élection. Les privilégiés n'opposèrent qu'une faible résistance.

excepté en Bretagne, et si la Révolution n'était pas survenue, nul doute que le système des assemblées provinciales, tel qu'il avait été présenté par le roi et modifié par le Dauphiué, ne se fût générahsé.

En même temps, tout le monde était d'accord, même en Bretagne, pour supprimer les privilèges pécuniaires du clergé et de la noblesse et pour établir la parfaite égalité des charges publiques. Les cahiers de 1789 font foi de cette unanimité. On aurait ainsi conservé ce que le passé avait de bon, tout en donnant pleine satisfaction aux besoins nouveaux.

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