‹ Dictionnaire général de la politiqueChapitre 458 sur 557 · IX. r.ESSOURCES · texte numérisé non relu

IX. r.ESSOURCES

Agriculture. — Grâce à la grande variété du sol cl aux diversités du climat, presque tous les genres d'agriculture se pratiquent aux États- Unis. Au nord, le sol produit tous les végétaux de l'Europe. Au sud il en est de même, et la chaleur du climat y permet en outre de cultiver le tabac, le riz, le coton , le chanvre et la canne à sucre. Le maïs vient partout, cette culture est d'autant plus précieuse , qu'elle exige peu de frais et assure à la fois la subsistance du pionnier et celle de son bétail. Dans ces dernières années la culture de la vigne a fait de très-grands progrès. Plusieurs comtés de rOhio et du Missouri ont été transformés en vignobles par les nombreux colons allemands, que l'émigration a amenés dans ces États. On a calculé que dans l'Ohio un acre de terre , planté en vignes, donnera, année moyenne, 250 gallons, tandis que dans les années favorables, une même étendue de terrain dans le Bordelais n'en produit que 128.

La superficie de la terre cultivée . qui en 1850 était de 113.033,813 acres, s'est élevée eu 18GOàlG3.20'i!oOOetenl870à 188.921.099.

Pendant la mémo période. la valeur des fermes, qui était en 1850 de 3.272 millions de dollars et de G. 050 millions en 1 SCO, est arrivée à 9, 2G2 millions de dollars. Il en a été de même pour le bétail. Sa valeur, qui était de 5li millions en 1850. était en 18C0 de 1,007 millions et en t870 de 1,525 raillions de dollars, soit, en moyenne, de 200 dollars par famille. Le montant total de la production agricole pour 1870 a été évalué à 2,447 millions, le montant des salaires agricoles à 310 millions.

Eu nialière de céréales, les principaux États producteurs sont: rillinois, rindiana, le Wisconsin , l'Ohio, la Virginie, la l'ensylvanie , l'État de ^'e^v-York, le Michigan, le Io\va,le Kcntucky, le Marylaud, la Californie, le Texas,

Le tableau suivant, emprunté au rapport du commissaire de l'agriculture, pour l'année 1 871, fait connaître la production des céréales et de quelques autres produits et leur valeur:

Jlaïs 991, .'398,000 34,091,137 478,275,900

Blé 230,722,400 19,943 893 290,411,820

.Seiïlo 115,365,.^i00 1,069,531 12,14,5,646

Avoine 255,743,000 8,365.809 102,570,030

Orge 26,718,500 1,177,666 21,541,777

Blé sarrazin . . 8,328.700 413,915 6,900,268

Pommes déterre 120.461,700 1,220,912 71,836,671

Tabac (Uvres). . 203,196,100 350,769 25,901,421

i'oiu (tonnes) . . 22,239,400 19,009,052 351,717,035

Il est inutile d'ajouter que ces chiffres varient d'une année à l'autre.

Quant à la production du coton, les chiDFres pour 1870 et 1871 (en balles) sufTiscnt pour en faire apprécier l'importance.

Total de la production ... .

dont provenant de la Louisiane

— — de l'Alabama . .

— — du Texas 314,484 197,956

— — de la Floride . . . 16,688 19,359

— — de la Géorgie. . . 725,528 450,539

— — de la Caroline du

Sud 350,692 271,241

— — de la C.irolinc du

Kord 77,223 52,523

— — la Virginie .... 339,175 279,098

— — du Tennessee. . . 580,813 341,080

On en a exporté aux mêmes années (balles):

is:o. iS7i.

En Grande-Bretagne . . .

Eu France

Dans le nord de l'Europe.

Ailleurs

Total 3,134,172 1,957,317

Le recensement de 1870 a constaté l'existence de 7.145.370 chevaux, 1.125,415 mulets et ânes, 8.935.332 vaches à lait, 1,319,271 bœufs de travail. 13,5GG,005 autres bêtes à cornes. 28,477,951 moutons, 25,134,509 porcs. En I8G0 on a compté 0,249,174 chevaux, 1,15 1,148 ânes, 22, 471, 275 moulons, 25,620, 019 bêtes à cornes, dont 8,585,735 vaches laitières et 2,254,911 bœufs de travail. Le nombre des bestiaux n'a pas augmenté aussi rapidement qu'on aurait pu le penser, ce qui serait d'autant plus digne d'attention que ce n'est pas le terrain qui mangue aux fourrages.

En 1862, le Congrès a afl'ecté 10 millions d'acres à l'entretien des écoles d'agriculture.

Industrie et manufactures. — La valeur des productions de l'industrie et des manufactures, qui en 1850 était estimée à 1.019 millions ùe dollars, s'élevait en 1860 à 1.900 millions, et en 1870 à 4,282 millions. Toutes les industries ont également profité de cette augmentation. La production des tissus de coton, qui était de 68 milhons de dollars, s'est élevée à 115 millions de dollars en 1860, et en 1870 la production s'est encore notablement accrue; celle des laines, qui se trouve , quant à sa matière première, dan,'^ une position moins favorable, s'est élevée de 40 millions de dollars à 68 millions et ensuite à 100 millions. Il en est de même pour l'industrie métallurgique: en 1856 elle comptait CGO hauts-fourneaux, 389 forges et 210 laminoirs. La production de la fonte s'est élevée dans la même année à 810.000 tonnes, à 884.474en 1860, età 1,992. OOSen 1871. La quan-

ÉTATS-UNIS DE L'AMERIQUE DU NORD

tité de rails fabriqués pendant la même année s'élève à 775,733 tonnes, dont 60,142 en acier, le reste en fer. Les importations de rails se sont élevées en 1871 à 572,287 tonnes en 18G0.

Le nombre total des établissements manufacturiers aux États-Unis est de 252.148, emploj-ant 40.191 machines à vapeur de la force de 1,215,711 chevaux, et 1 1,017 roues hydrauliques de la force de 1,130,416 chevaux. Le nombre moyen des ouvriers employés pendant Tannée 1869-1870, a été de 2,053,988, dont 1,615.504 hommes au-dessus de seize ans et 323,768 femmes au-dessus de quinze ans; le surplus se compose d'enfants. Les matières premières employées sont évaluées à 2 milliards 488 millions 291,952 dollars et le produit à 4 milliards 282 millions 625,892 dollars. De cette somme , 735 millions ont été produits dans l'État de Kcw-York, 712 millions enPensylvanie et 553 millions dans le Massachusets, qui sont les trois principaux États manufacturiers.

Le capital placé dans ces opérations industrielles a été de 2 milliards 118,247,069 dollars ; la somme dépensée eu salaires s'est élevée à 775,621,598 dollars. Si ces documents sont exacts (ce que nous ne voudrions pas garantir), les manufacturiers des États-Unis, pendant 1 année finissant au l"juin 1870, auraient payé pour matières premières et salaires 3 milliards 263 millions. La différence entre cette somme et le montant des produits fabriqués, qui est de 1 milliard 618 milious, renfermerait lïntérêt du capital et les bénéfices , dont la proportion serait difficile à fixer en l'absence de tout renseignement sur les frais généraux.

Mines. — Les États-Unis ont des mines d'or, d'argent, de cuivre, de fer, de zinc, de plomb, de nickel , de bitume et de sel. La région aurifère s'étend du 30° de latitude nord au 49° et du 100" de longitude à l'océan Pacifique; elle embrasse des fractions des territoires de Dakota, du Kébraska, du Colorado, du Nouveau-Mexique, de l'Arizona, de l'Utah, de la Kévada , de la Californie , de l'Orégon et de Washington. Les mines d'or de la Californie, qui en 1859 avaient produit près de 48 millions de dollars, en ont produit plus de 70 en 1862 et 42 millions en 1865'. Chaque année voit s'accroître le rendement des mines de cuivre du lac Supérieur; ce rendement dépasse aujourd'hui 15,000

1. Un rapport de M. Booker, consul anglais, sur le commerce dans l'état de Californie pendant l'année 1871, donne des renseignements intéressants sur les mines américaines. Voici quelle a été la production de l'or et de l'argent aux Ktats-Unis pendant les cinq années ci-dessous, évaluée en livres sterling. Cette production résulte du monnayage dans les différents hôtels des monnaies, d'une part, et des tableaux de l'exportation à l'étranger de l'autre. On sait que la livre sterling vaut 25 fr. 25 cent.

Or. Argent. Total.

Ce tableau ne comprend pas l'or etl'argent exportés en minerais.

En analysant la production de 1871, on trouve le détail de la production, en livres sterling, comme il 6uit:Californie, 3,000,000, or j Colorado efWyoming,

tonnes. Les mines de fer sont également disséminées dans toutes les parties du territoire, et presque partout le minerai est à une profondeur beaucoup moins grande qu'en Europe, et par conséquent d'une extraction beaucoup plus facile. La superficie du terrain charbonneux actuellement découvert est diversement fixée, même parles autorités officielles, qui la portent de 133,133 acres à 200,000. En s'en tenant au chiffre le moins élevé, on a encore presque onze fois la superficie houillère de la Grande- Bretagne. Mais l'extraction américaine n'est encore que de 8 à 9 miUions de tonnes d'anthracite et 6 à 7 millions de tonnes de houille.

Commerce. — Au 30 juin 1861 les États- Unis avaient 1,642 banques, dont le capital représente 422 millions de dollars , et la circulation 207 millions. En 1852 le nombre des banques était de 824 et leur circulation de 217 millions de dollars. C'étaient des State -Banks. Depuis lors est survenue une loi qui a eu pour ellet de les transformer en ISational-Banks. Leur nombre a été, au 1" novembre 1872, de 1919 en exercice. Le capital versé était de 479 millions de dollars, les billets en circulation de 333 millions, les dépôts de G25 milhons.

Quant au mouvement des ports , le tableau qui suit fait connaître la part du pavillon américain dans ce mouvement:

Années.

Années.

Le pavillon anglais l'emporte sur le pavillon américain ; puis vient le pavillon allemand (3 à 5 p. 100); les autres ont une importance moindre.

Voici le relevé du mouvement commercial, par périodes décennales, depuis 1789.

KXPOUTATIONS.

laPO STATIONS.

20,205,156 doll.

52,200,000 doll.

Toutes ces valeurs sont exprimées en dollars espèces (or).

500,000, or; Idano, 500,000, or; Montana, 1,100,000, or; Orégon, 100,000, or; Nevada, 4,200,000, argent; autres provenances, 200,000, argent.

D'après un journal anglais, la production de 1872 serait de près de 60 millions de dollars. Nous reproduisons tous ces chiffres sans pouvoir les garantir, ils semblent cependant s'accorder pour montrer que la production tcud à diminuer.

ÉTATS-UNIS DE L'AMÉRIQUE DU NORD. — ÉTIQUETTE

En 1872 la marine marchande comptait 17,049 voiliers jaxig-eant 2,14G,585 tonneaux, et 3,625 vapeurs jaugeant 1,0 iS, 205 tonneaux, plus 9,174 navires dégréés. Un grand nombre de navires étaient en construction. Des 29,848 navires dont nous venons de parler, 1,47G marchaient sur les rivières, 5,338 sur les lacs, les autres sur la mer.

En 1871 la longueur des chemins de fer en exploitation était de G2,G47 milles (100.818 kiiom.) ayant coûté 2,950 millions de dollars. Trente ans auparavant leur longueur n'était encore que de 5,689 kilomètres et en 1827 on posa les premiers rails. Quant aux autres voies de communication, les États-Unis ne sont pas moins bien partagés. Leur navigation intérieure a une étendue de 30,000 milles. Ils ont aussi plus de 256,000 kilom. de fils télégraphiques , et dans leurs 30,045 bureaux de poste circulent (1871) 520 millions de lettres, non compris les 20 millions de lettres qui vont à l'étranger et les 100 millions de paquets et missives qui émanent des autorités. L. G.

Mis ù jour par X. et M. B.

ETHNOGRAPHIE. D'après son éfymologie, ce mot d'origine grecque signifie description d'une nation, d'un peuple. Autrefois cette description s'appliquait principalement aux mœurs, à la religion et même à la forme du gouvernement; actuellement on parait envisager de préférence la filiation des peuples, surtout depuis que le sentiment des nationalités s'est réveillé. Dans celte direction, l'ethnographie a peut-être fait plus de mal que de bien.

Quelques auteurs distinguent Yethnologie de l'ethnographie , employant le premier de ces deux mots plutôt pour l'étude , au point de vue de l'histoire naturelle, des variétés et races d'hommes, et le second pour la nation prise comme être collectif, comme société.

Il serait superflu d'insister sur l'importance de l'ethnographie ; malheureusement cette science toute moderne aura toujours quelques parlies obscures et continuera ù donner naissance à bien des hypothèses hasardées, à bien des romans. M. B.

Comparez: Climat, Nationalités, Races , Unité de l'espèce humaine.

ÉTIQUETTE. La seule existence des rangs dans une société implique les rites et les formules qui expriment la diversité de ces rangs. Il est inévitable que les inégalités naturelles ou artificielles se traduisent par des différences dans les communications : saints , titres, lettres, audiences, visites, préséances; l'ensemble de ces formes est l'étiquette ou le cérémonial.

Évidemment le principe de ces manifestations est le respect , dont les modes varient , selon l'intensité du sentiment, chez les diverses races humaines. Il serait intéressant de rechercher comment l'étiquette s'établit, s'accroit, se défonne et s'abolit; le sentiment qui lui donne naissance est tellement général qu'il précède la civilisation môme. Chez les sauvages et chez

les civilisés, les deux plus fortes déterminantes de l'étiquette sont le caractère de la race et la forme du gouvernement, (Comparez la pompe monarchique des Kalchez avec la simplicité républicaine des Mohicans.) A ne prendre que les peuples policés, les différences d'étiquettes forment une série dont les deux termes extrêmes sont la Chine et les États-Unis. Peuple libre, peuple impoli, c'est à peu près la philosophie que les Anglais et les Français, qui occupent le milieu de la séi*ie, tirent des observations sur l'Amérique. [Voy. MM. Hepwort Dixon, E. Montégut, Taine.)

Comme l'idée que les peuples se font de la dignité, croise à chaque instant l'idée qu'ils se font du respect, les phénomènes d'étiquette deviennent de plus en plus nuancés ou compliqués, chez les peuples qui, par une richesse d'organisation particulière, perçoivent ces deux sentiments dans une égale proportion. Tels sont les peuples gallo-romains et germaniques, chez lesquels la lutte de ces deux mobiles se poursuit dans l'ordre politique par un sentiment profond de la hiérarchie et par un sentiment non moins vif de la liberté. L'étiquette se codifie dans l'Europe moderne dès que les États de fondation germanique , déjà échappés à la barbarie féodale et ne prévoyant pas encore les révolutions égalitaircs, s'épanouissent dans les premières facilités de la vie sociale éclairées par les premières lueurs de la Renaissance. La maison ducale de Bourgogne, centre de cette première civilisation monarchique formule pour l'Europe moderne le code de l'étiquette qui la régira trois cents ans, amendé et commenté à chaque mouvement de l'histoire par le peuple dominant (Espagne, France, Angleterre, Allemagne). L'Espagne devint après la Bourgogne la terre classique de l'étiquette. Sur les déformations et les excentricités de l'institution, les anecdotes pleuvent. On connaît l'histoire de cette reine tombée de cheval, et dont le pied était pris dans l'étrier; personne ne la secourait, le grand-écuyer, dont c'était la charge, ne se trouvant pas là. Un passant osa dégager la reine. On lui donna une forte somme d'argent, et on l'exila d'Espagne. Philippe III était près d'un grand feu qui l'incommodait. Il dit au marquis de Pobar d'éteindre le feu. Le marquis de Pobar ne put prendre cela sur lui: c'était dans les attributions du duc d'Usède. Pendant qu'on attendait le duc d'Usède, le roi fut presque brûlé, et contracla une maladie dont il mourut.

Les auteurs français du dix-septième siècle sont pleins des incidents et des rivalités de la vie de cour sous Louis XIV; les courtisans, en lutte pour les petites entrées, pour un tabouret, pour la préseutaliou d'un verre d'eau, d'un habit ou de la perruque, ne ressemblaient guère aux chefs des guerres de religion ou même de la Fronde; au reste, la vie de cour était toute la vie, et ces puérilités qui abondent dans Saint-Simon et dans tous les mémoires du temps, étaient les conditions d'existence d'une culture spéciale, qui n'était autre chose que la civilisation régnanle.

Comme l'Europe formait un système d'Etats,

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