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EXCISE. — EXCOMMUNICATION

de poids qu'elle subit après avoir été mesurée, la perte qu'entraîne, pour les esprits, le coulage et ainsi de suite. Ces tolérances, de même que les drawbacks ou la restitution des droits acquittés sur les marchandises destinées à l'exportation, sont habituellement inscrites dans les comptes de l'excise, en déduction du produit brut.

Pour plus de renseignements sur le montant du revenu de l'excise, et sur les autres particularités qui s'y rattachent , voyez Grande- Bretagne, Chap. FJNANCKS.

Sir ST.A.FF0RD NORTHCOTE.

EXCLUSIVE (Droit d'). C'est le droit accordé à la France , à l'Autriche et à l'Espagne de désigner chacune un cardinal comme ne leur étant pas grato en tant que candidat à la papauté. Cette désignation était faite autrefois par le cardinal «protecteur» de chacun de ces trois États; depuis un siècle, ce sont généralement les ambassadeurs qui sont chargés de cette mission auprès du conclave.

Ce droit que la curie romaine ne reconnaît pas formellement, mais qu'elle respecte en fait, l'Autriche le possède parce que son souverain a été longtemps l'empereur «romain»; la France et l'Espagne l'ont obtenu par suite de leurs luttes de rivalité avec l'empereur.

On ne sait exactement quand a commencé l'exercice régulier de l'exclusive, mais en 1844, les confesseurs du conclave déclarèrent que les cardinaux étaient liés par ce droit ou cet usage. 11 a été souvent exercé, et, sans remonter trop haut en arrière, uous citerons ce fait qu'en 1823 l'Autriche a exclu le cardinal Severoli, et qu'en 1831 l'Espagne a exclu le cardinal Giustiniani, qui avait été nonce à Madrid.

L'exclusive ne peut s'exercer qu'une fois dans chaque élection et les méchantes langues disent que les manœuvres organisées pour appliquer utilement ou neutraliser l'inQuence eu question ne paraissent pas inspirées par le Saint-Esprit.

Ki l'Allemagne, nil'ItaUene jouissent de l'exclusive, bien que ces pays renferment chacun un nombre de catholiques supérieur à la population de l'Espagne. On comprend que l'Allemagne ne pouvait pas jouir de ce droit en même temps que l'Autriclic, qui jusqu'en 1866 avait été son représentant attitré à Rome. C'est au nom de l'empire allemand que l'Autriche l'exerçait. Quant au royaume d'Italie sa création est de date trop récente, pourcompter dans l'histoire.

On prétend que ces deux grandes puissances demandent à exercer leur part d'inllnence sur l'élection du pape. Il est très-probable qu'elles y parviendront si elles y trouvent un intérêt majeur. Du reste, à l'avenir, tous les Étais qui ont un ambassadeur auprès du Saint-Siège chercheront sans doute à iulluenccr les élections, et y réussiront dans une certaine mesure. Le mieux serait, pour chaque pays catholique, grand ou petit, d'avoir au conclave son cardinal ou plutôt le nombre proportionnel de cardinaux auquel il a droit pour représenter convenablemeut les catholiques qui habitent

sa patrie. De cette façon l'élection aura une apparence régulière, elle ressemblera à une élection à deux degrés opérée par l'ensemble de la catholicité, tandis que jusqu'à présent la papauté a plutôt paru une institution italienne qu'universelle , car les papes non itahens forment une rare exception. M. B.

EXCOMMUNICATION. Censure ecclésiastique par laquelle un membre d'une communauté religieuse eu est exclu jusqu'à ce qu'il se soit amendé. L'excommunication, dans son essence, constitue donc moins une peine qu'un moyen d'amélioration. Sou origine se perd dans la nuit des temps; l'antiquité païenne et juive la connaissait, et il faut admettre qu'un pareil usage est fondé en droit. Une société quelconque ne fait rien que de légitime lorsqu'elle cherche à se protéger contre ceux de ses membres qui failliraient aux obligations qu'elle impose, lorsqu'elle exclut ceux qui se montrent, après leur admission, indignes ou incapables d'en faire partie.

Ou ne saurait donc reprocher à l'Église chrétienne d'avoir emprunté à la synagogue l'excommunication, comme la plupart des traits de son organisation primitive. Les synagogues excluaient de leurs assemblées ceux quelles jugeaient, à tort ou à raison, indignes d'y prendre part; cela s'appelait: ctre chassé de la sytiagogue, et cette mesure disciplinaire a été plus d'une fois appliquée aux premiers prédicateurs de l'Évangile. (Évangile selon saint Jean, chapitre IX, verset 22.)

Lorsque les premières assemblées chrétiennes se constituèrent, elles s'attribuèrent le même pouvoir; mais, à cette époque, les conditions d'entrée dans l'Église étant en grande partie morales, c'était surtout dans les cas d'immoralité notoire, faciles à constater dans des communautés peu nombreuses, que l'excommunication était prononcée. Ainsi, les chrétiens de Corinthe, sur les constuls et l'ordre de saint Paul, chassèrent de leur sein un d'entre eux qui s'était rendu coupable d'inceste, mais qui, plus .tard, s'étant repenti, obtint son pardon (I" Épitre aux Corinthiens, chapitre v; II* Épitre, chapitre ii). Il faut remarquer que les premiers chrétiens vivaient presque en commun et célébraient la sainte cène en des repas fraternels très-fréquents; en cas d'excommunication, ces rapports intimes cessaient; les lidèles ne recevaient plus l'excommunié, évitaient de lui parler, de le rencontrer, et ne se seraient point assjsàlamème table que lui. Lorsque, plus tard, l'Église chrétienne, devenue très-nombreuse, se vit persécutée, lorsque, surtout après Constantin, de vives discussions dogmatiques s'élevèrent, ce fut surtout dans les cas d'apostasie et d'hérésie que l'excommunication fut appliquée. Le clergé, dont le pouvoir grandissait chaque jour, s'en réserva l'usage qui, au début, appartenait à l'assemblée des fidèles, et elle devint entre ses mains une arme puissante. L'idée que l'Église seule peut assurer le pardon. que, hors d'elle, il n'y a point de salut pos-

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