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FAMILLE. — FÉDÉRALISME

naturel et le plus touchant au pouvoir paternel, le pouvoir paternel lui-même a joué le rôle de monarque absolu. La famille et la société féodales sont faites pour ainsi dire à Timage Tune de l'autre. PJus la société se ressent des arrangements factices de la violence et de la conquête, plus l'esprit qui anime la famille, plus les lois qui y pénètrent ont quelque chose de dur et dimpitoyable. L'interdiclion des mariages entre les plébéiens et la race patricienne chez les Romains, la subordination absolue de la femme et le droit de masculinité dans la famille du moyen âge, l'hérédité presque forcée des professions, l'indication obligatoire des carrières à suivre aux cadets en otTrent des preuves qui s'ajoutent à celles que nous avons données. L'ctfort du christianisme et des temps modernes semble avoir été de replacer la famille sur ses hases les plus naturelles. Moins la poUlique y intervient par ses combinaisons, moins elle se croit permis d"y toucher, plus en général la nation et la famille y gagnent à la fois. La tache principale de la politique est de respecter celte condition matérielle et morale de l'existence et du perfectionnement des individus et de la faire respecter. Une société libre se compose de familles libres, et la tyrannie des lois introduites dans la famille ne fait qu'attester la tyrannie qui règne dans la société et dans l'État. Henri B.\udrillart.

Comparez: Aînesse (Droit d'), Célibataire, Divorce, Femme, Hérédité, Mariage, Puissance maritale. Puissance paternelle, Société, Succession, Testament.

FANATISME. Voy. Passions politiques.

FA'VORITISME. Si la faveur venait toujours combler le mérite, les envieux seraient seuls à gémir; la morale et les intérêts généraux seraient satisfaits. On sait qu'il n'en est pas ainsi, et c'est précisément parce que la faveur s'égare si souvent sur des indignes qu'on la voit généralement de si mauvais œil.

De nos jours, la faveur ne joue plus qu'un faible rôle dans la société politique, et c'est précisément à mesure que ses excès disparaissent, qu'on s'efforce, non sans succès, à en réduire encore l'inHucnce. Lorsque le règne de la faveur, ou plutôt des favoris, élait à son apogée, personne ne pouvait songer à lutter contre eux. C'était le bon vieux temps des pouvoirs sans limites, où le caprice du souverain absolu pouvait élever sur le pavois et investir de la toute-puissance le premier qui avait ;u lui plaire. Es!-il nécessaire de dire que c'était porter les maux du despotisme à une puissance supérieure? Le despote le moins éclairé sait qu'il ne doit pas pousser les choses trop loin , mais son favori n aura pas toujours les mêmes ménagements, car il ne risque pas sa couronne. Il est vrai qu'il expose sa vie, et plus d'une fois les populations qui ne pouvaient pas atteindre le souverain se sont vengées sur la personne du favori, qui expia ainsi avec ses fautes propres celles de son aveugle protecteur.

L'influence du favori se distingue de celle de la camarilla en ce qu'elle est patente, tandis que celle de la camarilla est occulte.

Le régime parlementaire ne comporte pas de favoritisme. Un souverain constitutionnel a des ministres auxquels le talent est indispensable pour se soutenir. Ce sont eux qui di.spensent alors les faveurs; mais comme il y a une opposition . celle-ci provoque la création de lois qui soumettent à des conditions d'admission les fonctionnaires, qui font supprimer les sinécures. Pour s'épargner les reproches publics, les ministres évitent de commettre des injustices trop criantes, de répandre des faveurs par trop imméritées. En politique, la Justice est la fille de la Responsabilité. M. B.

Comparez: Camarilla, Corps (Ksprit de), Népotisme, Sinécure.

FÉDÉRALISME. On nomme ainsi le système politique qui se borne à associer, quant à leurs intérêts généraux seulement, les diverses provinces d'un même État en leur laissant leur autonomie. Le fédéralisme indique la décentralisation politique et administrative plus ou moins complète, plus ou moins absolue. Le terme est pris souvent en mauvaise part, il désigne alors une tendance à la désagrégation de l'Etat.

L'accusation de fédéralisme portée coniro un parti politique dans les premières années de la révolution française, a joué dans noire histoire un assez grand rôle pour que nous recherchions dans quelles circonstances cette accusation s'est produite et quelle empreinte la réaction violente contre le fédérahsme a laissée dans nos institutions.

La France, avant 1789, possédait l'unité politique que lui avaient léguée Richelieu et Louis XIV; mais elle n'avait pu parvenir encore à l'unité administrative. Elle était divisée eu provinces qui conservaient une partie de leur indépendance, leurs franchises, leur législation parliculiére, leurs douanes, etc.

L'Assemblée constituante décréta l'unité administrative de la France, et dès son premier pas, elle fit tomber les barrières qui existaient entre les provinces auxquelles elle substitua la division par départements. Assurément on peut atTirmer que la révolution française, loin d être une réaction contre la tendance à l'unité qui est une des lois de notre histoire nationale, s'est au contraire précipitée dans le courant qui avait entraîné vers ce but tous les gouvernements précédents.

Elle supprima les provinces pour détruire tout gouvernement particulier, et, dans sa pensée, les départements divisés en districts qui se divisaient eux-mêmes en communes, devaient tous être soumis à la loi générale. Ces délimitations purement abstraites et tout à fait arbitraires ne laissaient en effet rien subsister des anciens pouvoirs locaux et des privilèges que la révolution s'était donné la mission de détruire. «

Mais l'Assemblée constituante négligea de relier les uns aux autres et surtout de relier à

FEDERALISME.

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