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FERME GÉNÉRALE. — FÊTES NATIONALES

Tous ces reproches étaient mérités. Qui pourrait songera réhabiliter la mémoire de ces Turcaret, aussi corrupteurs que corrompus? Mais nous devons nous demander si les accusations portées contre eux atteignent l'institution dans son essence, et si la perception directe par l'État est réellement préférable. Ne pourrait-on pas dire que, de nos jours, le contrôle du parlement, le progrès des lumières, l'égahté devant l'impôt, la solidarité plus effective des contribuables rendraient impossibles les abus d'autrefois. La réponse est facile. La perception actuelle s'accomplit à meilleur marché et devient, par conséquent, moins onéreuse aux contribuables. Les bénéfices que faisaient autrefois les fermiers généraux, restent maintenant dans la bourse du contribuable ou profitent à l'État. Cet argument sufllt pour décider la question. G.\.briel Petit.

FÊTES. Foy. Dimanche.

FÊTES NATIONALES. De tous temps, les peuples ont consacré des fêtes périodiques aux événements heureux de leur histoire ou à la mémoire des législateurs et des fondateurs d'empires. La plupart des fêtes religieuses de l'antiquité ont commencé par être la commémoration de faits politiques, de même que le caractère divin fut souvent attribué, au bout de quelques générations, à des hommes héro'iques ou bienfaisants.

La religion des Hébreux est tout entière liée à leur histoire. Plusieurs des fêtes du catholicisme sont d'anciennes fêtes nationales du peuple juif, qui ont changé de caractère et de signification à travers les siècles. Les Hébreux célébraient la Pdque, en souvenir de la sortie d'Egypte; la Pentecôte, à l'anniversaire de la promulgation de la loi de Dieu sur le Sinaï. La fête des tentes ou des Tabernacles rappelait les quarante années passées dans le désert. Du moins est-ce ainsi que la Bible explique leur origine. De nos jours on a mis ces fêtes en relation avec les saisons.

Les Perses avaient trois fêtes de la victoire et trois fêtes de la liberté. Des fêtes de la victoire, deux se rapportaient à des événements nationaux; l'autre, à la victoire future d'Ormuzd sur les esprits malfaisants, créatures d'Ahriman.

Les jeux Olympiques, Néméens. Isthmiques et Pythiques, où concourait la Grèce entière, étaient de véritables fêtes nationales. Les jeux Olympiques passaient pour avoir été institués par Hercule, aux funérailles de Pélops, et de l'époque de ces funérailles datait l'ère hellénique des Olympiades. Les Athéniens avaient leurs fêtes particulières: les jeux Alecloriens, en mémoire d'une victoire remportée par Thémistoclc sur les Perses (avant le combat, il avait donné à ses soldats, pour les exciter, le spectacle d'un combat de coqs, i/exTopuv); la fête d'Aratus, lequel avait délivré Athènes de la tyrannie des Macédoniens.

A mesure que la civilisation avança, l'influence des clergés de tous les cultes donna

ptu à peu uu caractère religienx à toutes les cérémonies et à toutes les réjouissances populaires.

L'avènement de la Réforme, très-hostile aux manifestations extérieures, vint ensuite contribuer à attrister le monde.

Les hommes de la Révolution française réagirent vivement contre les tendances* théocratiques du clergé catholique. En proclamant le principe de la Mberté de conscience, ils voulurent constituer un milieu purement civil, qui permit à ce principe de passer dans les mœurs. Ils enlevèrent au clergé catholique la disposition des registres de l'état civil. Ce fut dans le même ordre d'idées que l'on s'efforça de créer des fêtes politiques.

Ce fut d'abord la fête du 14 juillet, jour de la prise de la Bastille. Le premier anniversaire donna lieu à la mémorable fête de la Fédération.

La fête du 10 août devait rappeler la proclamation de la Constitution de '1792; celle du 22 septembre, la fondation de la république; celle du 21 janvier, l'extinction de la royauté. On a fêté le 9 thermidor, le 18 fructidor, et jusqu'au 18 brumaire. Il y a eu aussi des fêtes funéraires en l'honneur de Mirabeau, de Marat, de Féraud, etc.

H y eut une autre catégorie de fêtes, pendant la Révolution , qui en a vu beaucoup. Ce sont les fêtes pseudo-religieuses, dont la première fut la fête de la Raison (20 brumaire — • 10 novembre 1793). Dans un de ses discours, Robespierre proposa trente-six fêtes nationales, La première fut dédiée à l'Être suprême. Il y eut aussi des fêtes de la liberté, de la fraternité, de la jeunesse, de l'agriculture, de la bienfaisance. Le sentiment de Robespierre, instituant une fête natio7iale de l'Être suprême , est fort éloigné de celui qui dicta la grande déclaration des droits de l'homme, véritable charte des principes de 1789. Une religion d'État, même réduite à un seul dogme, celui de l'existence d'un Dieu mal défini, est toujours une religion d'État. D'ailleurs , ce n'est pas en fêtant des abstractions avec des hymnes métaphysiques, qu'on pouvait contre-balancer l'influence des cultes qui parlent aux sens, comme fait le culte catholique.

Les fêtes nationales deviennent un élément politique moins elTicace et moins utile, à mesure que la civilisation avance , et que les manifestations de la pensée deviennent intelligibles à un plus grand nombre. Le jour où l'imprimerie a paru dans le monde, les manifestations extérieures ont perdu de leur importance. Le livre a tué la cérémonie comme le monument. C'est encore le ceci tueraccla. Les fêtes nationales d'ailleurs n'ont guère conservé de vitalité que dans les petites républiques. Les fêtes du tir national suisse, par exemple, sont une intéressante occasion d'émulation et la manifestation énergique d'une nationalité que n'alTaiblit pas une forte vie municipale.

Quoi qu'il en soit, plus l'idée avance, plus elle se subordonne les aspirations sensuelles ou sentimentales de la nature humaine. La

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