FISC. — FOIRES
les documents officiels ; on les remplace par Trésor ou d'autres équivalents. L'acception défavorable du mot j^5c date de loin; elle a pour origine, dit-on, le caractère rapace de l'administration romaine; mais peut-être l'autorité financière d'un Élat est-elle condamnée à être mal vue des contribuables, alors même qu'on ne saurait lui reprocher aucune injustice. Il y a pour cela plusieurs raisons. D'abord le contribuable, même lorsque ses représentants votent l'impôt et que l'emploi des deniers publics est conforme aux lois, ne se sépare -généralement qu'avec une certaine répugnance de son argent; il reconnaît la nécessité de cette dépense, mais il aimerait mieux jouir gratuitement des avantages qu'elle doit produire.
D'un autre côté, les agents de. perception sont forcés de mettre l'intérêt de l'État au-dessus de toute autre considération; ils ont le devoir de faire rendre à la matière imposable tout ce qu'elle peut — sans aller jusqu'à l'injustice. (Jnelques-uns de ces agents peuvent bien ne pas user toujours des formes, des ménagements que leur mission comporte et même, dans le doute, se tromper en faveur du Trésor. De plus, l'État jouit de grands privilèges; ses créances priment la plupart des autres, ce qui fait naturellement souffrir les intérêts privés et jette de la défaveur sur les receveurs. Et combien de fois l'argent perçu avec rigueur n'a-t-il pas été dépensé avec légèreté... et pis encore.
Le sentiment de malveillance envers le fisc est regrettable au point de vue d'une saine appréciation des nécessités de la chose publique, il a néanmoins un bon côté: il sert, dans une faible mesure, de contre-poids à la tendance des gouvernements à accroître , à dépasser leurs revenus. Malheureusement le contribuable se défend encore trop souvent par la fraude et la dissimulation; quand apprendra - 1 - il que le meilleur mode de défense sera toujours d'être «« cheval sur la légalité ». M. B.
Comparez : Finances (Science des).
FLEURS DE LIS. Armes des rois de France, depuis Louis VU (1137); leur nombre n'a été réduit à trois que par Charles V (1364). On a voulu voir dans cette fleur une allusion à la loi saliquc qui exclut les femmes de la succession.
Voici comment : l'Évangile dit : « Considérez comment croissent les lis des champs , ils ne travaillent point, ils ïïq filent point....» On aurait donc pris le lis pour indiquer que le royaume de France ne peut tomber en quenouille. Kous reproduisons cette interprétation sans commentaire. [Voy. aussi Drapeau.)
FLORIDE. Voi/. États-Unis.
FOI POLITIQUE. Depuis quelque temps on entend assez souvent parler de foi politique. On enseignait assez généralement , jusqu'à présent, que la foi est réservée à la religion. La religion a ses mystères, elle admet qu'il est des choses dépassant l'entendement humain, mais qu'il faut croire, parce que « la foi sauve '). La politique était considérée comme
étant tout entière du domaine de la raison; qu'elle consiste en un ensemble de doctrines, ou en un ensemble de préceptes relatifs à la prospérité d'un État , à ses progrès moraux et matériels; le tout fondé sur l'expérience.
Se serait-on trompé ?
il y a lieu d'en douter. En effet, les parlis extrêmes sont les seuls qui se targuent d'avoir une foi politique, une foi à-laquelle il faut tout sacrifier , comme à la foi religieuse , patrie , famille , bien-être. Oui, la Patrie ! Car plus d'un qui émigré à l'étranger motive l'abandon de sa patrie par la foi politique ' ; plus d'un qui s'abstient d'exercer ses droits politiques {voi/. Abstention, Élection a Émigration à lintérieur) s'excuse par sa foi politique; et tous ceux qui fomentent des troubles avouent qu'ils y sont poussés par leur foi politique.
La foi pohtique est une passion , donc elle est aveugle. Vous pouvez presque la condamner sans l'entendre, car elle demande l'absolu, c'est-à-dire l'impossible. La politique est essentiellement contingente dominée par les circonstances et variant avec elles; l'homme passionné, si bien intentionné qu'il soit, dépassera toujours le but et causera des réactions qui annuleront le progrès qu'il pourra avoir obtenu.
N'oublions pas que la pohtique est du domaine de la prose et la foi du ressort de la poésie: elles doivent se côtoyer, mais non se confondre. il. B.
CoMPARBZ : Forme et fond.
FOIRES. Ce sont de grands marchés publics, qui se tiennent dans des lieux et à des jours déterminés. Ces marchés étaient ouverts dans l'origine, les jours de fête, à la sortie de la messe , de là leur nom allemand Messe. En Angleterre on les appelle fuir s, nous disons foires, de forum.
La plus ancienne foire de France fut établie à Troyes. Sidoine Apollinaire en parle en 427. Elle devint plus tard riche et célèbre , sous la protection des comtes de Champagne. Dagobert en établit une à Saint-Denis. L'édit portait forum indictum, par corruption, on disait Yandit, et dans les campagnes, beaucoup de foires s'appellent encore la landit.
Raymond VI, comte de Toulouse, fonda celle de Beaucaire (1217). Il y venait des marchands de tout le midi de la France, principalement des Juifs et des Arabes, soit établis dans le Languedoc, soit étrangers.
Dès le onzième siècle , la police des marchés de Paris fut donnée . non au prévôt des marchands, mais au prévôt du roi; au treizième, le roi se réserva le droit de permettre l'établissement des foires. Au quatorzième , Louis le Hutin interdit tout trafic avec les Flamands. La foire de Troyes en fut presque ruinée. On alla en Flandre par mer et par l'Allemagne. Les
]. Nous avons entendu dire: Si tel ou tel gouvernement s'établit, je m'expatrie. La haine d'une forme gouvernementale a fait oublier à ces personnes —qui se croient patriotes, héias!— ce qu'elles doivent à leur patrie.