‹ Dictionnaire général de la politiqueChapitre 488 sur 557 · FORCE PUBLIQUE. — FORÊTS · texte numérisé non relu

FORCE PUBLIQUE. — FORÊTS

sitaires de l'autorité auxquels la loi a conféré le pouvoir de requérir la force publique. (Voy. notre Dictioyinaire de l'adminisûration française.) La loi prévoit aussi l'abus de ce pouvoir et édicté des peines contre le fonctionnaire qui emploie la force publique pour un but criminel.

Les règles ne sont pas tout à fait les mêmes pour les agents de la force publique qui agissent seuls , et pour ceux qui ne fonctionnent qu'en corps , et surtout pour l'armée. Le gendarme, le sergent de ville peuvent arrêter le malfaiteur pris en flagrant délit; ils peuvent, s'ils sont appelés, pénétrer dans les habitations pour prêter main forte; ils peuvent dresser procès-verbal. Le soldat , même l'officier de l'armée, n'a pas ce pouvoir; il n'en a pas plus que le simple particulier qui peut et doit arrêter l'homme surpris conmiettant un crime, mais qui n'a aucun droit sur les personnes qui se rendent coupables d'un délit ou d'une contravention. Les gendarmes agissent en vertu de pouvoirs généraux qui leur sont conférés , la troupe doit être requise dans chaque cas particulier, et alors c'est un seul homme, le chef de la troupe qui encourt une responsabilité.

Le citoyen ne doit pas résister à la force publique, lors même qu'elle se trompe, ou qu'elle commet une injustice; en revanche il doit y avoir pour lui des voies de recours. Il ne faut pas que l'autorité puisse impunément abuser de ses pouvoirs. Du reste, ce qui prévient le mieux les abus du pouvoir, c'est la volonté bien constatée des citoyens de ne pas les subir. M. B.

Comparez: Armée, Constable, Garde nationale, Gendarmerie.

FOREIGN OFFICE. C'est le nom anglais du ministère des affaires étrangères, qui est aussi quelquefois désigné par la rue, Downing street, où il est situé.

FORÊTS. Les forêts nous intéressent à divers égards. D'abord elles forment une source de revenu pour la plupart des pays. On en trouvera le montant au mot France (chap. des FiN.\NCES) et dans les budgets de quelques États; d'autres budgets ont confondu la valeur du produit des forêts avec ceux des domaines. C'est en efTet à titre de propriété publique que leurs produits sont encaissés par le Trésoi-.

D'un autre côté, on a longtemps attribué aux forêts une grande influence sur le climat d'une contrée et notamment sur les inondations. Ce dernier effet a été contesté de plusieurs côtés ', mais nous n'avons pas ici à prendre parti dans ces débats.

Il conviendrait davantage à notre cadre d'examiner le mode d'exploitation susceptible de donner les résultats les plus avantageux, mais ce serait empiéter sur les attributions de la sylviculture. Kous croyons cependant devoir

I. Voy., par exemple, Champion : les Inondations en France depuis le sixième siècle jusqu^à nos jours et le Rapport de la commission de l'Institut (M. Bienaymé, rapporteur) sur le pris de statistique do 1862.

donner quelques définitions qui contribueront à rectiûer les idées sur un point dont l'opposition ou les partis hostiles ont abusé sous le gouvernement de Juillet.

11 y a deux manières principales d'exploiter les forêts: 1° celle qui consiste à diviser la forêt en autant de parties, de contenances (de coupes) que la révolution' compte d'années. On abat tous les arbres de la contenance, ce qui s'appelait déjà dans la célèbre ordonnance de Louis XIV coupe à blanc étoc ou à tire et aire, on réserve (pas toujours) les plus beaux arbres à titre de baliveaux et on reséme le terrain déblayé. 1° La méthode du reboisement naturel*. On ne divise alors la forêt en contenances que si elle est grande, et chacune de ces divisions, ou la forêt entière, passe par trois phases avant que son boisement ou son peuplement ne soit renouvelé, en terme de forestiers, que sa révolution ne soit achevée. Dans la première on abat les arbres les plus gros , les plus vieux , les plus mûrs, pour ainsi dire, mais on a soin de ne pas en enlever trop , aûn que la forêt conserve l'ombre nécessaire aux très-jeunes pousses: c'est pourquoi cette première opération s'appelle coupe sombre. QuRndles porte-graines ont produit l'ensemencement naturel, que les jeunes arbres s'élèvent et aspirent vers la lumière, on peut procéder à une seconde coupe, la coupe claire, qui enlève les porte-graines devenus inutiles et donne du jour au bois. Enfln, après une nouvelle période , on abat ce qui restait de Vancien peuplement , et cette coupe définitive clôt la série des opérations. Or l'opposition d"avant 1848 avait confondu la coupe claire et la coupe sombre, et l'un de ses polémistes ayant lu que l'on opérait des coupes sombres dans les forêts de la couronne, il déclama contre la dévastation des bois, non sans contribuer ainsi à déconsidérer le roi Louis- Philippe. En 1872 nous avons encore connu des personnes qui, aux mots coupes sombres, se représentaient des hommes allant nuitamment abattre les plus gros arbres pour les emporter clandestinement sous leur blouse comme un melon.

11 nous reste à donner deux autres déflnitions , parce que nous devons énoncer un problème qui s'y rattache. Il s'agit des taillis et futaies , et le problème consiste à savoir lequel des deux l'État doit préférer.

On peut couper le bois lorsque les arbres ont atteint 20, 30, 40 ans, c'est l'exploiter en taillis; on peut aussi les conserver jusqu'à 100, 150, 200 ans, et produire ainsi une futaie ou une haute futaie. Il est des essences forestières (des espèces d'arbres) qui ne conviennent qu'à l'une ou l'autre de ces méthodes , mais pour un grand nombre le choix est libre. Or, comme les arbres, aussi bien que les autres plantes et même les animaux , croissent plus rapidement

1. Une révolution est l'équivalent du nombre d'années qui s'écoule entre la plantation et la coupe de l'arbre.

2. Il est inutile de faire remarquer que nous ne décrivons cette méthode que dans la mesure indispensable pour faire comprendre les mots qui ont exercé une influence politique.

Page 1