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GARDE

tout engagement quelconque intéressant l'avenir, on diminue l'aléa en limitant l'engagement à une période déterminée. On peut généralement calculer avec une approximation sutTisante les chances probables pour 10 ou 15 ou même 20 ans; ce sont là des périodes bien courtes dans la vie d'une nation non révolutionnaire.

D'un autre côté, une garantie sérieuse. efTicace — et non une garantie pour la forme (qui n'en est pas une) — de 10 à 20 ans suffit généralement, soit pour consolider un nouvel État (fondé et soutenu par les populations de cet État) , soit pour laisser passer le danger créé par les prétentions ou les convoitises d'un homme, soit par des passions de toutes sortes. Si, au contraire, la garantie avait pour but d'assurer la permanence à un état de choses quelconque, qu'est-ce qui empêcherait de renouveler périodiquement le traité de garantie ?

Ainsi, nous conseillons de garantir rarement, de ne garantir que pour une période déterminée et dans des cas spécifiés, mais de garantir sérieusement. MAuniCE Block.

GARDE. On appelle garde un corps d'élite attaché à la personne d'un souverain, d'une assemblée ou d'un grand personnage.

Les gardes sont souvent composées de détachements de toutes armes, et alors ce sont de véritables corps de réserve.

A l'origine des royautés, les gardes des rois sont le plus souvent des amis, des Gdèles, dont la noblesse est un titre pour rendre au roi des services personnels. Plus tard, quand la roj'aulé devient plus forte, soit par l'action du temps et la complication supérieure des institutions, soit par une conquête en pays de civilisation très-ditrérente, il est fatal que le roi s'entoure d'une milice particulière. Les rois hébreux avaient des auxiliaires crétois, cariens et philistins, car c'est le sens que M. Renan donne aux mots Cari, Crethi et Plellii de la Bible'.

Les rois de Perse de la dynastie Khaïanienne avaient une garde de 10.000 Immortels, ainsi appelés parce que l'on complétait leurs cadres à chaque vacance. C'était une armée de réserve, exclusivement recrutée dans la nation conquérante.

Quand la monarchie devient exclusivement militaire, soit par les nécessités de la défense, soit par la chute des pouvoirs publics , il est inévitable que les gardes, devenus de plus en plus nombreux jusqu'à former une armée de réserve, disposent de l'empire. Ainsi tirent les Argyraspides d'Alexandre, les prétoriens des empereurs romains , les Isauriens des empereurs grecs, les mameloucks des califes et des soudans, et les janis.*aires des sultans. (Voy. Prétoriens, Mameloucks, Janissaires.)

Les gardes de l'Europe occidentale ont toujours été dociles au pouvoir royal. Charles VII se fit une garde d'Écossais. Louis XI leur ajouta

1. Cette interprétation n'est pas généralement aceeptée; on a traduit Crethi par bourreaux Pt Plfthi par coureurs. Dans tous les cas cette garde ne par.-xît pas »voir été un icorps d'élite». M. B.

deux compagnies fi'ançaises. Sous François \". la compagnie écossaise ne fut plus composée que de Français. Ce roi imagina d'avoir des archers de la .Manche, ainsi appelés parce qu'ils ne quittaient pas sa manche'. Louis XIV eut 1,600 gardes du corps, puis seulement 1,440, quand il fallut en envoyer aux armées débandées. Les gardes da corps défendirent Versailles, les G et 7 octobre 1789. L'Assemblée nationale les licencia. La Restauration les réorganisa. On créa encore les gardes de .Monsieur, qui furent, comme les autres, dissous en 1830.

On distingua, dès Porigine. les gardes du dodans et du dehors. On a donné ce nom de gardes du dedans, aux huissiers de Charlemagnc, aux portiers de la garde de saint Louis, aux gardes de la porte des Bourbons. Parmi les gardes du dehors nous mentionnons les gardes de la prévôté de Phôtel , chargés d'arrêter les persoimages de distinction, de faire nettoyer les rues et de préparer les vivres sur le passage du roi. Ils furent supprimés en 1817.

Louis XI ou Henri IV (on ne sait pas bien lequel) créa les gardes-suisses , qui ne sont pas les mêmes que les cent-suisses, célèbres comme eux pour leur fidélité au roi. Henri IV institua les gardes-françaises , pour la garde du dehors. Ils gagnèrent îa bataille de Fontenoy. mais ils prirent aussi le parti de la révolution; ils aidèrent le peuple à la prise de la Bastille, et furent organisés parl'Âssemblée constituante en garde nationale soldée.

Cette Assemblée donna au roi une garde constitutionnelle de 1,200 fantassins et de 600 cavaliers , pris dans Parméc active ou dans la garde nationale. Ils devaient avoir prêté le serment civique. L'Assemblée législative les licencia par décret du 29 mai 1792.

Les Assemblées et les Corps exécutifs ont eu des gardes comme les rois; la Convention, le Directoire, les Conseils des Anciens et des Cinq-Cents eurent chacun la leur.

Les consuls prirent pour eux celles du Directoire et des conseils , et l'appelèrent garde consulaire; elle devint plus tard la garde impériale et fut augmentée de trois régiments de vélites. Dans la campagne de .Moscou , en 1812, la garde impériale montait à 81,000 hommes; on distinguait la vieille garde , recrutée avant 1 8 1 3, et la jeune garde. Ou imagina. la même année, une autre garde, dite garde d'honneur, où l'on plaçait les jeunes gens qui avaiefit échappé au recrutement. Ils devenaient sous-lieutenants après douze mois de service. 11 y en eut jusqu'à 10,000.

En 181 i, on forma une garde royale de plusieurs régiments. Elle fit la guerre d'Espagne et fut dissoute comme la garde du corps en

Eu 1832 , dans la campagne de Belgique, le maréchal Soult fit un corps de réserve de compagnies de grenadiers réunies.

Le second Empire eut les ccnt-gardes , comme garde du corps, et la garde impériale, comme corps de réserve. On se rappelle les

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