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GENDARMERIE

Jusqu'à présent nous n'avons examiné que les garnisons composées de troupes du pays, ou établies sur le territoire national. Mais les garnisons et même les simples logements militaires peuvent devenir l'objet de conventions internationales. On comprend qu'en principe aucun pays ne puisse tolérer la présence de troupes étrangères; le vaincu seul subira, et en frémissant, une telle humiliation. Il est néanmoins diverses circonstances qui peuvent justifler une exception à la loi générale. D'après le droit public actuel de l'Ein-ope , une convention fédérale, le protectorat et même le simple consentement du souverain , confèrent le droit de garnir de troupes une forteresse située sur un territoire étranger.

Un exemple du premier cas est donné par l'Allemagne. (Voy. E/npire allemand.) Le second traité de paix de Paris avait stipulé (3 novembre 1815) qu'il y aurait dans la Confédération germanique trois forteresses fédérales, Luxembourg , Mayence , Landau, comportant une garnison mixte, dont la présence ne diminuerait en rien les droits du souverain du pays. Dans la séance du 5 octobre 1820, la diète de Francfort prit la décision nécessaire pour l'exécution de cette stipulation, et le 2G mars 1841 , elle décida que Rastadt et Uim seraient ajoutées aux trois premières.

Depuis que la Confédération germanique a cessé d'exister (18GG), la ville de Luxembourg ne fait plus partie de l'Allemagne. Ses fortitications ont d'ailleurs été démolies, du moins en partie. Landau, dit-on, est destiné à être rasé, mais Mayence , Rastadt et Ulm semblent être restées forteresses fédérales. La question a d'ailleurs perdu tout intérêt depuis l'unification de l'armée allemande.

Les traités qui avaient conféré à l'Angleterre le protectorat sur le^iles lonieiines lui avaient en même temps donné le droit d'y entretenir garnison; c'était une conséquence du protectorat. Plus tard, lorsque la France exerça le protectorat de Tabiti, elle trouva tout naturel de couvrir cette lie de sou drapeau. Le protectorat est ime sorte de suzeraineté, c'est un litre semblable à celui qui autorise, ou autorisait, le sultan à mettre une garnison dans la citadelle de Belgrade.

Jusqu'ici nous avons énuméré les cas qui confèrent un droit, i)Our ainsi dire permanent, d'établir une garnison à l'étranger, mais il est des circonstances qui motivent (bien ou mal) rétablissement de yarnisons temporaires, du moins temporaires en principe , lors même que l'occupation {voij. ce mot\ se prolonge pendant bien des années. Le but à atteindre peut être ou 1° de proléger, soit le prince contre ses sujets, soit la nation contr-eses ennemis; 2° de contraindre un gouvernement à remplir un devoir ou un engagement international. Dans cette dernière catégorie on peut faire entrer le cas où l'on garde une ville à titre de gage jusqu'au payement d'une dette. Ainsi donc , les garnisons à Fétranger ne peuvent être qu'un moyen de protection ou de coercition. Citons quelques exemples. Lorsque la France entretint à

Rome des troupes avec le consentement du pape, ce n'était pas un protectorat légal ou reconnu qu'elle exerçait . mais une protection qu'elle accordait. Lorsqu'un membre de la Confédération germanique ne remplissait pas ses devoirs fédéraux , on pouvait envoyer sur son territoire une armée d'exécution, sorte de garnisaire sur une grande échelle. L 'histoire est pleine de faits de coercition et de protection plus ou moins désintéressée, et nous nous bornons à renvoyer à ses annales. [Voij. aussi Passage de troupe.)

Maurice Block.

GAUCHE. Il est naturel que les hommes qui A'iveut dans une communauté d'opinion se rapprochent, et dans les assemblées publiques, ce rapprochement a l'avantage de faciliter l'action commune. Des diverses nuances de l'opinion, l'opposition, et en général le parti libéral, le parti du progrès, ainsi que le parti radical, ont choisi leur place à la gauche du président. Cet usage s'est introduit dans la plupart des pays.

Ou distingue entre la gauche . l'extrême gauche, le centre gauche; la nuance de l'opinion est d'autant plus tranchée, l'opposition est d'autant plus prononcée que les bancs s'éloignent davantage du centre. Mais ou a vu plus d'une fois Fextrème gauche faire cause commune avec l'extrême droite; on comprend qu'on ne s'alliait que pour l'attaque d'un ennemi commun. { Voy. Coalition parlementaire.) M. B.

GAULOIS. Toir. Races.

GAVELKIND. Mode de tenure , ou de possession, du sol en Angleterre, et plus particulièrement connu dans le comté de Kent. D'après le Times du G janvier 1872, lorsque le jiropriétaire d'une terre en Gavelkind meurt intestat, Jes fds [ail the sons) se partagent la succession ; le propriétaire d'un domaine peut en disposer valabiemeut dès l'âge de 15 ans dans une forme dite par J'eojmcnt, procédé que personne ne semble plus coimaitre. La veuve hérite de la moitié au lieu du tiers, le veuf de la moitié au lieu du tout. Ce qui complique les choses, c'est que ce régime parlicuher, ou à peu près, au comté de Kent s'applique à toutes les propriétés du comté, sauf à 8G qui ont été «disgavelled» [dégavclées) à diverses époques, les premières sous Henri VII, les dernières sous James \", mais Fon ne sait pas toujours exactement quelle terre a été «disgavelled», à cause des changements et des mutations qui ont eu lieu dans un si long laps de temps.

GENDARMERIE. C'est, disait la loi du 28 germinal an YI, une force instituée pour veiller à la sécurité publique et pour assurer le maintien de Fordre et l'exécution des lois. Une surveillance continue et répressive conslit'.ie l'essence de son service; elle est particulièrement destinée à la sûreté des campagnes et des voies de communication.

Il ne faut plus chercher dans la loi du 28 ger-

GENDAmiEEIE. — GÉNÉRALITÉ.

ini:ial que le principe de l'institution. Déjà, tout ce qui est du ressort du pouvoir réglementaire avait été remanié par une ordonnance du 29 octobre 1820; celle-ci . à son tour, ayant subi de nombreuses modifications, on a senti le besoin do codifier à nouveau la matière. C'est l'objet du décret du [" mars 1854 qui n'a pas moins de 025 articles.

La gendarmerie supplée à ce qui manque d'énergie et daclivilé à la police locale trop rapprochée des habitants, trop mêlée à leurs inlérèls, trop accessible à la crainte de se comprometlre ou de se faire des ennemis. Par son organisation et ses habitudes militaires, elle dispose de la force matérielle nécessaire pour se faire redouter des vagabonds, maraudeurs, braconniers, charlatans, malfaiteurs et délinquants de tout genre; elle voit et constate les contraventions de toute sorte que les gardes champèlres, gardes forestiers, gardes-pèche . maires et adjoints ne voient point ou feignent de ne pas voir.

Par les connaissances acquises dans des tournées continuelles, elle sait, mieux que la police civile, suivre de commune en commune les malfaiteurs, les dépister, les mettre sous la main de la justice. Au besoin, les gendarmes, choisis parmi les meilleurs sujets de l'armée, font prouve d'une intrépidité qu'on ne peut attendre des agents d'un autre ordre.

Ces services de toute nature ont acquis à la gendarmerie une sorte de prestige. Par un ctTet naturel de l'esprit de corps, elle s'est attachée à mériter mieux encore l'estime des populations , et elle est arrivée à la possession d'une véritable autorité morale. En elle-même, cette autorité est une chose excellente; c'est parce que nous voudrions la conserver que nous signalons un danger que le décret du l" mars 1851 nous semble n'avoir pas évité assez soigneusement. Aous croyons que rinfluence de la gendarmerie ne se maintiendra intacte que si cette milice de la sécurité publique se renferme dans les bornes de sa mission naturelle; qu'au contraire, cette influence sera compromise ou perdue, au grand préjudice de l'ordre public, si la gendarmerie est mise au service des intérêts politiques de l'administration.

Assurément, la tentation est grande: il y a. en France, vingt-cinq légions de gendarmerie proprement dite', d'un elTeclif d'au moins 16,000 hommes, en rapport direct et de tous les jours avec tous, en mesure de tout observer et de tout savoir; la correspondance des brigades entre elles, des chefs de brigade avec leurs supérieurs, et de ceux-ci avec les ministres de la guerre, de l'intérieur et de la justice, est organisée avec une régularité et une promptitude supérieures à celles que les autorités civiles peuvent déployer. On ne doit pas s étonner qu'un gouvernement soit aisément amené à user dans des vues purement politiques d'un instrument si puissant et si complètement à sa disposition.

1. C'ost-à-(iiro s.'\ns compter la srarde de Paris, la frend.-irmeno coloni.ilo, l.i gondarmorio des ports et arseuau.\, les gendarmes véti^rau.s, etc.

Personne n'a oublié la discussion que souleva, en 1819. la publication faite par un journal, d'une circulaire de M. dliaulpoul. alors ministre de la guerre. A tort ou à raison . on préfendait que cette circulaire appelait la gendarmerie à exercer un contrôle sur les administrateurs de tout ordre et qu'une sorte de police secrète était ainsi organisée contre ces derniers.

Si la gendarmerie recevait un pareil emploi. si elle était mêlée, à un titre quelconque, aux luttes électorales, si la protection des personnes et des propriétés, sans distinction de parti. n'était plus, en réalité, sa fonction exclusive, elle ne tarderait pas à perdre la considération qui donne tant d'efTicacité à ses services.

Nous disions qiie le décret du l*"" mars 1854 ne nous rassure pas contre cette éventualité. On y voit, en effet , indépendamment des rapports périodiques ou extraordinaires autrefois prescrits, l'institution d'une correspondance permanente entre les chefs de légions et la direction de la sûreté générale, pour tous les faits de nature à intéresser la tranquilUlc publique (art. 84); dans une disposition également nouvelle, larlicle 178 nous apprend qu'il peut être adressé aux brigades des ordres du jour sur des matières politiques. Ainsi, l'abus est possible; les moyens en sont tout préparés et la sagesse du gouvernement peut seule en préserver une institution à laquelle il importe à un si haut degré de conserver son caractère primitif.

11 est inutile de dire que tous les pays civilisés ont éprouvé le besoin d'élablir un corps chargé de maintenir la sécurité publique. Malgré les ditTéreuces de nom et d'organisation, les principes que nous avons posés relativement à la gendarmerie française, s'appliquent aux corps analogues des autres pays.

Casimir Fourxier.

En France et dans quelques autres pays. )a gendarmerie est sous les ordres du ministre de la guerre ; elle compte dans l'armée . mais elle est en même temps dans une certaine dépendance du ministre de l'intérieur et du ministre de la justice. En Prusse, elleesf dans les attributions du ministre de l'intérieur. Partout les gendarmes sont d'anciens soldats dune conduite exemplaire, qui trouvent dans leur position. on peut dire dans leur emploi, une sorte de retraite.

L'Angleterre n'a pas de corps de gx^ndarmes. elle n'a que des agents de police municipale. tandis que les gendarmes sont des agents institués par l'Etat. M. B.

CoMPAKEr. : Force pnblique, Garde natioa^le.

GÉNÉRAL. Voy. Officier.

GÉNÉRALITÉ. Circonscription financière de

l'ancienne France. Le nombre des généralités était de 4 vers le milieu du quatorzième siècle, de 16 au seizième siècle . on 1 787. on en comptait 32. dont 20 avec élection (tribunaux jugeant en première instance les réclamations

GENERALITE. — GIBRALTAR.

/■elatives à divers impôts' , savoir: Amieus . Rouen, Caen, Paris, Alençon, Soissons. Orléans, Chàions-sur-Marne , Tours , Bourges . Poitiers, La Rochelle, iloulins. Limoges, Riom. Lyon, Grenoble. Bordeaux. Montaaban, Auch; et 12 sans élection, savoir: Flandre. Hainaut. Lorraine. Metz, Alsace, Bretagne. Bourgogne, Franche-Comté, Toulouse. Montpellier. Roussilloa et Aix. Les généralités ont été abolies par la Révolution française. G. P.

GENÈVE. Vo>j. Suisse.

GÉORGIE. Toy. États-Unis.

GÉRANT. Le gérant est celui sur lequel pèse la responsabilité d'une gestion. La législation sur la Presse [coy. ce mot , cependant, ne se contente pas de puuir le gérant, elle étend la vindicte des lois jusqu'à l'auteur et iimprimeur.

C'est la loi du 18 juillet 1828 qui a remplacé par un gérant l'éditeur responsable créé par la loi du 9 juin 1819; depuis lors, le mot a été conservé à travers toutes les modifications que les lois ont subies. (}'oy. Presse.)

GERMAINS. Voy. Races.

GIBRALTAR. Une incroyable négligence du cOuvcrtcmcut espagnol donna, pendant la guerre de la succession, cette position à l'Angleterre. A Madrid, les bureaux de la guerre étaient tellement convaincus que, grâce aux fortifications de Daniel Speckel , la place était imprenable, qu'ils la laissaient à peu prés sans garnison. En 1704, sir Grégoire Rooke qui commandait la flotte de la Méditerranée . informé que la garnison se composait tout au plus de 150 hommes, la ût attaquer à l'improviste par 1800 hommes. 11 fallut bientôt se rendre. La place est depuis restée entre les mains de l'Angleterre, malgré les elTorts réitérés que fit l'Espagne pour la reprendre. Le dernier siège, qui dura trois ans sept mois et douze jours, a immortalisé le nom d'Elliot.

Les grands sacrilices que s'est imposés l'Angletene pour conserver cette forteresse, ont fait dire et écrire qu'on s'exagérait limportance de cette position, qu'elle ne valait pas l'argerit qu'elle coûtait. L'Angleterre a laissé et laisse dire. Eu 1861. dans le cours d'une enquête sur l'état des fortifications des colonies , ses hommes d'Etat, ses administrateurs . ses hommes de guerre. M. Giadstone, lord Herbert de Léa (M. Siduey Herbert;, sir John Burgoyne, furent tous d'accord sur ce point, que Malte et Gibraltar étaient non des colonies , mais de purs postes militaires , dont il fallait . en temps de paix comme en temps de guerre, tenir les garnisons au complet. A ce sujet , feu lord Herbert, alors ministre de la guerre, ne vit aucun inconvénient à avouer, qu'en cas de guerre, les colonies devaient s'attendre à se voir retirer leurs garnisons: «Nous resterons en possession de nos colonies, si nous restons maîtres de la mer. En ce cas , à quoi bon y laisser des

garmsous; et si nous cessons d'être les maîtres de la mer , où est la nécessité d'y maintenir des bataillons isolés, ne serait-ce pas les exposer à être pris comme dans des souricières?» Conformément à cette politique, l'Ar.gkterre a toujours maintenu une assez forte garnison à Gibraltar. Le chiiTre qui en était de 3.ol S hommes en 1851, a été sans cesse augmenté. En 1801. il était de 6,001, dont 4.396 fantassins. 1,303 artilleurs et 302 sapeurs du génie. On est à peu près satisfait de lélat de ses fortifications. Dans le cours de l'enquête à laquelle nous venons de faire allusion , sir Juhu Burgoyne produisit un tableau des dépenses à faire, pour mettre les colonies dans un état de défense raisonnable , Gibraltar y figurait pour 25,000 liv. seulement. En 1860. les dépenses de ce poste militaire se sont élevées pour le seul chapitre de la guerre à 420,685 liv. sterl. (10,517.375 fr. .

D'après le recensement de 1868 , la population de Gibraltar, non compris la garnison, était de 15,782 habitants. Les tableaux publiés sur le mouvement de la population montrent que les naissances y dépassent le nombre des décès, dans une proportion assez considérable. En 1859, les naissances ont été de 636 et les décès de 441; dans la même année, il y a eu 212 mariages. Le nombre des enfants qui fréquentent les écoles est aussi très-considérable pour la population, en 1856 il était de 2.413, dont 1,527 appartenant aux écoles catholiques; le surplus se répartissai: entre les écoles de l'Église d'Angleterre , les écoles wesleyeunes et Israélites. Dans la même année, le revenu du gouvernement local s'élevait à 32,500 liv. sterl., porté à 36.397 en 1870, provenant en grande partie des droits sur les vins, spiritueux et autres articles de consommation. La dépense s'élevait à 28.369 Uv. sterl., élevée exceptionnellement à 41.921 en 1870, les dépenses ayant été de 29,724 liv. en 1869, de 36,788 liv*. en

Comme importance commerciale, Gibraltar est également en progrés. Le mouvement des entrées et des sorties de son port, qui en 1857 était de 1,756.38 i tonneaux, a dépassé en 1862 plus de 2 millions de tonneaux et en 1868 3,084,000 tonneaux. Les trois cinquièmes de cette navigation se font par navires anglais: la Frauce ne vient qu'après l'Espagne pour les entrées et les sorties; et après les États-Onis. également pour les sorties.

Les chiffres du commerce extérieur présentent des résultats aussi satisfaisants. Les exportations, qui en 1857 s'élevaient à 48.139 liv. sterL, se sont élevées en 1860 à 150,658 liv. sterl. Pendant la même période les importations de produits étrangers se sont élevées de 720,415 à 1,244.233 liv. sterL La plus grande partie consistait, bien entendu, en produits britanniques. Outre les raisons politiques pour conserver ce poste, on pense à tort ou à raison que les immenses bénéfices que ses négociants trouvent dans le commerce interlope n'y sont pas étrangers.

Dans les diverses convulsioas politiques qui

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