‹ Dictionnaire général de la politiqueChapitre 532 sur 557 · GRACE DE DIEU · texte numérisé non relu

GRACE DE DIEU

GRANDE-BRETAGNE ET IRLANDE

payer le tribut, et Néron à qui saint Paul prescrivait d'obéir n'étaient assurément ni l'un ni l'autre des monarques du droit divin. (Voy.Ua.caulay, Histoire d'Angleterre.)

La théorie de Filmer n'a pas été un fait isolé. Bossuet lui a prèle en France l'appui de son éloquence et de son génie. On la retrouve tout entière dans ces magnitiques paroles : « A Dieu seul appartient la gloire, la majesté et l'indépendance; seul il élève les trônes et il les abaisse; c'est lui qui communique sa puissance aux princes ou qui la retire à lui-même. » Le roi, suivant Bossuet, régnant par la grâce de Dieu, ne pouvait reconnaître d'autorité supérieure à la sienne, que la puissance divine elle-même dont il était le représentant sur'la terre.

Ces mots: par la grâce de Dieu, pris en eux-mêmes, sembleraient n'exprimer qu'une pensée de soumission et de respect , une invocation pieuse à la puissance divine. Tout arrive en effet par la volonté ou par la permission de Dieu; mais ce n'est pas dans ce sens et avec cette humUité que cette devise apparaît dans l'histoire, elle a une signification plus ambitieuse et plus altière. C'est la négation de la souveraineté du peuple, c'est la formule d'un pouvoir « de qui les peuples doivent tout supporter et qui ne peut se perdre lui-même, quelque insensé et quelque incapable qu'il soit, d'un droit qui se prétend supérieur à tous les droits , imprescriptible , et qui serait inviolable quand tous les autres droits sont violés. » [M. Guizot.] [Voy. les mois Droit divin, Légitimité , Souveraineté, etc.) Emile Chédieu.

Comparez : Droit divin. Légitimité, Souveraineté nationale.

GRAINS. Voy. Subsistances.

GRAND-DUC. Les Romains appelaient f7?<ces, du mot lalin ducere , conduire, guider, les chefs , les commandants d'une armée.

Le litre de grand-duc fut conféré par le pape Pie V à Come l'^'', de la maison de Médicis, et le souverain de Toscane est le premier qui porta ce titre devenu assez fréquent depuis. Aujourd'hui, il existe sept grands-duchés, saA'OiriBade, Hesse , Mecklembourg-Schwérin , Mecklembourg-Stréhtz, Oldenbourg, Saxe- Weimar- Eisenach, Luxembourg.

C'est à tort qu'on parle des grands-ducs de Russie, c'est grand-prince qu'il faudrait dire.

GRANDESSE. De l'espagnol, grandezza, dignité honorifique propre à la monarchie espagnole; c'est le plus haut titre d'honneur que la noblesse puisse posséder. L'origine de cette dignité est toute féodale; de temps immémorial, les principaux feudataires de la couronne avaient joui du privilège de parler couverts au roi: mais leur nombre s'étant fort augmenté, le roi Philippe I" se réserva le droit d'inviter à se couvrir en sa présence tel ou tel de ses grauds scigueurs, auxquels on donna plus tard la qualilicalion de grands; mais elle

ne fut accordée qu'aux plus distingués des ricos hombres; c'est de cette époque que date l'institution de la grandesse en Espagne.

Ce fut sous les princes de la dynastie autrichienne que les grands d'Espagne se trouvèrent divisés en trois classes. Les rois d'Espagne conféraient quelquefois la grandesse à des étrangers. R — z.

GRANDE-BRETAGNE ET IRLANDE (Le

Royaume -Uni de). La superficie totale de la Grande-Bretagne est de 122,161 milles carrés, ou 78,184,151 acres [statute acres , l'acre équivaut à 0,404 hectare), c'est-à-dire, pour l'Angleterre, 32,590,429 acres, pour le pays de Galles, 4,734,486, et pour ces deux ensemble, 37,324,915 acres, ou 58,319 milles carrés. La superficie de l'Ecosse est de 31,324 milles carrés, ou 20,047,462 acres; celle de l'Irlande, de 32,518 milles carrés, ou 20.811,774 acres. L'étendue totale du Royaume-Uni, et celle de chacune de ses divisions, ont été déterminées par des opérations géodésiques.

La population du Royaume-Uni s'est élevée à 21,006,012 habitants en 1821, à 24,183.773 en 1831, à 20,930,500 en 1841, à 27,495,297 habitants en 1851, à 29,049,540 en 1861, et à 31,817,108 en 1871 non compris les colonies. {Voy. ce mot.)

Ces chiffres se répartissent ainsi qu'il suit entre les divers royaumes de l'empire britannique (extrait des documents officiels anglais) :

^"^''^'f"'' Ecosse. Irlande,

et Galles.

1851 is,u54,170 2,888,743 6,552,385

En additionnant ces trois chiffres et ajoutant pour l'Ile, autrefois royaume de Man 53,867, pour Jersey, Gucrnesey et autres îles normandes 90,563 , enfin 207,198 pour les soldats et marins absents, on retrouve les 31.817,108 ci-dessus. La principauté de Galles (Wales) est comprise dans ce chiffre pour 1,426,584.

Le nombre des émigrants a été, dans la période 1352—1801, de 2,054,578 individus, et dans la période 1862—1871 de 1,674,594.

En Angleterre et dans la principauté de Galles, le nombre des maisons habitées a été de 3,739,505 en 1861 et de 4,259,092 en 1871, accroissement plus rapide que celui de la population.

Le Royaume-Uni est divisé en comtés . savoir: l'Angleterre en 40, la principanlé de Galles en 12, l'Ecosse en 32 comtés civils, formant 8 divisions, l'Irlande en 34, formant 4 provinces. Le nom de Grande-Bretagne date non de ravénement de Jacques I", 1603, qui réunit FÉcosse à l'Anglelerre, mais de l'acte d'Union avec l'Ecosse de 1707, et celui de Royaume- Uni fut adopté en 1800 par suite de la réunion , du parlement irlandais au parlement anglais.

GK ANDE - BRETAGNE (CONSTITUTION)

SOMMAIflE.

Page 1