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GRANDE-BRETAGNE (ORGANISATION JUDICIAIRE

appartenir à la classe sociale [gentry] dans laquelle on les prend. Dans les comtés de York et de Lancaster, il y a même un cens spécial pour eux. Le petit ipelty) jury prononce. Il est composé de personnes ayant une propriété d'au moins 10 liv. st. de revenu net, ou une ferme produisant 60 liv. st. , ou qui payent un loyer de 20 liv. st. (à Londres, Middiesex, 30 liv. st.). Les membres du petit jury sont au nombre de douze; l'unanimité est requise pour la validité de toute décision. On peut en appeler des décisions d'un juge de paix à celle de la session.

Ou compte environ 18,300 juges de paix dans le royaume d'Angleterre et la principauté de Galles , mais tous ne remplissent pas réellement la fonction dont ils portent le titre.

La justice civile inférieure (de première instance) est, en outre, exercée depuis 1846 par les GO county courts (tribunaux d'arrondissement) de l'Angleterre et de Wales. Ces tribunaux sont composés d'un seul juge salarié, nommé à vie, et dont la compétence n'allait tout d'abord qu'à 20 livres, plus lard à 50 livres, enfla une loi de 18G5 a conféré aux county courts les pouvoirs de la cour de chancellerie pour les aOaires qui ne dépassent pas 500 liv. st. Selon une loi de 1863, dans les villes de 25,000 âmes, il peut être établi, sur la demande de l'autorité locale, un magistrat salarié qui exerce seul, avec un ou plusieurs juges de paix, les attributions judiciaires de ces juges, sauf celles des sessions tiTtuestriellcs et les mises en liberté. A Londres et dans quelques autres villes, des tribunaux spéciaux de police, consistant également en un seul juge salarié, prononcent sur les contraventions et les délits peu importants. Il y a aussi dans la Cité de Londres deux tribunaux de police où siègent le maire (à Mansion house) et un alderman (à Guiidhail).

Les tribunaux supérieurs de droit commun sont au nombre de trois, sa\oir: la cour du banc du roi ou de la reine [king's ou gueen's bench), la cour de l'Échiquier, la cour des common pteas (procès civils). Ils sont établis à Westminster, où siège un quatrième tribunal supérieur, la cour de la chancellerie, dont il sera question plus loin. Les trois premiers de ces tribunaux se composent d'un président, intitulé lord chicf justice à la cour du banc de la reine et la cour des coumionplcas, et lord chief baion à la cour de l'Échiquier. Chacune de ces cours a encore quatre juges ou assesseurs (puisne judges ; à l'Échiquier, ils sont intitulés barons). Autrefois les attributions de ces trois cours difi'éraient beaucoup entre elles, mais peu à peu leur compétence s'est rapprochée et à beaucoup d'égards enchevêtrée ; souvent le demandeur peut s'adresser indifféremment à l'une d'elles. Toutefois les questions de statut réel (propriétés matérielles, à l'exclusion des droits éventuels) doivent nécessairement être portées devant la cour des common pleas, qui n'a qu'une compétence purement civile. La gueen's bench se divise pour ainsi dire eu deux chambres , chambre civile {plea side) et chambre de la couronne (crownside); cette dernière

a non-seulement un droit de surveillance sur les tribunaux inférieurs, mais elle possède aussi la haute juridiction criminelle et peut évoquer toutes les affaires, même les plus minimes. La cour de l'Échiquier comprend, avec les autres branches de sa compétence, le droit exclusif de prononcer sur les matières flscales.

Les présidents et juges de ces trois tribunaux supérieurs sont en outre chargés de tenir tous les six mois les assizes dans les huit circuits (circonscriptions de tournées judiciaires) qui forment le royaume d'Angleterre. Les juges répartissent entre eux ces cuxonscriptions et s'y rendent, pour éviter aux justiciables les frais et dérangements que leur causerait la nécessité du déplacement. Le juge qui préside la cour de circuit est à proprement parler le délégué du tribunal supérieur. C'est auprès du tribunal que la plainte est portée, mais par un writ (mandat) q/" 7nsi prius le demandeur est admis à faire valoir ses droits à la cour et de venir à une date déterminée avec ses témoins. ses jurés, etc., à Londres, si ce n'est que le juge délégué du tribunal supérieur se trouve avaut ce terme [nisi prius) dans le comté du plaideur. Il est bien entendu que ce terme est fixé à une époque postérieure à celle de la tournée. La cour de circuit est composée d'un grand et d'un petit jury comme ci-dessus.

Pour la justice civile et criminelle il y a donc, tantôt superposées, tantôt juxtaposées, les juridictions suivantes : les juges de paix soit seuls, soit réunis en sessions; les cours de comté; les tribunaux de police; les cours de circuit; les tribunaux supérieurs de Westminster. iSotre énumèration n'est même pas complète, Londres ayant une central criminal court, et diverses autres juridictions inférieures ont également dû être omises, dans l'impossibilité d'expliquer en peu de mots les nuances qui les distinguent. Mentionnons seulement le comité judiciaire du Conseil privé qui siège comme cour d'appel de l'amirauté, des tribunaux ecclésiastiques et des tribunaux des colonies, le tribunal matrimonial qui prononce sur les questions de divorce, l'amirauté qui a également sa compétence spéciale, enlin la possibilité de porter l'appel devant la Chambre des lords, qui est le tribunal suprême. On se propose de remplacer la juridiction de la Chambre des lords par une cour suprême, sorte de Cour de cassation.

11 n'ex.iste pas de ministère public en Angleterre; l'Ecosse seule a une institution de cette nature (voy. Ministère public); seulement, si les particuliers sont obligés de poursuivre directement les crimes qui les ont lésés et même les autres crimes, s'ils ne veulent pas les laisser impunis, la couronne aussi peut user du droit de poursuite et semble eu user de plus en plus fréquemment, car une grande partie de l'opinion demande l'établissement d'un ministère public.

Kous arrivons maintenant à une distinction très-imp53r(anle dans l'organisation judiciaire anglaise, celle des tribunaux dits de loi ou de droit coutumier (common lato) et des tri])unaux

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dits d"équifé. L'Angleterre , on le sait , n'a pas de ,code civil, bien qu'on agite, depuis nombre d'années, en faveur de la codiflcation, c'est dans un grand nombre de cas la jurisprudence qui remplace le code de loi ; les autres cas sont régis, soit par la loi écrite (statute law) , celle qui résulte d'un vote du Parlement, soit d'après l'équité. Or, l'équité est dans les attributions de la cour de la chancellerie (dans une certaine mesure aussi de la cour de l'Écbiquier) et de quelques tribunaux inférieurs. Mais il ne faudrait pas trop prendre ce mot à la lettre. Dans l'origine ou a pu trouver utile de créer un tribunal pour adoucir ce que certaines lois avaient de trop rigoureux, ou plutôt d'en charger le chancelier (lord high chancellor); mais actuellemeut , c'est plutôt par les attributions que par la manière de procéder que ces tribunaux se distinguent des autres; ils se croient, eux aussi, liés par les décisions précédentes, et les juges ne peuvent aucunement s'abandonner à « l'inspiration de leur conscience », sauf lorsqu'une aflaire se présente pour la première fois. Dès qu'une jurisprudence s'est établie sur un des points qui ne sont pas exclusivement réservés ù la cour de la chancellerie, les causes lui échappent ou peuvent être retenues par les tribunaux de. loi, puisque les décisions rendues ont étabh un (,lroit coutumiçr. L'argument principal que les légistes anglais émiaents et notamment lord Brougham ont fait valoir en faveur de lai séparation des tribunaux fZe loi et des tribunaux d'équité, c'est la nécessité de lier le juge à un texte. Dès qu'on réunit les deux manières de procéder, disent-ils, les juges suivront de trop près les fluctuations de l'opinion. Mais il nous semble que si l'on admet ce principe pour les tribunaux de loi, les tribunaux déquilé devraient être moins dépendants de la jurisprudence.

Kous reconnaîtrons volontiers qu'un étranger n'est pas en état d'apprécier la valeur de certaines parties de l'organisation judiciaire anglaise ; elle est si compliquée , qu'il est trèsdifficile den bien pénétrer le mécanisme; aussi nous abstenons-nous de juger quelques-uns des points qui nous ont le plus choqué. Mais cette complication même, cet enchevêtrement de ressorts et de compétences, cette absence de principes généralement appliqués et même de symétrie , est déjà un défaut considérable. Tout le monde est censé connaître la loi, mais la législation n'est-elle pas d'autant plus parfaite que cette fiction est plus près de devenir une réalité? Or comment arriver à connaître la loi , si elle se couvre intentionnellement d'un voile épais?

Ce défaut — et la cherté vraiment déraisonnable de la procédure dans les tribunaux supérieurs— sont en partie compensés par certaines dispositions que le continent devrait adopter. On les trouvera dans la procédure criminelle, mais surtout dans les règles qui suivent.

Les juges sont choisis parmi les légistes les plus distingués [voy. Sergeant at law), ils reçoivent des traitements considérables (30,000 fr. les juges inférieurs, 150 à 175,000 fr. les juges

des tribunaux supérieurs); ils sont inamovibles et, en fait, ne peuvent pas avancer.

En principe, la justice et l'administration sont séparées en Angleterre, mais pas aussi sévèrement qu'en France et dans beaucoup d'autres pays du continent. Lorsqu'il y a conflit, c'est toujours le tribunal qui l'emporte. Le contentieux administratif autre que les matières liscales est porté devant la queen's hcnch.

Maurice Block.

Lorsque le roi Henri VIII cessa de Reconnaître l'autorité spirituelle du pape, il y avait plus d'un siècle que l'idée de cette séparation germait dans les esprits. Le Parlement , qui plus d'une fois s'était prononcé contre des décrets du saint-siége et surtout contre les subsides qu'il tirait d'Angleterre, établit, de concert avec le clergé séculier, une Église nationale, dite anglicane , dans laquelle furent conservés l'épiscopat, la hiérarchie ecclésiastique, la pompe du culte et la plupart des articles de foi. Les moines ayant tenté de résister aux expropriations dont ils étaient menacés, les couvents furent abolis et leurs biens passèrent à la couronne.

La réforme atteignit plus gravement la doctrine sous le règne d'Edouard YI, et la réaction qui sévit sous celui de Marie, amena une restauration non moins violente après l'avènement d'Elisabeth. L'Angleterre, attaquée par les puissances catholiques, unit intimement l'Élat avec l'Église. La reine fut déclarée par le Parlement unique et suprême maîtresse du royaume en matière spirituelle comme en matière temporelle. Une loi dite d'uniformité sanctionna par les peines les plus sévères le rituel de l'Église anglicane, le livre des prières publiques et les 39 articles de foi , qui forment avec le livre précédent le symbole officiel de la doctrine de l'Église. On rejeta le dogme de la transsubstantiation, les œuvres de surérogation , le purgatoire, les indulgences, le culte des images et des reliques, le célibat du clergé. 11 fut permis aux laïques comme aux ecclésiastiques de communier sous les deux espèces. Le culte de la vierge et des saints fut aboli; la confession auriculaire n'eut plus le caractère de sacrement. Tous les ecclésiastiques furent tenus d'adhérer par écrit aux 39 articles et il fut ordonné aux laïques, sous des peines sévères, de se conformer au rituel et de suivre assidûment les cérémonies du culte.

Le Parlement établit eu outre un serment, dit de suprématie, que furent tenus de prêtera la reine les membres du clergé, les membres du Parlement, les fonctionnaires publics, les militaires, les étudiants des universités. Toute liberté de conscience fut proscrite. Les catholiques ne furent pas seuls traités en ennemis publics; les presbytériens qui avaient adopté la doctrine de Calvin, lurent également opprimés jusqu'à la déchéance de Charles I^f.

La république abolit ces institutions religieuses; la tolérance prévalut; les diverses communions chrétiennes jouirent d'une pleine

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liberté dont les catholiques restèrent seuls exclus. Mais avec la reslaiiration reparut l'Église anglicane plus intolérante encore que du temps d'Élisabetlj. Les royalistes safisOrent leur haine contre les protestants dissidents en leur infligeant un redoublement de rigueurs fjui en tirent de zélés partisans poin- Guillaume d'Orange quand il vint disputer à Jacques II la couronne d'Angleterre. Leurs services furent récompensés par une loi dite de tolérance qui accorda à toutes les sectes dissidentes, hormis les unitaires et les catholiques, la pleine liberté du culte, à la condition de payer les dîmes et autres taxes d'Église, de prêter les serments de fidélité et de suprématie, et de déclarer aux évèques ou aux juges de paix les lieux de réunion religieuse.

Cette loi établit l'Église anglicane sur ses bases actuelles; elle abolit l'ancien principe d'après lequel, l'État ne faisant qu'un avec l'Eglise, nul ne pouvait s'écarter de la croyance ou de la forme de culte sanctionnées par l'autorité ecclésiastique sans se rendre coupable de rébellion contre le pouvoir civil. L'Eglise anglicane conserva ses prérogatives; mais il fut ■ permis à tous ceux qui n'admettaient pas ses doctrines et ses formules, d'exercer le culte de leur choix sous certaines incapacités légales qui furent graduellement modifiées ou abohes.

Ainsi l'on abrogea immédiatement les lois de Charles II qui interdisaient aux ministres dissidents d'entrer dans un rayon de 5 milles autour des villes, à tout dissident d'enseigner dans une école et d'assister à une réunion religieuse de plus de cinq personnes. En 1813, l'exception maintenue à l'égard des unitaires fut supprimée, et les quakers, frères moraves et séparatistes furent autorisés, en 1833, à remplacer les serments par une simple alTirmation. Plus tard on levâtes obstacles qui empêchaient les juifs d'exercer des fonctions publiques, d'être propriétaires fonciers, électeurs, avocats, instituteurs.

Les calhohques restèrent plus longtemps dans l'oppression, à cause des tentatives que firent les Sluarts pour ressaisir la couronne. Ce ne fut qu'en 1778 que leur sort commença à s'adoucir; ils furent alors délivrés de la loi qui les rendait incapables d'hériter de biensfonds. Dix ans après, on supprima les dispositions pénales qui interdisaient aux prêtres catholiques de dire la messe, et aux catholiques d'envoyer leurs enfants sur le continent pour y faire leur éducation. En 1791, ils recou>Tèrent la liberté d'acheter des biens-fonds; ils purent, sous certaines conditions, se réunir pour le culte, établir des écoles moyennant une permission supprimée depuis lors; ils furent dispensés du serment de suprématie, de la déclaration contre la Iranssubstanlialion . et exemptés du double impôt foncier auquel ils étaient assujettis. On abrogea, en 1828, la loi de Charles II qui exigeait l'engagement de recevoir les sacrements suivant la liturgie anglicane pour être membre d'un corps municipal, et la loi qui ne permetlait de remplir une fonction publique, qu'après avoir prêté le serment

de suprématie, fait une déclaration contre la transsubstantiation, et s'être engagé à faire la cène suivant le rite anglican. Les catholiques purent, au moyeu d'un serment approprié à leur communion, être électeurs et membres du Parlement.

Dissidents et catholiques restèrent soumis à l'obligation dd se marier dans les Églises paroissiales, de faire baptiser leurs enfants et de faire donnera leurs morts la sépulture chrétienne par les ministres anglicans, pour obtenir les constatations légales sur les registres tenus par ces ministres. En 183G, ils furent affranchis de cette pénible -sujétion par la création de l'enregislremcnt civil des naissances, des mariages et des décès. Quclqne temps après, les étudiants de toute croyance purent entrer dans les universités et y" prendre les grades sans participer aux bénéfices. Enfin l'on aholit les taxes que les dissidents étaient obligés, comme les anglicans, de payer pour le culte de l'État.

A la faveur de ces progrès dans la tolérance, le catholicisme, les secles protestantes issues de la réforme, et d'autres sectes nées pendant les cent dernières années, ont pu, à côlé des Églises nationales d'Angleterre et d'Ecosse, s'organiser en Églises indépendantes, réglant leur doctrine et leur culte, et pourvoyant à leur entretien. Chacune de ces communions a ainsi sa loi et son histoire particulière dont nous allons donner un court aperçu.

Érjlise anrjlicanc d'Angleterre. — Le clergé se compose d'archevêques , d'évêques , de doyens et de chapitres, d'archidiacres, de recteurs et de vicaires.

II y a deux archevêchés, celui de Cantorbéry qui comprend 21 diocèses et environ 13 millions d'àmes, et celui d'York qui comprend 7 diocèses et de 5 à 6 millions d'àmes. L'archevêque de Cantorbéry est le primat; il sacre le souverain comme chef de l'Eglise et reçoit son serment de la maintenir, d'en respecter la doctrine, le culte, le gouvernement et la discipline.

Les archevêques et les évêqnes d'Angleterre sont de droit membres de la chambre des lords.

Lorsqu'un évéché devient vacant, le souverain envoie au doyen et au chapitre de la cathédrale l'autorisation de procéder au choix du successeur, avec une lettre dans laquelle est indiquée la personne recommandée par la couronne, et le doyen et le chapitre sont tenus de se conformer à celte indication sous peine d'emprisonnement et de confiscation de leurs biens. L'archevêque confirme léleclionet consacre l'élu. Ce dernier prèle les serments de fidélité, de suprématie, d'obédience canonique, et le serment relatif à la simonie; puis il demande au souverain le temporel de son évôché, lequel lui est accordé. Le souverain dispose en oulre de presque tous les doyennés et de beaucoup de canonicals, de prébendes et de bénéfices.

Le doyen et le chapitre de chaque cathédrale sont censés former le chapitre de l'évèqne.

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Les arcliidiaconals sout au nombre de 71. Les archidiacres sont chargés des pouvoirs de l'évêque dans une partie du diocèse.

Les recteurs et les vicaires des paroisses cent nommés, sauf l'ordination et l'approbation de l'évêque, par les autorités ou les particuliers de qui dépendent les bénéfices. Sur les 11,728 bénéflces existants en Angleterre et dans le pays de Galles, 1,144 dépendent de la couronne, 1,853 des évêques, 938 de chapitres ou d'autres dignitaires, 770 des universités d'Oxford et de Cambridge, des collèges d'Eton, Winchester et autres, 931 des ministres des églises métropohtaines et 6,092 de particuliers. Les recteurs reçoivent la totalité du revenu; les vicaires, comme simples délégués des propriétaires des dîmes , n'en reçoivent qu'une portion. Lorsqu'un ministre en possession d'un bénéfice depuis sept années au moins, est atteint d'infirmités qui l'empêchent de remplir ses fonctions, il peut lui être accordé, à titre de pension, le tiers au plus du bénéfice. (Loi de 1871.)

Il y a, dans chacune des deux provinces ecclésiastiques de Cautorbèry et d'York, une assomblée du clergé dite convocation , qui siège en même temps que le Parlement. Les pouvoirs de ces assemblées ne sont plus aussi étendus qu'autrefois; leurs délibérations portent sur le gouvernement de l'Église, sur des questions de discipline et des points de doctrine. Il leur est interdit de pubher aucun canon sans en avoir obtenu l'autorisation de la couronne, et ces canons ne sont obligatoires pour les laïques qu'après avoir été sanctionnés par le Parlement.

Des tribunaux ecclésiastiques connaissent des questions d'hérésie, de schisme, de célébration du culte , et d'émoluments attribués au clergé. Le tribunal de l'archidiacre forme dans chaque diocèse le premier degré de la juridiction. Au-dessus se trouve la cour consistoriale de l'évêque. Les appels sont portés devant la cour provinciale de Cantorbéry, dite des arches, et, en dernier ressort, devant le comité judiciaire du conseil privé. Ces décisions sont, d'ailleurs, soumises au contrôle des tribunaux civils qui déterminent, lorsqu'il y a lieu, les limites de la juridiction ecclésiastique et donnent l'interprétalion des lois qui la concernent.

L'Église s'entretient avec ses revenus, qui se composent du produit de biens-fonds considérables, des dîmes converties depuis 1836 en une redevance fonciers en argent , des offrandes et du casuel [surplicc fées) pour les baptêmes, mariages et enterrements. L'ensemble est évalué à 112 millions de francs.

Les propriétés que possèdent les archevêchés, les évêchés, les doyennés et les chapitres, étaient restées jusque dans ces derniers temps fort inégalement réparties entre les différents sièges. Une loi en a confié Tadministration à des commissaires qui ont supprimé beaucoup de sinécures, tiré un meilleur luirti des biens et réduit la part des sièges les plus opulents au profit de ceux qui étaient moins bien dotés. L'archevêque de Cantorbéry reçoit

sur le fonds commun 1 5,000 liv. st. (375,000fr.) ; celui d'York, 10,000 liv. st. (250,000 fr.); l'évêque de Londres, 10,000 liv. st. (250,000 fr.); celui de Durham, 8,000 1. st. (200,000 fr.); celui de Winchester, 7,000 1. st. (175,000 fr.), et les autres, de 4,000 à 5,000 \. st. (100,000 à 125,000 fr.). Les doyens reçoivent 1,000 1. st. (25,000 fr.), à Pexceplion de ceux de Cantorbéry, Saint-Paul de Londres, Westminster, Durham et Windsor, dont les émoluments sont plus élevés.

On comptait, en 1851, 14,077 églises, 2,029 de plus qu'en 1831. La dépense de construction de ces nouvelles églises était évaluée à 6,087,000 L st. (152,1 75,000 fr.), sur lesquelles l'État n'avait fourni que 5 1 1,385 L st. (12,784,625 francs); l'église avait payé 5,505,015 liv. st. (139,390,375 fr.) au moyen de ses revenus et de dons et souscriptions des fidèles.

Église anglicane d'Irlande. — Lorsqu'elle eut subjugué l'Irlande, l'Angleterre voulut lui imposer également sa religion. Les prêtres catholiques furent chassés de leurs églises et de leurs presbytères, pour faire place à des ministres anglicans, étrangers aux mœurs du pays, ignorant sa langue, et ne rencontrant parmi les indigènes que des sentiments de répulsion Au bout de trois siècles, l'Église de l'État, avec 4 archevêques, 18 évêques et uu nombre proportionné d'autres dignitaires, tous largement dotés , ne comprenait guère qu'un dixième de la population; sur 7,944,000 âmes, il y avait 6,430,000 catholiques, 852,000 anglicans et 662,000 protestants dissidents. Cette situation appelait une réforme qui s'opéra en 18G9. Une loi du 26 juillet supprima l'union établie entre l'église d'Irlande et celle d'Angleterre, et enleva à la première le caractère d'église d'État. Les archevêques et les évêques cessèrent de faire partie de la chambre des lords. Les corporations et les juridictions ecclésiastiques furent abolies; tout droit de nomination à un archevêché, évèché ou bénéfice fut supprimé. La loi autorisa les prélats , ministres et laïques à s'assembler pour régler le gouvernement de leur église, et conféra à la couronne le pouvoir de former de nouvelles corporations ecclésiastiques. Le droit civil ecclésiastique d'Irlande resta provisoirement obligatoire pour les membres de l'église comme en vertu d'un commun accord. Les biens furent remis à une commission chargée de les administrer. Toutefois ceux qui possédaient des bénéfices les conservèrent eu viager, et des indemnités furent accordées à ceux qui étaient privés de leurs revenus.

Église presbytérienne. — La réforme s'opéra en Ecosse selon la doctrine de Calvin. Knox, qui en fut le principal apôtre, fonda vers 1500 une église dite presbytérienne, du mot latin presOyteri, prêtres, parce qu'elle n'admettait que de simples ministres, tous égaux entre eux. Elle fut déclarée religion de l'Elat, et sa confession de foi fut ratifiée par une loi. Proscrite plus tard par les Stuarts qui voulaient y substituer Péglisc anglicane et l'épiscopat, elle fut rétablie par Guillaume lll, et depuis lors, les

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souverains s'engagent, en prenant possession de la couronne, à maintenir les droits et privilèges de cette église presbytérienne.

Il y a dans chaque paroisse une asssemblée dite ki}-k sessio)i, composée du ministre et d'un certain nombre de laïques dits anciens, choisis par l'assemblée elle-même. Un certain nombre de paroisses réunies en district envoient chacune leur ministre et un des anciens à une assemblée, dite presbytcnj, qui a le pouvoir d'ordonner les ministres, de donner aux aspirants l'autorisation de prêcher en attendant l'ordination, d'examiner les plaintes portées contre des membres de l'Église, de recevoir les nouveaux membres et de prononcer les sentences d'excommunication. Les appels peuvent être portés devant le synode provincial , qui se compose des membres de plusieurs prest^/enes et veille sur les assemblées inférieures. Au-dessus est l'assemblée générale composée de ministres, et de représentants laïques ùgs presbyterics, des bourgs en corporation et des universités d'Ecosse, élus tous les ans. L'assemblée se tient chaque année , au mois de mai, sous la présidence d'un délégué de la couronne.

La nomination des ministres appartient à la Couronne ou à des particuliers. En 1830, des protestations se sont élevées contre ce patronage {ooy. Églises protestantes), et ont amené la, formation de deux sectes, dont l'une est l'Église presbytérienne unie, et l'autre l'Église libre d'Ecosse. Cette dernière, à l'aide de souscriptions volontaires, a construit 900 églises et GOO maisons d'école, établi des séminaires et fondé des missions dans les colonies.

L'Église nationale d'Ecosse a en Angleterre trois presbyleries, celui de Londres qui renferme cinq congrégations, celui de Liverpool et de Manchester, trois congrégations, et celui du nord de l'Angleterre, huit congrégations.

Les presbytériens anglais, dominés sous la république par les indépendants [voy. ci-après), proscrits ensuite par Charles 11, se sont confondus, depuis lors, les uns avec les congrégationalistes {roy. ci-après), d'autres avec les unitaires, et d'autres avec les presbytériens d'Ecosse. Il n'existe plus qu'une Église presbytérienne anglaise qui a sept presbyterics et 88 congrégations.

Indépendants ou congrégalionalistes. — Leur premier apôtre fut Brown, qui prêchait leurs doctrines vers la tin du quinzième siècle. Persécutés sous Charles I''"'. ils respirèrent sous la république, et furent persécutés de nouveau sous Charles II. A la faveur des libertés qui leur ont été accordées peu à peu depuis lfi88 comme aux autres dissidents, ils ont fait des progrès considérables. Leurs églises, qui en 1812 étaient au nombre de 1,02 i, s'élevaient à 1,840 en 1831 et à 3,244 en 1851; elles pouvaient contenir alors plus d'un million de personnes. II y avait en outre 8 séminaires et 4 établissements de missions.

Les doctrines de cette secte n'ont pas varié depuis son origine: elles sont presque identiques aux articles de foi de l'église anglaise interprétés dans le sens calviniste. C'est sur la

manière dont une église chrétienne doit être constituée que les indépendants ou congrégationalistes se distinguent des anglicans ainsi que des presbytériens. Ils n'admettent ni religion d'Etat, ni intervention ou contrôle d'un pouvoir extérieur quelconque; ils n'admettent pas même que l'État contribue aux dépenses du culte. Dans leur opinion, église chrétienne signifie congrégalionde vrais croyants; chaque congrégation qui se forme est indépendanîe des autres, et chaque membre d'une congrégation doit participer à son administration. L'Écriture ne leur parait autoriser que deux classes de dignitaires, des évêques ou pasteurs pour veiller aux intérêts spirituels de la congrégation, et des diacres pour veiller à ses intérêts temporels. Les pasteurs sont ceux des membres de la congrégation qu'elle invite à remplir cet office. L'ordination leur est donnée par des pasteurs des congrégations voisines; mais c'est de l'élection que dérive leur pouvoir. Quoique absolument libre, le choix se porte maintenant de préférence sur les élèves des séminaires. La prédication est permise d'ailleurs à tout membre d'une congrégation qui est doué des dispositions nécessaires.

Anabaptistes. — La première communion d'anabaptistes anglais s'est formée en 18C8. On en compte aujourd'hui cinq, dont une diiTère des autres en ce qu'elle prend pour le jour du repos ou sabbat, le scptièmejour de la semaine au lieu du premier. Les anabaptistes écossais datent de 17G5et suivent la doctrine calviniste. On comptait, en Angleterre, 1,120 congrégations anabaptistes en 1832, et 2,789 en 1851. Il y avait une société de secours pour les ministres k^H, d'autres pour publier des traités, faire des traductions de la Bible en différentes langues, et construire des temples, quatre sociétés de missions et six séminaires.

Quakers ou Sociétés des amis. — Leurs premières assemblées remontent à 1644. Le fondateur de leur secte fut le fils d'un tisserand, nommé Fox, qui, à 22 ans, commença à enseigner que l'oeuvre de la rédemption exigeait l'iniluence immédiate de l'Esprit de Dieu sur les âmes, que toutes les cérémonies étaient inefficaces, et que les inspirations divines pouvaient être infailliblement reconnues par ceux qui les recevaient. Cette croyance s'est maintenue sans altération.

Trois sortes d'assemblées sont chargées de l'administration spirituelle et temporelle de la société. II y a au degré inférieur des assemblées mensuelles, composées des congrégations d'une circonscription, qui examinent les demandes d'admission, élisent les anciens chargés de veiller sur les congrégations, exhortent les membres qui se conduisent mal, excluent ceux qui persistent dans la mauvaise voie , donnent des secours aux indigents, pourvoient à l'éducation des enfants et sanctionnent les mariages avant la célébration en assemblée pour le culte. Au second degré sont des assemblées trimestrielles, composées des membres des assemblées mensuelles, qui examinent les rapports présentés par ces dernières et prononcent sur

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les appels interjetés contre leurs décisions. Enfin l'assemblée annuelle, composée des membres des assemblées trimestrielles, préside à la conduite de toutes les atlaires de la société et est représentée, pendant riutcrvalle des sessions, par un comité composé de ministres, d'anciens et de membres élus par les assemblées trimestrielles. En cas de différend entre quakers, ils doivent , au lieu de s'adresser aux tribunaux civils, soumettre rail'aireà l'arbitrage de deux ou plusieurs membres de la société, et si l'un des intéressés n'acquiesce pas à la sentence, il est expulsé.

Les quakers sont autorisés à remplacer, dans les actes publics, le serment par une afTQrmation. Leur nombre a diminué depuis le commencement du siècle; on ne comptait en 1851 que 371 lieux de réunion.

Unitaires. — Celte secte s'est établie en Angleterre au milieu du seizième siècle. Elle n'admet ni la divinité de Jésus-Christ, ni le péché originel. Elle se divise en congrégalious qui se gouvernent chacune séparément. Il en existait 229 en 1851.

Frères moraves. — Leur premier établissement en Angleterre date de 1742. Leur doctrine concorde avec celle de la confession d'Augsboui'g. Ils ont des évoques, des ministres et des diacres. Chaque congrégation est gouvernée par un comité d'anciens nommés par le synode général qui s'assemble à ditTérentes époques, et un comité général, composé de môme, est chargé de la haute direction des afTaires. Le nombre des chapelles était de 32 en 1851.

Melliodistes wesleyens. — Après la révolution de 1C88, les anglicans montrèrent plus de disposition à la tolérance que précédemment, mais en même tem[)S moins de ferveur religieuse. Les pasteurs eux-mêmes, s'acquittant mollement de leur ministère, laissèrent tomber leurs troupeaux dans une indifférence d'où Wesley entreprit de les tirer. Ses prédications en plein air, sur les montagnes, dans les champs, au bord de la mer, réveillèrent la foi parmi des multitudes d'auditeurs. On les appela en dérision méthodistes, et ils adoptèrent cette dénominalion.

Le territoire est divisé en 428 arrondissements dans chacun desquels sont formées des c/f/.s5<'5 de douze personnes, présidées par un chef (leader), qui doit réunir sa classe une fois par semaine, converser avec chacun des membres, examiner leurs sentiments religieux et leur donner les conseils nécessaires. Chaque membre doit, à moins qu'il ne soit dans l'indigence, payer une cotisation d'un penny au moins par semaine, pour contribuer à l'entretien des ministres.

Dans chaque arrondissement, des ministres, au nomltre d'un à quatre, prêchent en différents endroils. Us ne doivent pas rester dans le même plus d'une semaine, l/arrondissement dans lequel ils ont à remplir leur minisière, leur est assigné chaque année, et ils ne doivent pas être désignés pour le même arrondissement pendant plus de trois ans. De plus, des laïques

prêchent le dimanche dans les endroits'qui leur sont assignés.

Outre la prédication, les ministres ambulants administrent les sacrements du baptême et de la cène. Ils doivent, à tour de rôle, visiter chaque classe de l'arrondissement une fois par trimestre, converser avec les membres, et délivrer à ceux qui se sont conduits régulièrement un certilicat qui le constate. Un d'eux, nommé surintendani, veille, en outre, au maintien de la discipline, admet les candidats sauf le veto d'une assemblée des chefs de classe, et prononce l'exclusion des mejnbres qu'une assemblée pareille a déclarés coupables de quelque méfait, sauf appel devant une assemblée d'arrondissement, et en dernier ressort devant la Conférence dont il sera parlé ci-après. Il y a aussi dans chaque arrondissement un trésorier chargé de recueillir les cotisations et d'en faire l'emploi voulu.

Une assemblée suprême , dite Conférence, est composée de cent ministres qui se réunissent chaque année en juillet, avec des représentants élus par les assemblées d'arrondissement. Les décisions ne sont obligatoires qu'avec l'assentiment des cent ministres. La conférence exîuuine la manière dont chaque prédicateur s'acquitte de ses devoirs, admet les nouveaux ministres, prononce sur les admissions ou les exclusions de membres qui sont contestées, assigne aux ministres les endroits où ils doivent remplir leur minisière. Elle se fait rendre compte des opérations de huit comités chargés des intérêts de l'association , des missions, des écoles , de la publication des traités religieux, des constructions de chapelles, etc. La Conférence s'est attribué en outre le pouvoir d'établir de nouveaux statuts; mais si une assemblée d'arrondissement désapprouve une décision, l'exécution en est suspendue dans cet arrondissement pendant une année.

La doctrine concorde avec les articles de foi de l'Église anghcane. Les formes du culte sont un composé de celles de cette Église et de celles des sectes dissidentes.

On comptait, en 1851, 6,579 chapelles méthodistes pouvant contenir 1,447,580 personnes; mais le nombre des membres a été depuis lors réduit de cent mille environ par une scission dont il sera fait mention ci-après.

Nouvelle coïKjréguMon mélliodiste. — Ce démembrement de la congrégation primitive s'opéra en 1791. La nouvelle secte donne plus de pouvoir aux laïques: les admissions sont prononcées par tous les membres; les exclusions ne peuvent l'être qu'avec le concours d'une assemblée des chefs de classe; ces chefs et les minisires sont élus par la congrégation et par les minisires conjointement, et cent laïques élus par tous les membres assistent à la Conférence.

On complail, en 1851, 21,000 imMubres, 30! chapelles. 95 prédicateurs ambulants, ^14 prédicateurs locaux, 273 écoles du dimanche, 7,335 instituleurs et 44,337 élèves.

Melliodistes primitifs. — Au commencement du siècle, des Wesleyens rétablirent certaines

GEANDE- BRETAGNE (CULTE).

formes que la Conférence avait modifiées, et à la suite d'un blâme qui leur fut infligé, ils se séparèreut de la congrégation. f!ette secte comptait, en 1833, 109,000 membres; ily avait 5,354 chapelles ou lieux de réunion, 568 prédicateurs ambulants, 9,59 i prédicateurs locaux, 1,535 écoles et 121,394 élèves.

Chrclicns bibliques. — Ces méthodistes ne ditrèrent des ^\'eslej'Cns qu'eu ce qu'ils reçoivent le sacrement de la cène étant assis au lieu d'être agenouillés. On comptait, en 1852, 403 chapelles et 113 prédicateurs ambulants; les membres étaient au nombre de 13,862.

Association méthodiste wesleijemie. — Une contestation qui s'éleva en 1834 au sujet de l'établissement d'un séminaire , amena la formation de celte secte. L'assemblée générale comprend, avec les ministres, des laïques élus par les assemblées d'arrondissement et par les sociétés unies avec l'association. Aucun membre ne peut être exclu que par décision d'une assemblée des chefs de classe. Il y avait, en 1852, 419 chapelles ou lieux de réunion, 90 prédicateurs ambulants, 1,016 prédicateurs locaux, et 322 écoles du dimanche. Les membres étaient au nombre de 19,41 1.

Mêlliodistes réf ormes. — Cette secte provient aussi d'une scission sur l'autorité disciplinaire des cent ministres siégeant dans la Conférence. 11 parut eu 1849 des pamphlets anonymes offensants pour ces ministres , et comme certains de leurs collègues étaient soupçonnés d'en être les auteurs, la Conférence, afin de les découvrir, invita tous les ministres à se déclarer étrangers à ces publications. Plu- .sieurs refusèrent et furent exclus. Des asë'cmblées locales s'étant prononcées en leur faveur, la Conférence décida qu'elles avaient violé l'ordre établi et excommunia tous ceux qui y avaient pris part. Les dissidents s'organisèrent à part comme la Nouvelle Congrégation méthodiste. Ils étaient au nombre de 60,000 environ en 1851 , et ils avaient 339 chapelles.

Méthodistes calcinistes. — Weslcy eut pour disciple et ensuite pour collaborateur un garçon d'auberge nommé Whitficld, qui devint un prédicateur si éloquent, que dans le pays de Galles on vit dans les cliamps jusqu'à 20,000 personnes rôuniespourcntendresa [larole. Penchant vers le calvinisnit,', il se sépara de son maître en 1751 et continua de prêcher sans fonder de congrégation. Ses disciples se sont divisés en deux sectes, la congrégation de la comtesse d'IIuntingdon et les méthodistes calvinistes gallois.

La comtesse était un des prosélytes de Whitficld; elle bâtit des chapelles, fonda un séminaire. La doctrine et la forme du culte sont presque identiques à celles de l'Église anglicane.

Los méthodislesgallois sont organisés comme les jvesleyens. La doctrine concorde avec les articles de foi de l'Église anglicane interprétée dans le sens calviniste. Le nombre des membres était de 200,(00 environ en 1851. 11 y avait 828 chapelles, 207 ministres ambulants et 234 prédicateurs locaux.

Samlemaniens ou Glassites. — Cette secte, fondée par deux ministres écossais nommés Glass et Sandeman, ne reconnaît pas la foi justifiante et observe plusieurs pratiques de l'Église primitive. 11 y avait, eu 1851, six congrégations peu nombreuses.

Nouvelle Église de Jérusalem. — Cette secte suit la doctrine de Svedeuborg. Les affaires sont dirigées par une assemblée dite Conférence, qui se réunit une fois par an et se compose de ministres et de laïques. La forme du culte est réglée par chaque congrégation. On en comptait, en 1851, cinquante, dont la plupart se trouvaient dans les comtés de Lancastre et d'York.

Frères. — Les Frères adoptent les vérités essentielles pour le salut, et rejettent toutes les formes qui divisent les membres de l'Église universelle. Ils reconnaissent le Saiiil-Esprit comme le seul guide à suivre; ils n'admettent pas de clergé, et considèrent les croyants comme tous également appelés, pourvu tontefois qu'ils en aient la capacité, à prêcher, enseigner, administrer les sacrements. Ils avaient, en 1852, 132 beux de réunion.

Catholiques romains. — Les progrès du protestantisme et les persécutions exercées contre les catholiques réduisirent considérablement le nombre de ces derniers en Angleterre. Après avoir formé, sous le règne d'Elisabeth, la moitié environ de la population, ils étaient descendus à 30,000 sous le règne de Guillaume IIL A mesure que leur situation s'est adoucie ' , leur nombre s'est accru. On l'évaluait à 70,000 en 1780, et celui des chapelles à 200. Ln 1853, on comptait 875 prêtres, 610 chapelles. Il séminaires ou collèges et 88 couvents (I 5 d'hommes et 73 dC' femmes).

Un archevêché, des évêchés et des chapitres ayant été institués par le pape, il fut interdit, sous peine d'une amende de 100 liv. st., de prendre des titres ecclésiastiques comprenant des parties du territoire ; mais cette défense a été abrogée en 1871.

En Irlande, l'Église catholique a 4 archevêchés, 23 évêchés, et le collège de Maynooth qui est entretenu aux frais de l'Etat.

Église catholique et apostolique. — Cette secte, qui s'est annoncée comme destinée à rallier tous les membres dispersés de l'Eglise universelle, diffère des autres communions en ce qu'elle croit que des apôtres, des prophètes, des évangélistes et des pasteurs sont des ministères permanents dans l'Église, que ces ministères, avec la vertu du Saint-Esprit dispensée entre les membres , sont nécessaires pour préparer l'Église au second avènement du^ Seigneur, et que le pouvoir suprême dans l'Eglise doit être exercé par 12 apôtres suscités et envoyés par le Tout-l'uissant. Les congrégations' qui étaient au nombre de 30 en 1851, sont placées sous la direction d'évêqucs, auxquels sont adjoints des prêtres et des diacres

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