X. RESSOURCES
Agriculture. — L'agriculture du Royaume- Uni nous présente un ensemble de chitTres dont l'éloquence est manifeste dans le sens d'une prospérité croissante du pays.
L D'après la statistique ofTicielle de 1871, sur 77,513,000 acres, superficie totale du sol du Royaume-Uni, 46,067,000 étaient utilisés pour des récoltes de toute nature.
La superficie consacrée aux céréales et plantes à cosses était de 11,833,000 acres; 5,271,000 acres embrassaient des herbages et racines y compris les pommes de terre ; 565,000 restaient en jachère; 6,236,000 étaient en prairies artificielles, luzernes, seigles et autres; enfin, 22,525.000 acres formaient l'étendue des prairies naturelles.
Les superficies cultivées en céréales se subdivisaient ainsi:
3,831,000 .acres (32.4 p. 100) en froments; 2,617,000 — (22.1 p. 100) en orges; 4,362,000 — (36.9 p. 100) en avoines; 81,222 — (0.7 p. 100) en seigles;
550,613 — (4.6 p. 100) en haricots;
391,250 — (3.3 p. 100) en pois.
L'étendue de ces diverses sortes de cultures varie naturellement d'une année à l'autre, mais en oscillant entre des limites étroites.
Quant aux quantités produites, M. Caii'd est d'avis que le rendement du blé présentait en 1868 une moyenne de 28 boisseaux par acre pour l'Angleterre, de 24 boisseaux pour Tlrlande. et il évaluait le rendement moyen pour le Royaume-Uni à 27 boisseaux par acre.
Cette moyenne, calculée sur l'étendue des terres ensemencées en blé durant l'année 1871. produit un total de 12.929,625 quarfers (2.90 hectolitres), et si l'on déduit 3 boisseaux par acre pour graines de semence, il reste en grains destinés à ralimenfation de toute la population du Royaume-Uni, environ 3.9 de boisseaux par tête.
Les importations dans Je Royaume-Uni pour l'année 1871 , de blés étrangers et de farine de froment évalués en poids équivalents de grains, s'élevaient à 10,205.360 quarlers, ce qui produisait un chi/Tre de 2.6 boisseaux par tète pour toute la population. L'approvisionnement de blé indigène et étranger était donc, en 1871, de 5.5 de boisseaux par tête.
Pour l'orge, le rendement moyen par acre peut être estimé à 35 ou 40 boisseaux, la valeur de cette espèce particulière de grains s'étant élevée sutTisamment dans ces dernières années sur les marchés anglais pour imprimer à sa culture une très-grande extension.
On croit que les avoines sont produites dans une proportion de 40 à 45 boisseaux par acre, mais il y a eu durant ces dernières années une décroissance très-grande dans l'étendue des terres destinées à cette récolte, autant en Grande-Bretagne qu'en Irlande.
Les pommes de terre servent presque totalement dans le Royaume-Uni à la nourriture de l'homme. L'étendue des terres qui leur est consacrée est plus grande encore en Irlande que dans la Grande-Bretagne, mais elle s'est beaucoup accrue dans les dernières années, autant en Angleterre qu'en Ecosse. La moyenne du produit des pommes de terre dans le Royaume-Uni peut être estimée à 4 tonnes par acre.
Dans la statistique agricole de la Grande- Bretagne on a l'habitude de distinguer les herbages utilisés comme pâturage de ceux qu'on fauche. En 1871. parmi les terres à luzernes et autres fourrages obtenus par semences, on comptait 2,164.000 acres dont on récoltait du foin, et 2,205.000 qui étaient employés comme pâturage. Sur l'étendue totale des terres en prairies naturelles, 3,489,000 acres étaient fauchés et 8,916,000 acres pâturés. Le rendement d'un acre de luzerne est évalué à une tonne et celui du foin des prairies naturelles à 1.800 livres.
II. Le nombre d'animaux recensés en 1871 comprenait environ 2,600.000 chevaux de toutes races, 9,3i6,000 bêtes à cornes, 31.403,000 bêtes à laine et 4,136.000 porcs. Le relevé du chllTrc des bêtes à laine en 1871, par suite d'une succession de saisons défavorables pour les gazons et pâturages, a été inférieur de près de 4.200.000 têtes au chiffre de 1868.
Les bêtes à cornes et les bêtes à laine sont maintenant d'une précocité suffisante pour donner de la viande de boucherie à un âge tellement tendre qu'on estime que chaque année plus d'un quart des premières et près de la moitié des autres sont tuées pour leur A'iande; dans ce calcul il faut comprendre les agneaux abattus avant le 25 juin, date àlaquelle se fait le recensement de l'année.
En 1871, pour tout le Royaume-Uni, les proportions de chaque espèce d'animaux par 100 acres de terre sont les suivantes :
Chevaux. 5.5; bêtes à corues, 20.0; bêtes à laine. 67.3 et porcs 8.8.
III. La consommation annuelle des produits agricoles du Royaume-Uni a été estimée, par
GKANDE- BRETAGNE (RESSOURCES). 1149
M. Caird, à la valeur de 190,000,000 liv. st. Dans l'Irlande, les proportions en terres
ainsi répartis. labourées et en pâturages étaient pour les
Grains de toutes sortes 84,700,000 liv. PO^^sesseurs de 15 acros 55 et 45 p. 100 pour
Bœufs et moutons 47,200,000 les posscsseurs de 30 acres.
Beurres et fromages 30,100,000 V. Il est difficile de faire une évaluation
llT^rA\'""l :::::::::::: l'ooo'ooo ^'^" p'"^^'^^ ^^ '^»^ ^^^ salaires actuels pour
Chanvres '..'..'.'.'.'.'. 2,'ooo,'ooo ^^s travaux agricoles dans le Royaume-Uni,
tellement les usages et le mode de payement
La quantité de viande annuellement produite varient suivant les localités,
dans le iloyaume-Uni a été calculée avec beau- Dans quelques districts les salaires payés en
coup de soin par M. H. S. Thompson , dans un espèces sont seuls énuniérés, mais dans
article inséré au journal de la Société royale d'autres, on a mentionné comme salaires com-
d'agriculture. [Royal Agricidtural Society.) plémcntaires des prestations en nourriture ou
En comptant un poids moyen de 600 livres des habitations allranchies de tout loyer. On
par tête de bœuf et de vache, on obtient un constate, en tout cas, une tendance générale
total de 62.6000 tonnes de viande, et pour un à l'élévation des salaires dans les campagnes,
poids de 60 livres par tète des bêles à laine, on En 1872, dans quelques districts d'Angletrouve 353,000 tonnes de viande de mouton. * terre et du pays de Calles les salaires en espèce
M. Caird, cependant, croit que cette éva- sont inférieurs à 12 sh. par semaine, mais dans
luation est trop forte d'un sixième environ. les autres ils s'élèvent jusqu'à 15 sh. A cer-
La quantité de viande de porc et de lard est taines saisons de l'année beaucoup de travail-
estimée à 287.000 tonnes. leurs sont payés à la tâche, ou à une somme
Le poids total des viandes produites dans le lixée d'avance pour un travail convenu, et alors
pays serait donc de 1,266,000 tonnes. les gains hebdomadaires dépassent ceux du
A ce total, on peut encore ajouter 81,500 taux usuel,
tonnes de viandes provenant d'animaux impor- En Irlande le taux des salaires agricoles
tés vivants et 99,100 tonnes de l'importation était précédemment inférieur à celui de l'An-
des viandes d'animaux abattus. Les approvi- gleterre, mais actuellement la diiffcrence n'est
sionnements de viandes conservées provenant plus aussi grande, car les ouvriers des fermes
d'Australie suivent une progression croissante. gagnent généralement 12 sb.
IV. Donnons maintenant quelques rensei- En 1869, le revenu annuel des terres fixé
gnements sur la distribution des propriétés pour l'assiette de l'impôt, dit 7/icoHie-^ax, sèle-
rurales. vait à 64,000,000 liv. st. pour tout le Koyaume-
Dans la Grande-Bretagne, on a compté, en Uni; il a été évalué à 33 millions en 1860 et
1871, 549,784 fermes ou exploitations agri- à 31 millions en 1815.
cotes de toute grandeur. Sur ce nombre, 51.3 Produits minéraux. — L'agriculture an-
p. 100 représentent les fermes de 20 acres et glaise, si habile et si féconde qu'elle puisse
au-dessous, et 48.7 p. 100 celles d'une étendue être, a une carrière trop limitée par le peu
supérieure. Ces chifl'res se rapportent au nombre d'étendue du territoire, pour assurer à la ua-
des fermes; mais si l'on compare les étendues tion une situation prépondérante sur les mar-
cultivées, il ne revient plus que 6.2 p. 100 de chés du monde, et pour suffire à l'activité
la superficie à la petite culture (au-dessous de d'une population de travailleurs considérable
20 acres), et 93.8 p. 100 à la moyenne et grande et toujours croissante. Le développement in-
(20 acres et au-dessus). On sait que l'acre a dustricl et commercial de l'Angleterre est dii
40 ares. Ajoutons que, si l'on distingue les principalemeutauxgrandesrichessesminérales
terres arables des prés, on trouve que 56.3 que possède le pays. Le charbon de terre est
p. 100 des petites fermes sont en pâturage le plus important de tous. En 185 i, première
permanent, tandis que 39.2 p. 100 seulement année pour laquelle nous possédion.s des rap-
des fermes de plus de 20 acres sont soumis à ports exacts dressés par M. Hunt Kuper, la
ce mode de culture. quantité de houille extraite dans le Hoyaume-
En Irlande on ne suit pas le même système Uni dépassait 64'/, millions de tonnes. En 1861,
de classification de l'étendue des exploitations près de 84 millions de tonnes, estimées 25
agricoles, car on compte que le nombre des millions sterl. sur le carreau de la mine, furent
possesseurs de terres d'une étendue de 15 livrées à la consommation; en 1871, la produc-
acres et au-dessous s'élève à 50 p. 100 du tion a été de 117,350,028 tonnes (1,012 kil.)
nombre total des occupants et leurs posses- valant 35,205,608 1. st. Ces quantités ont été
sions atteignent 12 p. 100 de l'étendue totale obtenues de 2,760 mines ou charbonnages; la
des terres cultivées. plupart sont situés en Angleterre et dans le
Le nombre des possesseurs de terres de pays de Galles. Les quantités exportées s'élè-
30 acres et an- dessous s'élève à 73 p. 100 de vent à 12 ou 13 millions de tonnes,
leur nombre total, et la superficie des pro- La production de la fonte de fer, après s être
priétés en question à 30 p. 100 de l'étendue élevée de 653,000 tonnes en 1830, a 1,390,000
des terres cultivées. en 1840, à 3,712,000 tonnes en 1861 (valant
En 1871, dans la Grande-Bretagne, les ex- 9,281,000 1. st.), a atteint en 1871 le chiffre de
ploitations agricoles inférieures à une étendue 6,627,179 tonnes (valant 16,667,947 1. st.). Une
de 20 acres, comprenaient 44 p. 100 en terres moitié de la foute est produite eu Angleterre,
labourées et 56 p. 100 en prairies naturelles. l'Ecosse et le pays de Galles se partagent 1 autre
GRANDE-BRETAGNE (RESSOURCES)
moitié; pourtant les minerais sont tirés de rAngIctcnc pour les deux tiers; l'Ecosse produit les trois quarts du reste. Une très-grande partie du minerai anglais est envoyé dans le pays de Galles pour y être fondu. On comprend donc qu'elle ait plus de fourneaux eu activité que rÉcosse.
Le total du fer brut ou ouvré et de l'acier exporté était de 3,171,581 tonnes en 1871 contre 1,322,000 tonnes en 1861, 919,000 en 1851, et 3(J1000 en I8il, d'une valeur de 14,927,78i liv. st. en 1871, de 10,311.000 liv. st.en 1861, de 5,830,000 liv. st. en 1851, et de 2,877,000 liv. st. eu 1841. Mais au fer et à l'acier bruts, ou qui n'ont été l'objet que de façons de peu d'importance, il faut ajouter les produits les plus aclievésquiont ce rnétal pour base, les articles de quincaillerie, de coutellerie, et aussi les machines. On aura alors, pour l'exportation des fers et des aciers anglais, sous toutes les formes, une somme totale de 26,149,136 liv. st. en 1871, de 17,980,000 liv. st. en 1861, 9,825,000 liv. st. en 1851, et 5,052,000 liv. st. en 1841.
L'Angleterre produit encore certaines quantités de métaux autres que le fer. Ils s'élevaient €n 1870 aux cbiflVes qui suivent: cuivre, 1870, 7,175lonnes(en 1857, 17,375 tonnes, la production a diminué graduellement), valeur 551,309 liv. st. (contre 2, 154,500 liv. st. en 1857); plomb, 73,420 tonnes (67,393 tonnes en 1857), valeur 1,452,715 liv. st.; étain, 10,200 tonnes (6,582 tonnes en 1857), valeur 1,299,505 liv. st.; zinc, 3,936 tonnes, valant 74,096 liv. st.; argent, 78i,502 onces, valant 196,140 bv. st. L'ensemble de la production minérale du Royaume- Uni, en 1870, dépasse, en valeur, 46 millions de liv. st.
Maniifactures de tissus ou i}idustnes textiles. — Si considérable que soit, comme élément de la richesse nationale en Angleterre, l'exploitation des métaux et des minéraux en général, elle tire surfout son importance des grandes facilités qu'elle a apportées aux développements de l'immense industrie textile qui a rendu la Grande-Bretagne si célèbre. Les diverses inventions qui avaient pour objet de remplacer les lents procédés du travail à la main, ont été promptement appliquées dans le Royaume-Uni, grâce à l'abondante production des matières premières employées dans la confection des machines et qui mettaient les manufacturiers à même d'obtenir aisément toute la quantité de puis.sance mécanique dont ils avaient besoin. L'introduction des mécaniques pour la filature et le tissage eut une telle influence sur la main-d'œuvre, qu'elle réduisit très-considérablement le nombre des ouvriers nécessaire pour produire une quantité donnée de filés ou de tissus; mais, loin de diminuer la demande générale de bras dans les industries textiles, elle élargit à tel point le champ de travail, que les populations auxquelles ces branches de la production fournissent leurs moyens d'existence, dans le Royaume-Uni, peuvent se compter par millions.
La différence entre le travail à la main et
le travail à la mécanique, dans les fabrications des toiles de lin, a été heureusement mise en évidence par feu M. Herdman de Belfast. Il a calculé que chaque broche à filer le lin produit une quantité double de celle qu'une femme aurait pu fder à l'aide du rouet, et comme il y aval t alors environ 550,000 broches dans les filatures de lin d'Irlande, il s'ensuit que les 27,000 ouvriers attachés aux diverses branches de travail qui servent d'accessoires à la filature, accomplissaient, avec le concours de la machine à vapeur et de la roue à eau, une somme de main-d'œuvre qui, avec le travail à la main, aurait exigé un million de bras. Si le calcul de M. Herdman peut être appliqué à la production de lils autres que ceux du lin, il faudrait environ 73 millions de personnes pour fabriquer la •quantité de 01 qu'ont livrée, en 1861, toutes les broches da Royaume-Uni, manœuvrées par moins de 450,000 paires de bras de tout âge, qui travaillent dans les filatures. On trouvera plus loin des chilTres plus récents.
Quand on lavait et qu'on dégraissait la laine sans le secours des machines, deux hommes et un enfant pouvaient dégraisser 500 hvresde laine par jour. Avec des machines, un homme et un enfant en lavent 1,200 à 1,500 livres par jour. Par l'ancien procédé, le prix de la main-d'œuvre était de 2 sh. pour 100 livres, et par le nouveau il est réduit à 6 d. , ce qui produit une économie de 75 p. 100. Dans la façon qui suit celle de l'épluchage (picking over), qui consiste à débarrasser la laine des petits morceaux de bois de teinture et des autres impuretés qu'elle contient, une femme, avec une machine, peut faire autant d'ouvrage que vingt femmes qui travaillent à la main. Dans l'opération du cardage, on a apporté des perfectionnements qui permettent également d'économiser le temps et de rendre le produit de qualité supérieure. L'introduction de la machine à filer automate, et des machines perfectionnées pour retordre ou doubler les fils de laine cardée qui peuvent être servies surtout par des jeunes filles, a eu pour conséquence une économie considérable du travail des ouvriers adultes. Si l'on cousidère le grand progrès opéré dans la puissance de production par l'adoption et l'amélioration de l'oulillage mécanique, on sera d'autant plus surpris de l'accroissement du nombre des broches dans les manufactures anglaises. En 1834, le nombre des broches mises en mouvement dans les filatures de coton, était évalué à environ 1 1 millions , et aux termes des rapports des inspecteurs des manufactures (factory inspectors) ce nombre s'était élevé à 21 millions en 1850, à près de SO'/s millions en 1861 et à 34 millions envii'on en 1871. Comparé à celte énorme quantité de broches, le nombre de celles qui fonctionnent dans l'ensemble des filatures d'autres textiles, est peu considérable. Les filatures de laine cardée possédaient 2 '/s millions de broches en 1871 contre 2,182,000 en 1861, et 1,596,000 en 1850; pour les filatures de laine i)oignée, les nombres étaient respectivement de 1,800,000, 1,290,000 et 876,000; pour
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la soie, c'étaient 1,338,000 en 18G1 contre 1,225.000 en 1850, mais en 1871 on n'en comptait plus 929,000 dont 221,000 étaient arrêtés; en revanche pour le lin, 1,420.000 en 1871 contre 1,210.000 et 9G5.000. Kous n'avons , à l'égard des broches consacrées au clianvre et au jute, de document que pour les années 18C1 et 1871. On en complait pour le premier 2,500 en 1861 et 24,700 en 1871, et pour le second 33,000 et 98.500. Mais, l'accroissement dans le nombre des broches n'est pas proportionnel à l'augmenlalion dans la quantité des filés, parce que la rapidilé avec laquelle s'exécute le travail est bien supérieure à ce qu'elle était autrefois. Ainsi la quantité de coton consommée dans la Grande-Bretagne, en prenant la moyenne des trois: années 18 49, 1850, 1851, divisée par le nombre des broches employées à ce genre de fabrication en 1850, donne environ 29 livres de colon par broche, tandis qu'en prenant pour base la moyenne des années 1859, 1860 et 18G1, ia quant'ifé de coton filé par broche monte, en 18G1, jusqu'à 34 livres. Chill're qui n'a pas été dépassé depuis, mais comme dans d'autres pays la moyenne est bien supérieure, on doit en conclure, qu'il y a en Angleterre toujours un certain nombre de broches en chômage, mais qu'on fait entrer dans les calculs.
En 1860, la quantité de coton brut consommé était de 1,1 il millions de livres, en 1871 de 1,205 millions de livres anglaises, représentant une valeur d'environ 30 '/a millions liv. st. en 18G0 et de 56 millions en 1871. Les quantités et les valeurs des autres matières premières employées en 18G0 étaient ainsi qu'il suit: lin, de provenance étrangère, 1,450,000 cwts., évalués à 3,800.000 liv. st.; de provenance irlandaise, environ 460,000 cwts., au prix de 1,400.000 liv. st.; chanvre et jute, 1,469,000 cwts., valeur, 1,028,500 liv. st.; .soie brute, 6,02 i livres en poids, valeur. 6,480,000 liv. st.; déchets de soie, 16,000 cwts., valeur, 26,000 liv. st.; enfin, laine venue des pays étrangers ou des possessions britanniques, 1 18 millions de livres, valant 8,743.000 liv. st.; de provenance anglaise, environ 190 millions de livres, d'une valeur d'à peu près 1 1,500,000 liv. st. Le prix total de ces maliér-^s premières destinées aux manufactures de tissus s'élevait à environ 64 millions liv. st., dans lesquels les produits étrangers entraient pour 51 millions, et les produits anglais pour 13; en 1871, la valeur de ces matières dépassait 93 millions. La valeur totale des tissus de coton exportés en 1871 a été de plus de 57 '/î niillious contre 37 ',2 en 1861; pour les lainages de 27 millions contre 1 1 ; pour les soieries de 2 millions contre 1,400,000; pour les toiles de lin de 5 '/, millions contre 4 millions
L'emploi des machines avait été introduit dans la filature bien des années avant que le tissage à la mécanique ne fut usuellement pratiqué dans la Grande-Bretagne., Peu de manufactures d'étoffes de coton, en licosse, se servaient de métiers à moteur mécanique {powcr looms), au commencement de ce siècle; mais
dans le LancasLire, d'après M. Bazley, il y avait à peine, en 1818, 2.000 métiers à moteur mécanique, mais la moitié de ces métiers ne marchaient pas. Dans la courte période de quatorze ans, qui finit en 1832, ils se sont accrus dans ce pays jusqu'au nombre de 80 000. Eu 1850, le Lancashire en possédait 177.000, et il en avait 306.000 en 1861. Le nombre total des métiers à moteur mécanique pour le travail du coton, dans la Grande-Bretagne, était, en 1871, de 4i0.00û. sur lesquels 379.000 battaient en Angkterreet dans le pays de Galles, 22,000 en Ecosse, et les autres en Irlande.
Entre 1850 et 1861, on constate une augmentation considérable dans la quantité de produits livrés par ces métiers, due aux perfectionnements introduits dans les machines, et à la plus grande vitesse du tissage. Eu 1860, on comptait, eu moyenne, environ 2,042 livres de filé i)ar métier; on en comptait 1,626 livres en 1850. C'est une augmentation d'environ 25 p. 100. Depuis lors, le pouvoir des métiers a encore augmenté. Dans les manufaclures de toiles et fils de Un de la Grande-Bretagne, le nombre des métiers mécaniques a été de 3,670 en 1850, de 14,792en 1861, de 31,894en 1871. Environ 16,000, oula moitié des métiers à moteur mécanique pour la fabrication des toiles de lin, fonctionnent en Ecosse et 13.000 en Irlande. En 1850 on n'en aurait trouvé que 58 dajis ce pays.
Quant à la soie, l'usage des métiers à moteur mécanique s'étend également dans la Grande- Bretagne. Le nombre de ceux qui y étaient employés était de 12,000 eu 1871, de 10,709 en 1861, et de 6,092 en 1850. On peut dire qu'on n'eu fait usage qu'en Angleterre et dans le pays de Galles, car, en 1861, il n'y eu avait que 60 en Ecosse, et 14 en Irlande.
La fabrication des élotTes de laine i)résenle, comme le tissage de la soie, des dillicullés eu ce qui concerne l'adoption des métiers mécaniques. L'usage des métiers à moteur mécanique pour la fabrication des étoffes de laine cardée est néanmoins eu grand progrès. Le nombre do ceux qui fonctionnaient dans la Grande- Bretagne en 1871, était de 43,7rt (i 426 chômaient); en 1861, leur nombre était de 21.770 et en 1850 de 9,439. De ces 13,711 métiers, 33,714 battaient dans les fabriques de lainages en Angleterre et dans le pays de Galles. Les métiers à moteur mécanique mis en mouvement dans les manufactures de laine peignée dépassent de beaucoup ceux qui tissent la laine cardée. En 1861, on en coui[)tait 43,018 contre 32.617 en 1850; mais en 1871 il en fonctionnait 264,705 et près de 29,000 chômaient. Si l'on en e.\ccpte 10 pour l'Irlande et 1.1 15 pour l'Ecosse, ils sont tous dans les fabriques anglaises et galloises, et surtout dans le Yorkshire.
Des industries manufacturières qui , comme les industries textiles dans le Royaume-Uni, n'occupent pas moins de 61,411 établi-ssements grands et petits, dans lesquels fonctionnent (1871) près de 40 millions de broches et
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environ 750,000 métiers â moteurs mécaniques mus par la vapeur et par eau jusqu'à concurrence de 547,000 clievaux, doivent nécessairement fournir du travail à une quantité considérable d'ouvriers. En 1871, les personnes employées dans les fabriques de toute espèce s'élevaient à 2,540,789; en 18G1, le nombre en était de 775,534, et en 1850, de 596,082. Ces totaux comprenaient en 1871, 1,694,229, et en 1861, 308,273 hommes. Le nombre des enfants âgés de moins de 13 ans a été de 106,246 en 1871 (dont 57,861 jeunes garçons). Mais tous les ouvriers ne travaillent pas dans les manufactures. Dans le recensement de la Grande-Bretagne et de l'Irlande, pour 1851, on porte à 1,420,000 le nombre des personnes qui appartiennent aux dillérentes branches des industries textiles, tandis qu'on n'évalue qu'à 596,000 celles qui, à cette époque, sont employées dans les fabriques. En 18G0, M. Redgrave, inspecteur des manufactures, estimait la population adonnée aux diverses branches des industries textiles, en dehors des fabriques, à 877,000 personnes, et il supposait que le travail du coton en occupait à lui seul 37 1,000, celui du lin 210,000, celui de la soie 83,000, celui de la laine cardée 120,000, celui delà laine peignée 93,000. Si l'on ajoute à cette évaluation de M. Redgrave le nombre des ouvriers de fabrique donné parle recensement de 1861, on aura, pour les ouvriers qui alimentent les industries textiles, dans les ateliers de fabriqiiesethorsdecesateliers, untotalde 1,652,000. Ainsi, d'après une estimation très-modeste des personnes qui se livrent à ce genre de travail et de leurs familles, il devait y avoir au moins 5 millions d'àmes en Angleterre', qui à cette époque trouvaient directement leurs moyens d'existence dans la pratique des industries textiles. Voici, maintenant, sur l'industrie anglaise les Chiffres les plus récents extraits du document intitulé: Return: Factories and \Yor/csliops. Il s'agit donc à la fois des manufactures et des ateliers, mais non du travail à domicile, qui n'est relevé (du moins quant au personnel) que par le recensement (les chilfres de 1871 ne sont pas encore publiés).
Nombre Machines.
des
établisse- Cbevaux-
ments. ■'■^P^"''-
Ouvriers.
Dont , hommes.
Angleterre .
Ecosse. . .
Irlande . .
Angleterre Ecosse . . Irlande . .
Industries textiles.
Métaux.
Total. . 18,321 337,253 634,035 599,691
1. Nous accepterions l'évaluation à 5 millions si les 1,652.000 individus trav.iillant les textiles étaient tous des hommes; mais comme ces 1,652,000 doivent comprendre un certain nombre de femmes et d'cn- ^ints, le chiffre de 5 millions est évidemment exagéré.
Nonibie
des élabllssenieiits.
Macllines, Chevauxvapeur.
Ouvriers.
Total. .^""'• hommes.
Cuirs
et 2>eaux
Angleterre .
Ecosse . . .
Irlande . . .
Total. .
Produits chimiques.
^nfflcterre .
Ecosse . , .
Irlande . . .
Total. .
Indu si rit
alimentaire.
Angleterre .
Ecosse . . .
Irlande . . .
Total. .
Industrie
du bâtiment.
Angleterre .
Ecosse . . .
Irlande . . .
Total. .
Papiers ,
carto7is,
'Je.
Angleterre .
Ecosse . . .
Irlande . . .
Total. .
Produits divers
Angleterre .
Ecosse . . .
Irlande . . .
Total. .
Angleterre .
Ecosse . . .
Irlande . . .
Total gén.
Voici enfin le nombre total des broches et des métiers à vapeur qui existent dans le Royaume- Uni, ainsi que le nombre des grandes manufactures et des ouvriers des deux sexes et de tout âge qui y étaient occupés en 1871 :
Nombre -, , Nombre ., . ,
des ^""'Y" des ^o'"'
établisse- , 1 métiers
ments. '"■"'^''"- à vapeur. »""'"*•
Coton 2,483 34,530,875 440,676 450,087
Laine cardée. . 1,829 2,521,786 48,140 125,025
Laine peignée. 630 1,821,144 293,491 110,972
Lin etchanvre. 535 1,531,295 36,748 127,942
Jute 63 103,000 4,122 17,570
Soie 694 929,157 12,165 47,311
La moyenne des salaires payés , chaque semaine, aux ouvriers cotonniers du Lancashire, était évaluée par M. David Ghadwick, en 1860, à 10 sh. 3'/î d. par tète; 18 sh. 6 d. pour les hommes, 10 sh. 2 d. pour les femmes, 7 sh. pour les jeunes garçons, 5 sh. pour les jeunes Olles. M. Chadwick prétend que, pour presque toutes les classes d'ouvriers de fabrique, l'augmentation des salaires parait avoir été de 10 à 25 p. 100 de 1840 à 1860, et que cette augmentation
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est due surtout aux perfectionnements apportés dans la construction de l'outillage mécanique, et à rexécufion plus rapide des opérations qui lui sont confiées. D'après M. Herdman. les salaires variaient à Belfast, dans l'industrie des toiles de lin, de 5 sli. € d. à 7 sli. par semaine, pour les Iiieurs à la main, et de IGà iO sli. par semaine, pour les ouvriers attachés aux fabriques, selon leur habileté, ou la situation des établissements. Dans les districts ruraux de l'Irlande , de jeunes femmes gagnaient au travail du tissage à la main un salaire qui dépendait de leur adresse et de leur activité, mais qui allait de 4 à 9 sb., tandis que dans les fabriques desservies par des métiers à moteur mécanique, ce salaire s'élève, pour les ouvrières d'élite, à 8 et quequefois même à 12 sh. Les salaires moyens payés en Angleterre et en Ecosse aux ouvriers des fabriques de toile sont de 6 ou 7 sh. par semaine pour la lilatiire, et de 9 sh. pour le tissage, ces deux opérations étant principalement exécutées avec le concours des femmes et des jeunes fllles; les hommes reçoivent de 16 à 2(3 sh. par semaine.
Les salaires dans les fllatures de soie du Lancashire, en 1859, sont évalués ainsi par M. David Chadwick: de 17à2G sh. par semaine pour les hommes; 10 sh. pour les jeunes garçons et les enfants, et de 6 sh. à 8 sh. 9 d. pour les femmes et les jeunes filles. Le même auteur nous apprend que dans le commerce des soies, l'augmentation qui s'est produite dans les salaires pendant les vingt années écoulées de 18.39 à 1859, dépasse 10 p. 100. M. Baines n'estimait pas les salaires moyens des ouvriers dans les fabriques d'étotfes de laine, en 1859, à moins de 12 sh. G d. par semaine. Dans un étabhssement de ce genre, à Leeds, en 1856, la moyenne hebdomadaire des salaires de 200 hommes s'élevait à 22 sh. 3 d.; pour 40 enfants elle était de Gsh. Gd., et pour 330 femmes ou jeunes filles, de 8 sh.
Il n'est pas sans intérêt de connaître le chiffre total des salaires payés annuellement dans la Grande-Bretagne aux ouvriers des industries textiles. En ce qui touche les industries du coton, delà soie, delà laine cardée, et delà laine peignée, on ne se trompera probablement pas en prônant pour base de ces calculs une moyenne générale de 10 sh. par semaine et par individu. Ce chillre serait trop élevé pour l'industrie des toiles, à cause du nombre très-considérable de femmes et de jeunes filles qui y participent en Irlande. On évaluera donc, pour la fabrication des toiles de lin, à 100,000 le nombre des personnes qui reçoivent en moyenne 10 sh. par semaine, et à 200,000 celles qui ne gagnent pas plus de G sh. Il résulterait de ce calcul que la somme distribuée sous forme de salaires, en ISGO, aux personnes qui concourent directement au travail dont les matières textiles sont l'objet, n'est pas inférieure à il millions stcrl. qui se divisent ainsi : pour les industries du colon, ouvriers, 827,000; salaires environ 21 '/i millions; pour celles des toiles de lin, 304,000 ouvriers, salaires 6 millions; pour
celles de la soie, 135,000 ouvriers, salaires environ 3 '/j millions; pour celle de la laine cardée, ouvriers 207,000, salaires environ 5 '/s millions, et pour celle de la laine peignée, 179,000 ouvriers, salaires 4 '/j millions. En tenant de l'accroissement du nombre des travailleurs et de la hausse des salaires, le montant des salaires devait être, en 1871, d'au moins GO millions sterl. , soit 1,500 millions de francs.
En 18G0, la produclion totale des fils et tissus n'aurait pas été inférieure à 175 millions stcrl.; dans ce chitl're, le coton entrait, selon M. Baines, pour 85 millions , dont 5G, 1 1 9.000 pour les produits exportés. Si M. Sinionds ne se trompe pas en portant la consommation intérieure des toiles de lin au double de l'exportation, la valeur totale de ces produits en ISGO a approché beaucoup de 20 millions. La soie est de toutes les matières textiles celle qui donne le total le moins élevé en Angleterre. La valeur de ses produits a pu être estimée, en 1860, à 12 '/^ millions, dont la plus grande parlie était consommée dans le pays. Quant aux étolfes de laine cardée et de laine peignée de la Grande- Bretagne, la valeur totale des objets livrés à la consommation par ces deux branches de l'industrie des laines, atleint au moins GO millions. En 1871, l'exportation des tils et des objets de laine cardée et de laine peignée s'élevait à plus de 27 millions, parmi lesquels à peu près 18 millions pour la laine peignée, et 9 millions pour la laine cardée.
La production et la distribution des marchandises qui représentent dans leur ensemble une masse si énorme de produits, rendent nécessaire, pour les diverses branches de commerce qui se rattachent aux industries textiles, la possession d'un capital très- considérable. Il n'est pas probablement beaucoup au-dessous de 400 millions. Pour la seule industrie du coton, il est estimé par M. Barley, d'accord en cela avec d'autres personnes, à 200 millions. On a prétendu que 12 millions étaient engagés dans le commerce du lin, en Irlande, d'où il faudrait conclure qu'on resterait probablement au-dessous de la vérité, en ne portant pas à plus de 30 millions sterl.. pour tout le royaume, le capital qui alimente l'industrie linière. M. Thomas Dickius supposait, en 1855, que celle de la soie mettait en activité un capital de 50 millions. Les écrivains qui se sont occupés de l'industrie de la laine cardée et de la laine peignée, ne paraissent pas avoir indiqué le montant du capital qui y est consacré; mais si l'on prend pour base les calculs auxquels les autres industries ont donné lieu, et la valeur de la laine cardée et de la laine peignée, fabriquées annuellement, on se convaincra que le capital nécessaire ici n'est probablement pas inférieur à 80 raillions. Par ces diverses supputations, on arrive à un capital de 1 GO millions de livres pour les industries du lin, de la soie et de la laine; mais le véritable chifire doit approcher encore davantage de celui qui s'applique au coton. M. Barley juslific ainsi cette appréciation: «Les capitaux immobilisés pour rinstallalion des fabriques, de la méca-
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nique, des aménagements nécessaires au blanchiment, à l'impression, à la teinture, l'outillage et la machine en y comprenant les bâtiments ainsi que le droit payé pour l'usage de Feau , ne représentent pas moins de 00 millions ; pour mettre en activité tout ce matériel, avec tout ce qui s'y rattache, il faudrait 20 millions de plus, ce qui porte à 80 millions le seul capital d'exploitation. A quoi il convient d'ajouter les fonds des marchands et des consommateurs, à l'intérieur et sur les marchés étrangers, le prix du coton et de toutes les matières premières successivement employées dans la fabrication, les capitaux consacrés par les banquiers à cette industrie et à ce commerce. On voit qu'une somme de 120 millions ne serait pas de trop pour satisfaire à ces nouveaux besoins, ce qui porterait Tensemble du capital à l'énorme total de 200 millions sterling. »
Toutes ces évalualions doivent être augmentées de 25 et peut-être de 50 p. 100 pour représenter l'état de 1870.
Commerce extérieur. — Le commerce extérieur du Royaume-Uni se rattache intimement à ses ressources industrielles. De tout temps on a fait avec les autres nations un commerce actif et étendu; mais c'est seulement depuis l'adoption des principes du hbre échange, que se sont accompUs les surprenants dévelop[iements dont nous sommes les témoins. De 1818 à 1835, tant que prédomina le régime protecteur, le commerce extérieur ne fit point de progi'ès. La moyenne annuelle des exportations resta au-dessous de ce qu'elle avait été de 1801 à 1814, pendant quatorze années de guerre.
Le mouvement des importations et des exrtortalions, de 1851 à 18G0, peut être trèsu\antageusement mis eu regard du mouvemeut de 1841 à 1850. D'après les valeurs officielles [voy. le chapitre Finances), qui servent à indiquer les quantités plutôt que la valeur réelle, la moyenne annuelle des importations a été de 82,741,0000 liv. st. entre 1841 et 1850, et de 130,134,000 liv. st. entre 1851 et 18G0. L'augmentation de la seconde période sur la première a donc été de 57 p. 100. Les moyens d'établir la valeur exacte des importations n'ont été obtenus qu'en 1854. Dans cette année, la valeur totale des importations fut de 152,389,000 liv. st.; en 1801 elle a été de 217,351,000 liv. st., ce qui donne, en huit ans, une augmentation de 43 p. 100. Les mêmes comparaisons de la valeur réelle des exportations britanniques, entre ces difierentes périodes, présentent des résultats encore plus favorables. La moyenne annuelle des exportations a été de 57,443.000 liv. st. entre 1841 et 1850, et de 100,513,000 liv. st. entre 1851 et 1800, ce qui donne, à la seconde période sur la première , une augmentation de 49 millions ou 85 p. 100. De 1831 à 18i0, cette augmentation n'avait pas dépassé 12,200,000 liv. st. ou 27 p. 100. Le grand progrès accompli de 1851 à 18C0, incontestablement dû aux grandes réductions opérées sur les droits d'importation, justifie le principe des économistes qui sou-
tiennent que les exporfafion.<î ne peuvent se développer dans de notables proportions, si des droits élevés arrêtent le mouvement des importations. A une très-faible partie près , les importations qui, en 1862, se sont élevées à plus de 211 millions, se consomment à rintérieur. Les matières premières destinées aux manufactures y figurent pour 120 millions sterl. ou 56 p. 100; les substances alimentaires, pour 80 millions ou 39 p. 100; les articles manufacturés, pour 10 milHons ou 5 p. 100. Quant aux exportations, dont la valeur peut être estimée à 130 millions sterl., les produits manufacturés y sont représentés par 1 13 millions ou 86 p. 100; les matières premières, y compris les métaux à la première phase de fabrication, pour 10 millions ou 8 p. 100; les substances alimentaires pour 7 millions ou 6 p. 100.
Le progrès du commerce ressort aussi des chiffres que nous allons donner : La' moyenne, par tête, de l'importation a été de 6 liv. 3 sh. 2 d. en 1856, de 7 liv. 10 sh. 2 d. en 180 1, de
9 liv. 16 sh. 4 d. en 1866 et de 10 liv. 9 sh. 4 d. en 1871. L'exportation des produits anglais (réexportation de produits coloniaux et étrangers non compris) s'est élevée en 1856 à 4 liv. 2 sh. 10 d.; en 1861, à 4 liv. 6 sh. 5 d.; eu 1866, à 6 liv. 5 sh. 7 d. ; en 1871, à 7 liv.
10 sh. 3 d. Les nombres absolus ou réels pour 1871 sont : Importation, 329,855,143 liv.; exportation de produits anglais, 222,519,777 liv.; exportation de produits coloniaux et étrangers, 59,800,949 livres.
L'accroissement des importations de blé, farine et grains étrangers, pour la consommation intérieure, depuis que les tarifs ont été réduits, en 18 i9, à de simples droits de balance, est aussi à remarquer. De 1831 à 1840, la moyenne annuelle des quantités de froment retenues pour la consommation intérieure, avait été de 900,000 quarters, représentant, au prix moyen du blé britannique, une valeur de 2.520.000 liv. EL De 1841 à 1850, cette quantité a été de 2,000.000 quarters.valaut 6,890,000 liv. st.; elle a atteint 5,000.000 quarters, valant 13,500,000 liv. st., de 1851 à 1860. De 1854 à 1861, la valeur des blés et farines importés pour la consommation du Royaume-Uni, s'est élevée à 122,000,000 liv. st.. soit à 15 ','4 raillions par an '. Les grandes importations de blé coïncident, en général, avec de considérables exportations de produits manufacturés. Lorsque ces importations se font dans de grandes proportions, on est d'ordinaire assez disposé à les considérer comme des événements malheureux,