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GRAND -PENSIONNAIRE. — GRÈCE

GRAND -PENSIONNAIRE. La position des hauts fonctionnaires hollandais qui portaient ce titre est assez difïïcile à bien saisir de nos jours, où l'esprit s'est habitué à une certaine façon de classer les attributions politiques. Le grand-pensionnaire était pour ainsi dire le ministre et le procureur général de la province de Hollande, Tune de celles qui formaient la république des Pays-Bas. A ce titre il exerçait non-seulement une grande influence dans' sa province, mais encore dans l'ensemble de la république. On l'appelait aussi avocat général de la Hollande, ou conseiller pensionnaire et i! se trouvait fréquemment en opposition avec le stathouder (voyez ce mot), contre lequel il défendait les institutions républicaines. Il y a eu des pensionnaires dans toutes les provinces et même dans les grandes villes , mais on ne se fera une idée nette de leur action qu'en lisant une histoire trùs-détaillcc des Pays-Bas.

GRATUITÉ DES FONCTIONS. Nous croyons que la vérité ne peut qu'y gagner lorsqu'on expose les deux côtés d'une question. Or comme notre génération tend à remplacer les fonctions gratuites par des fonctions rémunérées, parce qu'elle tient ce système pour plus démocratique, les fonctions devant être accessibles à tous ; il nous semble précisément utile de rechercher ce qu'on peut dire en faveur de la multiplication des fonctions gratuites.

D'abord, il est bien entendu que nous demandons l'égalité devant la loi : tous ceux qui sont aptes à remplir une fonction doivent y être admissibles. Aous abhorrons tout privilège attaché à la naissance , à la religion , à la couleur de la peau ou à d'autres circonstances pareilles ; mais nous admettons qu'il y ait des conditions d'âge, de savoir, d'honnêteté, d'une part, parce que tout le monde peut ou pourra les remplir, et de l'autre, parce que les fonctions existent dans rintérèt général, et cet intérêt exige que les fonctions puissent être remplies par ceux qui les sollicitent. Mais fautil les accordera tous ceux qui les deiuandent? Gela est impossible. Il faut que chaque soldat porte dans sa giberne le bùton de maréchal , mais tous ne peuvent pas devenir maréchaux. Supposons que dix personnes demandent à être maire d'une ville, on ne pourra les nommer tous, lequel préférer? Le plus digne, sans doute. Comment le reconnaître? Certainement l'absence de fortune ne sera pas une des considérations qui devra motiver la préférence. La richesse non plus. — Accordé. — Mais toutes choses égales d'ailleurs, ne vaut-il pas mieux choisir celui qui se chargera gratis de la fonction ?

On pourrait dire en sa faveur 1° qu'il n'augmentera pas les charges budgétaires, tout en rendant le service demandé ; 2° qu'il est mieux préparé à administrer la fortune communale , ayant l'habitude d'administrer la sienne; 3° qu'il peut être présumé plus désintéressé; 4" qu'il consacre ses loisirs à l'intérêt général, tandis que le candidat qu'il faudra rétribuer abanJonne un travail utile, dont il

perdra peut-être l'habitude; 5° qu'il est dangereux d'encourager trop de personnes à quitter leur profession pour des fonctions publiques , que l'esprit civique eu souffrirait, qu'on multiplierait le nombre des démagogues , etc.

On a fait valoir encore en faveur de la gratuité cet argument, qu'elle est une des conditions du selfgovernment. (Voy. ce mot.)

Mais l'argument pohtique le plus important en faveur de la gratuité est peut-être celui-ci: plus la démocratie deviendra puissante, plus elle aura besoin d'un contre-poids [voy. Dualisme), car toute puissance qui manque de frein a une tendance à s'emporter. Ce contrepoids c'est précisément la multiplicité des fonctions gratuites. De cette façon l'élément conservateur de la nation est plus en état de modérer la «fougue démocratique». iN'ou s n'insisterons pas, parce que nous voyons aussi les inconvénients de la gratuité. Ils consistent surtout dans une besogne moins bien faite ou pas faite du tout. Aussi faut-il en tout une juste mesure. On peut formuler à peu près ainsi le principe à suivre en celte matière: pour les fonctions politiques préférer le plus souvent la gratuité, pour les fonctions administratives, la rémunération, en tenant compte dans l'un et l'autre cas des circonstances locales. M. B.

GRÈCE. La population delà Grèce, ou du royaume des Hellènes, est, d'après le recensement de 1870, de 1,457,894 âmes, répartie sur un territoire de 50,211 kil. carrés comprenant les iles Ioniennes avec 232,221. Les anciennes provinces du royaume ont donc 1, 225, G73 habitants. Le chiffre était de 1,090,810 en 18G1, de 1,042,527 en 1853, de 861,019 en 1841, de 752,077 en 1838, date du premier dénombrement.

Ce petit État reconquit en 1828, après de sanglants efforts et avec l'aide de l'Europe, son indépendance de la Turquie, mais ce n'est que par le traité du 7 mai 1832 que la Grèce devint le royaume des Hellènes sous Othon I", de la maison de Bavière, alors mineur. Après la révolution du 15 septembre 1843, on rédigea une nouvelle Constitution, qui fut aciievée en 18 i4, jurée par le roi Othon <■» vjtée par l'Assemblée nationale. Ello yaranlit aux citoyens l'égalité devant la loi, la liberté individuelle, la liberté de la presse, l'abolition de la confiscation, l'instruction primaire et supérieure gratuite et la liberté religieuse.

D'après cette Constitution la puissance législative s'exerce collectivement par le roi, la Chambre des députés et le Sénat. La personne du roi est sacrée; les ministres sont responsables; le roi jouit de tous les droits conférés aux monarques constitutionnels. Les députés sont élus parmi les hommes âgés de plus de trente ans (I sur 10.000 liab.), possédant une propriété quelconque et exerçant une profession indépendante dans le département où se trouve leur domicile politique. Ils sont nommés pour trois ans et reçoivent 250 drachmes (225 fr.) de rétribution mensuelle pendant la durée de la session. Les sénateurs doivent

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