GRECE
avoir quarante ans révolus; ils sont nommés à vie par le roi et touchent par mois 500 drachmes.
En 18C2 le roi Othon fut renversé, par la seule raison qu'un règne de trente ans est déjà assez long. Heureusement , comme en 1843 , la révolution ne dura qu'un jour. Après bien des négociations, et après le refus de l'Angleterre d'accepter le trône pour le prince Alfred, deuxième fils delà reine Victoria, le prince Guillaume de Danemark a accepté en 18C3 la couronne grecque et a pris le nom de Georges P'. La Grande-Bretagne lui donna comme une sorte de dot les îles Ioniennes et certains avantages particuliers.
On rédigea une nouvelle Constitution, celle du 16/28 novemhrc 1864.
En voici les principales dispositions
La Grèce est une monarchie parlementaire, avec un roi irresponsable et inviolable, qui ne peut agir que par l'intermédiaire de ses ministres, qu'il a d'ailleurs le droit de nommer et de révoquer. 11 jouit d'une liste civile de 1,200,000 drachmes, y, compris les 10,000 liv. st. votées par l'ancien État ionien.
Le parlement grec se compose d'une seule chambre qui jouit de la plénitude des droits et des pouvoirs que l'usage ou la nécessité a fait accorder aux corps législatifs. Tous les citoyens sont électeurs. Pour être éligible, il faut être âgé de 30 ans , être citoyen hellène et né pas exercer de fonctions salariées. Les députés '-"oivent une indemnité de 2,000 drachmes i-^^r chaque session ordinaire, et pour les sessions extraordinaires, ils n'ont droit qu'aux frais d'aller et de retour. Les députés sont élus pour 4 ans.
Un conseil d'État, composé, de 15 à 20 mc.abres nommés par le roi , prépare les lois, mai.^ ne juge pas le contentieux admip.istratif qui est dans les attributions des tribunaux. Le jury existe au criminel ordinaire; il juge aussi les délits poHtiques et les délits de presse qui n'ont pas rapport à la vie privée.
La religion « dominante » est celle de « l'Église orthodoxe orientale du Christ ». Toutefois tou- ' ' l"s autres religions «reconnues» sont «tolérées" -j! " le hbre exercice de leur culte est protégé par les ioi.- ->. La religion n'est pas une cause d'exclusion pour les fonctions publiques, car l'article C4 de la Constitution règle cj qui est relatif au serment des députés qui ne feraient pas partie de l'église orthodoxe.
Les juges sont inamovibles: les crimes sont soumis à un jury. Il y a dans le pays 200 justices de paix, 10 tribunaux correctionnels, 3 cours d'appel et 1 cour de cassation (aréopage) à Athènes.
Le culte grec est dominant. L'autorité ecclésiastique supérieure est formée par un synode de cinq évêques et un fonctionnaire civil. L'instruction publique est relalivement avancée; en 1870 on comptait eu Grèce l,i9i écoles primaires fi-équcntécs par 52,913 garçons et 11,035 filles. Pour cet enseignement l'Etat dépensait 152,800 et les communes 1,098,501 drachmes; c'est le sixième de leur revenu. Il
y a en outre 1 université (1,205 étudiants en 1870), 15 lycées (1,875 élèves), 114 collèges (5,971 élèves)'.
La situation financière de la Grèce n'est pas brillante. Ce petit royaume a commencé son ménage — si l'on peut s'exprimer ainsi — avec une lourde dette, qui ne lui a pas encore permis de joindre les deux bouts de son budget. Pour faire connaître la nature de ses ressources nous allons prendre, à titre de spécimen, les chiffres du budget de l'année 187 1 (en drachmes).
Voici donc le tableau des recettes:
Impôt foncier et dîmes 8,576.000
— sur le bétail 1,48:'», "00
— sur les pâturages 4."i.o00
— sur les ruches S.50,000
Licences 560,000
Douanes 10,100,000
Timbre 3,100,000
Taxes indirectes diverses 455,000
Postes 000,000
Télégraplies 150,000
Imprimerie nati,onale •. i ''00
Domaines de l'Etat .3,115,000
Vente de biens de l'État 2,340,000
Recettes diverses ..." 1,0.54,000
Recettes ecclésiastiques 237,000
Arrérages 1,320,000
Total 33,Û91,000
Le tableau suivant, qui résume les dépenses, indiquera le montant du déficit prévu; malheureusement, l'on sait que dans tous les pays le déficit réel est toujours supérieur à l'excédant de dépense prévue.
Dette extérieure. 1,300,000
Dette intérieure 0/414,8(50
Pensions , . 2,S00,32n
Liste civile 1,125,000
Chambre des députés 400,000
Ministère des finances 1,10S,490
Affaires étrangères 830,517
Justice 2,4r.i,i;.S0
Intérieur 3,455,464
Culte et instrnction 1,040,810
Guerre 7,416,072
Marine 1,677,927
Frais d'administration 2,184,122
Dépenses diverses 1,725,000
Total 34,493,262
Le capital de la dette consolidée doit être évalué à au moins 250 millions de drachmes en 1873.
Le tableau qui suit, donne, à litre de comparaison, le résumé des budgets des années antérieures depuis l'annexion des iles Ioniennes.
Années. Heeettes. Dépenses.
ISliS 33,508,000 32,990,123-
Total .... 216,182,733 205,214,779
En 1810 le budget n'était que de IG à 17 millions de drachmes.
1. La plupart des chiffres contenus dans cet article sont empruntés aux publications de M. Alexandre Mausolas, chef de la division de statistique à Athènes.
GEECE. — GUATEMALA.
L'armée s'élève à environ 8.000 hommes et la marine compte, outre 3 grands navires de guerre, environ une trentaine de petits bâtiments armés de un à i)iiisieurs canons.
La Grèce ne semble pas être un pays prédestiné pour l'agriculture. Sur 50,211 ici!, carrés (dont les îles Ioniennes 2.G95) les terres cultivables n'occupent que 19,183 kil. carrés dans les anciennes provinces et 463 dans les îles Ioniennes. En 18G7 la production des céréales a atteint 11,668,559 kilogrammes (dont 4,762,268 kilogr. en blé, 3,1 78,35 i en maïs, le reste en avoine et orge). De plus les vignobles occupent 55i.923 slremes (de 10 arcs), les vignes à raisins de Corintlie 226.'; 13 str., les oliviers 795,7I3str.;les mûriers 57,9 i7 str.; les Dguicrs 36.595 str. A la même époque on comptait dans le pars 57.910 bètos à cornes, 1,778.729 bètesàlaine, 2,289,123 chèvres, 55,776 porcs, 163,547 chevaux.
L'industrie est encore peu développée dans le pays , néanmoins le commerce est actif, car la valeur officielle des importations oscille autour de 90 millions de drachmes, et l'exportation autour de 60 millions. La Grèce a des établissements de crédit, elle s'occupe de multiplier ses routes, mais ses chemins de fer (9 kil. en 1870) ne seront jamais bien importants à cause de la configuration de son territoire, qui comporte plutôt un cabotage florissant. iNéanmoins il reste encore quelque chose à faire aux Hellènes pour que leur État ait le degré de prospérité auquel il pourrait prétendre à plus d'un titre: ce quelque chose consiste (et ce conseil s'applique à plus d'un pays) à s'occuper un peu moins de politique et un peu plus d'économique. X.
CoMP.\KEz : Eglise grecque.
GRENIERS D'ABO-NDANCE. Toy. Subsistances.
GRÈVES. Voij. Salaires et Trades Unions.
GRISONS. Vo/j. Suisse.
GUATEMALA. Pendant la domination espagnole, le royaume de Guatemala comprenait les cinq provinces de Guatemala. Honduras, San-Salvador, Nicaragua et Coïta-Pàca.
Eu 1821, après leur déclaration d'indépendance, elles se réunirent un instant au Mexique; mais deux ans après, elles se constituaient en république fédérative, sous la présidence de Morazan. Cet état de choses ne fut pas de longue durée. En 1832. la confédération n'avait plus qu'une existence nominale. Eu fait, les cinq Etats avaient déjà des gouvernements séparés. Les deux défaites de Morazau, en 1839 et 18'i2, et sa mort dans cette dernière année, anéantirent les derniers vestiges du fédéralisme et laissèrent le champ libre au champion du séparatisme. le métis Don Rafaël Carrera. La domination du général Carrera, qui dure encore, ne s'est pas établie sans difficulté. Pendant la lutte, il avait invoqué d'autres principes de gouvernement que ceux du sépara-
tisme. II s'était donné pour le représentant armé de la démocratie. Aussi eut-il contre lui l'opposition des classes riches. Mais une fois son pouvoir bien établi, il fit aux intérêts sociaux de ces classes de très-larges concessions, et la Constitution d'octobre 185!, volée par une assemblée dont tous les membres lui devaient leur nomination , n'est rien moins que démagogique.
Aux termes de cette Constitution, qui a été révisée en 1859 sans modifications bien profondes, pour être citoyen, il faut avoir une profession . une propriété, une industrie quelconque, permettant de vivre avec indépendance. Les fonctions publiques ne peuvent être exercées que par les personnes jouissant des droits de citoyens. La nomination d'un étranger à ces fonctions lui confère en même temps la qualité de citoyen. Les pouvoirs publics se composent du président , du conseil d'État et de la Chambre des représentants. Le président est élu pour quatre ans par une assemblée composée do la Chambre des représentants , de l'archevêque métropolitain , des membres de la cour de ju.^tice et du conseil d'État. Il est indéfiniment l'ééligible. Le président dirige les relations extérieures, fa't IcJ traités d'alliance et de commerce, veille au maintien de l'ordre, exerce le droit de grâce avec le conseil d'État, propose et sanctionne les lois, rend, en cas d'urgence, des décrets qui ont force de loi, présente aux dignités ecclésiastiques, et peut aussi, en cas d'urgence, contracter un emprunt en l'absence de !i Chambre, sauf après à la convoquer immédiatement en session extraordinaire. Les choix des ministres plénipotenliaires et des principaux fonctionnaires des finances doivent être approuvés par le conseil d'État.
Ce conseil se compose du secrétaire d'Etat, de huit conseillers nommés par la Chambre des représentants , et d'autant de membres qu'il plaît au président d'en nommer parmi les anciens chefs du pouvoir exécutif, les anciens présidents des corps représentatifs, les anciens ministres d'État, les présidents et régents des cours de justice. L'archevêque, lesévêqncs, le président du chapitre ecclésiastique, le recteur de runivcr.<ilé, le président de la société économique peuvent également y être appelés. Ce conseil est élu pour quatre ans. La Chambre des représentants, dont le mandat est de même durée, se compose de cinquante-cinq députés. Elle vole le budget , examine et apure les comptes, a droit de mettre en accusation le président, les ministres, les conseillers d'Élat, les ministi'cs plénipotentiaires; sa session ordinaire commence Je 25 novembre et finit le 31 janvier. Elle peut réformer la Constitution avec le concours et la sanction du gouvernement.
Eu 1855, le président Carrera a dû, conformément aux vœux qui se sont manifestés avec plus ou moins de spoulanéitô et de sincérité dans plusieurs grandes villes, accepter la présidence à vie et se laisser investir de la faculté de désigner son successeur. Jusqu'en 1862, ce