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ABDICATION

ABSENTEISME.

d'idées qui les a inspirées. En AngJefciTC. le droit d'abdication est dénié au roi, mais sans qu'il soit bien clair si c'est au nom du principe constitutionnel ou au nom du droit divin. Kous trouvons seulement l'axiome suivant : « Le roi d'Angleterre ne saurait abdiquer, si ce n'est avec le consentement du parlement. » Et quand on demande pourquoi, on trouve pour toute réponse: Parce qu'une abdication faite de son propre mouvement et par lui seul , pour ainsi dire unilatérale, serait « inconsistante avec la nature de su royale Jonction». C'est là une assertion, mais pas un argument.

Ou'adviendrait-il cependant si un roi d'Angleterre abdiquait ? A'ous ne doutons pas que le parlement n'enregistrât ou , si l'on veut, ne sanctionnât cet acte, parfaitement conforme au droit naturel.

Citons maintenant les abdications les plus importantes par leurs causes, leurs suites ou simplement par le nom des souverains auxquels elles se rapportent.

Parmi les empereurs romains , Diocléticn et Ma.ximien ont déposé la pourpre en 305.

En France, il suffit de rappeler les abdications de Napoléon Y^ (1814 et 1815) , de Charles X(1830), de Louis-Pliilippe (1848).

En Allemagne, Charles-Quint échangea, en 1556. la couronne impériale et royale contre la bure du moine. L'empereur d'Autriche préféra, en 1848, sa tranquillité aux luttes dont le menaçaient les événements connus de cette époque. D'autres successeurs de Charles-Quint, en Espagne ceux-là , abdiquèrent par des raisons diverses: en 1724, ce fut Philippe V; eu 1808, Charles IV.

La dynastie de Savoie présente des exemples plus nombreux d'abdication: .Vmédée, en 1494; Victor-Amédée, en 1750; Charles-Emmanuel, c n 1802; Victor-Emmanuel I", en 1819; Charles- Albert, en 1849.

En Pologne, on a enregistré, depuis l'abdication du prince qui devint Henri III de France, celle d'Auguste, en t707, de Stanislas, en 1735, de PoniatOAvski, en 1795.

L'abdication de la reine Christine de Suède, en 1654, est connue.

Celle de Richard II d'Angleterre, en 1399, l'est moins. Quant à .lacques II, il n'a pas formellement abdiqué, mais le parlement anglais a déclaré, en 1688, que «le roi Jacques II ayant entrepris la subversion de la coustitution du royaume en brisant le contrat primitif qui existe entre le roi et son peuple ; en violant, conformémeutaux conseils des jésuites et d'autres persojincs mal intentionnées, les lois fondamentales du royaume , il a abdiqué le gouvernement et que, par conséquent, le troue est vacant ». Il y eut alors une vive discussion sur le point de savoir s'il fallait employer le mot déserter ou abdiquer.

Kous mentionnerons enfin l'abdication du roi Louis de Hollande, en 1810; celle du roi Louis de Bavière, en 1848; ceHc des princes de HohenzoUern, en 1819, eu faveur de la couronne de Prusse; celle du duc de Saxe-Altcnbourg, en 1849, en faveur de son frère.

L'abdication a généralement lieu par un acte formel et presque toujours en faveur de l'héritier naturel, mais elle n'est pas toujours volontaire, et l'histoire nous apprend qu'elle est souvent suivie de regrets. Maurice Block.

Comparez: Déchéance, Déposition, Primogéniture , Prince, Roi, Souverain.

ABOLITION. Ce mot était autrefois, employé comme synonyme d'o?««ùft'e {voy. ce mot). Dans quelques contrées il était résers'C à l'amnistie qui était donnée avant le jugement. Il consistait souvent aussi simplement dans la suppression de la procédure. H n'y a donc pas lieu de la confondre avec la grâce. [Voy. ce mol et Amnistie.)

ABOLITIONISTE. Partisans de l'abolition de l'esclavage. Aux philosophes et aux économistes français du dix-huitième siècle, revient l'honneur d'avoir soulevé l'opinion contre l'esclavage des nègres. Turgot, Montesquieu, Raynal, Condorcet sont ainsi, à vrai dire, les premiers comme les plus illustres abolitiouistes; car c'est sous l'influence de leurs idées que la Révolution abolit la traite, rétabUe plus tard par l'Empire. En .Angleterre et aux États-Unis , le mouvement contre l'esclavage était né vers la même époque au sein du protestantisme. 11 y fut moins éclatant qu'en France , mais plus général . plus rehgieux , plus systématique, et c'est dans ces pays qu'est né le parti abolitioniste. [Voy. pour plus de détails les mots Esclavage et Nègres.)

ABONDANCE (Grenier n'). Voy. Subsistances.

ABSENTÉISME iL') , c'est-à-dire la nonrésidence des propriétaires sur les terres et sur les domaines qu'ils possèdent , est un mot créé entre 1830 et 1840 à l'occasion des malheurs qui ont affligé l'Irlande. Des volumes ont été écrits et publiés sur ce triste sujet; des discours sans nombre, éloquents, passionnés , violents, ont été prononcés dans les chamlDres anglaises, contre des seigneurs anglais grands propriétaires en Irlande et pour leur défense; on les accusait d'être , par leur constante absence, la cause de l'affreuse misère de cette lie si chère à ses habitants, célébrée par les légendaires et les poètes sous le nom de la verte Erin , cette merveille de l'Océan, cette pierre précieuse , véritable émeraude surgissant des eaux de la mer, etc.

Il est permis de penser que cette misère trop réelle et vraiment hideuse dans quelques comtés de rirlande n'avait pas pour cause unique l'absence des seigneurs anglais, grands propriétaires dans cette île. L'effroyable oppression exercée à différentes époques par des conquérants avides a laissé dans ce pays des souvenirs ineffaçables transmis d'âge en âge. A ces ferments d'inimitié sont venues se joindre les haines . les antipathies religieuses. Telles sont les données qui devront être pesées et prises en grande considération par ceux qui s'impose-

ABSENTEISME.

ront la tâche pénible de creuser à fond cette douloureuse question, mais qui est. on le volt, d'une nature toute spéciale. C'est donc d'un point de vue plus général qu'il convient d'envisager Y absentéisme. Quelques observations préliminaires paraissent nécessaires avant d'aborder la question elle-même.

Admettons, ce qui ne semble pas douteux, que la présence des propriétaires sur leurs domaines peut et doit être , pour les habitants des campagnes et pour les propriétaires euxmêmes, la source d'avantages de tous genres. on se demande jusqu'à quel point les différents États , les différents pays sont favorables ou contraires à cette résidence reconnue fort désirable.

Assurément . les conditions physiques . morales , sociales et politiques particulières à chaque pays , jouent un grand rôle dans cette importante question. Les faits, d'ailleurs, parlent si haut , qu'il est impossible de les méconnaître. Parlons d'abord du climat.

Quand on voyage en Europe , en s'aA'ançant du Nord vers le .Alidi, on est frappé du nombre toujours décroissant des habitations dites de maîtres, éparses dans les campagnes. Enfui, quand on a franchi les Pyrénées et encore les provinces basques, quelle solitude! Pas une liabitation annonçant quelque aisance ne s'offre à la \MQ, hors de Penceinte des villes et des gros bourgs. Vraiment ce n'est pas sans raison que les rêves de l'imagination ont été qualifiés de châteaux en Espagne; sans doute la guerre qui a duré huit cents ans entre les chrétiens et les musulmans, et qui ne s'est terminée que par la complète expulsion de ceux-ci à la Ou du seizième siècle, a dû contribuer à multipHer les forteresses et a dû rendre impossible la création de ces habitations champêtres plus ou I moins luxueuses, mais généralement élégantes, , qui réjouissent la vue en Angleterre , en Holi lande . en Belgique , en France et dans la plus j grande partie de l'.Vllemagne ; mais dans cette solitude des campagnes en Espagne, l'influence du climat est réellement très-grande.

La chaleur rend Pactivité du corps fort pé- ! nible ; elle rend aussi la campagne peu attrayante I: pendant une grande partie de l'année. DeVarcs • arbres au feuillage maigre et sombre n'invitent ;■ guère à rechercher leur ombrage aussi triste que pauvre. La promenade est une fatigue et non un plaisir en Espagne. 11 en est à peu près de même eu Italie. On y voit des villas ornées d'élégants portiques , décorées de statues de marbre, de peintures à fresque, mais rien de semblable à ces bonnes habitations de campagne où règne le comfort , m;iis en même temj)s cette heureuse activité qui du propriétaire s'étend à tous les agents de la culture. Heureux les pays où rien ne s'oppose à ce que la fortune , unie chez les propriétaires aux connaissances les plus utiles . produise d'excellents résultats en répandant, avec une aisance croissaute . des germes de moraUsation dans les populations des campagnes.

Nous avons cru devoir prendre d'abord en considération l'influence du climat sur les dis-

positions qui porteraient naturellement les personnes riches ou aisées à rechercher le séjour de la campagne et à s'y complaire dans d'utiles occupations, parce que le climat est, jusqu'à un certain point . une condition soustraite à la puissance de Phoinine; mais sans nul doute, l'état moral, social et politique des diflérentes populations qui composent la grande famille européenne est l'élément le plus important à considérer dans cette grande question; trèsgrande en effet, car aux yeux du plulosophc ou, si l'on aime mieux, du philanthrope, cette question renferme des problèmes dont la solution intéresse au plus haut point le développement de la véritable civilisation.

Les tendances morales, naturelles, instinctives sont fort à considérer dans le sujet dont il s'agit. Ce sont elles qui déterminent chez les individus ce qu'on appelle avec raison leur vocation pour telle ou telle carrière, et qui assurent les chances les plus favorables pour la parcourir avec succès et contentement. .Unsi, pour qu'une personne appartenant à la classe moyenne ou même élevée de la société puisse se trouver bien et satisfaite à la campagne, en se livrant aux occupations que la culture du sol reproduit sans interruption chaque jour, il faut que cette personne soit pourvue, douée, d'un sens particulier plus facile à comprendre qu'à définir, et que. faute d'une expression plus précise . on oserait nommer le sens de la nature. C'est une disposition un peu vague et rêveuse , quelquefois même doucement mélancolique , qui fait naître dans Pâme une émotion indéfinissable, en présence des scènes qu'offre à chaque pas. à chaque instant et en toute saison, la nature champêtre, dont les aspects sont si variés; car ce qui parait être d'une insipidité insupportable à un citadin raffiné ou plutôt blasé , est plein de charmes pour celui qui. doué de ce sens particulier, sait en comprendre la simple, douce et suave poésie. Cette heureuse disposition s'allie admirablement avec le goût, le besoin de la vie intérieure, avec Pamour du chez soi, que les Anglais désignent par un mot qui manque en français, le mot home.

Ce goût, cette passion du home, est-ce dans les villes cpie nos voisins songent à le satisfaire? — Jamais! c'est toujours à la campagne, dans un site agreste, soigné, embelli, sans faste, qu'ils choisissent et fixent leur résidence habituelle. C'est là qu'ils exercent leurs droits politiques, qu'ils reçoivent leurs amis , eu un mot. qu'ils se croient vraiment chez eux; aussi, suivant le rang et la fortune des propriétaires, ces habitations situées à la campagne portcjit des noms variés, tels que hall, parle, house , lodge , mansion, cottage, etc.

Ce besoin de posséder un home rural se manifeste dans tous les lieux soumis à la domination britannique, sur toute la face du globe. Ainsi, tout employé civil et même mihtaire, qu'il se trouve placé par la destinée sur les cimes glacées de \ Himalaya, sous le ciel brûlant des rives du Gange ou dans ce monde nouveau , \' Australie , s'efforce de se créer une

ABSENTÉISME.

liabitation rurale aussi semblable que possible à ce home qu'il possôdait dans sa patrie . séjour préféré qu'il désire tant de revoii- et que peutêtre il ne reverra jamais.

Il est facile de comprendre que de telles dispositions naturelles ou acquises par la tradition, par la longue influence des mœurs sociales et politiques, sont éminemment favorables au développement des progrès agricoles, fécondés par les goûts, Tintelligence et les immenses capitaux des personnes les plus considérables d'un pays tel que la Grande-Bretagne ; en serait-il de même dans d'autres pays, dans d'autres États? Un coup d'œil rapide jeté sur l'un de CCS États, la France, par exemple, suffira pour faire reconnaître combien ont été dilTérentes les conditions de toute nature qui ont exercé une si grande influence sur la question qui nous occupe.

Nous ne parlerons pas du climat, car aucun pays dans le monde n'a été plus heureusement partagé que la France sous ce rapport. Quant aux conditions morales , sociales et politiques, il en est fout autrement; les qualités, comme les défauts , sont à considérer ici ; la sociabilité, disposition aimable qui caractérise les Français, ne les porte pas naturellement à rechercher la Aie retirée , souvent soUtaire . qu'on mène aux champs , elle doit déterminer leur penchant vers le séjour des villes. Si l'on y joint la A-anité commune aux deux sexes, la préférence spontanée ne semble pas devoir être douteuse. Enfin, quand on songe à cette sorte de fascination que produit en France l'exemple donné par le souverain , on ne saurait s'étonner que les gens considérables à différents degrés aient . autant qu'ils l'ont pu , déserté la campagne pour affluer à la cour ou tout au moins dans les villes.

En effet, depuis bien plus de 200 ans, depuis le coup fatal qui mit fin au régne si court, si glorieux, si bienfaisant, de Henri IV, le seul roi dont le peuple ail (jardc la mémoire , pas un souverain en France n'a daigné donner à l'agriculture la moindre attention , le moindre encouragement ; loin de là , tout a concouru à ce que les grands propriétaires dussent abandonner leurs résidences seigneuriales; cette (Riivi'e . entreprise par la politique impitoyable de Richelieu, puis suivie par son habile successeur, le rusé Mazarin, fut entièrement accomphe sous le régne de Louis XIV. Versailles devint le pôle magnétique vers lequel convergèrent toutes les amlùtions . toutes les espérances ; les provinces furent abandonnées par la noi)lesse de tous les rangs; aussi, quand au commencement du dix-huitième siècle tous les genres de calamités fondirent sur la France et firent cruellement expier à Louis XIV ses triomj)hes et ses insolentes prospévités, la détresse, la misère de la luitioii . y compris la jjIus haute noblesse, était au conible. On a sur ce point le témoignage de l'illustre Vauban, si bon citoyen, et (le Saint-Simon lui-même. Passons rapidement sur les saturnales de la Régence et sur le délire universel inspii'é \y,\y le système de Law, pour arriver aux meilleures années du

règne de Louis XV. La situation des campagnes s'éfait-elle améUorée ? les propriétaires s'étaient-ils occupés de les relever par leurs soins et leur concours? Un fait suffira pour être fixé sur cette question.

Le marquis de Turbilly, seigneur en Anjou, auteur d'un traité de défrichements , ouvrage assez médiocre , dont cependant le philosophe de Ferney a vanté les travaux , était militaire , comme tout gentilhomme l'était alors , mais il aimait les champs et il avait des entrailles pour les malheureux paysans; pendant ses quartiers d'hiver, vers 1745 , il vint visiter sa terre et il raconta avec émotion que la moitié au moins des habitants étant , à la leltre , réduits à la mendicité , avaient abandonné leurs pauvTcs chaumières pour aller au loin solliciter de la charité publique un amer morceau de pain.

11 y aurait grandement matière à un volume sur ce sujet, qui est vraiment considérable sous tous les rapports ; ce serait une sorte de catéchisme à l'usage des propriétaires et traitant de leurs intérêts les plus essentiels. Les bornes de cet article permettant seulement d'exprimer le vœu qu'un pareil travail soit entrepris, il nous reste à conclure par quelques mots.

En vb&nmk, Y absentéisme a le grand inconvénient de rendre impossibles des améliorations de tous genres qu'un régisseur , un fondé de pouvoir, ne peut se permettre de réaUser, de môme qu'il ne peut pas davantage employer une partie des revenus touchés par lui à des œuvres de charité, de bienfaisance, dont la convenance . presque la nécessité , se présente à chaque instant dans les campagnes, mais dont le propriéfah'e éloigné ne peut apprécier les cii'constauces , même impérieuses. Tout cela n'est pas douteux , mais pour que ces résuhats si désirables soient obtenus , il ne suffit pas que le propriétah-e réside assez longtemps sur ses biens , au lieu de s'en tenir presque constamment éloigné ; il faut que sa résidence ait lieu dans des circonstances et des conditions essentiellement favorables aux intérêts de l'agriculture , à ceux des habitants de la campagne , aussi Lien que du propriétaire luimême. Xe voit-on pas des propriétaires aisés et même riches s'imposer , non sans douleur . la dure obligation de passer plusieurs mois dans une de leurs ten*es , pour y Aùvre avec la plus stricte économie, quelquefois même avec la plus excessive parcimonie . afin de réparer les brèches faites à leur fortune Fhivcr précédent, ou dans l'intention de se préparer des ressources pour faire face aux dépenses que doiveiit occasionner prochainement la passion du luxe et , même très-souvent . la fureur du jeu . de la spéculation , dont la soif insatiable de l'or est la cause première et le plus funeste stimulant? l'ense-t-on que, dans de telles conditions, la présence d'un propriétaire sur ses terres puisse être considérée comme une circonstance heureuse et favorable à la prospérité générale?

Mais ce n'est pas tout encore. En France, par exemple, comment convaincre Ftiunicnse majorité des propriétaires, de ce qu'on désigne

A-BSEXTEISME. — ABSOLUTISME.

sous le nom de gens du monde , cju'nn trèsgrand nombre d'améliorations agricoles qu'eux seuls sont capables d'entreprendre et de réaliser, peuvent et doivent être la source de véritables richesses solides , durables , pures dans leur origine , et. chose assez rare . nécessairement bienfaisantes ? En est-il beaucoup, provenant de sources diverses, qui puissent prétendre à ce dernier titre?

Une opinion s'est formée, un préjugé s'est généralement accrédité contre toute entreprise agricole sérieuse et de quelque importance , à ce point qu'elle est considérée par torts les gens sensés comme la cause inévitable , infaillible d'une ruine certaine , laquelle serait encore précédée d'un mortel ennui. Vainement on leur citera des faits irrécusables . appuyés de chiffres certains, ils fermeront les yeux, ils se boucheront les oreilles pour ne pas céder à l'évidence, et ces mêmes gens sensés iront se livrer avec fureur au jeu de la Bourse , se figurant probablement que . quand la fortune les favorise . il y a une valeur, une richesse créée. parce qu'il est entré dans leur poche l'argent sorti de la poche de leur voisin.

Quelques optimistes aiment à se persuader qu'il y a progrès en France , en ce sens que les propriétaires se décident plus volontiers à pratiquer eux-mêmes l'industrie agricole. Malgré le concours sérieux du gouvernement , qui donne lui-même de très-bons exemples, les progrès dont on parle semblent douteux ; tout au moins on peut dii-e qu'ils sont bien lents.

Nous avons recherché et indiqué bien rapidement quelles sont les conditions physiques, morales, sociales et politiques, qui doivent jiécessairement avoir pour effet de provoquer X absentéisme y ou, au contraire, de disposer les propriétaires à se fixer sur leurs domaines.

SuiA'ant nous, en prenant ce dernier parti , non-seulement ils augmenteront leurs revenus, mais ils connaîtront des jouissances nouvelles, entre autres celle fort grande assurément de pouvoir faire beaucoup de bien autour d'eux , même avec de faibles moyens.

Il n'y a pas d'effets sans causes; ces causes favorables ou contraires ont nécessairement des effets que l'homme intelligent et réfléchi sait discerner et prévoir, mais que le vulgaire attribue au hasard.

C'est donc sur ces causes qu'il convient d'agh". afin de les rendre de plus en plus propices à répandre l'aisance dans nos campagnes, ainsi que la morahté qui en dépend dans une certaine mesure.

Chacun dans sa sphère , si modeste , si humble qu'elle soit , peut et doit travailler à cette œuvre; mais tout considéré, il semble que le propriétaire d'un terrain de quelque importance , dont il ferait sa résidence habituelle , est le mieux ])lacé entre tous , pour travailler efficacement à l'accomplissement d'une tâche si digne d'exciter le zèle, de mériter tous les soins et les efforts .soutenus d'un homme de bien , d'un bon citoyen et d'un vrai chrétien.

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