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ASSEMBLÉES PROVINCIALES. — ASSISTANCE PUBLIQUE

les-ci devaient élire à leur tour les membres des assemblées provinciales.

De leur côté, les pays d"états continuaient à user de leurs anciens droits, de sorte que, dans les années 1787 et 1788. toutes les provinces de France furent appelées à s'administrer elles-mêmes. Les constitutions des pays d'états difTéraient beaucoup entre elles . et comme elles remontaient pour la plupart au moyen âge , elles présentaient des abus et des inégalités qui ne se retrouvaient pas dans les assemblées provinciales. Tantôt les états. ne formaient qu'une seule chambre , tantôt ils se divisaient en deux et plus souvent en trois. Ici, le clergé dominait, là c'était la noblesse, et ailleurs le tiers état. En Bretagne, tous les gentdshommes de la province sans exception avaient droit de présence et de vote; en Provence, le clergé et la noblesse avaient été à peu près expulsés par Richelieu. Presque partout, il se fit dans l'opinion locale un travail pour se rapprocher de l'organisation des assemblées provinciales, et si la réA'olution n'était pas survenue, un type uniforme aurait certainement prévalu. Ce type était même tout trouvé, c'était celui qu'avait adopté le Dauphiné et que réclamaient après lui toutes les provinces. Le clergé n'y figurait plus que pour un sixième au lieu d'un quart , et le président dcA'ait être nommé par l'assemblée elle-même au lieu d'être désigné par le roi.

Telle fut en résumé cette grande et impuissante tentative. Avec les ressentiments , les convoitises , les idées subversives, qui fermentaient dans les esprits, il était probablement impossible d'éviter la révolution; mais si l'institution des assemblées provinciales avait pu se généraliser dès 1780, sous le premier ministère de Necker, elle aurait peut-être prévenu quelques-unes des plus grandes violences. Dans tous les cas, ce qui s'est passé, soit dans les assemblées provinciales, soit dans les premiers mois des états généraux, montre que ce qu'on appelle les conquêtes de la révolution était obtenu sans difTiculté dès le premier jour, avec le concours du roi. de la noblesse et du clergé , et que les fureurs qui suivirent n'ont fait que retarder le triomphe des principes dits de 1789, qui avaient en réalité pris possession de la société française plusieurs années auparavant.

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