La sujipression du salariat, qui est une
variété d'association, est une utopie. Le salaire ou revenu fixe du travail est, dans la plupart des cas, plus avantageux pour l'ouATier que le bénéfice ou revenu éventuel.
6. Il est absurde de croire que l'on puisse neutraliser la concurrence par l'association.
7. C'est une illusion de compter sur les ressources de l'association pour la suppression ou le soulagement de la misère. L'association dans le travail n'est qu'un moyen très-indirect et très-lent.
8. Mais les classes ouvrières peuvent tirer de notables services des sociétés de secours mutuels, des unions de crédit et des unions d'achats qui sont d'heureuses appUcations des principes d'association, pour féconder l'épargne et la prévoyance.
9. Au point de vue de la consommation, l'association est un moyen d'économie, mais d'une application restreinte. La vie tout à fait en commun n'est possible que pour des célibataires soumis à une discipline militaire ou monacale.
10. L'association doit être libre pour que ce moyen de progrès prenne toute l'extension dont il est susceptible. D'où il suit que le législateur, loin de chercher à le comprimer par des entraves nouvelles , doit supprimer toutes les entraves que ses prédécesseurs ont mises dans les lois et les règlements du passé.
11. La liberté du travail et la liberté des échanges sont les obstacles naturels et efTicaces aux monopoles que la liberté d'association tendrait à faire naître.
12. La liberté de coaUtion, qui est de droit pour les oumers comme pour les chefs d'entreprise, est le meilleur!?) préservatif des coalitions, après un certain temps d'expérience.
Joseph Garnier.