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INSTRUCTION PUBLIQUE

L'instruction est primaire (ou élémentaire), secondaire, supérieure et professionnelle ou spéciale.

Les écoles primaires se divisent en inférieures, supérieures et urbaines [Bdrgerschulen). La loi veut qu'il y ait au moins une école primaire inférieure (Trivialschule) dans chaque commune rurale ou urbaine, et que les sexes soient , autant que possible , séparés. Les écoles primaires supérieures ou principales [Uauptschulen) poussent un peu plus loin l'instruction primaire et ne se trouvent que dans des villes. Les écoles dites urbaines sont étabhes dans des villes plus grandes et enseignent les éléments des sciences exactes.

L'instruction est obligatoire pour les enfants âgés de six à douze ans. De plus, pour les enfants qui ne suivent pas les cours d'une école secondaire ou qui ne reçoivent pas une instruction plus complète à domicile, on a créé des répétitions ( Wiederholunrjsiinterricht), qui est une sorte d'école d'adultes. Autant que le mélange des nationalités le permet, c'est la langue maternelle des enfants qui est employée dans les écoles.

Des cours spéciaux, institués auprès de certaines écoles primaires supérieures , sont destinés à former des instituteurs; ces derniers sont nommés et installés par les soins de l'administration.

Les dépenses pour l'instruction primaire sont supportées par l'État, les communes, ou des fondations, et par la rétribution scolaire des enfants appartenant à des parents aisés.

Les pays cisleilhans comptent (en 1868) 15,054 écoles primaires ordinaires ou supérieures avec 1,691,349 élèves et 13,391 instituteurs ou institutrices, les pays transleillians (1864) 16,164 avec 1,161,494 élèves et 28,000 instituteurs et institutrices. Le nombre des écoles est plus grand en Hongrie, à cause du mélange des cultes et des nationalités, chaque culte, chaque nationalité créant volontiers une

école séparée. On a constaté que les 4/5 seulement des enfants fréquentent les écoles. En 1805-1 860, le nombre proportionnel des jeunes soldats sachant lire et écrire était dans la Basse-Autriche, de 83 '/i P- 100; en Silésie; de 09 '/•- P- 100; en Bohème, de 60 '/s p. 100; en Moravie, de 45 ^U P- 100; dans le Tyrol, 3G '/î P- 100; en Hongrie, 25 '/, p. 100; en Croatie, 13 p. 100; en Transylvanie, 8 ^l,; en Galicie, 4 '/s; en Carniole, 3 •/,; en Dalmatie, 1 •/4P. 100.

Les écoles secondaires ou « intermédiaires » (Mittehchulen) se divisent en gymnases, qui correspondent aux lycées français, et en écoles des sciences exactes {Realschu'len) qui ont quelque analogie avec les « écoles secondaires spéciales ». Les lycées ont 8 classes, enseignent les langues anciennes, sont presque entièrement entretenus et surveillés par l'État, et préparent les jeunes gens à suivre l'enseignement des facultés. On comptait en Autriche 94 gvmnases avec 30 et quelques mille élèves et 52 Realschulen avec 12 à 13,000 élèves; en Hongrie, 142 gymnases avec environ 30,000 élèves et 26 Realschulen, 3,500 élèves. Le tout non compris les 130 collèges communaux [Unter-Reulschuleyi).

L'instruction supérieure est conférée dans les universités, les écoles polytechniques et dans quelques écoles spéciales.

. 11 y a 7 universités en Autriche-Hongrie. Celles de Vienne, Prague, Pesth et Cracovie. ont 4 facultés (théologie , droit , médecine , philosophie); celles de Lemberg, Gratz et Inspruck, n'ont pas la faculté de médecine. Les universités autrichiennes comptent près de 600 professeurs et 9,000 étudiants; elles ont, depuis 1848, une organisation semblable à celle des universités allemandes ; nous renvoyons donc à ce mot.

Les 7 écoles polytechniques de l'Autriche (Vienne, Prague, Gratz, Brilnn, Cracovie, Lemberg et Bude) sont destinées à donner une instruction technologique, basée sur une étude approfondie des mathématiques. Celle de Prague est entretenue par la Bohème, celle de Gratz par la Styrie seule, celle de Bude par la Hongrie, les autres par tout l'empire. Pour être admis dans ces écoles comme élève ordinaire, il faut avoir suivi avec succès les cours d'un gymnase ou d'une école des sciences exactes. Les élèves ou étudiants peuvent faire le choix des cours, en prouvant qu'ils sont en état d'en profiter; ils peuvent demander à passer des examens sur les matières qu'ils ont étudiées et à recevoir des certificats sur leurs résultats. Ces écoles entretiennent plus de 225 professeurs et 3,000 élèves.

Les écoles spéciales ou professionnelles, comptées parmi les étabhssements d'instruction supérieure, sont les 2 facultés de théologie (non compris celles qui font partie des universités) et les 120 séminaires entretenus par les évèques ou des couvents (3,500 étudiants), et quelques institutions semblables pour les ministres des autres cultes.

De plus, 5 académies administratives, 7 écoles de chirurgie, 16 écoles secondaires d'agricul-

AUTRICHE-HONGRIE

ture (500 élèves), 3 écoles forestières (100 élèves), un institut agricole (147 élèves) et une académie forestière, plusieurs écoles de mines, des écoles vétérinaires, 60 écoles industrielles et commerciales (3,500 élèves), les académies de commerce de Vienne , Prague , Pesth (affaires privées), 70 écoles des beaux-arts, des écoles militaires et maritimes et diverses autres.

BIEXFAISAXCE.

L'assistance pubUque est dans les attributions de la commune, et l'État n'intervient que si les ressources locales sont insuffisantes. L'administration de la charité est confiée au bureau des pauvres (Annen-Inslitut) , créé au siècle dernier et introduit dans presque toutes les provinces. Le bureau des pauATes se compose , dans chaque paroisse , du curé ou pasteur président, de plusieurs «pères des pauvres» {Armenvdter) et d'un comptable , nommés par le curé, d'accord avec la municipalité.

La principale source des revenus de ces institutions sont les contributions volontaires des habitants, les fondations, dons et legs, une partie de certains droits sur les ventes et des amendes. Les secours sont temporaires ou permanents [P/riinde). On trouve naturellement en Autriche-Hongrie un grand nombre de refuges ou maisons de retraites, des hôpitaux civils (330) et mihtaires (159), des asiles d'aliénés (40), des maisons d'accouchement (40), des hospices d'enfants trouvés (33). Ces derniers ont été créés par l'empereur Joseph II. Des médecins , chirurgiens et sages-femmes ' reçoivent en outre des indemnités de la caisse communale pour traiter les indigents.

Le nombre total des médecins en Autriche- Hongrie est d'environ 6,000, celui des chirurgiens 5,400, celui des pharmaciens 2,300.

Le système de l'assistance pubhque comprend encore en Autriche des maisons de travail, qui se divisent eu deux classes : dans les unes le travail est volontaire; eUes sont destinées à procurer une occupation (faiblement) rétribuée aux personnes vahdes qui désirent gagner leur vie, mais qui ne trouvent pas à se placer, dans les autres le travail est forcé ; elles renferment des vagabonds et autres personnes qui fuient le travail. Ces établissements sont entretenus par les provinces.

U y a en Autriche-Hongrie un grand nombre de caisses d'épargne , réglées par le décret du 26 septembre 1846 et créées par des communes ou par des associations. La statistique de la Cisleithanie fournit les chiffres qui suivent: nombre deslivrets au 1" janvier 1866, 694,421 ; au 31 décembre, 824,830; montent des dépôts aux deux époques, 196.8 millions et 247.7 millions de florins.

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