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AGRICULTURE. INDUSTRIE. CO.MMERCE

L'Autriche - Hongrie peut être considérée comme un pays plus particulièrement agricole. Plus des deux tiers de la population s'adonnent à la culture du sol; en Bohème seulement le nombre des cultivateurs descend au-dessous de la moitié, et dans la Basse-Autriche et la

Moravie, la proportion est d'un peu plus de 50 p. 100. La valeur des immeubles est estimée à 10,500 millions de florins ou 26,250 millions de francs et celui des produits à plus de 2 milliards de florins.

Les terrains productifs atteignent près de 87 p. 100 (86.9) de la superficie totale de l'empire; la terre arable entre dans ce chiffre pour 36 et les forêts pour 33 p. 100. Les céréales sont l'une des principales cultures de l'Autriche. La production est d'environ 50milUonsde Metzen (de 61 litres) de froment, 15 millions de M. de méteil, 65 nuUions de M. de seigle, 50 millions de M. d'orge et le double de cette quantité en avoine; enfin 44 millions de maïs , 10 millions de sarrasin et de millet et 500,000 quintaux (de 50 kil.) de riz. La Hongrie, la Bohême, la Moravie, la Gahcie, la Haute-Autriche en produisent assez pour suppléer à l'insuffisance de la production de quelques autres provinces et pour exporter un notable excédant.

Parmi les autres produits agricoles nous mentionnons les pommes de terre, 120 millions de M.; légumes secs, 5 millions de M ; choux, 60 millions de q.; betteraves, 20 milhons de q. ; chan-\Te et hn, 3 millions de q.; houblon (Bohême), 40,000 q. ; tabac, 1 milhon de q. ; huile d'olive, 100,000 q. Le vin mérite une place à part, car, après la France, c'est l'Autriche qui produit la plus grande quantité de ce précieux liquide; la récolte est éA'aluée, selon les années, à 30 ou 40 millions d'emers (57 litres). Enfin, les forêts, qui donnent un produit annuel de 30 millions de klafters (3.41 stères) de bois , sont un élément important de prospérité, surtout dans un pays si riche en minéraux.

Le bétail réussit bien sur les prés étendus et les vastes pâturages de Y empire de l'Est ( Oesterreich). D'après le dénombrement du 31 décembre 1869 il y a en Cisleithanie 1,389.623 chevaux, 43,070 ânes et mulets, 7,425,212 bêtes à cornes, 5,026,398 bêtes à laine , 979,104 chèvres, 2,551,473 porcs.

En Hongrie on compte 2,095,000 cheA'aux, 5.746,000 bêtes à cornes, 11,288,000 bêtes à laine, 431,000 chèvres, 4,505,000 porcs.

Les mines et usines sont pour l'Autriche une source abondante de richesses et occupent plus de 120,000 ouvriers. Les quantités produites sont, en sonmies rondes :

Autriche.

UoDgrie.

Or , livres (de 500 gr.)

Argent

Mercure

Fonte de fer

CuiATe

Plomb

Nickel et cobalt ...

Etain

Zinc

Antimoine

Arsenic

Soufre

Graphite

Sel

Houille

AUTRICHE-HONGRIE

La législation sur les mines a été renouvelée en Autriche , et modifiée dans un sens libéral par le décret du 23 mai 1854.

L'industrie manufacturière embrasse toutes les branches du travail. Elle est assez avancée pour ne pas trop craindre la concurrence étrangère, et dans certaines parties elle lutte même avec avantage contre ses rivaux, sur le marché international Les manufactures occupent une nombreuse population des deux sexes , qui, avec les enfants et autres membres de la famiUe, s'élève à plus de 8 milUons d'individus. La valeur de leur production dépasse 1,600 millions de florins. La Bohême prend le premier rang parmi les provinces industrielles de rAutriche-Hongrie , un sixième de ce chiffre doit lui être attribué. Puis vient la Basse- Autriche avec la capitale (Vienne) , qui contribue pour un septième à la somme totale; enfin la Moravie , la Silésie et les autres.

Parmi les industries métallurgiques, c'est celle du fer qui est la plus importante ; elle nourrit 350,000 individus (les ouvriers et leurs familles), et produit une valeur de 80 millions de florins. Son siège principal est en Styrie, Carinthie, Carniole, Haute-Autriche, Bohême et Moravie.

Citons encore les industries céramiques (4,300 tuileries, 45 faïenceries et 15 fabriques de porcelaine) produisant 20 millions de florins ; les verreries , dont celles de la Bohême sont si célèbres, 1 8 millions de florins ; les produits chimiques , 25 millions ; les distilleries . au nombre de 103,000, fabriquant 4 millions d'eùners; les brasseries, dont 3,300 font 1 2,600,000 eimers de bière, les tanneries, dont les 150,000 ouvriers, en produisant pour 80 milHons de francs, ne suffisent pas à la consommation intérieure.

Les produits de l'industrie textile autrichienne se sont fait remarquer d'une manière très-favorable dans les dernières expositions universelles, et ses manufactures continuent de progresser. Tandis qu'en 1831, 113,000 (fuintaux de coton suffisaient pour alimenter les fabriques, on en employait déjà 586,000 q. en 1850, et, en 1861, l'importation a atteint 880.000 q., en 1870 elle a dépassé 900,000 q. (de 50 kil.). Actuellement, on compte 158 filatures de coton, où 1,700,000 broches sont tenues eu mouvement. Le tissage de coton est étabU surtout en Bohême, dans le nord de la Moravie, en Basse-Autriche et en Silésie. L'ensemble de l'industrie cotonnière donne de l'occupation à 400,000 personnes, et produit une valeur de 100 millions de florins; elle suffit aux besoins du pays et fournit encore un excédant pour l'exportation.

Le chanvre, le lin, la laine ont été filés et tissés en Autriche de temps immémorial. Dans les provinces de l'est , ces travaux se font encore principalement à la main; dans l'ouest, 33 établissements filent le lin sur 200,000 broches; 600,000 broches sont en outre consacrées à la laine cardée, et 30,000 à la laine peignée. La production totale de l'industrie liuière est évaluée à 150 milUons, celle des laines à 130 mUlions de florins.

La soie occupe une centaine de mille personnes, et la valeur des produits s'élève à 25 millions de florins et laisse un léger excédant pour l'exportation.

Les progrès de l'industrie autrichienne ne peuvent qu'être stimulés par la liberté du travail (la suppression des corporations) décrétée le 20 décembre 1859. Actuellement, toute personne majeure, sans aucune distinction, peut, en faisant une simple déclaration , exercer presque toutes les industries. Il n'en reste que quelques-unes pour lesquelles on doit remplir certaines conditions de capacité, ou obtenir une autorisation spéciale , une concession. Telles sont les suivantes: imprimerie, cabinets de lecture, messageries , construction de bâtiments, fabrication et vente d'armes et de munitions , artificiers , aubergistes ou cabaretiers, colportage , boucherie. Bien que les restrictions antérieures qui se rattachaient au système des corporations aient été supprimées, une certaine organisation, dans un but de bienfaisance, a été conservée entre les membres d'une même profession. La meilleure preuve des progrès de l'industrie autrichienne est l'augmentation du nombre des machines à A'apeur fixes. La Gisleithanie en possédait, en 1852,534 de la force de 7,1)0 chevaux-vapeur, et en 1863, 2,325 de la force de 35,837; la Transleithanie, en 1852, 79 machines de 1,175 chevaux, et en 1863, 480 machines de 8,134 chevaux.

Le commerce de l'Autriche est assez important et suit une marche constamment ascendante. Il y a environ 130,000 établissements commerciaux avec un personnel de commis et autres auxihaires dépassant 100,000.

A l'intérieur, le commerce n'est soumis à aucune restriction. Le cabotage est réservé au pavillon autrichien; on compte environ 66,000 départs et arrivées, et le jaugeage moyen des navires employés est de 32 tonneaux.

Relativement au commerce extérieur , l'empire est divisé en deux territoires ou circonscriptions douanières : l'une embrasse l'empire entier, sauf la Dalmatie, l'autre ne comprend que ce dernier pays. Nous passons sous silence quelques modifications que cette règle subit à diverses frontières. Dès 1851, l'Autriche a abandonné le système prohibitif, pour adopter le régime protectionniste. Le tarif des droits d'importation est donc gradué selon le degré de protection qu'on croit devoir accorder aux diverses industries. Les droits d'exportation sont en petit nombre , et ne s'apphquent guère qu'à des matières brutes.

Le mouvement commercial de l'empire (sans la Dalmatie) n'a atteint, en 1832, que 79 milhons et demi de florins; il a dépassé 111 mUlions en 1842, 209 milhons en 1852, 301 millions en 1856. Après la guerre d'Itahe, il y a eu diminution, et les chiffres ne sont plus que de 231 millions en 1860, 232 millions en 1861, 257 millions en 1871. A l'exportation, nous trouvons 89.5 millions en 1832, 108.6 en 1842, 196 millions en 1852, 264 millions en 1856, 305 millions en 1860, 310.7 en 1861, 239 millions en 1871.

AUTRICHE-HONGRIE. — BADE

La circonscription de la Dalmatie exporte pour environ 5 millions et importe pour 7 à 8 millions.

La marine marchande de l'Autriche comptait, en 1871 , 7,843 navires jaugeant 375,000 tonneaux et montés par plus de 28,000 marins.

Les transports à l'intérieur sont faciUtés par 1,074 milles (7 '/j kilomètres) de voies navigables, 15,000 milles de routes et (fin 1870) de chemins de fer (6,553 kil. en Cisleithanie et 3,628 kil. en Hongrie). Plus de 6,000 kil. sont en construction.

L'Autriche fait partie , depuis 1850, de l'union postale et télégraphique de l'Allemagne. La poste a transporté, en 1830, 18,600,000 lettres; en 1860, 105,600,000 lettres; en 1870, 144 millions de lettres en Cisleithanie et 32 millions en Transleithanie , 61 millions de journaux d'un côté, 15 '/j de l'autre, plus 4 millions et 700,000 lettres à échantillons, 11 Vs millions et 2 '/, millions de sous-handes, 22 '/, millions et 6 '/s millions de lettres administratives.

La longueur des lignes télégraphiques exploitées, en 1861, a été dans l'ensemble de l'empire austro-hongrois de 12,515 kilomètres, et 586,500 dépêches ont été expédiées. En 1871 on a expédié 2,090,000 dépêches en Cisleithanie, où la longueur des lignes est de 17,256 kilomètres (527 stations), et 1,356,000 en Transleithanie où les lignes ont une longueur de 10,156 kilomètres (487 stations)'.

AVA (Empiue d'). Voy. Birmanie.

AVERTISSEMENT. Voy. Presse.

AVOCAT. Voy. Barreau.

AVOYÉ ou AVOYER. On appelle de ce nom, en Suisse, le premier et quelquefois les deux premiers magistrats de certains cantons. 11 en est ainsi, aujourd'hui, dans les cantons de Berne, de Lucerne et de Soleure; dans les autres cantons, les mêmes magistrats se nomment Landammann, bourgmestres ou syndics.

Ce nom d'avoyer , dont la racine latine [advocalus) est la même que celle d'avoué , donne à croire que les avoyers sont issus de ces anciens avoués suisses qui, seigneurs justiciers, avaient charge de défendre les droits des églises, des abbayes et des corporations religieuses.

AYUNTAMIENTO. Conseil municipal espagnol, composé de membres élus par les habitants chefs de famille et ayant une maison ouverte (Vecinos que siendo cabezas defamilia tienen casa abierta). Le nombre des conseillers varie entre 4 et 48; toute commune au-dessus de 30 habitants a un ayuntamiento ; au-dessous, elle se rattache à l'administration municipale la plus voisine.

Comparez : Alcalde , Espagne.

BADE. Grand-duché, situé dans le sud-ouest de l'Allemagne, le long de la rive droite du Rhin, d'une superficie de 274 '/i milles carrés géographiques ou 15,075 kilomètres carrés, avec une population (déc. 1871) de 1,461,428 habitants (en 1816 : 1,005,899; en 1839:1 million 277,403; en 1861 : 1,369,291).

Avant 1866, le grand-duché était memljre de la Confédération germanique, de 1866 à 1870 il fut État indépendant; enfin, depuis le 1" janvier 1871, il est membre de l'empire germanique. Il a 3 voix au conseil fédéral et envoie 14 députés au parlement.

Pour toutes les affaires qui ne sont pas régies par les lois et les institutions de l'empire, le pays est gouverné par sa constitution particuhère, datant du 22 août 1818 et par ses propres lois. La constitution accorde au grand-duc le pouvoir exécutif; le pouvoir législatif est partagé entre lui et la représentation du pays ou «les états», divisés en deux chambres. Le grandduc est majeur à 18 ans; la succession a lieu

1. L'article Autriche , dans la première édition , est dû à M. H. F. BrachrUi, depuis 1871 directeur de la statistique administrative de l'Autriche.

La deuxième édition a été mise à jour par M. Maurice Block, auquel doivent être imputées les opiuions qui ont été émises.

dans la ligne masculine de la maison de Zaehringue et par droit de primogéniture.

La première chambre se compose des princes du sang, des chefs des maisons médiatisées, de l'archevêque cathohque. du prélat protestant, de 8 représentants de la noblesse territoriale (nobles possédant d'anciennes seigneuries), de 2 représentants des universités et de 8 membres nommés par le grand-duc. Les députés des universités sont élus pour quatre ans; ceux de la noblesse foncière, pour huit ans; ils sont renouvelables par moitié tous les quatre ans, les nominations faites par le grandduc sont également pour quatre ans.

La deuxième chambre se compose de 63 députés. L'élection est à deux degrés. Sont électeurs au premier degré et sont éligibles comme électeurs du second degré, tous les citoyens âgés de 25 ans; sont éligibles comme députés tous les citoyens âgés de 30 ans. Les fonctionnaires ne peuvent être élus dans la circonscription où ils exercent leur fonction. Le mandat de député est de quatre ans; la chambre est renouvelée par moitié tous les deux ans.

Le grand-duc convoque, proroge et dissout la diète. Lors dune dissolution, les membres

BADE

temporaires de la première chambre doivent être renouvelés. Le président de la première chambre est nommé par le grand-duc; la seconde chambre élit son président.

La diète coopère à la rédaction des lois, à la délibération du budget. Son consentement est nécessaire pour contracter un emprunt, pour vendre un domaine de l'État, pour lever les impôts. Le budget est biennal. Toute proposition concernant les finances est d'abord présentée à la deuxième chambre; le projet qu'elle a voté ne peut être accepté ou rejeté qu'en bloc par la première chambre. En cas de rejet, les voix des deux chambres seraient réunies et on additionnerait d'une part les oui et de l'autre les non; la majorité qui en résulterait ferait loi (le cas ne s'est pas encore présenté). Les chambres ont le droit d'initiative daus les affaires de législation; la seconde chambre peut mettre les ministres en état d'accusation. Les chambres peuvent recevoir des pétitions. Le mandat impératif est interdit; la liberté de la parole est garantie. Les séances sont publiques.

Dans l'intervalle des sessions, un comité permanent représente les chambres. En cas d'urgence, son consentement sutTit pour contracter un emprunt. Du reste, ses attributions sont peu étendues.

A la tête de radministration se trouve le ministère d'État ou le conseU des ministres. Les ministres sont responsables.

Il y a quatre départements ministériels : injustice et affaires étrangères; 2° intérieur; 3" commerce; 4" finances.

Pour l'administration intérieure . le pays est divisé en 54 bailliages (jusqu'en 1872 le nombre en était de 59i. Dans chaque baUliage un conseil de district [Bezirksratii), élu par la représentation du cercle, assiste le bailli.

En outre, le pays est divisé en 1 1 cercles, chargés de pourvoir aux affaires communes à plusieurs bailliages. La représentation du cercle est composée de députés élus par l'ensemble des électeurs, de représentants des villes importantes, de députés des bailUages élus par les représentants des communes et des plus grands propriétaires fonciers ; ce corps provincial se réunit une fois par an et décide les questions relatives aux routes, aux écoles, aux hôpitaux, aux asiles, aux orphelinats et autres intérêts communs. Elle a le droit de voter des impositions. L'administration des affaires communes est confiée à un comité permanent.

Quatre commissaires généraux [Landes-Commissaire) siégeant à Carlsruhe. Mannheim.

Fribourg et Constance, surveillent les administrations des bailliages et des cercles.

Le nombre des communes est de 1.584, dont 1 i 3 sont des villes. L'administration communale est, comme celle du cercle, fondée sur le selfgovernment ; le gouvernement exerce la surveillance par l'entremise du bailli. L'administration ordinaire est entre les mains du bourgmestre et du conseil municipal, élus par les habitants. Le comité municipal [Biirgerausichuss), qui est également élu par les habi-

tants de la commune, a un certain droit de contrôle. Dans des cas importants, tous les habitants de la commune sont convoqués en assemblée générale communale.

La justice a trois instances. Il y a une cour suprême là Mannheim). six cours d'appel et dans chaque baUliage un tribunal de première instance [Amtsgericht]. Les crimes sont jugés avec l'assistance du jury. Des contraventions légères sont jugées par les maires. Pour les contestations en matière de droit public ou de contentieux administratif, il existe une cour spéciale [Verwaltungsgerichtshof), cour d'administration.

Le code civil badois est calqué sur le code civil de France. Pour le droit pénal et le droit commercial les codes de l'empire germanique sont en vigueur.

La liberté des cultes est reconnue. Le culte protestant est dirigé parle conseil supérieur de l'Église protestante; le culte catholique a pour chef l'archevêque de Fribourg. Les protestants ont 378 paroisses, les catholiques 660 paroisses. Le conseil supérieur des israéUtes est chargé des affaires de ce culte. En 1867, on comptait 475.918 protestants. 931,007 cathohques et 25.599 israéhtes; le reste des habitants, 2.446, appartenaient à des cultes moins répandus.

La direction de l'instruction publique est exercée par l'État. Les Éghses confèrent l'instruction religieuse. L'instruction primaire est obligatoire. Les écoles primaires ordinaires [Vollisschiden] sont au nombre de 1,826, avec environ 200,000 élèves. On compte beaucoup d'écoles primaires supérieures. Les écoles secondaires ou moyennes sont au nombre de 19; 17 coQfèrent une instruction principalement classique; 2, sous le nom de Real-Gymnasium. portent une attention plus spéciale aux sciences exactes. 8 des premières, qu'on appelle des lycées , ont toutes les classes et possèdent le droit de donner des certificats de maturité (équivalant au diplôme de bachelier) pour l'université. Les universités sont à Heidelberg et à Fribourg : elles ont chacune quatre facultés. La faculté de théologie est protestante à Heidelberg et catholique à Fribourg. Les autres facultés n'ont pas de caractère confessionnel. A Carlsruhe il y a une école polytechnique et une école des beaux-arts. La plupart des villes de quelque importance possèdent des écoles d'industrie (Gewerbschiden), et chaque cercle a une école agricole.

Parmi les habitants (1,461,428) on comptait, en 1871. 712.763 hommes et 748.665 femmes composant 295.709 ménages. Le nombre des étrangers était de 54,988, dont 42.003 appartiennent à d'autres États allemands et 12,985 à des Étals non allemands.

Le nombre des naissances excède tous les ans celui des décès (en 1870, 58,913 naissances, 48.024 décès, excédant 10.889). Le nombre des mariages était en 1870 : 10.G07. Parmi les naissances 52,066 (ou 88.4 p. 100) étaient légitimes, 6,8 17 (ou 11.0 p. 100), illégitimes. Ou comptait 1,979 mort-nés.

BADE

L'émigration qui se dirigeait snrtout vers les États-Unis (le l'Amérique, était fort considérable il y a une vingtaine d'années. Elle continue toujours, mais sur une échelle modérée et sans que le pays s'en ressente, l'excédant des naissances comblant aisément les lacunes et au delà.

La population est dans un état de prospérité incontestable. La propriété foncière étant fort morcelée dans la plus grande partie du pays, on rencontre peu de grandes fortunes, mais une aisance plus générale. Il n'y a guère de mendiants. Les communes sont obligées d'entretenir les pauvres. Elles sont aidées par de nombreux hospices et hôpitaux (131), ainsi que par des fondations.

Environ 50 p. 100 des habitants s'occupent d'agriculture, 35 p. 100 d'industrie, 8 p. 100 de commerce, et 7 p. 100 se partagent les autres professions.

La langue allemande est la seule qu'on parle dans le pays. On y rencontre des fractions de rois tribus allemandes : la tribu franconienne (au nord) , la tribu allémane , qui a donné son nom français à l'ensemble de la race (au centre et au midi) , et la tribu souabe (au sud-est).

Le sol est en général fertile, surtout dans la vallée du Rhin. Ce ne sont que les points les plus .élevés de la Forêt-Noire (au midi) et de rOdenwald (au nord) qui se refusent à la culture. Un tiers du sol est en terre arable, un tiers est en forêts, un dixième en prés; les vignes occupent 1.4 p. 100 du sol (21,500 hectares), le reste comprend les pâturages, les villes, villages, routes, eaux, etc. Outre les produits ordinaires de l'agriculture, les céréales, les légumes, etc., on cultive dans la plaine du Rhin, du tabac, du chanvre, de la chicorée, du houblon et d'autres plantes industrielles. Les vignes donnent, en moyenne, 450,000 hectolitres de vin. On compte environ 70,000 chevaux, 600,000 tètes de la race bovine,. 170, 000 bêtes à laine, 350,000 porcs, 60,000 chèvres, 90,000 ruches.

Les produits minéraux sont peu considérables, pourtant le pays possède deux grandes salines qui suffisent à ses besoins , et beaucoup de sources d'eau minérale dont plusieurs jouissent d'une réputation universelle (Baden- Baden, Rippoldsau, l'etersthal).

L'industrie est florissante. Le nombre des grands étabhssements industriels est environ de 400. On y fabrique des tissus de tous genres, du papier, des machines, des outils, des cuirs, des produits chimiques, de la bijouterie, du tabac, des fécules, etc. Dans les vallées de la Forêt-Noire on fait des pendules, des horloges, des boites à musique, des chapeaux de paille, des liqueurs (kirsch), etc. Les horlogers de la Forèt-Noire exportent les produits de leur industrie à l'étranger; ou en -trouve dans tous les pays de l'Europe et môme en Amérique.

Le conunerce est très-actif. Les transports des chemins de fer sont fort considérables. Sur les rivières on Hotte beaucoup de liois coupé dans la Forèt-Noire ; il descend sur le Rliin jusqu'en Hollande. La navigation sur le Rhin est très-importante jusqu'à Mannheim ; elle ne

remonte guère plus haut à cause de la rapidité du fleuve. Mannheim, formant ainsi le terme extrême de la navigation rhénane, possédant un excellent port, devient un entrepôt important.

Le pays renferme plusieurs institutions de crédit dont les principales sont à Mannheim.

Les caisses d'épargne (au nombre de 97) ont un capital de 32 millions de florins. Le nombre des dépositaires est de 107,000.

Les postes ont délivré annuellement, de 1869 à 1871 , environ 19 millions de lettres, 12 millions de journaux, 3 millions de paquets et de valeurs, et des mandats de poste pour une somme de 5 milhons de florins.

Le nombre des stations télégraphiques est de 220; le nombre des dépêches expédiées est d'environ 800,000 par an.

Voici quel a été le montant des recettes et des dépenses du grand - duché de Bade à diverses époques :

Recettes. Dépenses.

1830. . 10,730,000 fl. 10,650.000 fl.' 1840. . 16,540,000 15,425,000

Il convient de faire remarquer que les chiffres pour 1850 et 1860 renferment ici le budget spécial des chemins de fer qui s'élève, tant en recettes qu'en dépenses , pour 1850, à 5,940,000 fl., et pour 1860, à 6,830,000 fl.

Par l'entrée du grand-duché dans l'empire allemand le budget a subi de profondes modifications. Les revenus des douanes et des impôts indirects (sel, sucre de betteraves, tabac, timbre des lettres de change), ainsi que des postes et télégraphes , n'y figurent plus , ils sont versés directement dans la caisse de l'empire. Par contre , les frais d'administration de ces branches, ainsi que la dépense pour l'armée et les affaires étrangères , en ont disparu. (Toy. Empire allemand.)

Le budget ordinaire, voté par les chambres pour l'année 1872, présente les. chiffres suivants :

Recettes.

Domaines, forêts, mines et salines . . . 4,260,000 fl.

Contributions directes' 5.220,000

Contributions indirectes- 2,990,000

Taxes et amendes 1,570,000

Contributions de l'empire pour l'administration des douanes 630,000

Revenus divers 1,490,000

Somme 16,160,000 fl.

Chemins de fer 22,720,000

Somme totale. . . 38,880,000 fl.

1. Dont contributions foncières, 3,240,000 fl.; contributions indirectes, 1,060,000 fl. ; contributions sur les capitaux, les rentes et les appointements des employés , 650,000 fl.

2. Dont vin, 820,000 fl.; bière , 860.000 fl. ; alcool, 94,000 fl. ; viande, 300,000 fl.; enregistrement, 915,000 florins.

Observation. — Le droit sur la bière et les spiritueux appartient, d'après la constitution, à l'empire. Mais le grand -duché de Bade, comme les autres Etats du Sud , s'est réservé le droit de taxer ces articles pour son propre compte, en versanten échange dans la caisse de l'empire, une somme qui est calculée d'après la population du grand-duché, et qui est comprise dans les contributions matriculaires, qu'on a augmentées d'autant.

BADE

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