BAN
dans ce dernier cas, était assez l'analogue de ce qu'on appela plus tard les épingles.
L'Église, qui jusqu'en 1790 fut propriétaire, dut à cette qualité de voir le baise-main s'introduire dans ses coutumes. Après avoir rendu hommage au prêtre comme vassal et tenancier, on lui rendit encore ce même hommage comme fidèle. Le baise-main se généralisa, se transforma et finit par n'être plus que cette offrande particuUère faite au curé, quand il donne à baiser la paix. Les curés de Paris n'eurent longtemps pour tous revenus que cette espèce de dime volontaire.
L'origine toute féodale du baise-main dit assez que cette formalité passa dans le cérémonial de la plupart des monarchies. Le progrès des temps l'a fait répudier par quelques-unes , d'autres l'ont fidèlement conservé. En Espagne, les Grands et les personnes présentées sont admis, à certains jours, au baisement de la main royale. En Russie la cérémonie du baise-main s'accomplit, à chaque nouvel an, mais pour l'impératrice seule. Le sultan donnait, autrefois, sa main à baisera ses grands officiers, lors de son installation; une tentative faite à cette occasion, contre les jours d'Amurat IV, a amené la suppression de cette partie du cérémonial de la cour ottomane.
BALANCE DES POUVOIRS. Cette expression a été souvent employée dans le langage politique du temps de la Restauration et même après. Il ne s'agissait pas ici de la pondération des pouvoirs (considérés comme distincts ou de nature différente) du roi, de la chambre des pairs et de la chambre des députés. On reconnaissait, au contraire, que la souveraineté réside en entier dans la nation, on croyait seulement que l'exercice devait en être confié à plusieurs. Kous n'avons ici ni à exposer, ni à défendre cette doctrine à laquelle le Dictionnaire consacré un grand nombre d'articles et qu'il envisage sous toutes ses face.s; nous voulons seulement relever une objection faite au système en question, savoir: que des pouvoirs égaux deviennent rivaux et qu'au lieu de se pondérer, ils passent à l'état d'antagonisfes, ou même s'annulent.
Dans tout organisme la vie n'est conservée que par le concours de plusieurs forces. La terre ne tourne autour du soleil qu'en vertu de la coopération des forces centripète et attractive, d'une part, et centrifuge ou répulsive, de l'autre, et qui, comme on le voit, sont loin de se neutraliser. L'électricité, le magnétisme se manifestent sous la forme de deux courants opposés. La vie se maintient dans l'homme tant que durent les deux impulsions contraires et encore inexpliquées qui chassent le sang du cœur et l'y ramènent. La société n'est basée que sur les rapports de lintérêt privé avec l'intérêt général et vice versa , ou si l'on aime mieux, par les rapports entre l'égoïsme ot la sympathie. Enfin l'État n'est empêché de tomber dans l'immobilité que par la lutte entre le mouvement et la stabilité, entre le progrès et la conservation. (Voy. Dualisme.)
C'est donc à tort qu'on a dit que deux forces égales se neutralisent. C'est faux en physique, puisque la terre tourne, car il se produit une troisième force qui est la synthèse des deux autres. C'est faux en politique, car les pouvoirs égaux produisent des transactions. Or, dans la société tout est transaction , sans cela les hommes ne pourraient pas vivre ensemble. Il faut que chacun cède une partie de ses droits , sacrifie une partie de ses intérêts, modère l'ardeur de ses sentiments. C'est l'absence d'une transaction qui produit , dans la vie privée , le drame, et dans la vie pubhque, la révolution. M.\URicE Block.
Comparez: DuaUsme , Pondération, Régime con-
Btitutionnel , etc.
BALANCE DU COMMERCE. Voy. Système mercautile.
BALE. Voy. Suisse.
BALLOT. Mot anglais synonyme de vote secret (voy. Grande-Bretagne, Scrutin , 'Vote). Le vote était public en Angleterre jusqu'en
BALLOTTAGE. Opération électorale restreinte aux candidats qui ont obtenu le plus de suffrages dans un scrutin antérieur sans atteindre au minimum prescrit par la loi. La lot règle si c'est au deuxième ou au troisième tour de scrutin {voy. ce vwt) que doit avoir heu le ballottage; mais tous les électeurs ayant droit de voter peuvent y prendre part, lors même qu'ils n'étaient pas présents aux scrutins précédents.
BAN. — I. On fait dériver ce mot de banno, qui, dans le Bas-Empire, signifiait étendard, et cette étymologie est assez justifiée par l'emploi qu'on a fait de ce mot dans la langue française. (Bannière; en langue allemande, Ban7ier.) Chacun sait que le ban, comme Y arrière-ban, était la levée militaire que faisait tout seigneur suzerain, le roi comme les autres chefs féodaux; seulement ban se disait des vassaux directs de la couronne, et arrière-baii , de ceux qui reconnaissaient un suzerain entre eux et le roi. Ce mot ban ne fut d'abord que l'appel, la proclamation de cette levée; plus tard, il s'appliqua à la levée elle-même.
La création des compagnies d'ordonnance (1454), en inaugurant en France l'organisation d'une armée permanente, prépara la suppression du ban et de l'arrière-ban, ou les réduisit à n'être plus qu'une milice extraordinaire. C'est sous cet aspect amoindri qu'ils se présentent a partir du seizième siècle, et l'on ne songera pas à s'en plaindre, en trouvant dans les coutumes de Rouen que les hommes du ban ne pourront être mis en campagne qu'à la condition quils reviendro)it, chaque nuit, coucher chez eux. Cela voulait dire évidemment qu'ils étaient appelés uniquement pour défendre leurs foyers. C'était le landsturm.