Nous en donnons quelques-uns au mot Crises commerciales
d'escompte du commerce, le comptoir commercial , la factorerie. C'étaient des institutions tout à fait privées et qui opéraient avec un réel succès, la première surtout. La banque de France ne fut créée qu'après le 18 brumaire ; son capital, très-fort pour cette époque (30 millions), et l'appui que lui prêtait le gouvernement, trahissaient suffisamment qu'elle avait des visées plus vastes et des tendances moins autonomes que les établissements déjà existants. Cela n'était point, à cette époque, un titre à la faveur du monde financier et commercial; bien au contraire. Les régents du nouvel établissement n'hésitaient pas à déclarer que la disposition du marché des capitaux faisait prévoir l'insuccès de l'appel qu'on lui adresserait pour la formation du capital social ; l'intervention du gouvernement paraissait indispensable. La caisse d'amortissement prit 5,000 actions ; bientôt après , les dépôts des réserves de la loterie nationale furent mis à la disposition de la banque de France. On put ainsi se constituer et marcher. L'absorption de la caisse des comptes courants accrut les ressources de la banque qui avait commencé ses opérations en 1800. Deux ans après, la loi (du 14 avril 1803) vint lui attribuer le monopole de l'émission des billets à vue et au porteur; les autres établissements de crédit durent ou liquider ou cesser l'émission des billets.
Naturellement ces faveurs n'étaient pas gratuites. Bientôt Napoléon trouva que la banque ne les payait pas assez largement; le public estimait, au contraire, qu'elle était trop engagée avec le gouvernement. En 1805, le bruit se répandit que l'encaisse avait été emporté pour les besoins de la nouvelle campagne en Allemagne, qu'Austerlitz devait si brillamment couronner; la banque, assaillie de demandes de remboursements, dut les borner à la somme de 500.000 fr. par jour. Ce fut l'occasion ou le prétexte d'une nouvelle réorganisation. Le privilège de la banque fut prorogé de 25 ans au delà des 1 5 années accordées par la loi du 24 germinal an XI, soit jusqu'en 1843; le capital de la banque, porté en 1803 à 45 millions, fut élevé au double de ce chifïi-e, et la banque fut placée directement sous la main de l'administration, qui nommait le gouverneur et le sous-gouverneur, jugeait ses statuts, faisait entrer trois receveurs généraux dans le conseil de régence. En mai 1808, la banque fut autorisée à créer, avec l'approbation du conseil d'État, des succursales dans les départements. Elle ne profita que fort médiocrement de cette autorisation ; de même la stagnation des alTaires durant les dernières années de FEmpirene lui permit pas d'employer fructueusement son capital agrandi. L'entrée des alliés à Paris, en 1814, amena une suspension momentanée des opérations; elle ressembla presque à une liquidation.
La banque rouvrit bientôt ses bureaux. Sous la régence provisoire de M. Laffitte, qui se prolongea jusqu'en 1820.1a banque reprit vigueur en s'appliquant, toutefois, à limiter plutôt qu'à étendre le cercle de ses opérations ; elle esti-
mait que FEmpire avait eu pour elle de trop vastes ambitions. Elle réduisait son capital à G7,900, 000 fr.; elle fermait les deux seules succursales ouvertes en 1808 (à Rouen et à Lyon); elle s'abstenait autant que possiljle des opérations avec le Trésor. Cette abstention n'était l)0urtant pas de longue durée; la banque escomptait bientôt des bons royaux, faisait des avances sur la refonte des monnaies, et se chargeait, à partir du 22 mars 1818, du payement des rentes, service qu'elle conservait jusqu'en 1827. Mais elle renonçait pour ainsi dire à toute activité au delà du rayon de la capitale. Elle laissait s'établir les banques départementales de Rouen (1817), de Nantes et de Bordeaux (1818) :1a banque, qui de 1808 à 1816 avait perdu sur les opérations de ses succursales, n'était guère tentée de renouveler Fépreuve. Elle ne revint de cette prévention, depuis si brillamment condamnée, que lorsque l'essor des affaires sou.s le gouvernement de Juillet vint assurer la prospérité des banques départementales et en fit surgir de nouvelles: dans l'espace de quatre ans, on en ouvrit à Lyon (1835). à Marseille (1835), à Lille (183G), à'Orléans (1836), au HaATe (1837). et à Toulouse (1838). C'est la dernière qui ait été fondée; elle portait à 9 le nombre total des banques départementales. De 1838, où eUes étaient toutes en fonction, jusqu'en 1848, où elles furent toutes supprimées, leurs opérations n'avaient pas cessé de s'accroître fortement ; le chiffre de leurs escomptes s'était monté :
A 351.8 minions en 1838 4.50 2 • 1839