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Soit, pour la seconde période quinquennale, au delà de la moitié du chifl^-e des escomptes qu'atteignait la banque avec les 14 succursales qu'elle possédait avant 1848. Dès 1840, en effet, le succès des établissements départementaux avait fait ressouvenir la banque de France de son droit à établir des succursales. Elle ne s'était cependant pas bornée à faire de la concurrence aux banques départementales ; elle parvint à faire insérer dans la loi du 30 jniii 1840 — qui prorogeait son privilège jusqu'au 31 décembre 1867 — une stipulation, grâce à laquelle Fétablissement d'une banque départementale , pour lequel une ordonnance royale avait sulfi jusque-là, ne devait désormais se faire que par une loi spéciale. Armée de cette restriction, la banque a su manœuvrer de telle sorte qu'aucune banque départementale ne fut créée après 1840.

La révolution de Février porta un rude coup à la situation de la banque. En peu de jours, le gouvernement provisoire avait redemandé 77 millions sur le compte courant de 135 millions d'espèces que le Trésor possédait à la banque; en province, les succursales durent fournir 1 1 millions en numéraire aux préfets et aux commissaires ; les demandes d'escompte augmentaient par les embarras du monde commercial; en même temps que les rentrées de-

BANQUES

venaient plus difficiles, se faisaient en billets, et que le public assaillait la banque pour se faire rembourser en espèces les billets qui perdaient 10 p. 100 et plus. La banque sollicita et obtint (15 mars) Tautorisation de refuser le remboursement en espèces, c'est-à-dire d'établir le cours forcé de ses billets ; elle pourra émettre des coupures de 200 fr.. mais sa circulation totale ne devra pas dépasser la somme de 350 millions, et la publication bebdomadaire du bilan devra tenir le pubUc au courant de la situation. Le privilège du cours forcé dut naturellement être accordé aussi aux billets des banques départementales ; on en renfermait la circulation légale dans le département où était le siège de la banque respective. Les inconvénients de cette multiplicité de signes monètaii'es imposés n'en tirent qu'accroître. On eut recours à une mesure héroïque : la suppression des banques départementales (décrets des 27 ami et 2 mai), converties en succursales de la banque de France. Par cette absorption des banques départementales le capital de cette dernière se trouvait porté à 91.250,000 francs et elle put étendi-e son émission jusqu'à •452 millions. Bientôt, grâce à la réserve habile avec laquelle la banque profitait du privilège du cours forcé et au retour de la confiance pubhque, les billets de banque avaient tellement repris faveur qu'on les préféra à l'argent; la banque dut être autorisée, le 22 décembre 1849, à porter rémission jusqu'à 525 milhons; en août 1850, le cours forcé, qui depuis longtemps avait cessé d'être une réalité, put être définitivement aboli.

La banque rentrait dans la situation normale, mais bien plus forte qu'elle n'avait été avant la rude épreuve de février 1848 : elle était réellement la banque de France. Le zèle avec lequel elle se met désormais à étendre ses opérations par la multipHcation des succursales et le vif élan que l'Empire donne au mouvement des affaires impriment à son activité une impulsion fabuleuse ; on en trouvera les preuves dans le tableau des escomptes que nous donnons plus loin. La banque n'a cessé depuis de s'étendre, surtout par la création continue de succursales , dont le chifl're devra atteindre uu jour le nombre des chefs-lieux de département.La crise générale de la fin de 1857 et la forte exportation d'espèces causée en 1861 par le déficit de la récolte n'amenèrent que des embarras passagers; depuis le mois de juin 1857, la banque est d'ailleurs mise à même de parer à de trop fortes exigences du public par l'élévation des taux d'escompte. En effet, la loi du 9 juin 1857, qui a prorogé le monopole de la banque jusqu'en 1897 , lui a octroyé aussi le privilège de ne pas s'arrêter à la limite légale de l'intérêt : elle en a profité dés l'automne de 1857, où le taux d'intérêt fut momentanément porté à 10 p. 100. La même loi a imposé à la banque l'obligation de doubler son capital par l'émission de 91,250 actions uouveUes dontleproduitdutêtre placé en rentes 3 p. 100 que le Trésor lui livrait à 75. Grâce au progrès des opérations, qui se maintient malgré le ralentissement général

des affaires, les actions, dont ce doublement du capital réduisait les bénéfices, réparèrent assez vite la moins-value que la loi de 1857 leur fit subir. Ce développement , depuis la création de la banque de France, jusqu'à la guerre de 1870, ne saurait être mieux' « illustré « que par le tableau qui suit , où sont indiqués , année par année, le montant des escomptes et le montant des dividendes distribués aux actionnaires : (En millions et centaines de mille. i

Escooip. Diviil.

Escomp. Divid.

An VIII '

50 fr.

98 fr

L'année 1869 clôt une série pour la banque de France, nous allons donc donner de plus amples détails sur les opérations de cette année. Nous avons déjà dit que le montant total des escomptes a été de 6,682 millions ichifl're le plus élevé qu'on ait atteint) , le nombre des effets admis à l'escompte, déduction faite des bons du Trésor, a été, à Paris, de 2,773.411 , dont prés d'un dixième en effets de moins de 100 fr., et dans les succursales de 2.883,328.

Les avances sur effets pubhcs se sont élevées à 480 millions, savoir: sur bons du Trésor, 3fi millions; sur rentes, 85 millions; sur valeurs de chemins de fer. 349 millions; sur obligations du Crédit foncier. 1 1 millions.

Les encaisses réunis de la banque et de ses succursales étaient, au 23 dé'cembre 1869. de 1, 266,800.000 fr., la circulation de 1,471,141,550 fr. (dont 880,1 1 1 billets de 1000; 290,556 de 500; 23,467 de 200: 3.976,483 de 100; 858,237 de 50 fr.)

-Vombre des effets encaissés par la banque pour compte d'autrui. 1,810.238. d'une valeur totale de 2.293.637.500 fr.

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