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BANQUEROUTE PUBLIQUE. — BANQUET

sortir de la paix de Vienne , qui l'avait privée de ses plus belles provinces, était moins en situation que jamais de payer ses dettes. La patente impériale du 20 février 1811 vint alors régulariser ou, pour ainsi dire, légaliser la banqueroute de fait. La patente réduisait le papier-monnaie (1,060 millions de florius) et le billon (330 millions) au cinquième de leur valeur nominale et abaissait de moitié les intérêts de la dette consolidée. Le papier-monnaie était retiré de la circulation et remplacé par de nouveaux bons (à raison de 1 florin pour 5 florins de bankozettel) dont l'émission ne devait jamais dépasser le cinquième de la somme des bankozettel retirés. Les guerres des années 1812 à 1815 firent bientôt dépasser ce cbifl're; en 1816, l'émission s'éleA'ait de nouveau à 639 millions et le papier-monnaie n'était accepté que pour 28 à 29 p. 100 de sa valeur nominale : 100 florins en bankozettel, remplacés en 1811 par 20 florins en bons, ne valaient donc maintenant que 5 à 6 florins argent. On se servait de la création de la banque nationale pour ramener quelque ordre dans ce chaos; la banque dut retirer successivement le papier-monnaie de l'État et lui substituer ses propres billets , échangeables à présentation contre espèces. Le nouveau pied monétaire fut établi sur le taux de 100 à 250, c'est-à-dire que 250 florins de papier n'équivalaient qu'à 100 florins d'argent. C'est sur le même pied qu'on payait le rentier.

Est-il besoin de signaler l'immensité des pertes qu'entraine une telle catastrophe et auxquelles n'échappe aucune classe , on pourrait dire aucun membre de la société? On a entendu des pubhcistes s'évertuer à atténuer la gravité des banqueroutes publiques , à les légitimer presque. « La déclaration de failUte, ainsi argumentent-ils , ne venant qu'à la suite d'un long discrédit de l'État, d'une dépréciation graduelle du papier-monnaie , la perte est en réalité moins grande qu'elle n'en a l'air; le possesseur, au moment fatal, des titres de rente ou des billets les a déjà acquis à un prix tout aussi bas, peut-être plus bas même, que le taux auquel le Trésor failli les maintient; les pertes partielles sont depuis longtemps consommées pour les personnes par les mains desquelles ces titres de rente ou ces billets ont successivement passé, et les propriétaires du jour n'y perdent rien ou peu de chose. » Matériellement, cela peut être vrai, quoiqu'il faille encore admettre de nombreux cas (rente Lmmobinséc, etc.) où la répercussion est impossible. Mais cela diminue-t-il le moins du monde la déloyauté de la banqueroute en elle-même? Supposez le commerçant faisant aujourd'hui une faiUif e d'un million ; sa situation ou sa mauvaise foi était depuis deux mois soupçonnée par ses créanciers; ils se sont empressés de vendre ses billets (sans endossement) à 50 p. 100 de perte; sa banqueroute sera-t-elle moins condamnable devant la loi et devant la morale, parce qu'ainsi la perte (du million qu'il fraude) se répartit entre ses créanciers primitifs et leurs subrogés? Au surplus, nous ne le contestons guère: la déclaration de faillite de la part de l'Etat ne

constitue pas le seul acte regrettable et condamnable; tout aussi regrettable et tout aussi condamnable est la répercussion anticipée de la perte finale , c'est-à-dire le dommage et la perturbation de tous les jours, de toutes les heures, causés par la dépréciation graduelle qui précède la banqueroute déclarée.

Heureusement les terribles catastrophes que nous venons de rappeler ne sont presque plus possibles de nos jours. Les révolutions sont moins terribles et les guerres moins longues qu'à cette époque exceptionnelle de 1798 à 1816; les ressources nationales sont mieux développées, les finances publiques mieux réglées; l'impôt et le crédit sont plus puissants pour subvenir même à des besoins exceptionnels; l'opinion a acquis plus de pouvoir pour arrêter les exigences folles et ruineuses. La banqueroute nette, brutale, est laissée aux Pérou, aux Venezuela, aux Mexique et autres impuissances transocéaniques. Cela n'empêche pas la banqueroute publique défaire en Europe aussi des réapparitions, parfois même prolongées. Avec l'organisation actuelle des dettes pubhques — le non-remboursement du capital — où l'intérêt seul représente pour le capitaliste son argent prêté , toute retenue arbitraire dont les arrérages sont l'objet , est un acte de banqueroutier. Quand, par exemple, l'Espagne refuse de payer l'intérêt ou ne paye qu'un intérêt dérisoire à une partie de ses créanciers (la dette différée) ; quand l'Autriche acquitte en papier-monnaie déprécié les arrérages de ses métalliques , c'est tout à fait le même que si elles reniaient la totalité ou respectivement une partie du capital de la dette. Le discrédit du débiteur est et sera toujours la première conséquence et la plus inévitable de ces actes déloyaux. U en est pour l'État comme pour l'individu: l'économie la plus coûteuse, c'est l'économie malhonnête. La banqueroute franche ou masquée, entière ou partielle, est donc une détestable spéculation en même temps qu'une mauvaise action. Elle l'est à un plus haut degré encore dans les affaires publiques que dans les relations particulières. Sous l'égide d'une bonne législation , je puis, à la rigueur, donner du crédit même à l'individu de mauvaise foi: la loi et les tribunaux m'aideront à triompher de celle-cL U n'en est pas ainsi de l'État; et précisément parce qu'il a le pouvoir d'être mauvais créancier , il faut que sa volonté d'être créancier honnête ne puisse pas même être suspectée. Autrement , le crédit public devient presque impossible. J. E. Horx.

BANQUET. A plus d'une époque, le banquet a joué un certain rôle dans la politique. Mais les banquets créés exprès pour que les partis puissent formuler leurs programmes avec solennité ne s'offrent réellement qu'à partir du moment où commence la vie jinblique , c'est-àdire où les opinions peuvent s'avouer et se combattre ouvertement. C'est donc à dater de 1789 que nous avons à signaler les banquets qui exercèrent une influence sur la marche des événements. A ce titre , le repas des gardes du

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