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BANQUET, — BARREAU

coi-ps , dans l'orangerie du palais de Versailles {[" octobre 1789), est le premier que nous ayons à mcnlionner. Le 14 juillet 1 790 vit plusieurs milliers de fédérés se réunir en un banquet dans le parc de la Muette. Le premier Empire ne vit guère que des banquets militaires sans portée politique.

La Restauration, en faisant renaître en France la vie politique, ramena les banquets, dont le parti libéral se servit comme d'un moyen d'agitation.

Sous le règne du roi Louis-Philippe , les banquets furent encore plus nombreux, mais sans être l'apanage du seul parti de l'opposition. On sait, du reste, que ces repas politiques devinrent funestes à la monarchie de Juillet. Le banquet organisé, en février 1848, par MM. Odilon- Bariot et Garnier-Pagès, amena entre les agents du gouvernement et les commissaires de cette réunion , une lutte qui surexcita l'opinion pubhque, fit descendre le peuple dans la rue , et aboutit enfin à la proclamation de la République. Sous ce dernier régime et pendant la présidence de Louis-Napoléon Bonaparte, la Société du Dix • Décembre organisa divers banquets, dans l'intérêt du régime qui allait suivre la République. Sous le second Empire, le banquet, sans avoir été précisément abandonné, n'a plus qu'une importance secondaire, et son côté pohtique s'efface sous des démonstrations en quelque sorte individuelles.

En Angleterre et en Allemagne les banquets sont d'une pratique fréquente , et plus d'un ministre du Royaume-Uni a justifié « entre la poire et le fromage » la politique du passé ou a fait connaître celle de l'avenir.

CoMPAHEZ : Agitateur.

BARON. Primitivement ce mot fut synonyme à'homme. Les premiers barons étaient les guerriers de race fibre, possesseurs de fiefs, qui accompagnaient le roi à la guerre suivis de leurs vassaux , qui lui prêtaient hommage et devenaient ainsi des homtnes. Être baron constituait ainsi la plus haute noblesse. Peu à peu, ce mot perdit de son sens élevé et étendu , et, au treizième siècle, la dignité de baron était déjà inférieure à celle de marquis et de comte. Quant à préciser l'époque où le titre de baron cessa d'être générique et fut restreint aux seigneurs possédant des terres érigées en baronnies, c'est là une question qui ne parait pas avoir été résolue.

Les Normands introduisirent le mot de baron dans la législation politique de l'Angleterre. Nous trouvons, par exemple, les barons ou lords de t Échiquier, qui, au nombre de cinq, composent la cour de justice, dite cour de FÊchiquier. [Voy. Échiquier.)

Les barons des Cinq-Ports étaient les députés envoyés à la chambre des communes par les ports de Douvres, Sandwich, Romncy, Hastings et Hylhc. 11 y avait deux députés pour chacune de ces villes, et le même privilège avait été accordé aux ports de Winchelsea et de Rye. Depuis la réforme parlementaire de 1831 , ces privilèges n'existent plus; celles de ces villes

qui ont la population requise par la nouvelle loi, envoient un ou deux députés à la chambre, selon le nombre de leurs habitants. Douvres en nomme deux, Hastings deux , et Rye un seul.

A l'exemple de la France et de l'Angleterre. l'Espagne a eu ses barons. Ainsi Ton disait: les barons d'Aragon, et sous cette dénomination se trouvait compris ce qu'on a appelé aussi ricos hombres.

En Allemagne , où l'on divise souvent la noblesse en haute et basse, les barons forment l'échelon inférieur de la haute noblesse; mais l'usage du mot allemand Freiherr (baronne , Freij'rau), qui est la traduction Uttérale (homme libre) du sens primitif de baron, tend à se généraliser.

Comparez: Baronet, Comte, Duc, Noblesse, Titre, etc.

BARONET, dignité nobihaire, appartenant exclusivement à l'Angleterre. Ce titre fut créé par Jacques I", afin de trouver Fargent nécessaire pour continuer la guerre en Irlande. Le baronet ne doit pas être confondu avec le baron; il n'est pas, à ce titre, membre du parlement et n'a aucun privilège. Son nom de famille est toujours précédé du mot sir et d'un prénom, et sa femme a droit à la désignation de lady (dame), au lieu de mistress, qui est Féquivalent de madame pour les non-nobles. Les chevaliers knight ont les mêmes droits que les baronets , mais leur dignité est seulement personnelle ; on peut donc dire qu'un baronet est un knight héréditaire. Le fils aîné hérite seul du titre.

BARREAU. Dans les salles où les anciens

tribunaux français entendaient les plaidoiries , une barre séparait l'enceinte réservée aux juges de celle qui était abandonnée aux parties et à leurs défenseurs. Cette barre, derrière laquelle se tenaient les avocats, a donné son nom à leur corporation et à la profession elle-même. La défense individuelle trouve une puissante garantie dans Forganisation règuUère d'un collège d'hommes voués à Fétude des lois et à la discussion contradictoire des intérêts soumis à la justice. L'existence du barreau rcmoute sans doute à une haute antiquité , on doit le reconnaître, lors même qu'on n'admettrait pas Fhyperbole , si souvent répétée, qui l'appelle un ordre aussi ancien que la justice. C'est assez de remonter jusqu'à la Grèce. Dans ce pays où des esprits subtiles et actifs étaient servis par une parole abondante et vive, le barreau prit de bonne heure une grande importance. Des hommes éloquents se consacrèrent à la composition des harangues qu'ils donnaient aux parties, ou qu'ils prononçaient eux-mêmes pour elles. Ils ne se bornaient pas à la défense des intérêts privés , de l'honneur, de la vie des citoyens : ils traitaient les questions les plus g;raves du gouvernement; ils plaidaient , avec toute la hbertè qu'admettait la tribune grecque, les causes de la nation; c'est la Grèce entière que Démosthène soutenait eu attaquant Piiihppe. Solon protégea Fhouncur du barreau, en

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