MENSTRUATION
ciables des eaux minérales ou de la mer. L'impressiounabilité du syslème nerveux à cette époque a son indication en elle-même. C'est aux eaux peu minéralisées et dont la thermalité peut être appliquée par une main prudente qu'on doit surtout adresser les malades (Néris, Plombières, Gastcin, Wildbad). Ce sont, bien entendu, des effets sédatifs, hypostbénisanls, qu'il est question d'obtenir dans ces circonstances, et les procédés balnéaires se modifieront d'après elles. Parmi les eaux sulfureuses, Saint-Sauveur, Molitg, les sulfatées calciques, Bagnères-de-Bigorre, Ussat, Baden (Suisse), et au rang des bicarbonatées sodiques, Ems, Schlangenbad, concourent au même but. Nous citerons pour mémoire les eaux ferrugineuses, si répandues, et dont les propriétés reconstituantes ne sauraient être négligées dans le sujet qui nous occupe (Spa, Orezza, Schwalbach, Bussang). On observe, à l'aide des eaux riches en principes martiaux, des améliorations très rapides et très constantes de ce qu'on peut appeler la chlorose de l'âge critique. Il n'est pas inutile d'ajouter que si des phénomènes dyspeptiques ou des manifestations d'herpétisme ou de scrofules prédominent sur les troubles propres au temps critique, on retrouve l'indication formelle des eaux à minéralisation effective, bicarbonatées sodiques, d'une part, comme Vichy, ou de l'autre, sulfureuses {Cauterets, Luchon, Enghien), ou chlorurées sodiques (Uriage, bains de mer). Mais il ne faut pas oublier, surtout à l'occasion de ces dernières, que la ménopause entraîne souvent avec elle une tendance aux congestions du côté des organes de la génération, et que les conséquences d'un pareil mouvement, qu'il serait souvent dangereux de provoquer, demandent à être soigneusement surveillées.
M. Gaudet (Becherckes sur l'usage et les effets hygiên. et thérap. des bains de mer, 18/j/i) reconnaît lui-même que l'action sédative du bain de mer, en tant que pratique hydrothérapique, ne s'exerce plus en présence de la névropalhie particulière à l'âge critique. Il a vu celle-ci s'exagérer, dans quelques cas, malgré toute la discrétion apportée aux immersions. D'autres fois, le traitement marin aurait exercé une véritable propriété décentralisante et conjuré efficacement des phénomènes congestionnels. Nous pensons que ces faits n'infirment pas les préceptes généraux que nous avons posés, et qu'en définitive, sans adopter le tableau trop chargé que l'on faisait encore, il n'y a pas longtemps, de la ménopause et de son appareil symptomatologique, il est rationnel de considérer cette période à un point de vue spécial, et d'accommoder à ses conditions le traitement des maladies qu'elle comporte.
menstruation. L'état fouclionuel qui constitue la menstruation, et dont la signification véritable a été donnée de nos jours, trouve dans l'emploi des eaux minérales et de la mer, tantôt un excitant salutaire,
tantôt, une médication modératrice [ voy. Aménorrhée. Dysménorrhée. Ménopause. PurertÉ). Il est de précepte de suspendre le traitement thermal pendant que dure l'époque menstruelle ; tous les médecins des eaux, à quelque classe qu'elles appartiennent, s'accordent à respecter l'orgasme nervoso-sanguin qui caractérise cette évolution, et à n'appliquer alors aucun moyen capable d'agir un peu fortement sur l'économie. Nous trouvons des conclusions très opposées à celles-ci, dans l'ouvrage de M. le docteur Gaudet sur l'emploi des bains de mer. D'après ce praticien, des personnes se sont mises à l'eau avec leurs règles, sans qu'elles se supprimassent, et il ajoute que leur menstruation n'en était que plus abondante. Dans un cas de chlorose, chez une femme adulte, on obtenait par le bain un écoulement sanguin plus abondant et plus riche. M. Gaudet recommande, en thèse générale, de continuer l'usage des bains de mer jusqu'au jour précis de l'apparition menstruelle, ;et de les reprendre sans crainte si celle-ci se prolonge au delà de l'époque accoutumée. Mais à côté de faits heureux de ce genre, le même observateur a fort bien vu que les bains de mer retardent souvent la venue des menstrues, ou amènent une insuffisance du flux ménorrhagique, quand cela ne va pas jusqu'à une suppression prématurée. « La raison » de ces divers dérangements, dit-il, fut trouvée plusieurs fois dans » une congestion céphalique habituelle, dans une irritation locale, dans » un affaiblissement général, etc. ; ces états morbides s'étaient déve- » loppés ou augmentés, sous l'influence même des bains de mer (Gaudet, Recherches sur l'usage et les effets hygién. et thérapeut. des bains de mer, \%hh). Il n'en reste pas moins certain qu'on ne saurait prendre trop garde aux effets d'une stimulation dont la portée échappe le plus souvent à nos moyens d'appréciation et peut entraîner de graves conséquences. Quelques exceptions favorables n'infirment pas la conduite généralement admise. On ne tirera non plus aucun exemple des femmes de service, qui, soit sur les côtes, soit dans les établissements thermaux, s'exposent à l'eau froide ou chaude pendant la durée de leurs règles et ne semblent pas en être incommodées. Il y a là un effet de l'habitude facile à concevoir. D'ailleurs, à propos du traitement marin luimême, d'autres hydrologues regardent la période menstruelle comme un impérieux motif de suspension temporaire du bain (Roccas,, Des bains de mer, 1857). Cette pratique de prudence vulgaire, comme on l'appelle, .sera toujours conforme à une saine direction médicale.
MEXTAGRE. Voy. PEAU (MALADIES DE La).
MERCURIELLE (intoxication). L'intoxication mercurielle peut être produite, soit par l'emploi prolongé des mercuriaux, soit par l'exposition aux vapeurs hvdrargyriques. Dans ces circonstances, on est appelé
à remédier à des accidents du côté du système nerveux et de la constitution du sang. Si les troubles de l'innervation et de l'intelligence, tremblements, hébétude, etc., sont plus fréquents chez ceux qui, comme les doreurs, les ouvriers des mines, etc., restent longtemps soumis à l'action du mercure, et s'ils se rencontrent rarement à la suite de l'usage de ce médicament, il est bien certain que la médication mercurielle dépouille parfois le sang des qualités qui lui sont propres, et jette l'économie dans une véritable cachexie, très analogue à celle des chlorotiques. Nous n'aurions, à ce double point de vue, qu'à renvoyer aux articles Chlorose, Nèvropathie, pour l'application du traitement hydrothermal. Mais celte question a été l'objet de remarques toutes spéciales de la part des médecins des eaux, et il peut être utile de les connaître.
Les eaux sulfureuses, d'après M. Astrié ( Thèse inauy. , 1852), sont un précieux moyen contre la cachexie mercurielle ; et pour expliquer leur action, l'auteur de cette thèse importante n'envisage pas seulement les propriétés reconstitulives qu'elles peuvent exercer, mais il cherche à s'en rendre compte par des vues d'ordre chimique dont nous lui laissons toute la responsabilité, e On sait, dit-il (loc. cit., p. 230), que le mer- » cure n'est éliminé que très lentement de l'économie, et qu'il tend » a séjourner longtemps dans les organes, surtout dans le foie; on en a » retrouvé même dans le cerveau. Les eaux sulfureuses alcalines agissent » dans ces cas par une modification chimique du composé mercuriel fixé » dans les tissus, par la suractivité qu'elles impriment aux émonctoires » cutanés et muqueux, et en dernier lieu par l'action reconstitutive propre » au traitement thermal. » M. Astrié s'appuie en outre sur des faits observés par M. Pages, à Baréges, et qui concernent deux sujets ayant autrefois abusé du mercure, mais qui n'en avaient pas pris, l'un depuis dixhuit mois, l'autre depuis quatorze. On s'était assuré que depuis ils avaient été soustraits à l'influence du médicament. Chez tous deux, le traitement sulfureux, dans les premiers temps de son application, a provoqué une salivation, avec tous les accidents de la stomatite mercurielle diphthérilique, qui a guéri ensuite huit à quinze jours après, par l'usage même des eaux qui l'avaient provoquée. M. Astrié ajoute que « la fluxion mu- » queuse et l'émonction du composé organique mercuriel, redissous et » réintroduit dans la circulation, paraît ici s'être faite par la muqueuse » buccale et les glandes salivaires. ■> Des expériences de laboratoire ont été tentées pour la démonstration de ces hypothèses par notre confrère, et il en conclut que, de quelque manière qu'on varie ces essais, on est toujours sûr d'arriver à la solution rapide et définitive d'un précipité albumino-mercurique, soit par un sulfure, soit par un hyposullite ou un sulfite de soude, séparés ou associés. Le sulfate sodique n'a pas d'action sur
le précipité. La présence de l'acide nitrique dans les composés sulfureux précédents n'empêcherait pas la dissolution, et l'addition du carbonate de sonde la rend encore possible par les sulfures seuls.
M. Fontan [Recherches sur les eaux miner, des Pyrénées, etc., 1853), en insistant sur la possibilité de suspendre la salivation mercurielle au moyen des eaux sulfureuses, a reproduit une opinion déjà communiquée par lui à l'Académie de médecine, trois ans auparavant. Ces résultats seraient dus à la neutralisation de l'excès du principe hydrargyrique par le principe sulfureux qui en forme un sulfure de mercure insoluble, et par suite inerte. Ce principe pourrait aussi être expulsé par les urines, les sueurs et les autres excrétions.
Entre les idées de M. Astrié et celles de M. Fontan, il y a celte différence, que l'économie éliminerait l'excès des sels mercuriels qu'elle renferme sous forme de composés solubles pour l'un, et dans l'autre cas en vertu de la production d'un sulfure insoluble. Quelque intéressants que soient ces points de vue, il est à regretter qu'ils n'aient qu'une valeur relative et sur laquelle l'expérience physiologique devra se prononcer ultérieurement. C'est ainsi qu'on n'a pas encore démontré, que nous sachions, d'une manière péremptoire, l'expulsion graduelle ou instantanée de l'agent loxiquejdontla présence troublait les fonctions générales, et qui est supposé entraîné hors de l'organisme par la puissance ou la propriété des eaux sulfureuses, par cette seule raison que les manifestations de son influence ont cessé et que l'équilibre de la santé est rétabli. On a été plus loin : des observateurs dignes de foi assurent que le mercure se retrouve en nature dans les excrétions que la médication thermale suractive. Quoiqu'il semble difficile d'admettre qu'en présence de l'élément sulfureux, il ne se passe aucune combinaison définitive et que le métal apparaisse par gouttelettes à la surface cutanée, Anglada a rapporté un cas de ce genre, recueilli à Molitg. D'autres faits analogues ont été annoncés ailleurs. Lersch [Enleituny in die Miner alquellenlehre, 1855) cite, d'après Schenk, l'exemple d'un ouvrier doreur chez lequel des transpirations obtenues successivement à l'aide des eaux sulfatées calciques de Baden (Autriche) ont été suivies de l'issue par la peau de petites parcelles de vif-argent. Ces relations, sans doute , émanent d'autorités sérieuses, mais, avant de prendre rang dans la science, elles réclament une révision rigoureuse et irrécusable.
En résumé, jusqu'à plus ample information, il convient d'envisager l'efficacité des eaux sulfurées dans le traitement des accidents mercuriels et de la cachexie qu'ils déterminent, comme tenant à la réaction énergique qu'on peut imprimer à l'économie par leur emploi, à l'activité nouvelle qu'elles donnent aux organes émonctoires, particulièrement à la
366 MERGENTHEIM.
peau, et finalement à la reconstitution facilitée par une médication stimulante. M. Asti ié (loc. cit.) était d'avis de ne pas craindre pour cette cure de donner des bains chauds, de prescrire de hautes doses de boisson, et de recommander les sources les plus actives, Baréges, Luc/tort, Schinznach, etc. Il est évident que si les forces du malade lui permettent d'affronter une vive excitation, il en retirera des avantages réels. Ajoutons que partout où les procédés balnéaires pourront se diversifier et s'appliquer avec une certaine énergie, les effets se présenteront d'autant plus favorables, à minéralisation équivalente.
merkxs (France, Ariége). A 200 mètres du village et sur la rive droite du Nabre.
Sulfurée sodique. Tempér. , de 36u à h5° centigr.
Trois sources qui n'ont été examinées qu'au point de vue de la proportion du sulfure de sodium qu'elles contiennent.
Tempéralurc. Sulfure de sorlium par litre. G ra ni .
1° Source supérieure 45" 0,0061
2" — intermédiaire 36 0,0022
3° — inférieure 39 0,0032
(FlLHOL.)
<< Ces sources, dit M. Filhol, sont pauvres en chlorures et en sulfates, et elles sont moyennement alcalines : il est à regretter qu'on n'en lire aucun parti, car la température des deux dernières, qui est très voisine de celle du corps humain, autorise à croire qu'on en obtiendrait de bons effets dans des cas très nombreux. »
MERGENTHEIM (Wurtemberg, cercle de la Jaxt). Ville dans la vallée de la Tauber.
Chlorurée sodique. Tempér., 11° centigr.
Eau : 16 onces. Eau : un litre.
Grains. Grani.
— de potassium 0,78 = 0,096
— de lithium 0,01 = 0,001
Bromure de sodium 0,07 = 0,008
Sulfate de soude 21,89 = 2,714
— de magnésie 15,88 == 1,969
— de chaux 9,86 = 1,222
Carbonate de magnésie 1,40 = 0,173
— de chaux 5,45 = 0,675
— de fer 0,05 = 0,001
Silice 0,45 = 0,055
Houe. cub. Cent. cub.
Gaz acide carbonique .. 9,45 = 510,3
(LlEBIG.)
MÉTR1TE CHRONIQUE. 367
Ces eaux s'administrent en boisson et en bains. Leur minéralisation tend à déterminer concurremment les elTets qu'on obtient des eimx sodiques, soit sulfatées, soit chlorurées. A la dose de deux à quatre verres, elles sont notablement purgatives. Aussi les prescrit-on dans les affections dépendant delà pléthore abdominale, notamment dans les engorgements hypertrophiques du foie et de la rate.
il y a un établissement bien installé, et les conditions hygiéniques de cette localité sont recommandables.
On exporte, comme médicament purgatif, les eaux de Mergentheim réduites à un certain état de concentration par évaporation.
MERS-EL-KERIR. Voy. BAINS DE LA REINE.
MESSINE (Deux-Siciles).
Bains de mer.
MÉtélin (Turquie d'Asie, Archipel). Celle île, ancienne Lesbos, renferme plusieurs sources presque toutes sulfatées sodiques, et dont la température s'échelonne entre 32" et l\T centigrades. Les habitants du pays les utilisent dans les affections rhumatismales et les maladies de la peau.
MÉTHANE (Grèce, Argolide).
Chlorurée sadique (sulfureuse). Tempér., 29° centigr.
Eau : un litre.
Gnim.
Chlorure de potassium ] ,5940
— de sodium 31,3170
— de calcium 0,6831
— de magnésium 1 ,4904
Carbonate de chaux 0,6725
— de magnésie. .. . 0,2130
— de protoxyde de fer 0,0268
Oxyde de fer et alumine 0,0065
Silice 0,0190
Chlorures indéterminés 0,12i0
Acide borique traces
— sulfhydrique 0,0016
— carbonique 0,8353
35,9822 (Geiger, 1859.) Ces eaux, déjà connues de l'antiquité et citées particulièrement par Pausanias, sont très employées dans les affections catarrhales des voies respiratoires. On recueille dans leur réservoir des matières organiques c;h grande partie composées de conferves et usitées en applications topiques (Landerer).
MÉTKITE CHRONIQUE. Les indications relatives à la métrite chronique se déduisent de considérations générales embrassant t'étiologie et
368 MIEKS.
la marche des affections utérines. Nous renverrons à l'article Utérus
(Maladies de l').
MEXIQUE (Amérique du Nord). Cette contrée est souvent le théâtre de phénomènes volcaniques. Humboldt y signale : 1" Dans la vallée de Tenochtillan (intendance de Mexico), deux sources thermales, celle de Notre-Dame de la Guadalupe et celle du Penon de los Banos (Rocher des Bains), cette dernière surtout assez élevée en température. L'analyse a constaté, dans ces eaux, des sulfates de chaux et de soude, du chlorure de sodium et de l'acide carbonique. 2° Près de Chichimequilla, au milieu d'une masse de basalte et de brèches basaltiques, des sources à 96°, k centigr.
MÉZIÈRES (France, Ardennes). A k kilomètresde la ville de Mézières.
Chlorurée sodique. Froide.
Eau : un litre.
Gram.
Chlorure de sodium 4,670
— de maguésium \ ,074
Bicarbonate de chaux 0,456
Sulfate de soude 2,914
9,902 (Wahart-Ddhesme.)
Cette eau minérale doit avoir une composition plus complexe : dans tous les cas, et en admettant que ses éléments ont été dosés avec soin, elle est remarquable par la proportion des chlorures et des sulfates. Elle a jailli pour la première fois en 1827, à la suite d'un sondage pratiqué jusqu'à 160 mètres de profondeur; elle a une saveur salée et une odeur inarécageHse. Elle n'a pas reçu, que nous sachions, d'application quelconque.
RŒRS (France, Lot, arrond. deGourdon).
Sulfatée sodique. Froide.
Eau : un litre.
Acide carbonique très léger excès
Gram.
Bicarbonate de chaux 0,208
— de magnésie 0,120
— de soude 0,07 1
Sulfate de soude 2,675
— de chaux 0,945
Chlorure de magnésium 0,750
— de sodium 0,020
Acide silicique 0,480
Alumiue 0,037
Oxyde de fer 0,005
Matière organique 0,060
8,530 (Bocllày et Henry.)
MILITAIRES (ÉTABLISSEMENTS THERMAUX). 369
L'eau minérale de Miers est fréquentée principalement par les habitants de la localité ou des arrondissements voisins. Elle passe pour laxalive, effet qu'explique très bien la présence du sulfate de soude. On l'utilise contre les engorgements abdominaux, leshémorrhoïdes, les constipations.
te 13. it u\i li migraine est une névrose qui parait se rattachera bien des conditions diverses de l'économie, mais dont le type s'accompagne habituellement de dyspepsie. On dit vulgairement que la migraine vient de l'estomac. Cette corrélation cependant ne nous a pas toujours paru très évidente, les vomissements qui se montrent clans l'hémicranie étant purement symptomatiques de la névrose douloureuse.
Beaucoup d'eaux minérales passent, dans les notices qui leur sont consacrées, pour guérir des migraines ou des céphalées opiniâtres. Ce sont tanlôt des eaux sédatives, et tantôt des eaux ferrugineuses. On comprend que certaines céphalées liées à un état névropathique, ou bien à une ebloro-anéinie, puissent céder à un traitement appropriée l'état général. Mais rien de tout cela ne permet d'établir la moindre généralisation relative au traitement de la migraine.
On voit quelquefois celle-ci céder, tout en présentant ses caractères les plus tranchés, à des eaux bicarbonatées, semblant agir alors à titre d'eaux digestives. De semblables faits ont été observés à Vichy, dans des conditions qui les rendent tout à fait dignes de remarque. Mais l'observation la plus attentive n'a pas encore permis de discerner les raisons qui faisaient réussir le traitement ou le laissaient échouer, dans des circonstances en apparence très semblables.
militaires (Établissements thermaux). L'administration de la guerre en France possède des établissements sanitaires spéciaux près de cinq stations thermales: Baréges, Amélie, Guagno, Vichy, Bourbonne. A Bourbon-l'Archambault, Balaruc, les militaires ont à l'hôpital civil des places qui leur sont destinées. A Luchon, quelques baignoires et une piscine sont mises gratuitement à la disposition du ministre de la guerre, et reçoivent des militaires des garnisons voisines. Enfin en Algérie, les sources de Hammam -Mezkoutine et de Hammam -Rir'a sont également utilisées par l'administration de la guerre.
L'hôpital thermal militaire d'Amélie, construit sur les plans et sous la direction de M. J. François, peut être considéré comme un établissement modèle. Il n'en est pas de même d'autres bains militaires que nous pourrions citer. Toutefois une commission permanente, composée d'éléments compétents, siégeant au ministère de la guerre, est chargée de l'examen des travaux d'amélioration des stations militaires, et permet d'attendre de bons résultats pour les projets en élaboration.
L'un de nous a exposé dans un journal spécial, la Gazette des Faux,
Oicr. des Eaux miner. — T. II. -24
saison.
2e saison.
3e saison
mai. .
15 juillet.
id
id.
id...<
25 juin. . .
5 août.
juin . .
1er août. ..
id
id.
avril. .
15 juiu. . .
15 août.
370 MILITAIRES (ÉTABLISSEMENTS THERMAUX).
un projet relatif à l'installation d'établissements sanitaires, pour l'armée,
sur quelcjues-unes de nos plages maritimes.
Le ministre de la guerre a publié une Instruction sur l'emploi des eaux minérales naturelles et sur le service des hôpitaux thermaux militaires (mars 1857), qui régit la matière, et dont il ne nous paraît pas nécessaire de signaler ici les dispositions. Nous reproduisons seulement le tableau suivant, relatif aux saisons thermales.
Indication des divisions Désignaliou 1
qui envoient des établissements,
des militaires aux eaux.
Toutes Bourbonne 15 mai.
Toutes Bourbon- l'Arch .
Toutes Vichy
Toutes Baréges
9e et 17e Guagno
Toutes Amélie-les-Bains.
Une instruction récente (12 janvier 1860) a établi une période d'hiver, pendant laquelle les militaires malades pourront être admis à l'hôpital thermald' Amélie. Cette période sera égalementdivisée en 3 saisons, savoir :
Du \k octobre au \h décembre;
Du 1 5 décembre au \h février ;
Du 5 février au \h avril.
l'instruction porte en outre que les saisons d'hiver sont également affectées aux maladies des organes respiratoires, bronchite chronique, catarrhe pulmonaire ou bronchique, asthme nerveux. Les sous-officiers et soldats seront admis au bénéfice de ce traitement, après avoir passé quatre ans sous les drapeaux, lorsqu'ils auront contracté ces affections au service ; sans condition d'ancienneié, lorsque ces affections auront une origine traumaiique.
L'empire d'Autriche est la seule contrée de l'Europe où les établissements de ce genre aient reçu un certain développement. On y trouve des établissements thermaux militaires près des stations suivantes : Baden, Mehadia, Trentschin, Pistjan, Karlsbad,Marienbad, Franzensbad, Luhatschowitz. Nous avons dû retrancher de celte énuméraiion Recoaro, en Lombardie. La Prusse et la Saxe envoient des militaires malades à Treplilz (Bohème). La Sardaigne possède un établissement thermal et un hôpital militaires à Acqui.
Il existe peu d'établissements thermaux en Russie, si ce n'est dans les montagnes du Caucase, qui paraissent être une des régions les plus riches que l'on connaisse en eaux minérales. Là se trouvent rapprochées les unes des autres, comme aux Pyrénées, mais bien plus variées dans leur composition, des sources nombreuses et de toute température. Un certain nombre de ces stations sont le siège d'établissements de quelque
MINDELHKIM. 371
importance et assez suivis. Mais l'extrême éloignement où ils se trouvent du centre de la Russie, et la difficulté des communications dans cette contrée, font qu'ils ne sont fréquentés que par les habitants des provinces {(voisinantes. Les soldats des garnisons les plus rapprochées et de l'armée du Caucase y sont quelquefois envoyés; mais il n'y a point d'établissements militaires proprement dits. !.e gouvernement russe a fait lever les plans d'Amélie-les-Bains pour servir à des installations thermales dans ses possessions du Caucase.
Tl existe dans le nord de ce vaste empire une station maritime, Issl, presqu'île sur la Baltique, où l'on envoie des soldats malades.
IHILO (lie de) (Grèce, Archipel). On trouve dans cette île montagneuse et volcanique des grottes ou cavernes remplies de vapeurs chaudes, dont la température s'élève de 27° à 46° centigrades. Une d'elles, située à peu de distance de l'emplacement de l'ancienne Mylos, est très fréquentée par les rhumatisants. On remarque aussi dans l'intérieur de la contrée de nombreuses sources thermales, particulièrement minéralisées par des sels ferreux, et dont la haute température, comme celle des grottes, se rapporte à des phénomènes vulcaniens. Ces bains étaient très fréquentés dans l'antiquité, et Hippocrate en fait mention.
MINA 1VOVA (Portugal, prov. d'Estramadure). Près de Cabeça de Montachique.
Ferrugineuse sulfatée. Tempér. ?
Eau : un litre.
Gram.
Sulfate de protoxyde de fer 0, 1 35
— de chaux 0,330
— d'alumiue 0,047
Chlorure de calcium 0,048
0,560 Cent. eub.
Oxygène 0,06
Azote 0, 14
Cette analyse est rapportée par !\I. Jordan (ïlti'se, Paris, 1857). MINDELIIEIM (Bavière, Souabe).
Bicarbonatée calcique. Tempér. ?
Eau : t6 onces. Eau : un litre.
Grains. Gram.
Carbonate de chaux 2,02 = 0,2504
— de magnésie 0,25 == 0,0310
Sulfate de soude 0,02 = 0,0005
Silice 0,11 = 0,0136
Matière exlractive 0,02 = 0,0005
(VOGEL
372 MINÉRALISATION DKS EAUX.
Il y a un établissement de bains, nommé également Marzenbader (bains de Mars).
minéralisation DES EAUX. La manière dont les eaux se minéralisent dans le sein de la terre a eu souvent le privilège d'exercer la sagacité des auteurs anciens et modernes.
Depuis les temps les plus reculés, on a posé en principe que les eaux, soit pluviales, soit souterraines, empruntaient aux terrains qu'elles traversent leurs principes salins; aussi Pline a-l-H dit: « Taies sunt aquœ qualis terra per quam flaunt. » A part certaines conditions spéciales, c'est encore la théorie que l'on professe maintenant, et c'est, disons-le tout de suite, celle qui offre le plus de chance de probabilité. Alexandre Brongniart et M. Chevreul ont même essayé de classer les eaux minérales d'après les terrains où on les rencontre. On remarque en effet qu'à part quelques exceptions, les sources qui sortent des terrains de même nature déversent des principes minéraux analogues.
Nous en avons des exemples frappants dans les groupes de Plombières, de Bains, de Luxeuil et de Bourbonne. Toutes ces sources sortent du granit, mais celles de Bains ne traversent que la partie inférieure du grès bigarré. Les sources de Luxeuil paraissent en traverser des couches plus puissantes, mais elles sont conligues à des gîtes de fer et de manganèse et plus rapprochées des marnes salifères du trias. Enfin les sources de Bourbonne traversent la formation triasique, à laquelle elles empruntent leurs sulfates, chlorures et bromures.
Mais le lessivage des roches et des terres suffit-il pour expliquer la dissolution dans les eaux de certains principes peu solubles de leur nature? Tel n'est pas l'avis de la majorité des géologues: à l'action dissolvante de l'eau, on joint l'influence de la pression, de la température élevée de l'intérieur du globe et même celle de l'électricité.
Si l'action de l'électricité est encore l'objet de quelque doute, on ne peut s'empêcher de reconnaître que les autres causes jouent un rôle important dans la minéralisation des eaux, à moins de supposer, comme l'a essavé M. Lecoq, que o loin de croire que les eaux puisent dans les terrains qu'elles traversent les matériaux qu'elles renferment, il faille, au contraire, admettre que tous ces terrains ont été déposés par elles, et qu'elles en ont puisé les matériaux au-dessous des roches cristallines qui forment maintenant la croûte solide du globe. » {Recherches sur les eaux thermales et sur le rôle qu'elles ont rempli à diverses époques géologiques, 1839.) Personne ne contestera que les eaux minérales ne soient l'origine première de ces amas de travertin qui font actuellement partie intégrante du sol ; mais l'hypothèse de M. Lecoq peut-elle être acceptée dans sa généralité? voilà ce que nous n'admettons pas.