‹ Dictionnaire général des eaux minérales et d'hydrologie médicale (volume 2)Chapitre 122 sur 310 · NASSAU (DUCHÉ DE · texte numérisé non relu

NASSAU (DUCHÉ DE

Weilbach, Ried, Francfort et les sources qu'on trouve sur la frontière hessoise. Ces eaux tirent leur origine d'un terrain tertiaire qui renferme des pyrites sulfureuses et du gypse. Sur la pente qui regarde la Lahn, au milieu de roches qui appartiennent au groupe inférieur du système rhénan, c'est-à-dire à la grauwacke du Rhin, on trouve uniquement des eaux bicarbonatées (Ems, Braubacli, Schwalbach, etc.) Mais la région schisteuse, celle où domine le chlorure de sodium, possède les sources les plus nombreuses, et en même temps les mieux caractérisées par leur situation, leurs rapports géologiques et les proportions constantes de leurs principes minéraux (Nauheim, Hombourg, Soden, Kronthal, Wiesbaden, etc.)

Nous empruntons à M. le docteur Cl). Braun (Monographie des eaux minérales de Wiesbaden) un tableau très intéressant des caractères communs qu'il assigne aux sources de cette dernière région, à savoir :

1° L'identité de leur composition chimique, avec prédominance du chlorure de sodium, et présence des carbonates de fer, de chaux et de magnésie, de la silice et de l'acide carbonique. La plupart contiennent, en outre, des chlorures de calcium, de potassium et de magnésium.

2° Le volume de leurs eaux et l'élévation de leur température sont d'autant plus considérables, la proportion de l'acide carbonique d'autant plus faible, qu'elles occupent une position plus basse, et, réciproquement, les plus élevées sont les moins abondantes, les moins chaudes et les plus riches en acide carbonique. Les sources de Wiesbaden et d'Assmanshausen sont situées le plus bas ; les plus élevées sont celles de Kronthal, Soden et Hombourg.

3° Elles ne diffèrent pas considérablement entre elles sous le rapport du niveau qu'elles occupent. Entre la plus élevée et la plus basse on compte au plus ùkk pieds.

U° Elles proviennent toutes de la même espèce de roche, le schiste normal du Tannas.

5° Les roches, dans le voisinage de ces sources, présentent beaucoup de particularités. Souvent elles sont en dissolution, molles, d'une nature argileuse ou arénacée. Les strates en sont irrégulières, tantôt soulevées, tantôt abaissées, quelquefois rompues. A. proximité des eaux, il existe ordinairement des liions de quartz considérables.

6° L'existence de ces sources coïncide avec l'apparition des roches plutoniques. Non-seulement le basalte ne se rencontre que dans leuis parages, mais on ne le trouve môme, le plus souvent, que dans leur voisinage presque immédiat, de telle sorte que la ligne qui indiquerait le passage des masses basaltiques se confondrait, pour ainsi dire, avec celle de la direction des sources.

NAUHEIM. 419

Les stations importantes du duché de Nassau font l'objet d'articles spéciaux auxquels nous renvoyons pour les détails qui les concernent.

NATURELLES (Eaux minérales). Sous cette dénomination , SI. Fontan a proposé de ranger toutes les eaux sulfurées sodiques qui, ainsi que l'avait annoncé auparavant le docteur Forbes, naissent dans les terrains primitifs ou sur les limites de ces terrains et du terrain de transition. Voici les caractères qui, d'après M. Fontan, servent à différencier les eaux sulfurées naturelles ou à base de sulfure de sodium des eaux accidentelles ou à base de sulfure de calcium et d'acide sulfbydrique.

Eaux sulfurées naturelles

(sulfurées sodiques).

1° Terrain primitif, ou limite des terrains primitifs et de transition.

2° Isolées. 3° Très peu de substances salines

•4° Gaz azote pur.

5° Grande quantité de substances azotées eu dissolution.

6° A peine de sels calcaires ou magnésiens.

7° Sulfure ou sulfhydrate de soude.

8° Thermales, à moins que refroidies par des mélanges ou des circuits.

Eaux sulfurées accidentelles (sulfurées calciques).

1° Terrains de transition, secondaires ou tertiaires.

2° Voisines de sources salées.

3° Quautité notable de substance salines.

4° Acide carbonique, hydrogène sulfuré, traces d'azote.

5° Pas de substances azotées ou à peine.

6U Sels calcaires ou magnésiens et chlorures.

7° Sulfure de calcium ou sulfhydrate de chaux.

8° Froides, à moins que réchauffées par des sources voisines.

Nous avons indiqué, en parlant des eaux Accidentelles [voy. ce mot], les raisons qui font supposer à quelques auteurs que les expressions d'eaux naturelles et d'eaux accidentelles ne présentaient pas une signification suffisante [voy. Minéralisation].

v%I'iiei.h (Allemagne, électorat de Hesse-Cassel, cercle de Wolfhagen). Bourg sur la pente nord-est du Taunus, à 2k kilomètres de Francfort et à 800 de Taris, chemin de fer de l'Est. Altitude 150 mètres.

Chlorurée sodique. Tempér., de 21 à 39° centigr.

Cinq sources principales, composées comme il suit et qui empruntent leur forte minéralisation à des salines importantes existant dans celte localité.

Les sources Kuïbrunmen et Sàlzbrunnen sont utilisées exclusivement en boisson, et les sources Grosser-Sprudel et Friedr'ich-WUhelrn eri bains et en douches. (Hiant à celle du Aleincr-S/jrudel, elle alimente un établissement spécial créé en IS'iO, dans lequel le gaz acide carbonique est employé en bains, en douches et pour l'usage intérieur.

NAUHEIM.

Eau : un litre.

Kur-

Salz-

Grosser-

Friedrich-

Kleiner-

BRUNNEN

UniN.NEN.

Sprudel.

WlLHELM.

Sprudel.

Tempér.

Tempér.

Tempér.

Tempér.

Tempér.

gr.

gr.

gr.

de magnésium. . .

Bromure de magnésium . .

traces

bonnes t

bonnes t

traces

bonnes tr

— de manganèse.

Silice et traces d'alumine. .

0,0002 traces

0,0004 traces

0,0003 traces

traces

traces

Sels de potasse

fortes t.

fortes t.

fortes t.

fortes tr.

fortes tr.

(Chatin, 1856.)

On remarquera d'ailleurs que ces diverses sources présentent entre elles une grande analogie de composition, et que les différences signalées par l'analyse ne sont qu'apparentes, les rapports entre les éléments minéralisateurs restant semblables, ou à peu près, dans chaque source. La proportion de gaz acide carbonique qu'elles renferment est considérable. M. Rotureau (Etudes sur les eaux miner, de Nauheim, 1856) s'est appuyé sur une théorie et des expériences ingénieuses pour démontrer que le jaillissement des eaux de Nauheim est dû en majeure partie à la force d'expansion et à la pression de l'acide carbonique, dont elles sont saturées et qui se trouve à leur surface. Il faut noter que le Grosser-Sprudel, dont la source avait soudainement jailli à 30 mètres de hauteur en 1846, a jailli de nouveau, dix ans plus tard, après avoir momentanément disparu. Le même auteur attribue l'origine des sources salées de celle localité à la solution du chlorure de sodium des formations houillères, fréquente dans la chaîne du Taunus, le long des roches traumatiques du Rhin.

A une petite distance des sources chlorurées de Nauheim, sur le bord de la route de Nauheim à Friedberg, et sur les rives de l'Usa se trouve

NAUHEIM. 421

une autre source dite L' Alkalisc/w-Saùerling marquant 19", 5 centigr. , et appartenant aux ferrugineuses bicarbonatées.

Eau : un litre.

Grani.

Acide sulfhydrique peu de traces

— carbonique 0,0882

Azote 0,0050

Chlorure de sodium 0,0725

— de potassium « traces

— de calcium 0,0210

— de magnésium 0,1040

Bromure de magnésium peu de traces.

Bicarbonate de soude 0,4900

— de chaux 0,3264

— de fer 0,0100

— de manganèse traces

Sulfate de chaux 0,0135

Silice et tra;es d'alumine 0,0090

Matières organique traces

1,1396 (Bromeis, 1842.) L'eau de cette source est employée seulement en boisson. Dans la même vallée de la Wetterau, à 2 kilomètres de Nauheim, se rencontre la source de Schwalheim, méritant une mention spéciale (voy. Schwalheim).

Enfin à Nauheim on augmente le degré de minéralisation des eaux administrées en bains, en y ajoutant soit des eaux mères provenant des salines, soit le sel résultant de la concentration de ces mêmes eaux mères. Ce dernier porte le nom de sel de bain dt Nauheim. Nous indiquons la composition de ces produits artificiels:

1000 grammes.

Eaux mères. Sel de bain.

G ru m . G ru ni .

Chlorure de sodium 7,72651 14,24509

— de potassium 14,21323 317,32601

— de calcium 247,37213 20,87889

— de magnésium 28,82463 32,11493

Sulfate de chaux 0,61710 0,96266

Chlorure de fer 0,50080 \

— de manganèse. .. \ I , .

— d'aluminium.... ( traces ( peu de traces Substances organiques . . . . ) )

Résidu insoluble 1,99954

Eau 600,02153 612,37627

(Bromeis.)

Le sel de bain de Nauheim s'emploie à la dose de 500 grammes jusqu'à un kilogramme et plus pour un bain.

422 NAUHEIM.

Deux bâtimenls, où l'on a disposé des cabinets de bains et de douches très bien installés et nombreux, sont affectés aux bains du Grosser- Sprudel et du Friedrich-Wilhelm. Le débit de ces sources permet même d'administrer des bains d'eau courante. On va boire au Kurbrunnen et an Salzbrunnen.

Un établissement spécial a été construit sur la source du Kleiner- Sprudel pour les applications thérapeutiques du gaz acide carbonique. Les appareils de bains de gaz sont assez simplement établis. Ils se composent d'une boîte en bois de cinq pieds et demi carrés dont la planche supérieure, un peu inclinée, est percée à son milieu de manière à recevoir la tête, qui doit rester à l'air libre. Dans l'intérieur existe un tabouret fixe, à fond sanglé. Le gaz est apporté dans la boîte par un tuyau en caoutchouc dont l'ouverture a été ménagée dans la paroi inférieure. Pour prendre ce bain, le malade conserve habituellement ses vêtements (Rotureau, loc. cit.) Des tuyaux en communication avec la source gazeuse et munis d'ajutages appropriés servent à l'usage en douches externes ou internes, ainsi qu'à la pratique du humage.

M. Rotureau, qui a étudié l'action physiologique des eauxdeNauheim, signale des effets excitants que produisent le bain ordinaire, celui d'eau courante et les douches. C'est sur la circulation qui s'active et se déprime tour à tour et sur la surface cutanée, devenant le siège d'une éruption papuleuse connue sous le nom de poussée, que cette influence se fait sentir. Les eaux en boisson sont purgatives, surtout celle du Salzbrunnen, à laquelle on s'adresse en dernier lieu. Le gaz acide carbonique dont elles sont chargées les rend très lolérables à l'estomac et assure leur action. Deux à quatre verres suffisent pour provoquer les selles. A faible dose, comme cela s'observe avec presque toutes les eaux chlorurées sodiques, elles exercent une action astringente sur l'intestin. Quant à PAlkalischer-Saûerling, dont la saveur est comparée par M. Rotureau à cejle des eaux de Vichy, elle a les propriétés toniques et reconstituantes qui ressorlent de sa composition.

Nous ne ferons que mentionner l'emploi médical du gaz du Kleiner- Sprudel [voy. Carbonique (acide) ]. De même pour l'association des eaux mères à l'eau des sources de Nauheim [ voy. Eaux Mènes].

Les manifestations de la scrofule et les affections dépendant de la diathèse lymphatique représentent la spécialisation la plus formelle de ces eaux. Elle concorde avec une minéralisation dans laquelle prédominent les chlorures, en particulier le chlorure de sodium, à côté de principes féeriques et bromures, sans préjudice de la virtualité qu'on peut développer encore par l'addition des eaux mères. D'une manière générale, les états chloro-anémiques qui se relient au lymphatisme devront être effi-

NAUHEIM. 423

cacement combattus à Nauheim ; l'ingestion d'une eau à la fois laxative et tonique, et l'usage de bains fortifiants et révulsifs sont indiqués pour rendre à la nutrition sa régularité, par suite, pour rétablir les conditions normales du sang. La gastralgie, les troubles dyspeptiques et d'autres névralgies symptomaliques de la chlorose cèdent dans les mêmes circonstances. Nous en dirons autant de cachexies consécutives soit à la syphilis, soit aux excès vénériens, dans lesquelles il s'agit de remédier à un appauvrissement de l'organisme et de relever les forces radicales. N'en seraitil pas de même dans les cas de rhumatismes chroniques à forme goutteuse dont il a été publié d'intéressantes observations à Nauheim? Du moins les succès énoncés par M. Rotureau se rapportent tellement à la cure d'affections cachectiques que l'on est en droit de se demander si la dialhèse rhumatismale n'était pas subordonnée dans ces faits à l'affaiblissement général de l'organisme. Quoi qu'il en soit, ce traitement de certaines formes de rhumatisme par les eaux chlorurées sodiques fortes mérite l'attention des médecins. Il en arrivera de même avec les paralysies, plutôt dues à une lésion dynamique qu'à une altération matérielle des centres nerveux.

A côté de propriétés réparatrices, on reconnaît aux eaux de Nauheim une action résolutive et même fondante. Sans entrer ici dans la discussion de ces points de pratique [voy. Médication thermale], nous pensons qu'on ne s'est pas rendu un compte exact de l'intervention des eaux chlorurées sodiques dans le traitement de la phthisie pulmonaire, et qu'il y a plus à redouter en cela l'excitation provoquée par leur emploi que la fonte prétendue des tubercules. A plus forte raison, ne saurionsnous admettre l'extension donnée par le docteur Bodé, à leur influence fondante sur les dépôts pseudo-membraneux des pleurésies chroniques, voire-même sur les produits de la méningite de l'enfance.

La suractivité de la circulation, qui figure dans les effets des eaux de Nauheim, les conlre-indique toutes les fois qu'on aura à craindre quelque appel fluxionnaire. C'est ainsi que, dans l'aménorrhée et les divers troubles menstruels, il faut être très réservé sur leur emploi, de peur de provoquer des accidents congestionnels du côté de l'utérus ou de ses annexes. Les sujets hémorrhoïdairesseront obligés à la môme prudence, à moins qu'il ne s'agisse de rappeler un flux inopportunément supprimé: il n'est pas besoin d'insister sur l'application de ces contre-indications aux maladies organiques du cœur et, en général, à toute, lésion appréciable de l'appareil sanguin.

La constipation, les engorgements du foie et de la rate, et par conséquent un certain nombre de perturbations des fondions digeslives, céderont au traitement de Nauheim.

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