CORPS ORGANISÉS DES EAUX MINÉRALES DE VITTEL
1° Source Marie, sulfatée magnésienne calcaire; température, 13°, 5: Spirogyra longala, Kg j
— quinina, Kg \ J °
Conferva bombycina, Ag Confervacées.
Closterium Leiblînii, Kg Desmidiées.
Cocconema cymbiforme, Ehrenb... \ Synedra fasciculata, Kg
— ulna, Ehreub
.... ' ... ., > Diatomacées.
— Ntlzschii, Kg
— dissipala, Kg
Melosira varions, Ag
2° Grande source, ferro-magnésienne calcaire; température, 13°:
Spirogyra longala Conjaguées.
— quinina \
Conferca bombycina Confervirées.
Cocconema cymbiforme \
Epithemia zébra, Ehrenb i
— lurgi'la, Ehrenb f DjatomacéeS.
ISavicula gracihs, Ehreub 1
— oblonga, Kg \
Synedra al na j
„ . , D ,. ( Développé daûs le flacou seulement après
Sphœrotilus ochraccus, Bréb î ^ ,nojsj
3° Source des Demoiselles , ferrugineuse bicarbonatée ; température, 12° :
Psichormium Vittelliense, Monlg . . ) Confervacées.
Conferva bombycina j
Spirogyra quinina Conjuguées.
Ulothrix varia, Kg Draparnaldiées.
Calolhrix pulchra (?), Kg Oscillariées.
Vaucheria racemosa, Lyngb Vauchériées.
Melosira vagans
Synedra ulna ^
— dissipala j
— oxyrhynchus, Kg I
— crislallina, Kg [ Diatomacées.
— sigrnoidea, Nitzsch
Cocconema cymbiforme
Gomphonema dicholomum (?), Kg. .
Navicula oblonga /
Closterium Leiblinii. Desmidiées.
h° Source du Régent :
Chœtophora pisiformis, Àg Chaetophorées.
Oscillaria alba Oscillariées.
Sphœrozyga oscillarioides, Menegh. Nostochiuées.
Epithemia turgida '.
— gibba, Kg ^
Cyclolella operculata, Kg
Melosira variant
Surirella solea, Bréb
Synedra notata, Kg
— Vaucherii, Kg
— oœyrhynchus. / Dial°roacées.
— ulna 1
— splendens, Kg s
Âchnanlidium flexellum (?), Bréb. . 1
Cocconema cymbi forme 1
Gomphonema dichotomum .
Navicula viridis, Kg -
Plus un Infusoire (Euglena acus), et deux Anguillules.
CORPS ORGANISÉS DES EAUX DE SAINT-AMAND (NORD) , SULFUREUSES, Conferva bombycina
Leptomitus sulfuraria, Kg. et Montg. \ Gonfervacées
Cladophora fractù
Oscillaria terebyiformis, Ag Oscillariées.
Surirella solea
Stauroneis legumen, Kj.
Synedra ulna f r.. » ,
* . . . T. > Diatomacées.
— tenuissima, Kg. . .
■ — splendens
Achnanles minulissima, Kg.
Dans les boues de la niéme localité :
Leptomitus sulfuraria Confervacées.
Oscillaria tigrina, Kg Oscillariées.
Melosira varions \
— subflexilis, Kj
Epithemia zébra
Synedra ulna
— oxyrhynchus .
— cristallina . . .
— splendens. . . .
Amphora ovalis, Kg f Diatomacées.
Coscinodiscus (Sp.?)
Cryplodiscus (Sp.?) ,
Cocconema cymbiforme . . , Navicula attenuata, Kg.. , Gomphonema constrictum j
Surirella solea /
Plus, de la glairine
Eu terminant cet article, trop étendu parla place qu'il occupe dans ce livre, trop court pour ce qu'il y aurait à dire, nous répéterons, avec
l'auteur de XEtude sur les conférées des eaux de Valdieri et de Saint- Honoré-les- Bains : « Savoir reconnaître et déterminer les individus rudimenlaires qui occupent les degrés inférieurs de l'échelle des êtres organisés constitue un privilège exceptionnel qui ne s'acquiert qu'après des labeurs opiniâtres, et est l'apanage de rares adeptes!... (Cazin, Annales de la Société d'hydrologie médicale, t. V.)
Si l'histoire naturelle des matières organiques dans les eaux minérales réclame encore de nombreuses études, leur histoire thérapeutique est bien plus incomplète encore. Il s'agirait de savoir : 1° quelle part ces matières prennent à l'action thérapeutique des eaux qui les renferment en notable proportion ; 2° quelles propriétés il est permis d'attribuer aux matières organiques extraites des eaux minérales, et désignées généralement sous le nom de conferves.
Il n'est pas aisé de distinguer ce qui appartient en propre aux matières organiques (glairine, barégine, matières organiques en dissolution) considérées dans les eaux prises en bains ou à l'intérieur, au sujet des résultats thérapeutiques obtenus auprès de ces dernières. Il est probable qu'elles procurent à ces eaux quelque chose de sédatif, mais plutôt par simple contact que par action physiologique. En effet, les eaux infiltrées qui renferment le plus de matières organiques en dissolutions sont généralement moins excitantes que les autres, et possèdent même des propriétés sédatives vis-à-vis des dermatoses humides ou prurigineuses et vis-à-vis des états névropathiques. Il nous est difficile d'aller pius loin que cette simple considération ; celle-ci mériterait elle-même une étude plus rapprochée que celle dont ces matières organiques ont été l'objet jusqu'ici.
Les matières organiques en suspension, ou sous forme chaude, et les
matières organisées (conferves ) ont été séparées des eaux minérales
et employées à part. Nous empruntons à un mémoire du docteur Aulagnier quelques renseignements sur les applications qui en ont été faites [Bull, de l'Acad. impér. de méd., t. XXII, 1856-57).
Th. Bordeu, il y a un siècle, employait ce qu'il appelait les glaires des Eaux- lionnes pour résoudre des tumeurs, pour déterger des ulcères; il ne pouvait croire, disait il, que ces glaires ne fussent bonnes à rien. Mais ses lettres ne mentionnent aucun résultat pratique. Il conseillait de prendre de la barégine ou substance à l'eau sulfureuse exportée. II parle de malades auxquels on faisait prendre des flocons de barégine à Caulerets. Anglada déclare que la glairine des sources sulfureuses des Pyrénées-Orientales était fréquemment employée comme topique, soit pour calmer des éruptions herpétiques, soit pour fondre des tumeurs, ou guérir des ulcères calleux, des plaies anciennes {Traité des eaux
480 ORGÀNOLEPTIQUES (PROPRIÉTÉS).
miner, et des eff. thérap. des Pyrénées-Orient., 1838). Le docteur Dumestre conseille la barégine en applications sur les fractures anciennes, sur des membres raidis ou contractures. M. Balard attache une grande importance à la présence de la barégine dans les eaux de Baréges.
Ces documents sont très-vagues, et autorisent au moins les doutes que M. Aulagnier émet au sujet des vertus thérapeutiques de la barégine. La seule étude un peu explicite que nous connaissions sur ce sujet est due à MM. de Laurès et A. Becquerel, et a pour objet les Conferves des eaux de Néris. Mais l'analogie permet d'étendre à la généralité des matières organiques employées sous forme topique les remarques faites par ces observateurs. Voici ce qui paraît résulter de leurs recherches.
La matière organique est inerte par elle-même dans les applications topiques pour lesquelles elle est employée. C'est à l'eau minérale dont elle est productrice, et dont elle prolonge le contact, qu'il faut rapporter les effets obtenus. Il faut y ajouter, dans la pratique des frictions, l'action mécanique des cristaux renfermés dans les mailles de la matière organique, carbonate de chaux à Néris (de Laurès), soufre dans les eaux sulfurées (Cazin). Or, MM, de Laurès et A. Becquerel ont trouvé que l'application de ces conferves (de Néris) exerce non pas une action émolliente et calmante, comme on l'a souvent exprimé, mais une action excitante à des degrés divers. Ces applications possèdent des propriétés résolutives (Ann. de la Soc. d'hydrol. méd. de Paris, t. I, 1854-55). Ces conclusions, du reste, se rapprochent assez bien de ce que différents observateurs avaient signalé aux Pyrénées, mais d'une manière très vague. L'excitation paraît plus conforme que la sédation avec l'idée d'une action résoluioire.
On a proposé d'employer les matières organiques extraites des eaux minérales sous certaines formes médicamenteuses, pommades, opiats, pilules, etc. M. O. Henry fils reproduit la même idée (Ann.'.de la Soc. d'hydrol. de Paris, t. VI). Nous ignorons ce que l'on a observé à la suite de quelques tentatives déjà réalisées dans ce sens, mais de semblables essais ne nous semblent pas heureusement inspirés.
oi:<. »\oi i s>a ios es (Propriétés). Il serait certainement très précieux, dans l'étude des eaux, de connaître d'une manière exacte quelles impressions chacune d'elles, prise en particulier, peut produire sur les organes du goût et de l'olfaction, et sur la peau par le contact. La plupart des monographies, ou même des ouvrages généraux qui traitent des sources minérales, s'attachent à fixer l'attention du lecteur sur leurs propriétés organolepliques. Mais, en présence des données souvent contradictoires et parfois chimériques que nous rencontrons à ce sujet, il ne faut pas oublier combien les mots sont impuissants à rendre une
impression quelconque de saveur, d'odeur, elc. D'ailleurs celle impression, ainsi que le faisait remarquer de Blainvillc à propos do l'application du même moyen à l'anatomic, varie non-seulemeni quant à son intensité, mais aussi quant à sa nature, selon les individus qui l'éprouvent et selon les dispositions du même individu. On aurait tort, dans la plupart des cas, de donner une valeur absolue à ces caractères qui ont été le point de départ de plus d'une erreur en hydrologie, et que, pour ce motif, nous n'avons admis qu'avec la plus grande réserve.
ORIGINE ttts EAUX MINÉRALES. Les indications que renferment les articles Gisement, Eaux de mines, Infiltrations, sur le mode de formation soit des eaux minérales froides dues à l'action directe des infiltrations superficielles, soit des eaux artésiennes dont l'émission ascensionnelle résulte de simples conditions de retour à niveau, nous dispensent d'entrer dans de nouveaux détails sur leur origine. Nous ne nous occuperons ici que de celle des eaux thermo-minérales, à température propre et à mouvement ascensionnel.
Depuis l'antiquité (voy. Calorique naturel des eaux minérales), la température propre des eaux minérales a sollicité l'attention des naturalistes. En rapprochant le fait de cette température native de celui de l'émission ascensionnelle, on a été conduit à admettre la formation, et par suite la provenance souterraine. Les observations de Fourier et de M. Cordier sur l'accroissement de la chaleur du globe en raison de la profondeur ont corroboré cette manière de voir.
Après de nombreuses hypothèses plus ou moins hasardées, les géologues modernes en sont venus à considérer les eaux thermo-minérales, soit comme le résultat direct du travail plutonique souterrain, s'y produisant, en grande partie, de toutes pièces, et rejetées à la surlace à la manière de toutes les éjections volcaniques actuelles, parmi lesquelles nous retrouvons sans cesse des eaux thermales; soit comme l'effet médiat des infiltrations souterraines ou sous-marines, et qui, parvenues à une grande profondeur, feraient retour, d'abord à l'état de vapeur, puis à l'état liquide, sous l'influence combinée d'une température élevée, et d'une pression hors de toute proportion avec les limites supérieures que nous puissions atteindre.
Cette évolution, dont, on est porté à le croire, certains détails nous échappent encore et comme cause et comme effet, cette évolution, disons-nous, des infiltrations souterraines et sous-marines se résolvant en eaux minérales n'a point pour cause immédiate un retour à niveau, comme cela a lieu pour les eaux artésiennes. Le phénomène de l'émission ascensionnelle est plus complexe. On s'en est longtemps tenu à son assimilation au jaillissement artésien, parce qu'il répugnait de chercher
DlCT. DES F.AL'X MLNEU. — T. II. 31
les causes en dehors des faits connus. Si avant l'invention toute récente
de l'appareil Giffard, on eût posé la question d'alimenter un générateur
par l'action directe de la vapeur produite, elle eût été fort diversement
appréciée.
Or, souvent on a comparé l'intérieur de notre globe a un vaste générateur. Pourquoi ne verrait-on pas, dans l'évolution des infiltrations de profondeur qui nous fournissent les eaux thermales, un fait plus complexe, on peut le croire, mais du moins offrant une certaine analogie avec l'évolution de l'eau et de la vapeur dans un générateur pourvu de l'appareil Giffard ?
On ne peut entendre la pénétration des infiltrations souterraines ou sous-marines à une grande profondeur, sans être conduit à y admettre l'existence de réactions multiples, dont celles de nos laboratoires ne sauraient nous donner une idée exacte, entre les éléments de l'eau et ceux des terrains ou des milieux traversés. De ces réactions, s'exerçant à une haute température, sous une pression très développée, doivent procéder des effets d'expansion auxquels viennent s'ajouter, soit dès le départ, soit dans le trajet, ceux dus à des gaz préexistants. On en trouve la preuve dans l'action si puissante qu'exerce l'acide carbonique comme propulsion des eaux bicarbonatées de la Limagne d'Auvergne et du bassin de Vichy.
La limite ouest du bassin houiller de Brassac est formée par un massif granitique pénétré par des dykes déroches porphyriques et volcaniques. Ce massif forme souterrainement une espèce de falaise contre laquelle reposent les couches tertiaires qui recouvrent la formation carbonifère. Les lianes de celte falaise granitique fournissent, en môme temps que des eaux minérales, de notables quantités d'acide carbonique. Ce gaz pénètre suivant le sens de la stratification, et s'épand à l'intérieur et dans les vides des couches arénacées tertiaires. Voici la série des phénomènes présentés par le foncement d'un puits, près du village de Vergougnon (Haute- Loire).
Toutes les fois que l'on devait atteindre une couche arénacée, sa présence était annoncée par des sifflements dus au dégagement du gaz. Dans la profondeur, les sifflements étaient plus intenses : la calotte des terrains recouvrant la couche perméable se soulevait spontanément, et l'on avait le spectacle d'une roche que l'on déblayait à la poudre, devenue, par le fait de l'expansion du gaz, si meuble, que les ouvriers y enfonçaient jusqu'aux genoux. Une dernière et malheureuse explosion, qui lit abandonner le foncement à la main, eut lieu à 200 mètres de profondeur. Le bruit du gaz se produisit plus intense que le sifflet des plus fortes locomotives. Le fond du puits se souleva spontanément de
22 mètres de hauteur. En tenant compte de la résistance des terrains soulevés, on trouve que la pression expansive du gaz aurait dépassé 31 kilogrammes par centimètre carré, et cependant elle s'est manifestée à 200 mètres seulement, c'est-à-dire à une profondeur dont la température pour Paris ne serait que de 19 à 20 degrés. Sur quelle échelle dès lors doivent se mesurer les phénomènes de pression qui se passent aux profondeurs correspondant à nos eaux les plus chaudes, c'està-dire de 2000 à 2500 mètres, en n'admettant aucun refroidissement dans le trajet!
Nous nous sommes étendus à dessein sur ces détails qui témoignent l'influence expansive des gaz souterrains et le rôle important qu'ils jouent dans l'émission ascensionnelle des eaux thermales. Ils donnent l'explication de ce fait, qu'à Vichy tous les sondages ont donné de l'eau minérale par la rencontre, à différentes profondeurs, de couches arénacées perméables à l'eau et au gaz souterrain.
La profondeur de provenance des eaux thermales est encore un fait inconnu et impossible à apprécier. Cependant, si l'on considère que là où les roches cristallines, plutoniques ou volcaniques, se sont fait jour a la surface, il apparaît en même temps des eaux thermales, on voit qu'il y a, ainsi que nous l'avons indiqué dans le mot Gisemem1, des relations constantes, étroites, de position entre ces eaux et ces roches. Mais ces relations ne sont-elles que de position? n'impliquent-elles pas des rapports d'origine?
Si l'on étudie une chaîne de montagnes avec roches cristallines, plutoniques ou volcaniques visibles, on ne tarde pas à remarquer que les eaux de même nature sont groupées de la même manière que certaines roches éruptives. On observe également que, pour des eaux d'une nature déterminée, le voisinage de certaine roche y introduit des éléments propres à d'autres eaux thermales dont cette roche est congénère.
C'est ainsi que, dans les Pyrénées, on voit les sulfureuses liées soit aux roches cristallines, soit aux roches plutoniques les plus récentes qui se sont fait jour près des limites des massifs de roches cristallines; et que le voisinage des roches connues sous le nom d'ophites, invariablement liées de position aux eaux chlorurées et sulfatées, est accompagné d'une teneur plus forte en chlorures et iodures alcalins, pour les sulfureuses les plus rapprochées.
La permanence de cet ordre de faits permet de penser que non-seulement les dykes, les fusées souterraines des roches éruptives, ainsi que les limites des massifs cristallins, auraient fourni des canaux émissaires à l'ascension des eaux thermales, mais qu'il y aurait, en outre, des