PETIT-LAIT (CUKE DU
Le plus souvent le pelil-lail est administré seul clans des lieux de cure, spécialement affectés à son usage et où l'on trouve une organisation identique avec celle de beaucoup de stations thermales. Tels sont, en Suisse, les établissements renommés d'Appenzell, Gais, Heinrischbad, AVeisbad, Gonlhen, Inlerlaken, etc. Au contraire, en Allemagne, l'association du petit-lait et des eaux minérales est très en faveur, et il est un grand nombre de localités où l'on fait suivre aux malades ce double traitement, soit alterné, soit combiné, selon les circonstances. En France, ce n'est que dans le Daupliiné, à Allevard et à Uriage, que le petit-lait s'utilise pour les besoins médicaux, plus particulièrement dans la première de ces stations. Encore ne saurait-on comparer une tentative imparfaite avec ce qui se pratique dans l'Oberland bernois, ou à Iscliel par exemple, et dans les Carpathes.
Le petit-lait pris en boisson, à des doses variables, passe pour un médicament altérant et analeptique à la fois. M. le docteur Carrière, dans l'étude approfondie qu'il vient de publier sur cette matière, développe une théorie généralement en faveur parmi les médecins allemands et tendant à expliquer les propriétés du pelil-lail par sa qualité de produit organique privé d'azote. L'interprétation de cette opinion appartient à un ordre d'idées étranger à notre sujet.
Les bains de petit-lait pris avec suite sont regardés comme résolutifs et fortifiants. On cite des résultats très heureux de leur emploi dans les états névropathiques liés à une faiblesse générale, ou à la chlorose, et dans toutes les formes morbides, analogues aux précédentes, suites de convalescences pénibles, d'épuisement nerveux, etc., où il s'agit de restaurer les forces radicales, sans produire d'excitation. Toutefois cctle action hypersthénisante n'est pas confirmée par toutes les observations, puisque M. Niepce, à Allevard, aurait constaté que le pouls se déprime sous l'influence des mêmes bains qui le relèvent ailleurs. Four M. Carrière [Les cures du petit-lait et du raisin, etc., 1860), les bains de petit-lait constituent un excellent moyen de rétablir l'ordre dans l'organisme, soit en modérant l'impressionnabilité nerveuse, soit par le rappel d'une énergie perdue dans l'économie.
C'est en vertu des opinions précédentes qu'on a conseillé l'usage du petit-lait dans la phthisie commençante, et d'une manière spéciale dans celle qui coexiste avec le lymphalismc et la dialhèse scrofuleusc ; dans les affections de l'appareil respiratoire étrangères à la tuberculisation ; dans la pléthore abdominale, telle qu'on l'entend en Allemagne, et les engorgements viscéraux qui s'y rattachent; enfin dans les étals chloroanémiques avec prédominance d'hyposthénie.
Évidemment, les témoignages qui plaident la cause du petit-lait en
PFEFFERS OU PFAFFERS. 521
médecine sont irop sérieux, trop multipliés, trop anciens même, puisqu'ils remontent à Frédéric Hoffmann, pour qu'il soit permis de négliger ce genre de traitement. Mieux connu ot plus vulgarisé qu'il ne l'a été encore chez nous, il donnera sans doute des résultais aussi favorables que ceux dont ou parle en Allemagne et en Suisse. Ne serait-ce qu'un adjuvant efficace de la médication thermale, propre à tempérer ce que celle-ci peut avoir parfois de trop stimulant ou à suppléer au défaut d'éléments adoucissants dans quelques eaux, qu'il mériterait, nous le croyons, d'être pris en considération et apprécié à une juste valeur.
Dans le val di Merse.
£i5° centigr.
PETRI OEO (Italie, Toscane) Sulfurée cal ci que. Tcmpér. ,
Eau : 16 onces.
Puuc. Clll).
— sulfhydrique 1,829
Grains.
Sulfate de soude 4,268
— dechaux 2,132 =
Chlorure de sodium 6,398 =
— de magnésium 1,066 =
Carbonate de magnésie 1,066
— de chaux 9,599
— ferreux 0,533
Eau : un litre.
Cent. cul..
76,6 G ra m .
~2,i53 (Giuu.)
(les eaux s'emploient en bains dans les rhumatismes, les paralysies et les maladies de la peau.
pfeffers ou pfaffers (Suisse, canton de Saint-Gall).
Bains situés dans un ravin étroit et sauvage, au fond duquel mugit un torrent furieux, la Tamina, à 8 kilomètres du bourg de Ragatz. — Altitude : 2130 pieds. — De Zurich à Ragaiz par le lac de Wallenstadt, ou du Saint- Golhard à Coiré, en venant de la direction de l'Italie.
Bicarbonatée calcique. Tempér., 3o° à 36° centigr.
Eau : 16 onces.
Grains.
Carbonate de chaux 0,910 =
— de magnésie 0,147 =
— de fer 0,006
Sulfate de soude 0,242 =
— dépotasse 0,00i =
— de chaux 0,027 =
Chlorure de sodium 0,268 =
— de magnésium 0,048 =
Acide silicique 0,140 =
Eau : un litre.
Gram.
(Pagunstecher.)
522 PFEFFERS OU PFAFFERS.
Trois sources principales émergent, à côté l'une de l'autre, sur la pente de rochers, laissant entre eux un abîme dont on vante l'aspect saisissant. La supérieure, appelée la Chaudière, est la plus abondante et la seule dont on recueille les eaux. Sur un plan inférieur, presque au niveau du torrent, il s'en trouve une qu'on utilise dans certaines années où la précédente subit de notables intermittences. Ces eaux thermales sont d'une limpidité parfaite et n'offrent aucun caractère à l'odorat ni au goût.
Une abbaye, sécularisée en 1838, sert aujourd'hui d'établissement de bains, au bord même de la Tauiina. Des baignoires à courant continu ; huit piscines pouvant contenir vingt personnes avec séparation absolue des sexes, et recevant de l'eau sans cesse renouvelée; des douches ascendantes et descendantes bien organisées, constituent une installation très satisfaisante.
Les eaux de Pfeffers se rangent parmi les Faibles (Eaux) [voy. ce mot], eu égard à leur minéralisation peu significative. On remarquera qu'elles sont douées originairement d'une température très propre à l'usage du bain. Aussi leur réputation fort ancienne a-t-elle longtemps contre-balancé celle des longues baignées de Loèche [voy. LoèGHe]. Les documents historiques veulent qu'à une certaine époque, il fut d'usage de laisser les malades au bain pendant plusieurs jours et plusieurs nuits de suite. Il y a à peine une dizaine d'années qu'on prescrivait de pratiquer graduellement cette immersion pendant huit à douze heures, jusqu'à ce que le phénomène de la Poussée [voy. ce mot] se manifestât. Aujourd'hui le bain s'administre à Pfeffers comme partout ailleurs, d'une durée d'une demi-heure à une heure, mais on en prend deux par jour. L'éruption exanthématcuse s'obtient moins fréquemment que par l'ancienne méthode, sans que les médecins de la localité aient lieu de le regretter. Il n'est pas besoin, du reste, de recourir non plus à de prétendues propriétés stimulantes des eaux de Pfeffers qui, au sentiment de bien-être des premiers bains, feraient succéder de véritables symptômes critiques, précurseurs de la guérison. Le redoublement du bain relativement chaud, observé chaque jour pendant trois à quatre semaines que dure le traitement, explique assez ces effets communs à toute médication thermale.
On boit aussi les eaux à Pfeffers, depuis quatre à six verres jusqu'à quinze ou vingt. Leur température et la quantité ingérée agissent vraisemblablement, l'une par simple pénétration, à la manière des stimulants diffusibles, l'autre en faisant traverser les divers émoncloires de l'économie par un courant rapide et considérable de liquide.
D'après les données qui précèdent, on peut admettre que la spéciali-