‹ Dictionnaire général des eaux minérales et d'hydrologie médicale (volume 2)Chapitre 167 sur 310 · POUMON (MALADIES DU · texte numérisé non relu

POUMON (MALADIES DU

POUILLOft (France, Landes, arrond. de Dax). A 10 kilom. de cette ville et à Z16 de Bayonne.

Chlorurée sodique. Tempér. , 20°.

Eau : un litre.

Gram.

Chlorure de sodium 1 ,359

— de magnésium 0,043

Carbonate de chaux .0,057

Sulfate de chaux 0,492

(Meyrac.)

L'analyse qui précède peut être considérée seulement comme approximative.

La source, très abondante, est reçue dans un bassin où les malades de la contrée viennent se baigner ; elle est réputée très salutaire contre les fièvres intermittentes, les gastralgies, les scrofules, les rhumatismes chroniques et les ulcères invétérés. L'eau se prend en boisson à la dose de deux à trois verres dans la matinée ; prise en plus grande quantité, elle devient légèrement purgative.

POULIGIEN (Le) (France, Loire-Inférieure). A 52 kilom. de Savenay, chemin de fer de Nantes.

Bains de mer.

poumon (Maladies du). C'est surtout dans le Catarrhe pulmonaire et dans la Phthisie (voy. ces mots) que les eaux minérales sont usitées. Cependant l'action résolutive qu'elles témoignent vis-à-vis les engorgements dont les poumons des phthisiques sont le siège, donnent lieu de penser qu'elles peuvent rendre d'utiles services dans la pneumonie chronique.

La pneumonie chronique est rare chez les jeunes sujets, en dehors de la tuberculisation. C'est chez les vieillards surtout qu'on la rencontre : mais nous ne connaissons pas d'application des eaux minérales à cette maladie, chez des individus avancés en âge.

L'indication des eaux sulfureuses, telles que Eaux-Bonnes, Cautere/s, Le Vemet, Allevard, peut être considérée comme formelle, malgré l'absence de documents précis sur ce sujet. Les eaux d'Ems pourraient sans doute y suppléer dans le cas d'une irritabilité trop vive pour permettre l'emploi des eaux sulfureuses.

MM. Pointe, Vogt et Jonquières ont vanté beaucoup les eaux de Weissem bourg dans la pneumonie chronique, et ont avancé sur ce sujet des assertions assez explicites pour qu'il y ait lieu d'en tenir un compte sérieux. (Jonquières, Essai sur l'action thérap. des eaux de Weissembourg, \SkS; Pointe, Monogr. des thermes de Weissembourg, 1853.)

Le docteur Spengler nous apprend, dans le Balneologiscke Zeitunq, t. VI, qu'il a employé l'eau du Kesselbrunnen (source d'Ems) dans la pneumonie catarrhale et la pneumonie lobaire, à l'exclusion de tout autre médicament et à la dose d'un verre à vin toutes les heures ou toutes les deux heures. Sous l'influence de ce traitement, la dyspnée diminuait, la toux se calmait, l'expectoration devenait facile. L'action salutaire de l'eau se faisait surtout remarquer quand la pneumonie avait passé au second degré. Bien que ceci ressorte complètement des applications propres aux eaux minérales, nous n'avons pas cru devoir passer sous silence cette particularité thérapeutique, dans laquelle il ne faudrait pas trop se hâter, du reste, de voir un exemple à suivre.

pourville (France, Seine-Inférieure, arrond. de Dieppe).

Bains de mer. Etablissement particulier.

POUSSÉE. La poussée (haut-ausscldag des Allemands) consiste en une éruption accidentelle de la peau, à formes variables, que l'on a signalée dans certaines stations thermales comme inhérente aux conditions du traitement et dont le caractère prétendu essentiel est souvent invoqué en médecine hydrologique.

Des eaux d'une minéralisation bien différente, les unes sulfatées comme Loèche, Baden (Suisse) et Pfeffers, rangées dans la catégorie des Faibles (eaux) [voy. ce mot], les autres très sulfureuses, comme Schinznach, sont réputées pour les effets de la poussée. C'est même en grande partie à cette circonstance que les trois premières sources doivent leur fort ancienne réputation.

L'immersion et le séjour dans le bain paraissent favoriser l'apparition de la poussée. Son premier symptôme, d'après le tableau reproduit par M. Chenu (Essai prat. sur l 'action thérap. des eaux mme'r.,1840), est une démangeaison plus ou moins vive dans une ou plusieurs parties du corps, accompagnée de piqûres, semblables à de légers coups d'épingles ou à la secousse de faibles étincelles électriques. A la démangeaison succède bientôt une cuisson incommode et même une légère brûlure; les parties qui en sont affectées présentent des plaques rouges semblables à celles de la rougeole, de la scarlatine ou de l'urticaire. Quelquefois la peau s'enflamme et se gonfle dans une grande étendue, son aspect est celui d'un érysipèle phlegmpneux qui occupe tous les membres. La rougeur et la douleur* qui accompagnent cette éruption peuvent être comparées à celle que détermine l'application d'un sinapisme. On a observé, en outre, qu'à l'égal de certains erythèmes, la poussée commence presque toujours au voisinage des articulations, avant de s'étendre sur la continuité des membres. Elle occupe rarement le tronc, et presque jamais la figure, la plante des pieds et la région palmaire de9 mains.

Enfin les jambes et les cuisses sont ordinairement plus fluxionnées que les membres supérieurs.

Des prodromes caractérisés par un léger état fébrile, avec sensation de lassitude, accélération et plénitude du pouls, ardeur, sécheresse et hyperesthésie de la peau, peuvent annoncer la période du développement de l'exanthème. Cette fièvre se prolonge parfois au delà de l'éruption, ou paraît avec elle, si elle n'a pas eu lieu, et son intensité est en raison de l'étendue de la poussée. M. Payen (Essai sur les eaux de Loèche, 1828) assure que, chez quelques baigneurs, celle-ci est assez forte pour constituer une véritable maladie; ils n'éprouvent, dit-il, de soulagement que par le séjour dans l'eau, quoique l'immersion soit très pénible, et l'on a quelquefois été obligé, dans l'intervalle des bains, d'envelopper les malades d'un drap mouillé, dans leur lit, pour calmer les douleurs. A cette période d'excitation, que compliquent souvent des troubles gastriques, succède celle de desquamation, sous forme de poussière ou d'écaillés furfuracées, avec cessation du prurit et des sensations douloureuses. La peau recouvre ses fonctions normales et l'équilibre se rétablit dans l'économie.

Mais les traits de la poussée ne sont pas toujours aussi chargés que nous venons de. les reproduire presque textuellement d'après des témoignages très autorisés. On pourrait même taxer cet exposé du défaut reproché à la plupart des descriptions analogues en pathologie. Elles ont en effet pour unique but de représenter en quelque sorte la plus haute expression des phénomènes morbides qu'elles concernent, abandonnant à l'appréciation du praticien les différences individuelles ou adventives. Or, depuis la plus simple efflorescence jusqu'à la forme erysipélateuse, la poussée offre des degrés variés. A Schinznach, un usage régulier des bains produit, au bout de deux ou trois jours, une irritation cutanée qui se manifeste par la rougeur de la peau, pendant la durée du bain. Chez les personnes pléthoriques, celte coloration devient écarlate; mais hors du bain, elle fait aussitôt place à des taches blanchâtres qui s'étendent graduellement, et, en peu de minutes, la peau a repris sa teinte naturelle (Amsler; les bains de Schinznach, 185/i). Le docteur Eoissac (Notice sur les propriétés médic. des eaux de Loèche, 1836) a observé, dans les bains de Loèche, chez les sujets gras, à peau fine et délicate, ce qu'il appelle la poussée simple, par opposition avec le type d'éruption fluxionnaire dont il s'est agi plus haut. C'est alors une ébullition sur les épaules, les avant- bras et la poitrine, telle que la chaleur atmosphérique ou des sueurs abondantes en provoquent facilement. M. l'ayen (loc. cit.) fait remarquer aussi que le plus souvent la poussée est modérée, et que quelquefois elle se montre sur quelques parties iso-

lées, pour s'effacer aussitôt et ne laisser aucune trace. Dans d'autres cas, ce sont des furoncles, ou des pustules éparses d'acné, voire même une simple rugosité des papilles du derme, qui constituent la poussée. A ce compte, il n'y aurait presque pas d'eau thermale, et bien dîimenf minéralisée, qui ne la déterminerait ; la réaction du bain de mer coïncide fréquemment, chez beaucoup de sujets, avec des productions éruptives, tout-à-fait comparables à celle-ci. ;

La durée et l'intensité de la poussée de Loèche sont très variables chez les divers malades. Elle se prolonge avec des phases d'augmentation et de diminution, pendant dix, quinze et quelquefois vingt jours. Sa persistance ne dépasse par ordinairement une semaine (Foissac, loc. cit.). De pareilles observations ont été faites à Baden, à Pfeffers, sans qu'il ait paru possible aux médecins de préciser la marche constante de ces accidents. Les idiosyncrasies jouent un très grand rôle dans leur développement. On a même cité des années où la poussée, dans une localité thermale donnée, affectait sans exception la forme psydraciée, comme si elle était sous la dépendance de quelque constitution médicale. Selon M. Foissac, des personnes ont fait à plusieurs reprises usage des bains de Loèche sans jamais avoir la poussée ; elle ne se déclare pas tous les ans chez quelques autres qui l'ont déjà éprouvée, et des permîmes qui n'y étaient pas sujettes pendant la cure des eaux, ont ressenti, plus ou moins longtemps après, du prurit et des rougeurs en diverses parties du corps. Il est évident que toute prédisposition herpétique servira d'appel à cette suractivité de l'appareil cutané.

En laissant de côté les eaux sulfureuses de Schinznach, où les bains ne sont donnés ni très chauds, ni de longue durée, on remarquera que la notion de la poussée et de son importance a pris naissance, en vertu d'une véritable tradition, dans des thermes où, de vieille date, se pratique l'immersion prolongée dans les piscines en commun. Si cette pratique est tombée en désuétude ailleurs, elle n'a que très peu perdu de sa vogue en Suisse, et Loèche, particulièrement, revendique encore les baignées de huit à dix heures dans une même journée, l'eau étant maintenue à une température de 37° centig. Rien ne démontre jusqu'ici que le défaut de matière organique, comme on en trouve dans les sources de Néris et de Plombières par exemple, contribue à développer l'éruption de la poussée, ni que ces eaux, d'une minéralisation relativement faible, ne pussent la produire, si elles étaient appliquées suivant la méthode des bains de Loèche. La stimulation progressive de la peau, basée sur le choix et la graduation du mode balnéaire, résumait toute la pratique de Bertrand père, au Monl-Dore, et l'on sait quel parti ce savant praticien en a tiré. Nous pourrions multiplier ces comparaisons. D'ailleurs,

pour ne pas quitter le terrain de la poussée, depuis qu'à Bade et à Pfeffers la durée du bain a été réduite à une heure, même avec répétition dans le courant du jour, la poussée n'est plus h beaucoup près aussi fréquente, sans que les effets obtenus des eaux en paraissent amoindris. Quant à l'opinion qui s'est produite pour rapporter l'origine de la poussée à l'usage unique de l'eau de Loèche en boisson, sans la participation du bain, nous croyons devoir attendre que l'expérience ait prononcé d'une manière formelle sur ce point litigieux. [Voy. Loèche.]

De tout ce qui précède, il résulte que les caractères de l'exanthème qualifié de thermal par quelques hydrologues et désigné, en général, sous le nom de poussée, ne présentent ni régularité ni permanence ; que si la poussée se manifeste plutôt dans certaines stations que dans d'autres, on n'est pas suffisamment fondé à leur en attribuer le privilège, et que les conditions de durée et de thermalité du bain réalisent là ce qu'une minéralisation effective seule ou associée à des procédés hydrothérapiques provoquerait ailleurs.

Reste à savoir si la poussée a une valeur significative en thérapeutique, en un mot, si elle peut passer pour une crise favorable ou non. Avant tout, il est de précepte très légitime d'en respecter l'évolution, de mettre le maj|de à l'abri de toute cause de répercussion fâcheuse, et de modérer l'intensité des accidents auxquels il est soumis. Mais nous avons vu que la poussée manque souvent ou parfois est incomplète, et néanmoins on ne dit pas que la cure s'en soit ressentie. Mt Foissac (lot: cit.) lui reconnaît, et nous l'accordons volontiers, une grande puissance de dérivation, retentissant sur l'organisme entier ; il y voit une nouvelle énergie d'émonction contractée par la peau, très efficace dans beaucoup d'affections chroniques; mais, ajoute-t-il, la poussée n'est pas indispensable au traitement, et l'on cite plusieurs guérisons obtenues en l'absence de toute éruption. A Bade et à Pfeffers, on revient à cet avis. M. le docteur Kottmann, de Bade, a voulu y voir, sinon une crise, du moins le signe de la saturation produite par les bains et l'avant-coureur de la guérison. M. Amsler, de Schinznach, discute cette façon absolue d'envisager la signification de la poussée. Pour lui, elle n'est pas une condition exclusive du succès. Celui-ci peut s'obtenir sans l'intervention d'aucune éruption. Bien plus, « dans les cas où il suffit de rendre du ton » et de ramener des forces perdues à la suite de maladies aiguës ou » chroniques, la poussée n'est ni désirable, ni nécessaire » (Amsler, loc. cit.). Pour ce médecin, qui cite au même propos une opinion conforme du professeur Harless, c'est surtout dans un sens révulsif qu'agit l'exanthème thermal, opinion, ce nous semble, la plus admissible. Nous ajouterons que la poussée peut, en certaines circonstances, se substituer

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