‹ Dictionnaire général des eaux minérales et d'hydrologie médicale (volume 2)Chapitre 186 sur 310 · RAISIN (CURE DU · texte numérisé non relu

RAISIN (CURE DU

» tions augmentent, les excrétions deviennent pins liquides et plus fon- » cées; il arrive même qu'un flux intestinal plus ou moins abondant se » manifeste, mais pour se calmer dans un temps court, sans qu'il soit » nécessaire d'interrompre le régime. » Ces premiers phénomènes ne tardent pas à donner lieu à un commencement d'embonpoint qui, dans la plupart des cas, se développe assez pour caractériser par lui-même les résultats de la cure de raisin. Lersch assure qu'alors le sang subit une transformation profonde. M. Carrière fait remarquer de plus que la suractivité imprimée à la circulation, jointe aux nouvelles conditions de plasticité du fluide sanguin, peut favoriser l'imminence de mouvements congestionnels chez les sujets qui y sont prédisposés.

Comme méthode substitutive, on comprend que ce régime ait été conseillé efficacement dans les diarrhées chroniques et les troubles digestifs qui se rattachent à cette affection. Ce sera encore un dérivatif salutaire dans la stase vasculaire et les engorgements viscéraux, décrits sous le nom de pléthore abdominale. Quant aux maladies dialhésiques, scrofule, phthisie pulmonaire, goutte, dermatoses, qu'on soumet volontiers à la cure du raisin, rien ne démontre que la part d'amélioration ne revienne pas surtout aux conditions de climat, d'hygiène, et aux autres circonstances adjuvantes que les malades trouvent dans les localités consacrées à cette sorte de médication.

« Les lieux de cure, dit encore M. Carrière, sont répandus depuis la -) Suisse et le Rhin jusqu'au Tyrol et à la Hongrie, avec une sorte de » prodigalité. Le malade peut choisir. Quelque province de l'Allemagne » qu'il visite, il est assuré d'y trouver une station plus on moins fré- » quentée où se pratiquent les traitements par le fruit de la vigne. » Dans la vallée du Rhin, on cite : Armenhausen, Bingen, Boppart, Laubbech, Rùdesheim ; en Bavière, Gleisweiler et Durkheim; en Silésie, Grunberg ; en Hongrie, Pressburg; en Tyrol, Méran. La Suisse compte Veytaux, Mont r eux et Aigle, parmi ses stations en vogue. Mais Vevey, dans le canton de Vaud, se recommande entre toutes par sa position exceptionnellement belle au bord du lac Léman et au centre des vignobles les plus estimés de cette contrée. M. le docteur Curchod publie en ce moment une élude très intéressante sur les effets thérapeutiques que sa longue pratique lui a permis de recueillir, parmi les nombreux malades que Vevey attire, chaque année (Curchod, Essai théor. et prat. sur la cure des raisins, etc., 1860).

Nous n'avons en France aucune localité affectée spécialement à la cure du raisin, laquelle, soit à litre de traitement, soit simplement comme régime, est appelée à remplir un rôle complémentaire dans la thérapeutique hydrominérale.

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