SULFATES
live a fait ranger à côté des eaux dites Amères (voy. ce mol) et des plus actives de ce nom en Allemagne. Enfin, nous devons appeler l'attention sur les eaux bicarbonatées de Saxon et les chlorurées de Wildegg, dont une notable proportion de bromures et d'iodures, concurremment avec des conditions spéciales de gisement, tendent à faire un type particulier au point de vue chimique et thérapeutique.
Les eaux froides sont les plus fréquentes en Suisse, mais il en est de douées d'une température élevée : à Sc/tinznacha, on signale 33° cenligr. , à Pfeffers, 38°; Baden et Loèche atteignent 50 et 51°; la source de San-Martino marque h%° centigr. au pied d'un glacier.
On évalue à deux cent vingt le nombre des établissements de bains. Il s'en faut que tous présentent la même importance. Si ceux de Baden, Loèche, Pfeffers, Lavcy, Schinznach, Weissembourg, sont pourvus d'installations qui répondent à leur réputation méritée, une foule d'autres stations sont réduites aux plus élémentaires appropriations. D'ailleurs leur clientèle se borne à peu près aux habitants de la région à laquelle elles appartiennent. Nous avons consigné dans ce dictionnaire les sta lions principales des divers cantons de la confédération helvétique.
La Suisse peut revendiquer encore les avantages d'un climat généralement tempéré et salubre, et surtout eu égard à la situation de beaucoup de ses bains, les conditions favorables d'aititudedont l'action hygiénique et même médicatrice ne saurait être négligée pour le choix des stations thermales [voy. Altitude].
Les cures de petit-lait et de raisin (voy. ces mots) sont en grande faveur dans ce pays, et l'on y trouve beaucoup de localités où il est possible d'associer cette méthode au traitement hydrominéral.
sulfates. Il est rare que les eaux minérales, h quelque classe qu'elles appartiennent, ne renferment pas d'acide sulfurique ou mieux de sulfates. Comment en serait-il autrement, lorsqu'on sait que les sulfates alcalins et terreux font partie de toutes les formations géologiques? Les moins riches en sulfates jaillissent généralement des terrains primitifs, des laves et des basaltes. Au contraire, les eaux qui ont leur point d'émergence au-dessous des terrains modernes, sont plus chargées de sulfates.
L'acide sulfurique, à part un très petit nombre d'exceptions, existe dans les eaux minérales à l'état de sulfates de soude, de potasse, de chaux, de magnésie, de strontiane, de baryte, de fer, d'alumine et même de manganèse. C'est seulement dans quelques eaux situées près des volcans en activité, comme celles de Paramo-de-lluiz (Amérique), que l'acide sulfurique a été trouvé à l'étal de liberté et associé à une petite quantité d'acide chlorhydrique.
SULFATÉES (EAUX). 799
L'acide sulfuriquc est, en chimie hydrologique, l'un des corps que l'on arrive à doser avec le plus d'exactitude. Voici pour cela comment on opère :
L'eau minérale est évaporée à la moitié, au tiers ou au quart de son volume, suivant sa richesse en sulfates, avec une petite quantité d'acide chlorhydrique. La solution, filtrée afin d'en séparer la silice qui a pu se précipiter, est additionnée de chlorure de baryum. Ce sel détermine un dépôt blanc de sulfate de baryte qu'on jette sur un filtre sans plis et qu'on lave suffisamment. On le place ensuite dans un creuset ou une capsule de platine tarée et on le chauffe à la lampe jusqu'à ce t|iie tout le filtre soit réduit en cendres. Comme la cellulose a pu réduire une minime proportion de sulfate de baryte, on arrose le résidu avec quelques gouttes d'acide azotique et d'acide sulfurique et on chauffe de nouveau au rouge.
Les eaux sulfurées étant généralement peu chargées de sulfates et, pendant leur concentration, une petite quantité d'acide sulfhydrique pouvant se convertir en hyposulfites, en sulfites et enfin en sulfates, M. Filhol a donné le conseil de les désulfurer préalablement au moyen du nitrate d'argent et de séparer ensuite l'excès du réactif par l'acide chlorhydrique. La liqueur peut être concentrée jusqu'au degré voulu.
SULFATÉES (Eaux). Les eaux minérales sulfatées que, d'après notre mode de classification, nous subdivisons en eaux sulfatées, sodiques, calciques, magnésiques et mixtes, ne possèdent pas, à leur point d'émergence, des propriétés physiques assez tranchées pour qu'on puisse les distinguer d'un grand nombre d'eaux bicarbonatées et d'eaux chlorurées. Presque toujours, surtout lorsqu'elles sont froides ou tempérées, on y découvre de l'acide carbonique et quelquefois des traces plus ou moins abondantes d'acide sulfhydrique. Il n'y a donc que l'analyse chimique qui puisse fournir des données certaines sur leur constitution.
Elles renferment, comme principes dominants, des sulfates de soude, de chaux, de magnésie, et cela en proportion tout à fait en rapport avec la nature du terrain d'où elles émergent : ainsi plus elles traversent des terrains modernes, plus elles sont riches en sulfate de chaux.
Quoiqu'on les observe plus particulièrement dans les terrains de sédiments inférieurs, moyens et supérieurs, néanmoins les autres terrains n'en sont pas dépourvus. Ainsi on les découvre, en France, dans les huit régions formées par Y Annuaire des eaux de la France [voy. France] et notamment dans la deuxième région qui comprend les Pyrénées.
Leur température est aussi variable que la proportion de leurs principes fixes : mais on constate que, toutes choses égales d'ailleurs, leur degré de minéralisation est d'autant plus élevé que leur température est
800 SULFATÉES (EAUX).
plus froide. Telles sont les sources de Contrexéville et de Sermaize comparées à elles d'Evaux et d'Ussat. On n'ignore pas que les eaux de l'ulna, de Sedlitz, toutes froides, sont très riches en principes fixes et particulièrement en sulfates de soude et de magnésie.
Voici les caractères chimiques les plus saillants qu'elles présentent avec les réactifs ordinaires.
Comme elles sont presque toujours saturées d'acide carbonique libre, elles rougissent le papier bleu de tournesol. Cependant ce réactif est sans action ou à peu près sur les eaux sulfatées thermales.
Le papier d'acétate de plomb ne se colore en jaune ou en brun que dans celles qui contiennent accidentellement de l'acide sullhydrique.
La teinture de noix de galle, les cyanures de potassium et de fer, colorent en violet et en bleu les eaux sulfatées les plus riches en fer. Avec les eaux thermales la réaction est nulle.
Vulcool, lorsque les eaux sont très minéralisées par du sulfate de chaux, les (rouble notablement en précipitant du sulfate calcaire.
Le chlorure de baryum est le réactif principal des eaux sulfatées. Toujours il détermine un dépôt abondant de sulfate de baryte.
Voxalate d'ammoniaque détermine dans les eaux les plus riches en sulfate de chaux un dépôt très notable d'oxalate de chaux.
Si l'on veut envisager les eaux de cette classe au point de vue de leur action thérapeutique, il faut d'abord mettre à part un groupe fort restreint, à peu près étranger à l'hydrologie de la France et des contrées voisines, et limité à un point de la carie hydrologique ; nous voulons parlerdes eaux sulfatées sadiques et sulfatées magnésiques fortes.
Les premières, bicarbonatées en même temps, nous offrent les spécialisations générales d'application des bicarbonatées sodiques, bien que s'en distinguant par des circonstances qui rentrent dans des indications particulières (Karlsbad).
Les secondes n'appartiennent pas à proprement parler à la médication thermale, et ne sont guère usitées que comme médicament (Seidlitz).
Mais quant aux sulfatées mixtes et calciques, qui représentent la presque totalité des eaux de cette classe, nous ne trouvons à leur assigner que des spécialisations toutes secondaires, et pour ainsi dire, en partie négatives. Ce sont des eaux douces , sédatives, s'accommodant parfaitement aux cas où l'excitabilité du système ne permet de rechercher qu'un diminutif de l'action inhérente aux eaux minérales mieux caractérisées.
Aussi trouvent-elles spécialement leurs applications dans les affections qui s'accompagnent habituellement d'un état îiéviopathique, ou qui occupent des appareils facilement excitables, ainsi les maladies de l'appa-
SULFHYDROMÉTRIE OU SULFUROMÉTRIE 801
reil utérin, les catarrhes urinaires, les névroses de (ouïes sortes, le rhumatisme nerveux, la thermalité de quelques-unes s'aecommodant très bien au traitement du rhumatisme.
SULFH1DRATE DE SOLDE. Voy. SOUFRE.
SI B I IIVU3SIOI i: (Acide). Voy. SOUFRE.
selfrydrométrie ou si u i romé i rie. On donne le nom de sulfhydrométrie et mieux de sulfurométrie au procédé indiqué par Dupasquier pour doser par la méthode des volumes le soufre des eaux minérales. Elle est basée sur la réaction suivante : lorsqu'on verse de l'iode dans une eau contenant de l'acide sulfhydrique ou un monosulfure, chaque équivalent d'iode déplace un équivalent de soufre; avec l'acide sulfhydrique il se produit de l'acide iodhydrique et avec le monosulfure un iodure correspondant à la base.
Mais celle opération si simple en apparence conduit inévitablement à des chances d'erreurs qui ont été signalées avec soin dans le cours de ces dernières années, et que nous allons rappeler en quelques mots.
M. Fontan a montré, le premier, que la sulfurométrie (nom qu'il préfère à celui de sulfhydrométrie, puisqu'elle a pour objet de doser le soufre et non l'acide sulfhydrique) ne donnait des résultats exacts qu'à la condition d'opérer avec des eaux chargées soit d'acide sulfhulrique, soit de monosulfure. Si au contraire les eaux renferment des hyposulfites, des sulfites ou des polysulfures, l'iode absorbé ne représente plus la même proportion équivalente de soufre déplacé.
M. Filhol, de son côlé, a vu que sous l'influence des matières à réactions alcalines et naturelles des eaux minérales, il y avait une absorption sensible d'iode, et de la même manière qu'avec les sulfures. C'est pour remédier à cet inconvénient que M. Filhol a conseillé de traiter préalablement les eaux par du chlorure de baryum afin de précipiter les silicates et les carbonates alcalins et terreux. M. Filhol a encore fait observer que la liqueur titrée d'iode formulée par Dupasquier a encore pour inconvénient de former, après quelque, temps, de l'élher iodhydrique, qui esl, comme on sait, sans action, du moins apparente, sur les sulfures ou l'acide sulfhydrique.
Nous sommes encore d'avis que la matière organique azotée soluble, généralement abondante dans les eaux sulfurées, peut absorber de l'iode et entrer en combinaison intime avec elle pendant 1G# lZ' qu'une autre portion forme de l'acide iodhydrique par voiede substitution.
Les réactifs et les appareils servant à cet usage se composent :
1° D'un sulfuromèlre, ou tube gradué, de 1 centimètre de diamètre et d'une longueur de 30 à 35 centimètres environ. Ce tube (fig. 12), terminé en pointe par sa partie inférieure, est divisé en degrés et en
Dict. des Eaux miner.— T. U. 51
802 SULFHYDROMÉTRIE OU SULFUROMÉTRIE.
dixièmes de degré. Chaque degré représente un demi-centimètre cube d'eau distillée. Le plus ordinairement il comporte 15 degrés entre les deux points extrêmes de l'échelle, ce qui lui donne une contenance de 10 centimètres cubes. La liqueur normale est versée dans cet appareil, et on note exactement le point d'affleurement pendant que le ponce ferme tout à l'ait la partie supérieure. Le point d'affleurement doit être pris, non à la partie supérieure du liquide qui mouille les parois intérieures du «erre, mais immédiatement au-dessus de la ligne concave.
Un sulfuromètre beaucoup plus commode et que nous représentons (fjg. 13), consiste en une burette de Gay-Lussac divisée en 30 demi-centimètres cubes, puis en dixièmes de degré. Par ce moyen on règle plus facilement l'addition de la liqueur normale, et de plus on peut la ramener à la température voulue en la plongeant dans de l'eau froide. Comme pour le tube précédent, la partie effilée doit être très étroite afin de permettre au liquide de tomber goutte à goutte.
2° D'un flacon de solution normale d'iode, faite de la manière suivante :
Iode foudu 20 gram.
lodure de potassium l'onjdu et sans excès de base. . 25 —
Eau 1 litre.
3° Comme la liqueur normale d'iode s'altère avec une assez grande facilité, on fait plusieurs pesées de 2 grammes d'iode (jue l'on place dans autant de petits flacons bouchés à l'émeri. De cette manière on prépare la solution titrée an moment même que l'on se propose de faire l'opération. U° D'une boîte d'amidon en poudre.
5° D'un flocon pour la solution aqueuse d'amidon. Cette solution doit être faite quelques intants avant l'opération. Tour cela on délaye dans de l'eau distillée 1 gramme d'amidon, puis on y ajoute de l'eau bouillante de manière à former un quart de litre. La solution doit être très liquide et à peu près transparente. Comme elle s'altère très facilement, Dupasquier donne le conseil d'y ajouter un dixième de son volume d'alcool, qui n'apporte aucun trouble dans le dosage du soufre.
6° D'un vase de verre pour mesurer un quart de litre d'eau sulfureuse. Le plus ordinairement on se sert d'une petite ca- Fig. 13. ra^e au goulot de laquelle est. gravé un trait circulaire indiquant exactement sa contenance.
7° D'une capsule de verre ou de porcelaine pour faire l'opération. Ce vase, d'un demi-litre environ, est muni d'un bec pour faciliter l'écoulement du liquide, et à fond plat. Four les eaux peu sulfurées on prend une capsule de même forme, mais pouvant contenir plusieurs litres de
SULFHYDROMÉTRIE OU SUUFUROMÉTRIE. 803
Ii(jui(le. Celte capsule peut se remplacer par un vase en verre, dit vase à précipité.
6" D 'un tube agitateur de verre pic i a.
Voici maintenant le tableau que Dupasquier a fourni pour indiquer les quantilés de soufre, d'acide sulhydrique et de sulfures alcalins représentés par les degrés sulfur'ométiiques, et cela depuis un dixième de degré jusqu'à 1000 degrés du sulfuromètre.
DEGRES au
SULFHï- DROMÈTRE.
en
grammes.
grammes, ' 0,001