TOXIQUES (EAUX
ment minime que la présence de ce corps n'est considérée, par beaucoup d'auteurs, que comme un agent puissant de la médication hydrominérale, quel que soit !e volume de l'eau ingérée. Jamais, que nous sachions, on n'a eu l'occasion d'observer des accidents ressemblant à l'intoxication arsenicale. Nous devons cependant faire une exception pour les sources de Cransacqui, à certaines époques de l'année, deviennent, jusqu'à un certain point, toxiques.
Les sources de cette station varient tellement de composition qu'à la suite de longues sécheresses, elles se concentrent exlraordinairement, et alors leur application exige toute la prudence d'un médecin habile. Il résulte des analyses de M. Blondeau que la source Haute- Richard, par exemple, peut varier dans la proportion de ses principes minéralisateurs du simple au quadruple. Le sulfure d'arsenic, qui existe en temps ordinaire à la dose de 0,000"2f> par litre d'eau, s'est élevé, après une succession de beaux jours, à la dose de 0,00905. M. le docteur Murât, inspecteur des eaux de Cransac, a exposé ainsi l'action de ces eaux : » Prise à la dose de 5 à 6 litres, cette eau (source Haute -Richard) produit ordinairement de dix à douze selles dans la journée, plus ou moins, suivant le tempérament et la disposition de l'individu.
» A cette dose, elle occasionne quelquefois un sentiment de pesanteur à l'estomac, accompagné d'anxiété et de céphalalgie frontale, de nausées, de vomissements; quelquefois l'appétit se perd et la digestion devient pénible. Ces phénomènes dépendent d'une irritation de l'estomac que l'on fait cesser en diminuant la quantité de ces eaux, ou en y ajoutant du bouillon de veau, du petit-lait, etc. Continuée à celte dose, elle produit, au bout de huit à dix jours, un affaiblissement plus ou moins sensible, suivant le tempérament et le nombre de selles qu'elle provoque. On sue alors avec la plus grande facilité, ce qui rend dangereux les exercices un peu violents, surtout dans les mois d'août et de septembre, où des nuits très fraîches succèdent à des jours très chauds. Le vomissement s'observe encore chez ceux dont l'estomac est atteint d'inflammation chronique, que trop souvent on prend pour une simple dyspepsie nerveuse. Ces sortes de malades éprouvent bientôt après les trois ou quatre premiers verres d'eau une céphalalgie frontale plus ou moins vive, un sentiment de chaleur, de sécheresse au gosier. L'estomac est douloureux, ils sont dans un état d'anxiété, d'inquiétude inexprimable et dont ils ne peuvent rendre compte ; la peau est ordinairement sèche, le pouls dur, concentré, quelquefois fréquent, suivant l'intensité de l'irritation. Ces malades se plaignent que les eaux ne passent pas ; ils s'agitent, ils vont, ils viennent : ils mangent peu, parce que leur digestion est ordinairement pénible; ils sont généralement soulagés par le vomissement; mais ces
accidents ne tordent pas à reparaître, s'ils boivent de nouveau. » Ce sont bien là, en effet, la plupart des symptômes que l'on observe à la suite de l'absorption de l'arsenic en proportion un peu sensible, et si M. le docteur Auzouy n'a pas présenté les faits sous un jour aussi sombre, il reconnaît néanmoins que les eaux de Cransac possèdent des propriétés très actives et qui nécessitent la plus grande prudence.
tractatores. Esclaves qui, dans les pratiques balnéaires des anciens, avaient pour fonctions de frotter et de masser les différentes parties du corps des personnes qui sortaient du bain. (Sénèque, Ep. 66, Dict. de Rick.) [Voy. Bains. Massage.]
TRAITEMENT DTHAER. Voy. Hiver (Traitement d').
TRAITEMENT marin. Voy. Marin (Traitement).
traitement thermal. Voy. Thermal (Traitement).
TRAJET »ES EAUX. Voy. CONDUITE. CONSERVATION. RÉGIME DES EAUX.
TRAMESAIGEES (France, Hautes-Pyrénées, arrond. de Bagnères-de- Bigorre), à U9 kilomètres de cette ville et dans le voisinage de la montagne de Lagaret.
Sulfurée sadique. Tempér. , 20° centigr.
Eau : un litre.
Grn m.
Carbonate de soude 0,028
— de magnésie 0,01 2
— de 1er ou sulfure 0,00 i
Sulfure de sodium 0,022
Sull'ate de magnésie 0,020
de soude 0,030
Chlorure de sodium 0,022
— de magnésium 0,020
Silicates de chaux et d'alumine 0,010
lodurc et bromure de sodium 0,008
Glairine rudimentaire 0,018
(Latour de Trie.)
Cette source est découverte depuis l'année ÎS^S. Applications non spécifiées.
.TRAMORE (Irlande, comté de Waterford) sur l'Océan.
Bains de mer frécpientés.
transportées (Eaux). Les eaux minérales ne sont pas seulement utilisées en boisson vers leur point d'émergtîncc; un grand nombre d'entre elles sont maintenant l'objet d'une exportation considérable au dehors : il en existe même plusieurs qui n'ont pas d'autre destination, telle est celle de Bussang.
Dict. des Eaux miner, — T. 11. tii
Les eaux que l'on transporte loin des sources sont presque toujours froides, rarement tempérées, et il en est peu de thermales qui aient cette destination, 'tlais les deux premières séries ne se prêtent pas toujours au même litre à ce genre d'exploitation.
En tête des eaux qui sont le plus transportées, il faut citer les eaux bicarbonatées sodiques, ferrugineuses et mixtes. Eu général, plus leur température est basse, plus elles sont riches en gaz carbonique; moins elles contiennent de matières organiques, plus elles sont aptes à être transportées. Si elles ne renferment pas en dissolution la même quantité d'acide carbonique qu'au moment où elles sourdent, elles renferment encore assez de gaz pour maintenir leurs principes minéraux en solution, sauf le bicarbonate de fer qui se décompose partiellement, et le bicarbonate de chaux qui, dans les eaux riches en sel calcaire, dépose, après un certain temps, une proportion à peine appréciable de carbonate neutre de chaux. Ce sont ces dernières qu'on a conseillé de gazéifier artificiellement, afin de faciliter leur conservation. [Voy. Gazéifiées (Eaux.)]
Les eaux sulfurées sodiques et calciques, quoique minéralisées spécialement par des principes sulfurés à peu près identiques (sulfures de sodium et de calcium, acide sulfhydrique) ne sont pas toutes également propres à la transporlation, et cela parce qu'elles ne sont pas stables au même degré.
Dans les unes, en effet, l'élévation de leur température naturelle semble modifier sensiblement l'arrangement moléculaire des acides avec les bases : d'autres fois, lursquc le puisement et l'embouteillage n'ont pas été faits avec soin, leurs principes se décomposent : d'autres lois, enfin, la proportion anormale de la matière organique devient une cause particulière d'altération.
MM. Filhoi et J. François ont constaté, comme M. O. Henry, que les eaux sulfurées sodiques ayant une température supérieure à celle de l'air ambiant et destinées à l'exportation, ont besoin d'être refroidies par serpentinage, et à l'abri du contact de l'air avant d'être mises en bouteilles ; que toutes celles des Pyrénées supportent également le transport lorsqu'on les a mises en bouteilles avec un soin convenable ; et, contrai ement à l'op iniou de quelques auteurs, (pie les eaux les plus tïoidxjs se transportent mieux que les eaux sulfurées thermales.
Les eaux sulfatées, par la nature même des sels qui les minéralisenl et par le parti qu'on en retire en thérapeutique, se transportent mieux que les eaux bicarbonatées et les eaux sulfurées. Si elles n'ont pas, après un certain temps, le même volume d'acide carbonique qu'à la source, les sulfates alcalins et terreux y subsistent dans toute leur intégrité ; il nous
sufQl de citer pour cela les eaux de Pullna, de Friedrichshalj, de Sedlilz, clc.
Les sources chlorurées fournissent un très petit nombre d'eaux minérales transportées, et cependant, si l'on s'en rapporte à leur constitution, elles sont, avec les eaux sulfatées, celles qui peuvent le mieux subir le transport (voy. conservation, embouteillage. Puisement).
Les eaux minérales sont quelquefois employées à distance dans le but de compléter un traitement commencé près d'une station : à part cette circonstance, leur usage ne rentre nullement dans ce que l'on peut entendre par traitement thermal. Elles ne représentent à proprement parler qu'un médicament, mais qui permet d'administrer certains principes sous des formes que l'on ne retrouve pas dans la matière médicale.
On peut diviser les eaux minérales transportées en plusieurs catégories, qui, d'après l'ordre de fréquence de leur emploi, sont les suivantes :
Eaux digestives, sulfurées, bicarbonatées sodiques, ferrugineuses, purgative s.
On fait un énorme usage des eaux digestives. Ce sont des eaux bicarbonatées, mixtes ou calciques, peu minéralisées, presque toujours ferrugineuses à des degrés divers, surtout caractérisées par leur qualité gazeuse. Elles représentent autant une boisson hygiénique qu'une boisson médicamenteuse. Les plus usitées sont, en Fiance : Saint-Galmier, Bussang, Saint-Alban, Gondillac, Soulzmatt, Chateldon, Saint-Pardoux,etc; en Allemagne, Setters, Schwalheim, etc.
L'usage des eaux minérales de ce genre, qui ne se distinguent entre elles que par de légères différences, doit être très encouragé, surtout aux dépens des eaux gazeuses artificielles, préparations fort inférieures, et dont l'emploi n'est pas toujours dépourvu de réels inconvénients [voy. Gazeuses (eaux)].
Les eaux sulfurées sont à peu près exclusivement employées dans les affections chroniques de l'appareil respiratoire ; on les combine avantageusement aux autres agents de la thérapeutique: Labassère, les Eaux- Bonnes, Caulerets, Enghien, sont les plus usitées.
Les eaux bicarbonatées sadiques fortes, Ems et Vichy surtout, sont employées, comme les bicarbonatées mixtes ou calciques, à titre d'eaux digestives. Mais elles offrent un caractère plus médicamenteux. C'est à elles que l'on recourra, dans tous les cas où l'on voudra exercer une action effective sur quelque état diathésique ou constitutionnel, ou sur un état morbide déterminé, ainsi dans la gravelle, la goutte, le diabète, les affections du foie, calculcuses ou non, etc.
852 TRÉBONS.
Les eaux ferrugineuses proprement dites ne tiennent qu'une place secondaire dans la pratique. On subordonne, en général, dans les cas qui les réclament, la qualité ferrugineuse à la qualité digeslive, et l'on choisit parmi les eaux que nous avons ênumérées plus haut, celles qui contiennent le plus de fer.
Spa, Schwalhach, Orezza, représentent les eaux ferrugineuses les plus employées. Les sources bicarbonatées sodiques ferrugineuses, comme les sources Lard y ou de Mesdames à Vichy, et un certain nombre de sources du Puy-de-Dôme, sont très utilement employées dans les cas de ce genre.
Quant aux eaux purgatives, sulfatées magnésiques ou sodiques, Pullna, Sedlitz, Saidschutz, elles sont beaucoup plus employées en Allemagne qu'en France, où on leur préfère des eaux artificielles, ou plutôt de simples dissolutions salines qui n'ont même pas la prétention de les imiter.
TR.iVEiniJNDE (république de Lubeck). Sur la Baltique.
Bains de mer.
TRAVERTINS. Voy. DÉPÔTS.
TRÉBAS (France, Tarn, arrond. de Moissac).
Ferrugineuse bicarbonatée.? ïempér. , 17° centigr.
Eau : un iilre.
Lit.
Acide sulfhydrique quant, indét.
Gi;ini.
Carbonate de chaux 0,4386
— de fer 0,1061
Sulfate de magnésie \
— d'alumine [ 0,1 193
Chlorure de calcium )
— de sodium 0,4320
0,8969 (Lamothe père et fils.)
L' Annuaire des eaux de la Finance range la source de Trébas parmi les sulfurées calciques, mais, est-il dit « si la quantité de fer qu'indique l'analyse précédente existe réellement dans cette eau, elle doit être rangée parmi les eaux ferrugineuses. » C'est une opinion que nous partageons tout à fait. Ce sujet mérite donc d'être approfondi.
TRÉBIZONDE (Turquie d'Asie). Source thermale avec bains en marbre remarquables par leur architecture élégante.
TRÉBONS (France, Haute-Garonne, arrond. de Saint-Gaudens). A hl kilomètres de cette ville, dans la vallée de l'Arboust, et à h kilomètres de Ludion.
]l existe dans cette localité une source ferrugineuse froide (1i°) ap-