‹ Dictionnaire général des eaux minérales et d'hydrologie médicale (volume 2)Chapitre 267 sur 310 · TREMBLEMENT DE TERRE · texte numérisé non relu

TREMBLEMENT DE TERRE

A Bagnères, la source de Salies ne troubla; à Gazost, il y eut pendant plusieurs jours entraînement de matière organique noire, chargée de sulfure de fer. Le même phénomène se remarqua à la source César à Cauterets: cette source augmenta de température et de sulfuration, et ramena à elle la presque totalité de l'eau de Bruzaitd. A Baréges, le griffon n° 2 de la galerie de l'Est, qui émerge au voisinage du pétrosilex chlorité, sa roche congénère, passa de 18 à 28° ; son volume s'accrut de 12600 à 28800 litres (J. François).

Lors des secousses qui affligèrent la partie du Valais située au pied du mont Rose, en 1858, les sources minérales de cette contrée (Loëch, Brigt, Saxon, etc.) éprouvèrent des variations momentanées dans la température. On vit jaillir des eaux et des boues thermales sur plusieurs points des hautes vallées du Wipsbach et du Strumbach.

On pourrait résumer comme il suit les phénomènes observés sur les eaux minérales par suite de tremblements de terre:

1° La température est affectée tantôt en plus, souvent en moins. Cette action est momentanée ; elle suit les plus fortes secousses, et se prolonge rarement au delà d'un à trois jours;

2° Il en est de même des variations que l'on remarque sur le débit. Il y a le plus souvent accroissement momentané. Alors on observe l'entraînement à l'extérieur de dépôts et limons organiques et terreux dont la nature varie avec la composition des eaux. L'émission de ces dépôts est le plus souvent accompagnée de dégagements de gaz abondants et répétés. Il s'opère alors un ramonage des cheminées ascensionnelles des griffons. D'autres fois, sur les sources bicarbonatées, les dégagements d'acide carbonique deviennent tumultueux avec bruit souterrain. Il y a alors diminution de la température et du débit.

3° Les phénomènes indiqués ci-dessus se manifestent à peu près exclusivement sur la plus importante ou sur les principales d'entre les sources d'un même groupe, sur celles qui sont à la fois les plus abondantes et les plus chaudes.

6° Les centres d'action des secousses, marqués le plus souvent par des mouvements verticaux, coïncident fréquemment avec les principaux groupes ou lignes d'affleurement des roches congénères les plus récentes des eaux minérales. Ce fait est remarqué non -seulement dans le voisinage de volcans en activité, ainsi que dans les chaînes à volcans éteints, mais encore dans les montagnes sur lesquelles les affleurements de roches cristallines et plutoniques sont développés.

C'est ainsi que les vallées d'Ossau (Basses-Pyrénées), les environs de Bayonne, le groupe de Gazost et de Bagnères, où l'ophite se relie de voisinage avec les roches cristallines et plutoniques, congénères des

TRÉMISEAU. 855

sulfureuses, ont subi la plus grande part (l'influence lors des secousses de 1750 et de 1854.

En résumé, l'action du tremblement de terre, même à de grandes distances des centres d'activité, sur le régime des eaux minérales, est confirmée par mie succession non interrompue de faits qui remontent à des temps reculés et recueillis surtout depuis le xlv" siècle et notamment dans les XVIIe et XVIIIe, jusqu'à nos jours. Dans les Pyrénées, on a signalé la coïncidence de la direction des secousses horizontales avec celle des lignes d'affleurement des roches éruplives. Des secousses lointaines n'ont été accusées que par un trouble momentané dans le régime de certaines sources.

L'ensemble des faits observés tendrait à confirmer l'opinion que les eaux thermales sont de grande profondeur et que leur origine, comme leur gisement, ont des rapports de communauté avec les roches éruptives que nous avons indiquées sous la dénomination de congénères [voy. Gisement. Origine. Régime souteiirain. Roche congénère].

TRÉraiftiS (France, Isère, arrond. de Grenoble). A 62 kilomètres de cette ville.

Sulfurée talcique. Froide.

Eau : un litre, Acide sulfhydrique libre et combiné indét.

Giii ni .

Carbonate de chaux 0,120

— de magnésie 0,060

Sulfate de chaux 0,061

— de magnésie 0,090

— de soude 0,072

Perte 0,006

(GCEYMARD.)

Celle eau minérale a été encore analysée par .AL Niepce, mais les résultats que cet auteur indique sont très différents de ceux de M. Gueymard voy. Annuaire des eaux minérales de la France). Elle jaillit d'un terrain schisteux, à vingt minutes de l'église de Tréminis et dans un ravin ; mais la source tarit quelquefois dans l'été. On l'administre en boisson et en lotions. Applications thérapeutiques non spécifiées.

TRÉMlSE.tl' France, Cantal, arrond. de Murât).

A 7 kilomètres est de Gondat, à 6 kilom. nord de Marcenat et à côté

du hameau de Trémiseau, se trouvent plusieurs sources ferrugineuses

matées froides (12 à 13° centigr.), dont l'une, la Source- 1 ieille,

est usitée par les habitants du voisinage comme tonique. Pas d'analyse.

Suivant AL Uourguye, l'eau de la Source-Vieille contient, par litre.

856 TRESCORE OU BEROA.

2gr,25 de sels, parmi lesquels figurent les carbonates de chaux, de magnésie et de fer.

TRENTSCHIN. Yoy. TEPLICZ.

tréport (Le) (France, Seine-Inférieure, arrond. de Dieppe). A 28 kilomètres de cette ville. Sur la Manche et à 88 kilom. de Paris.

Bains de mer fréquentés.

trescléoitx ou TREStXEAUX. (France, Hautes-Alpes, arrond.

de Gap). A hb kilomètres de celte ville.

Sulfurée calcique. Froide.

Lit.

Azote 0,00700

Acide carbonique 0,0920'2

Acide sulfhydrique libre et combiné 0,00300

Gram.

Carbonate de chaux • 2,037

— de magnésie 0,128

— de fer traces

Sulfate de soude traces

— de chaux 0,047

— de magnésie traces

Chlorure de sodium 0,138

— de calcium 0,005

— de magnésium 0,021

Silicate d'alumine 0,122

Matières organiques indét.

(NlEPCE.)

TRESCORE ou beroa (Italie, Lombardic, délég. de Bergame). A l'entrée du val Cavallina et à ZiO kilomètres environ de Bergame. Sulfurée calcique. Tempér. , 25".

Deux sources voisines postant les noms de Trescorre et de Beroa.

Source Source

de Tricscore. de Beroa.

Cent. cub. Cent. cu)>.

Acide carbonique 40,0 43,7

Acide sulfhydrique 35,6 66,4

Gram. Gram.

Chlorure de sodium 0,636 0,850

— de magnésium 0,021 0,051

— de calcium » 0,021

Carbonate de chaux 0,180 0,187

— de magnésie 0,030 1,025

— de fer 0,004 0,008

Sulfate de magnésie 0.140 0,159

Silice 0,008 0,008

(Alemani, 1813.) Spécialisation non déterminée.

TKOGUEN, 857

TitiESTE (Etats autrichiens, Istrie).

Bains de mer.

trillo (Espagne, prov. de Guadalajara).

Dans une vallée étroite appelée Val des Sources de Santé el sur un terrain de transition, nombreuses sources de composition et de température différentes. Nous donnons les noms des principales avec leur température : source de la Princesse (30° ceniigr.), du Roi ('29°), de la Reine {'29"), du Prince (28°), de la Comtesse [29"), de la Piscine (26°), du Directeur {2k°), de Suinte-Thérèse (29°).

Chlorurée sodique et sulfurée cale iqne. Tempér., de 2h à 30° ceniigr.

Eau : un litre.

Source Source

du Roi. de la Piscine.

Gram. Gram.

Oxygène 0,561 ' 0,625

Azote 1,028 1,134

Acide carbonique 0,360 0,063

Acide sulfhydrique » 0,164

Chlorure de sodium 0,651 0,243

Carbonate de chaux 0.254 »

— de fer 0,185

Sulfate de chaux 0,169 »

— de magnésie 0,148 0,365

Sulfure de calcium » 0,620

(Gonzalez y Crespo, 1844 et 1847.

Ces eaux forment des incrustations calcaires au contact de l'air.

Elles s'emploient en boisson, bains, douches et étuves dans les affections rhumatismales et arthritiques, les paralysies, et surtout dans les scrofules. Celles qui ont un caractère sulfureux accidentel sont appropriées au traitement des maladies de la peau et des ulcères.

Divers établissements les desservent et sont encore connus sous le nom collectif de Bains de Charles Ilf, en l'honneur du fondateur du principal d'entre eux. On y trouve des piscines et des appareils balnéaires bien installés. Un hôpital existe pour le service des indigents. La localité offre toutes les ressources désirables.

Ces bains, très fréquentés, sont une propriété nationale placée sous la surveillance et à la charge du gouvernement.

util ou. Voy. Étuves naturelles.

TROGUEX (Suisse, canton d'Appenzell).

Bains dans un ravin d'un abord difficile. Source sulfureuse, froide, employée dans les maladies de la peau et les rhumatismes. Station renommée.

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