WEISSEMBOURG
M. Frésénios a encore signalé dans cetle eau la présence de traces
d'iode, de brome, de borate, de nitrate, de formiate et de propion ate de
sonde; de carbonate de fer et de manganèse ; de fluorure de calcium et
de matières résineuses.
On la chauffe par la vapeur pour l'usage des bains et des douches. Vin pavillon, convenablement installé sur le griffon de la source pour l'inhalation, permet de soumettre les malades à l'action des gaz, en grande partie constitués par de l'acide carbonique.
Ces eaux sont employées, en boisson et en modes externes, pour la cure des affections catarrhales en général, particulièrement de la muqueuse bronchique et laryngée, de celle de l'estomac et de la vessie. Légèrement sulfureuses avec des proportions relativement peu élevées de sels alcalins, elles sont bien tolérées et facilitent singulièrement le rétablissement des fonctions sécrétoires, ce qui explique jusqu'à un certain point leur application au traitement des phthisiques, d'une part, à celui de la pléthore abdominale, de l'autre. Cette station offre de bonnes conditions de climat et d'installation.
WEISSBA» (Suisse, canton d'Appenzell). Bains, fréquentés principalement pour la cure du petit-lait, et où l'on utilise une source bicarbonatée calcique froide, qui se trouve dans le voisinage. Excellentes conditions d'installation et de site.
WElSSEraisouitC. (Suisse, canton de Berne). Village et bains dans une gorge étroite et profonde, à 20 kilomètres de Thoun et ZiS de Berne. Altitude: 1000 mètres. Source unique, sortant d'une fente de rocher, à dix minutes de l'établissement et ayant un débit évalué à 576 000 litres par vingt -quatre heures.
Sulfatée calcique. Tempér. , 21 à 23° centigr.
Eau : un litre.
Gram.
Sulfate de chaux 1 ,048
— de magnésie 0,340
— de soude 0,037
■ — de strontiaue ' 0,014
Phosphate de chaux 0,009
Carbonate de chaux o,0">'2
— de magnésie 0,039
Chlorure de sodium 0,006
Silicate de soude ".01 l
Silice 0,020
Oxyde de 1er 0,001
Sels de lithinc I traces
lodure )
(FFl.IKNBF.nC, I 840.
934 WEISSËMBOURG.
Les gaz que renferme l'eau de "Weissembourg ont été analysés par M. Brunner. Ils sont constitués en grande partie par de l'acide carbonique. Il n'y a pas d'hydrogène sulfuré, quoique la saveur de l'eau soit, dit-on, légèrement sulfureuse.
C'est particulièrement en boisson qu'on use des eaux de Weissembourg, à des doses variables. Les buveurs commencent par un verre de grandeur moyenne, et ils augmentent chaque jour de la même dose jusqu'à ce qu'ils soient arrivés à huit verres, nombre auquel ils restent pendant douze ou quinze jours, puis ils diminuent d'un verre, tous les matins, jusqu'à la fin de la cure (Pointe, Monograpk. des thermes de Weissembourg, 1853). Cette cure est de vingt jours, et il est assez fréquent de la voir s'accompagner d'ell'ets laxatifs, allant jusqu'à la purgation. Les bains se prescrivent rarement, et tout au plus comme mo\en auxiliaire, du moins dans la plupart des cas qui composent la spécialisation de ces eauv.
En effet, le catarrhe pulmonaire ou bronchite chronique est une des maladies que l'on traite le plus souvent et avec le plus de succès à AVeissembourg (Pointe, loc. cit.). Mais dans la monographie fort intéressante à laquelle nous empruntons ces renseignements, il est fort judicieusement remarqué que ce traitement interne réussit surtout chez les sujets atteints de catanhe chronique très ancien avec un degré d'irritabilité de la muqueuse qui reporte à l'état ;<igu sous la plus légère influence. Ceux qui, étant guéris, sont exposés à de fréquentes récidives, et les jeunes "eus à prédominance nerveuse ou prédisposés aux congestions sanguines, s'en trouvent également bien. C'est ce qu'on remarque pour l'emploi des eaux d'Ems dans des circonstances analogues. En y comprenant l'influence des conditions adjuvantes de site alpestre, de climat doux et un peu humide, et de bonne installation que réunit la station de AVeissembourg, nul doute que les résultats relatifs à la cure des affections de l'appareil respiratoire qu'on y annonce n'aient une certaine valeur.
M. Pointe, d'après le docteur Jonquières, a relaté des observations de plnhisies très améliorées à AVeissembourg, même alors que la période en était avancée. Mais il ne faut pas oublier que dans ces cas il s'agissait principalement de dispositions congestives ou de congestions passives même, que le traitement a pu conjurer ou dissiper, sans préjudice des progrès ultérieurs de la lésion organique et de la marche de la dia thèse tuberculeuse.
On ne peut non plus s'expliquer, autrement que par l'action d'une médication légèrement dérivative et déplélive, la recommandation des eaux de Weissembourg dans les maladies organiques du cœur,
WlESAtJ. 935
d'après M. Pointe et les médecins île cette station. la prétendue propriété de résorption invoquée dans ces circonstances nous semble appartenir plutôt au domaine des théories qu'à celui des faits rationnels.
Il est à regretter d'ailleurs que des eaux qui tirent un caractère réellement sédatif de leur minéralisation soient peu usitées en modes externes. Leurs appropriations s'étendraient avec avantage à beaucoup d'étals névropathiques, et elles prendraient alors la véritable signification thérapeutique qui leur convient.
L'établissement de "Weissembourg, datant du XVIIe siècle, a reçu de nombreuses améliorations et est parfaitement dirigé. Il porte encore la désignation de bains de Bunischi, ou d'Uberwyl.
WHITE-fcLLPiUJR-SPKtXGS» (États-Unis d'Amérique, Ohio). Dans le comté de Delaware, à proximité de la rivière Sciuta, cinq sources désignées les unes comme sulfurées, les autres comme ferrugineuses. Elles sont réputées pour leur action reconstituante dans les ras de débilité générale. 11 y a un établissement fréquenté.
WIUTE-SEEFHLR-SPR1XGS (Étals-Unis d'Amérique, Virginie). Bains, à 205 milles de Ricmnond, sur le chemin de fer de Covington à l'Ohio, dans une vallée pittoresque de l'Alleghany. Les sources sont réputées sulfureuses, contenant du l'hydrogène sulfuré, des sulfates de chaux et de magnésie, du carbonate de chaux et du chlorure de calcium. Leur température n'est pas indiquée. L installation très complète et très élégante de cet établissement y attire de nombreux visiteurs et en fait par-dessus tout un heu de plaisance.
AVIELKZRA (Autriche, Galicie), Station du chemin de fer de Cracovie à Deiiibica. Salines considérables dans lesquelles on a obtenu par forage la source minéralisée comme il suit.
Chlorurée sodique. Tempér. , froide.
Eau : 1 6 onces. Eau : un litre.
Grains. Grain.
Sulfate de soude 8,135 = 0,862
— de maguésie 1,017 == 0,107
— de chaux 2,711 = 0,287
Chlorure de sodium 1294,000 = 137,160
— de magnésium 7,118 = 0,734
(?) On mélange ces eaux dans la proportion de l à 30 quarts de Galicie avec l'eau d'un bain. Il y a un établissement bien installé. Traitement des scrofules.
wiesau (Allemagne, Bavière). A 12 kilomètres du couvent de Waldsassen. Deux sources semblables.
936 WlESBADEN.
Ferrugineuse bicarbonatée. Froide.
Une analyse de Vogel signale dans ces eaux des carbonales de soude, de magnésie, de chaux et de fer, du chlorure de sodium, et une proportion considérable de gaz acide carbonique.
La source principale que dans le haut Palalinat on compare h celle de Pyrmont, est désignée sous le nom de Source d'acier. On l'emploie alternativement en boisson et en bains, comme médication reconstituante.
WIESBADEX (Allemagne, duché de Nassau). Ville, sur le versant méridional du Taunus, à 9 kilomètres de IMayence, dans une vallée élargie en forme de bassin irrégulier et encaissée par les contre-forts de la chaîne. Ligne de chemin de fer par Mayenceou parFrancfort-sur-le-Mein.
Vingt-neuf sources chaudes ou froides y jaillissent au milieu de terrains de sédiment. On leur suppose une origine commune dans les schistes du Taunus. Les principales sont: le Kochbrunnen (source bouillante) (69° rentigr.) ; YAdlerbrunnen (source de l'Aigle) (63° cenligr.) ; le Schutzenhofbrunnen (source, de l'hôtel de l'Arquebusier (50° centigr. ) ; et le Faulbrunnen (13° cenligr.)
Chlorurée sodique. Tempér , de 13 à 69° cenligr.
KOCHBRUNNEN.
Eau : un litre.
Grain.
Chlorure de sodium 6,83565
— de potassium 0,14580
— de lithium 0,0001 8
— d'ammonium 0,01672
— de calcium 0,47099
— do magnésium 0,20391
lodure de magnésium vestiges
Sulfate de chaux 0,09022
Acide silicique 0,05992
Matière organique faibles traces
Carbonate de chaux 0,41804
— de magnésie 0,01039
— de baryte et de strontiane traces
— ferreux 0,00565
— de cuivre traces
— manganeux , 0,00059
Phosphate de chaux 0,00039
Arséniaie de chaux 0,0001 5
Argile contenant de la silice 0,00051
Acide carbonique libre 0,31653
Acide carbonique combiné avec les carbonates
simples pour former des bicarbonates 0,19169
Azote 0,00200
8,77288 (Frésénius, 1849.)
WÎESBADEN. 937
Faulbrunnen.
Gr;.m.
Chlorure de sodium 3,4058
— de potassium 0,0900
— de lithium indét.
— d'ammonium 0,01 38
— de calcium 0,2913
— de magnésium 0,1063
Bromure de magnésium , traces
lodure de magnésium indéterm.
Sulfate de chaux 0,1081
Acide silicique 0,0542
Carbonate de chaux 0,2365
— de magnésie 0,0081
— de baryte » . ,,.
... > indéterm.
— de strontiane )
— ferreux 0,0008
— manganeux, phosphate de chaux. . . ) ,
c... , ,. , • > traces
Silicate d alumine )
Fluorure de calcium, sel nitrate traces douteuses
Acide carbonique libre 0,8550
Acide sulfhydrique traces
5,1299 (Pbilippi.)
Ces eaux, très abondantes, se déchargent dans un canal commun appelé Warmebach (rivière thermale) et se jetant dans le Sahzbach auquel elles communiquent une saveur salée et une température assez élevée pour l'empêcher de geler jusqu'à son embouchure dans le Rhin, même par les plus grands froids. Il est assez remarquable que "Wiesbaden ne possède pas une seule source d'eau douce.
Les propriétés physiques des sources minérales dont nous parlons n'ont rien de particulier, sinon que dans leurs bassins elles paraissent d'un aspect trouble et d'une coloration tirant sur le jaune. On y a parfois constaté l'existence d'une matière organique, mais dont la nature n'est pas suffisamment déterminée. D'ailleurs, les analyses de Frésénius, faites avec le plus grand soin, ne signalent aucun extrait organique. Au contraire, ce chimiste s'est occupé d'un sédiment concrétionné, connu sous le nom de sinter, qui s'amasse dans toutes les dépendances des eaux, et l'a trouvé composé en grande partie de carbonate de chaux, d'oxyde de fer, d'acide silicique et de silicate calcaire, y comprise une certaine proportion d'acide arsénique. Ces dépôts sont attribués à l'action du contact de l'air, beaucoup plus qu'au refroidissement de l'eau (Frésénius).
Toutes les sources chaudes de Wiesbaden servent aux usages médicaux; une seule froide, le Faulbrunnen, leur est associée, en raison de ses qualités de boisson agréable. En général, on ne boit que les eaux du
938 WIESBADËN.
Kochbrunnen, de VAdler et du Schutzenhof, uniqueraenl a cause de leur bonne situation. Les bains, préparés avec toutes les eaux thermales et refroidis par coupage, s'administrent soit dans des baignoires, soit dans des bassins creusés dans le sol et d'une capacité variable. On compte plus de trente établissements de bains, formés par entreprise particulière, et chaque année il s'en crée de nouveaux. Parmi les sources, il en est d'assez abondantes pour alimenter plusieurs maisons de bains. Dans quelques hôtels on amène l'eau dans des tonneaux. Enfin, les établissements situés à proximité des sources de température élevée sont munis de bains de vapeur. Quelques-uns ont des appareils de douches. L'installation de ces divers moyens balnéaires ne passe pas pour répondre à la célébrité de Wiesbaden et attend encore de nombreuses améliorations.
Ces eaux, d'après le docteur Braun (Monographie des eaux minérales de Wiesbaden, 1853), agissent différemment par ingestion selon ies doses auxquelles on les prend. En petite quantité, à jeun, et avec des intervalles convenables, elles ne semblent produire que des effets altérants. A dose moyenne, sous le volume d'un demi-litre à un litre, .elles activent les sécrétions et finissent par entretenir un ilux intestinal modéré. Si l'on pousse la dose d'un à deux litres et au delà, en les faisant boire un peu chaudes, et dans l'espace de quelques heures, l'effet purgatif est prompt et formel. Dans toutes ces circonstances, plus ou moins prononcées relativement aux idiosyncrasies et aux étals morbides, on retrouve le mode d'action propre aux eaux riches en chlorures. Il s'y joint une condition de thermalité qui habilement maniée peut être assimilée aux agents diffusiblcs, et impressionner l'organisme d'une manière analogue, physiologique ment et thérapeutiquement parlant.
L'application extérieure des eaux peut se diversifier et se combiner d'autant mieux à Wiesbaden qu'on y met en œuvre des ch grés variés de chaleur, et que la médication basée sur les bains partiels ou généraux, les douches et les éluves, s'aidera de celle thermalité même et d'une minéralisation effective pour devenir tantôt excitante et substitutive, tantôt résolutive, le plus souvent tonique et reconstituante. Dans tous ces cas, les effets laxatifs de l'eau en boisson fournissent encore un moyen de dérivation salutaire sur le tube intestinal.
Les indications se déduisent de ce qui précède. A un point de vue d'ensemble, et en s'en tenant à la caractéristique des eaux de Wiesbaden, on peut dire que c'est surtout dans les états morbides où le lymphatisme prédomine qu'elles conviennent.
C'est ainsi que nous les voyons employées avec succès dans les rhumatismes chroniques tendant à se lixer sur les articulations, el alors qu'une puissante actionde résolution est nécessaire, eu même temps qu'il