‹ Dictionnaire général des eaux minérales et d'hydrologie médicale (volume 2)Chapitre 40 sur 310 · HIVER (TRAITEMENT D · texte numérisé non relu

HIVER (TRAITEMENT D

des rives de Pay-Ho, citée par Alibert comme renfermant de l'alun, ainsi

qu'une petite quantité de soufre, et comme très fréquentée.

HINNEWIEDER (Étals autrichiens, Silésie). Sources ferrugineuses bicarbonatées qui proviennent d'un terrain marécageux, et contiennent, d'après Meissner, 0,5 de carbonate de fer. Un dépôt ocracé considérable couvre leurs abords, et elles sont employées dans tous les états anémiques. Il y a un établissement appelé encore Karlsbrunn ou Freudenthaler Bad, du nom d'une localité voisine. On y fait la cure du petit-lait. HIVER (Traitement d'). Est-il opportun d'instituer, près de la généralité des établissements thermaux ou près de quelques-uns d'entre eux, des installations spéciales qui permettent d'y suivre, pendant l'hiver, le traitement auquel on a exclusivement consacré jusqu'ici six mois au plus, invariablement compris entre le mois de mai et le mois d'octobre? Four juger cette question, qui a déjà été soulevée à plusieurs reprises, il convient de prendre en considération : 1° l'opportunité du traitement thermal; 2° les éléments dont se compose un semblable traitement; â° les conditions climatéiiques.

Au point de vue de l'opportunité du traitement îhermal, on aurait tort de penser que ce dernier puisse être également requis et indifféremment appliqué à toutes les époques de l'année. Nous^exposerons, dans un article spécial (Opportunité), que l'époque la plus favorable à l'application du traitement thermal est celle où les symptômes qu'il s'agit de combattre se montrent avec le moins d'activité, c'est-à-dire où la maladie existe au moindre degré possible. Ce n'est pas précisément dans la saison où les bronchites s'exaspèrent habituellement, où les rhumatismes et la goutte se manifestent de préférence, où la scrofule s'épanouit et se développe, qu'il conviendrait d'adresser les eaux minérales aux affections de ce genre. Et la consécration traditionnelle de la belle saison à l'application du traitement thermal a donc bien sa raison d'être, pour une série très étendue de malades.

Sans doute il n'en est pas toujours ainsi, et la plupart des affections de l'appareil digestif et de ses annexes, des organes génito-urinaires, un grand nombre de cachexies, accepteraient indifféremment le traitement thermal dans toutes les saisons. Mais il s'agit là, en général, de maladies à marche lente, de longue durée, et dont le traitement offre rarement un caractère d'urgence. D'un autre côté, le traitement thermal a nécessairement une durée limitée; il est bon de n'y recourir qu'à des intervalles déterminés. Nous sommes loin assurément d'approuver les limites étroites où on le restreint habituellement, les proportions insuffisantes qu'on lui assigne, et la recherche irréfléchie que l'on fait du moment où la température est la plus élevée [voy. Saison]. Mais il faut convenir que la

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possibilité de hanter les établissements thermaux pendant six mois de l'année suffit dans l'immense majorité des cas. Le nombre de ceux où l'usage du traitement thermal se trouverait formellement indiqué pendant l'hiver est donc fort restreint, surtout si l'on fait abstraction des convenances personnelles, pour s'en tenir unièmement aux nécessités de la maladie elle-même.

Mais le traitement thermal offre -t-il réellement pendant l'hiver toutes les ressources que l'on trouve en lui dans les circonstances ordinaires? Nous n'hésitons pas à répondre par la négative. Les pratiques balnéolhérapiques, qui en font une partie si essentielle, s'accommoderaient mal d'une saison rigoureuse. L'exercice, la distraction, dont nous avons expliqué ailleurs la valeur thérapeutique [ voy. Hygiéniques ( Conditions)], ne se rencontrent guère dans les circonstances que nous supposons. L'expansion des fonctions cutanées, qui tient une si grande place dans l'action physiologique des eaux minérales, sera plutôt réprimée que sollicitée, et il est vraisemblable que de telles conditions seraient peu favorables, en particulier, au traitement des maladies de la peau.

Cependant nous admettons volontiers qu'il peut se présenter telle circonstance où il soit permis de faire usage, avec quelque profil, d'eaux minérales très médicamenteuses, et dont l'administration interne serait exclusivement ou spécialement recherchée : ainsi Contrexévilie, dans des cas de gravelle et de coliques néphrétiques; Vichy, dans des cas de coliques hépatiques, d'engorgement du foie, de vomissements, etc.

On voit qu'à nos yeux l'opportunité et la convenance du traitement thermal pendant l'hiver se réduisent à un très petit nombre d'applications, soit que l'on envisage les indications thérapeutiques, ou bien les conditions favorables aux modes d'administration. Nous ne nions pas qu'il ne fut à désirer que l'abord de quelques établissements thermaux, du genre de ceux que nous avons cités, ne fût, pendant la mauvaise saison, un peu moins inhospitalier qu'il ne l'est généralement aujourd'hui, en vue de quelques cas rares et tout à fait fortuits; mais nous ne pensons pas que l'on arrive à reconnaître l'utilité de développer de véritables installations consacrées aux traitements d'hiver.

Il est une seule condition à laquelle cette institution semble se rattacher d'une manière sérieuse : c'est celle du climat. Nous comprendrions parfaitement que l'on allât chercher, près des sources minérales de l'Algérie, des traitements appropriés, lesquels pourraient être suivis dans des conditions aussi favorables qu'ils le sont aujourd'hui en Europe, durant la saison opportune. Mais on voit aisément que la question du climat serait ici dominante, et que, pour la plupart des cas au moins, le traitement thermal ne serait plus qu'un accessoire de l'émigration.

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