H2 INJECTIONS
que les effets hyposthénisants attribués à l'hydrogène sulfuré ont été surtout remarqués, et que l'on obtient quelquefois, chez les asthmatiques, des effets sédatifs fort tranchés, mais généralement fort passagers.
Mais la présence de la vapeur d'eau ne jouerait-elle pas ici un rôle plus important qu'on ne l'a supposé? La salle d'inhalation du Mont-Dore et celle de Royat, qui ne sont point sulfureuses, mais qui offrent le type des inhalations chaudes et humides, ne fourniraient-elles point des arguments dans ce sens? Nous renvoyons cette appréciation aux articles Mont-Dore et Royat. Cependant nous pouvons dire dès à présent que les salles d'aspiration de Royat et du Mont-Dore sont avant tout pour nous de simples étuves (sudatoria).
Quanta la pulvérisation, nous ne connaissons à son sujet que quelques observations publiées par M. Sales-Girons dans l'ouvrage cité précédemment. Ces observations concernent les sujets ordinaires des applications relatives aux eaux sulfureuses, catarrhe bronchique, angine pharyngée, laryngite, phthisie, et témoignent généralement de résultats satisfaisants. La médication ayant dû comprendre, dans tous ces cas, l'emploi simultané d'un traitement interne ou externe plus ou moins complet, nous nous retrouvons en présence de la difficulté que nous avons signalée, de faire la part spéciale de chacun des moyens employés. Bien que, dans quelques-uns de ces cas, l'amélioration n'ait paru se manifester qu'alors que les inhalations sont venues s'ajouter au reste du traitement, les observations publiées jusqu'à présent sont encore insuffisantes pour nous permettre d'apprécier la valeur pratique de la pulvérisation, et surtout sa valeur comparée aux autres modes d'inhalation.
INJECTIONS. Les injections représentent, dans la plupart de leurs applications, une sorte de bain local qu'on fait pénétrer dans certaines cavités du corps au moyen d'un instrument. Toutes les eaux minérales et l'eau de mer s'emploient en injections. C'est à l'aide de seringues de métal ou de verre qu'on injecte le liquide. Dans quelques établissements, les appareils de douches, souvent doués d'une pression considérable, sont employés aux injections. Un ajutage spécial permet cette accommodation; mais on ne saurait trop blâmer une pratique dont le moindre inconvénient est de projeter avec force une colonne d'eau, de quelque petit diamètre qu'elle soit, contre des surfaces souvent très sensibles et capables de s'enflammer ou de s'altérer sous cette percussion. C'est, en effet, le plus ordinairement dans les variétés de la leucorrhée, dans les engorgements du col utérin, dans les déplacements de la matrice, que les injections sont prescrites. On les recommande encore, près des sources chlorurées sodiques, dans les maladies de l'oreille, dans certaines affections calarrhales de la vessie. On sait que, daus les cas de plaies et de
fistules, de nature strumeuse ou autre, il y a avantage à injecter une eau chargée de principes toniques ou résolutifs. Toutes ces circonstances réclament que le véritable caractère de l'injection, douce et médicatrice, lui soit conservé.
inselbad (Prusse, Wcstphalie). Près de Paderborn.
Chlorurée sodique sulfureuse. Tempér. , 18° centigr.
Eau : 16 onces. Eau: un litre.
Grains. Grain.
Chlorure de sodium 6,80 = 0,720
— de calcium 0,50 = 0,053
— de magnésium 0,25 = 0,022
Carbonate de chaux 2,50 = 0,265
— de magnésie 0,50 = 0,053
— de fer 0,05 = 0,005
Sulfate de soude 0,75 = 0,079
12,05 = 1,271 Pouc. cul). Cent. cub.
Gaz acide carbonique 0,750 = 37,5
Hydrogène sulfuré 0,375 = 18,7
Azote 2,875 = 143,7
(WlTTING.)
On signale, en outre, des traces d'iodures, de bromures^et de phosphate de potasse, de la matière extractive et de la silice. Cette source, découverte en 18M, se rencontre dans un terrain marécageux. On l'emploie en boisson , en bains et en inhalations, particulièrement dans les affections catarrhales de l'appareil pulmonaire. Établissement bien installé.
INSTALLATION THERMALE. Vov. APPROPRIATION DES EAUX MI- NÉRALES et Architecture thermale (tome I, p. 105 et 112).
intermittence des SOLRCES. Lorsque les sources minérales sont alimentées par des courants d'eau souterrains très volumineux et qu'elles sont tout à fait à l'abri des infiltrations d'eaux douces atmosphériques, leur jaillissement a lieu d'une manière continue et invariable, quelle que soit l'époque de l'année. Dans plusieurs autres, au contraire, le jaillissement n'apparaît que par intervalles plus ou moins rapprochés les uns des autres : celles qui possèdent cette singulière propriété portent le nom d' intermittent es.
Lorsqu'on se place dans le voisinage d'une source intermittente riche en gaz carbonique, et que le phénomène de l'écoulement est sur le point de se produire, on entend un bruit souterrain ayant quelque analogie avec de l'eau en ébullition ; une grande quantité de gaz apparaît d'abord, puis l'eau minérale est poussée de bas en haut par une force comme irrésistible. Le jet de l'eau minérale atteint, dès qu'il est à son maximum
d'intensité, une hauteur considérable; peu à peu il diminue, et après un temps très variable, il cesse tout à fait, pour reparaître de la même manière quelques heures après.
L'exemple le plus remarquable d'une source intermittente s'observe en Islande.
« Au grand Geysir, dit M. Descloizeaux (Annales de chimie et de physique, 18/j7, t. XIX, p. Ut\ô), dont les eaux se sont construit un bassin très régulier, en forme de tronc de cône surbaissé, les éruptions sont précédées par des détonations souterraines qu'on a toujours comparées, avec justesse, à un bruit lointain d'artillerie, et qui ébranlent assez fortement la base et les parties latérales du cône. A la suite de chaque détonation, la colonne d'eau qui occupe le canal central est soulevée, sous forme de demi-sphère, à quelques mètres au-dessus de la surface du bassin; puis tout rentre dans le calme. Ces détonations et ces soulèvements de la masse liquide se produisent assez régulièrement toutes les deux heures, et par conséquent elles sont loin d'annoncer toujours une grande éruption. Mais quand celle-ci doit avoir lieu , des détonations pins fortes et plus rapprochées que les premières se font entendre; les soulèvements de la colonne centrale deviennent de plus en plus considérables, et tout à coup une immense colonne d'eau, de 3 mètres de diamètre à sa base, s'élève dans les airs à une hauteur qui varie entre 30 et 50 mètres, s'épanouit en gerbe à son sommet, et retombe en partie dans la grande vasque, de 18 mètres de diamètre, qui forme le bassin de la source ; le reste de la masse d'eau inonde les parois extérieures du cône, et se répand dans les petits ruisseaux qui sillonnent le plateau sur lequel repose ce cône. » La durée de ces éruptions est de cinq à sept minutes, et il arrive souvent que la colonne d'eau est soulevée à 1 mètre ou lm,50 au-dessus du niveau habituel.
La source froide de Vaisse, à Vichy, est aussi intermittente. Toutes les heures à peu près, et quelques instants avant l'éruption, on entend un bruit sourd qui précède un abondant dégagement de gaz carbonique; l'eau apparaît ensuite, et jaillit pendant six à sept minutes sous la forme d'un jet de la grosseur du petit doigt, et qui s'élève jusqu'à 3 mètres. D'après un jaugeage que nous avons lieu de croire exact, il s'écoule pendant ces quelques minutes plus de 2000 litres d'eau minérale. La source du Sprudel, à Kissingen, offre non moins d'intérêt que les Geysirs d'Islande et la source de Vaisse. Ses intermittences sont visibles toutes les trois heures, et tous les phénomènes qui les accompagnent sont identiques.
Nous ne pouvons signaler toutes les sources minérales qui sont intermittentes ; partout où on les observe, le phénomène a lieu à peu près
de la même manière, et à des intervalles tantôt périodiques, tantôt variables.
La cause qui produit l'intermittence des sources est encore entourée de mystère; on s'est seulement livré à des hypothèses que nous devons faire connaîire.
On sait que quelques naturalistes anciens, pour expliquer le débit incessant des nombreuses sources, tant douces que minérales, disséminées sur la surface du globe, ont fait intervenir les eaux des mers qui, en s'infiltrant à travers les couches du sol, s'y dépouillent, en tout ou en partie, de leurs principes minéraux. L'intermittence des sources a été attribuée à la même cause : ainsi, pendant les marées basses, l'eau souterraine, poursuivant le cours qui lui est dévolu par les configurations du sol, reviendrait en quelque sorte sur elle-même, d'où résulterait pour les sources le temps de repos. Aux marées hautes, au contraire, les eaux, refoulées dans les terres par les eaux des mers, s'écouleraient au dehors partout où elles trouveraient une libre sortie.
Nous ne nous étendrons pas longuement sur le peu de vraisemblance de cette hypothèse; car si réellement les choses se passaient ainsi, la plupart des sources placées dans le voisinage des mers qui subissent le flux et le reflux, comme la Manche, seraient intermittentes; or c'est ce qui n'est pas.
On a fait jouer ensuite à la vapeur aqueuse fournie par la chaleur centrale de la terre et au gaz carbonique contenu dans les couches profondes de la terre un rôle important dans ce phénomène.
La vapeur aqueuse souterraine, par la pression énorme qu'elle subit: le gaz carbonique, par son extrême expansion; l'eau, entraînée par la force ascensionnelle, entretiennent ensemble le jaillissement de la source tant que le gaz carbonique est en grande masse. Mais si celui-ci vient à diminuer, l'eau, ne pouvant plus monter à la surface du sol, prend une autre direction, et alors tout jaillissement disparaît jusqu'à ce qu'une nouvelle accumulation de gaz carbonique vienne rétablir les choses dans leur état primitif. Cette théorie serait parfaitement exacte, si loujours le gaz carbonique faisait partie des sources jaillissantes et intermittentes comme cela a lieu à Vichy et dans quelques autres localités; mais on sait que très souvent il fait complètement défaut. Le grand (Jevsir ne déverse que de l'eau en vapeur et de l'eau minérale sans gaz carbonique; elle contient seulement par litre 2,r,^S de gaz sulfhydrique, d'après M. Descloizeaux. Ajoutons aussi que le plus souvent l'intermittence se fait remarquer dans les sources d'eaux douces qui ne contiennent (pic des quantités minimes, soit d'acide carbonique, soit d'air atmosphérique. Enfin, et à part l'eau des Geysirs, toutes les autres sont
froides ou à peu près; or la vapeur aqueuse est doue étrangère à
l'intermittence.
L'intermittence simple, c'est-à-dire celle cpii est limitée à une variation ou fluctuation régulière et périodique du débit, est le plus souvent le résultat d'étranglement, de renflement ou d'un coude simple dans le tracé de l'émissaire.
L'intermittence complète, c'est-à-dire avec temps morts dans l'écoulement, peut résulter soit d'un vide sensible, d'un renflement considérable, d'une couche perméable dans le trajet ascensionnel, soit d'un ou plusieurs coudes, ou déviations en S, soit aussi de la combinaison de ces causes.
C'est ainsi que dans les terrains éruplifs, où l'on ne rencontre le plus souvent que des filons, fentes, veines et fissures, on observe rarement l'intermittence complète. Ce cas est au contraire assez fréquent lorsque les eaux minérales arrivent au jour par des émissaires pratiqués au travers des formations stratifiées, offrant des alternances de couches perméables et imperméables. Les couches perméables ne sont autre chose que des renflements ou vides considérables interposés sur le tracé de l'émissaire, et dans lesquels, par suite de l'imperméabilité du plafond et du ravin, il y a agglomération successive d'eau et de gaz. Ce phénomène se remarque dans la Loire, dans la Limagne d'Auvergne, et principalement dans le bassin de Vichy.
Toute cause qui tend à déplacer le gaz et à rendre son agglomération plus lente dans les vides que traverse l'émissaire, a pour résultat de rendre l'intermittence plus simple, plus accentuée, ou de la faire passer à l'intermittence complète avec temps morts plus ou moins prolongés. Le contraire a lieu toutes les fois que l'on tend à produire le phénomène inverse. C'est ainsi que les puits forés du bassin de Vichy sont devenus tous plus ou inoins intermittents, avec temps morts, et que l'on a réduit ou fait disparaître ces derniers par l'étranglement de l'orifice de sortie. Aussi dans l'aménagement des sources acidulées, on doit éloigner avec soin toutes causes de dégagement de l'acide carbonique au voisinage, et éviter de s'y approfondir, soit par des puits, soit à la sonde. A la Malou-le-IIaul, M. l'ingénieur J. François a combattu l'intermittence, et ramené à l'écoulement régulier la source du sondage de 1857, par l'établissement d'une ceinture de pression hydrostatique autour de ce sondage.
Le phénomène de l'intermittence, notamment sur les eaux acidulés, présente rarement de la permanence, et reste le même aux différentes saisons de l'année. Il est très rare qu'il ne varie pas avec les conditions météorologiques. Après des pluies prolongées, après la fonte de neige ou