BAINS EN EUROPE
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(leur. Cette tentative ne paraît guère avoir été imitée jusqu’à ce que les croisades eussent changé la face de l’Occident, et, entre autres inventions importées du Levant, ramené le goût des bains et des étuves. Plus tard, avec le mouvement intellectuel de la renaissance, les eaux minérales prenaient rang parmi les objets des études sérieuses. Nous renvoyons, pour un historique qui dépasserait les bornes que nous nous sommes imposées, à la compilation de Venise, De balneis, etc., 1553. JM. Chenu a, d’ailleurs, esquissé cette notice avec talent dans son Essai pratique sur r action thérapeutique des eaux minérales (Paris, 1840). Nous n’appellerons l’attention que sur deux points. Le premier a trait à la mode des immersions prolongées qui a pris consistance en Allemagne et dont Fabrice de Hilden fait mention au xviF siècle. A Baden, on restait cinq heures dans le bain, à Loësche huit, à Pfeffers dix et plus. Montaigne a signalé et raillé cette méthode, dont l’application se continue aujourd’hui à peu près dans les mêmes localités [voy. Baden, Loesche, Pfeffers]. Enhn, une dissertation savante a été publiée par le docteur Strater (Aix-la-Chapelle, 1858) au sujet d’une estampe d’Albert Dürer quireprésente une piscine communeoccupée par des baigneurs, et qu’on a tout lieu de croire démontrant la manière de faire usage des eaux
d’Aix-ia-Chapelle au temps de Charles-Quint. L’un des figurants de ce bain public boit, tandis que les autres prêtent une oreille attentive au jeu de deux musiciens. Il est assez accrédité à Aix que l’habitude de boire les eaux minérales ne remonte qu’au xviP siècle, à l’époque où le médecin François Blondel, médecin surintendant des bains de cette ville, leur donna une habile direction et écrivit, entre autres ouvrages, une Lettre sur les prémisses de la boisson publique des mêmes eaux et les cures cquise son ws«^e(Bruxelles,l 662). LedocteurSti àter fait remarquer que l’usage intei iie de ces eaux est déjà cité dans l’ouvrage de Noppius, auteur de la Chronicque d^ Aix-la-Chapelle, en 1632, et le gobelet (ju’on voit dans la gravure de Dürer, placé devant le bassin, porte à croire qu’on buvait de l’eau minérale déjà eu 1520 [loc. cit.). L’un des baigneurs porte à la main une sorte de râteau qui rappelle la strigille des Romains et ses usages, llii’ya pas jusqu’à la représentation d’une pompe en bois munie d’un robinet, dont la destination restée indécise pourrait faire présumer qu’il s’agit d’un rustique appareil de douche. L’opinion de M. Strater à cet égard est assez probable, puis(jue Blondel, dans l’ouvrage déjà cité, exprime que les douches étaient déjà en usage à Aix-la- Chapelle depuis un temps immémorial. Quant aux bains de vapeur, ils n’auraient été introduits à Aix qu’à la fin du xviF siècle, tandis que les boutiques des barbiers-étuvistes florissaient en France sous les règnes de Louis XIII et de Louis XIV.