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BOURBON-LANCY

Il ne faut prendre cette expression de spécifique, appliquée au traitement du rhumatisme et de la paralysie, que dans le sens de spécialité d’action. Aix en Savoie aurait sans doute autant de droits que Bourbon- Lancy à revendiquer une action spécifique dans le traitement du rhumatisme, et il serait au moins singulier de voir une action spécifique se partager entre une eau sulfureuse et une eau chlorurée sodique.

l.es eaux de Bourbon-Lancy sont effectivement très spéciales dans le traitement du rhumatisme. Elles s’appliquent surtout parfaitement au rhumatisme actuellement douloureux, et sous ce rapport se distinguent des eaux d’Aix en Savoie dont l’emploi est plus difficile en pareil cas. W. Rérolle mentionne en particulier des cas où le rhumatisme (articulaire) a presque conservé la vivacité de ses premières douleurs; les fonctions s’exécutent mal, le sommeil est court et mauvais, le pouls est peu fréquent, la peau souvent chaude et sèche; état nerveux qui paraît tenir tantôt à la nature du tissu spécialement affecté, tantôt à la disposition individuelle. La spécialité formelle des eaux de Bourbon-Lancy se trouve ici parfaitement définie. Il y a un très grand nombre d eaux minérales qui sont aussi efficaces que Bourbon-Lancy dans le rhumatisme simple; il en est beaucoup, parmi les chlorurées sodiques fortes et les sulfurées, qui conviennent mieux au rhumatisme des individus lymphatiques ou scrofuleux : mais ces formes nerveuses du rhumatisme, ou encore le rhumatisme articulaire de date récente, réclament ce groupe d’eaux minérales auxquelles nous avons rattaché Bourbon-Lancy, et cette dernière station très particulièrement.

Les eaux de Bourbon-Lancy ne sont pas sans action sur les rhumatismes accompagnés de gonflement et de déformation dans les jointures; mais il en est de beaucoup plus actives. Le rhumatisme musculaire an cien et fixe leur résiste quelquefois longtemps; mais elles passent pour être d’un excellent emploi dans les rhumatismes viscéraux gastralgiques ou entéralgiques.

Nous ne pouvons que mentionner d’une manière générale l’application des eaux de Bourbon-Lancy au traitement des névralgies. Les sciatiques et les névralgies crurales paraissent y trouver, comme à Néris, une médication très efficace. Mais nous ne possédons pas de renseignements sur les ressources qu’elles peuvent offrir dans les névralgies faciales ou thoraciques.

Les eaux de Bourbon-Lancy sont encore employées dans les scrofules, dans la chlorose, dans la paralysie, la syphilis. Elles re])résentent dans ces diflérenis cas une médication hydrothérapique , à laquelle s ajoute une qualité faiblement médicamenteuse, et dans l’emploi de laquelle on tire parti de la température élevée des eaux. Nous ne saurions contester les

services qu’elles peuvent rendre elTectivement dans les circonstances qui viennent d’être mentionnées; mais nous devons faire remarquer qu’il est un grand nombre d’eaux minérales beaucoup plus directement indiquées, et certainement beaucoup plus actives, {tolu: traiter la PAUAirsiE, la Scrofule, la Chlorose ou la Syphilis [voy. ces mots]. Cependant il paraît résulter de notes fournies par M. Tellier, que les eaux de Bourbon-Lancy, prises à l’intérieur ou à l’extérieur, déterminent des phénomènes d’excitation tels que chaleur épigastrique, activité de la circulation, poussée, signes de ce qu’on appelle saturation minérale, plus prononcés et plus rapides qu’on ne devrait s’y attendre d’après leur constitution apparente. M. Rotu’reau a même cru pouvoir attribuer à ces thermes des propriétés identiques avec celles de Wiesbaden {iMsprincip. eoMX mmér, de V Europe). Mais ces diverses remarques ne nous paraissent devoir être acceptées que sous toutes réserves.

Les eaux de Bourbon-Lancy sont prises sous toutes les formes ; mais c’est le traitement externe qui domine près de cette station, comme près de toutes les eaux faiblement minéralisées : bains, bains de piscine souvent prolongés, froids, tempérés ou chauds; douches, dont on fait un grand usage; applications de conferves. On y recherche beaucoup une action sudorifique.

BOURBOI^t (île). Voy. RÉUNION (ÎLE DE LA).

BOURBO^NdE (France, Haute-Marne, arrond. de Langres). A 30 kilomètres de Langres, 60 de Nancy et de Besançon, 280 de Paris. Altitude, 277 mètres.

Chlorurée sodique. Tempér., 50'' à 58°, 75.

Le produit des sources est d’au moins 120 mètres cubes (120 000 litres).

Il y a trois sources : la fontaine de la Place ou fontaine chaude, 58», 75 ; celle des Bains civils ou du Puisard, 57°, 50 ; celle des Bains militaires, 50% jaillissant des marnes irisées qui recouvrent de puissantes assises calcaires et plus au-dessous du grès bigarré.

Eau : un litre.

— de potasse .

Chlorure de sodium. . .

— de magnésium Bromure de sodium. . . .

Silicate de soude .

Alumine .

SOÜRCE

Source

de la Place.

des Bains civils

Gram.

Gram.

(Mialhe et Figuier.)

i^I. Chevallier a également signalé des traces d’arsenic dans les boues et les concrétions de ces eaux. M^l. .Mialhe et Figuier ont rapproché la composition chimique de l’eau de Bourboniie de celle des principales sources chlorurées de .l’Allemagne, et ils ont vu que, sous le rapport de la proportion du chlorure de sodium, elle avait la plus grande analogie avec les eaux de Wiesbaden. L’eau de Bourbonne a été encore trouvée l’une des plus riches en brome.

La source de la Place, dite encore de la Buvette, est destinée pour la boisson et les bains de l’hôpital civil;' la source du Puisard, découverte depuis un petit nombre d’années à la suite d’un forage artésien dans la cour de l’établissement, alimente les baignoires, les piscines et les douches de l’hôpital civil.

Dans la cour de l’hôpital se trouve la source dite des Bains militaires, c|ui alimente la buvette, les baignoires, les piscines et les douches de l’établissement, concurremment avec l’eau de la source du Puisard.

L’établissement thermal civil contient soixante-neuf baignoires, deux grandes piscines dans lesquelles trente-six personnes peuvent se baigner a la fois, et quatre piscines plus petites pouvant recevoir chacune vingt personnes. Les cabinets de douches sont au nombre de sept.

Il y a à Bourbonne un hôpital militaire considérable, et dont l’installation thermale est très complète. On y compte cinquante-quatre baignoires et deux piscines pour les sous-officiers et soldats. Quelques baignoires sont consacrées aux bains sulfureux. Enfin un système de douches parfaiiement installées ne laisse rien à désirer pour la bonne administration du traitement thermal.

L’établissement thermal de Bourbonne appartient à l’État et est admw nistré en régie. L’hôpital militaire peut recevoir cent officiers et trois cents soldats.

Les eaux de Bourbonne ont la plupart de leurs applications communes avec certaines eaux de composition fort analogue , comme Bourbon l’Archambault ou Balaruc. Il est incontestable que, dans beaucoup de cas, dans le plus grand nombre peut-être, ces ditTér entes eaux peuvent parfaitement se suppléer les unes les autres. Mais il est fort difficile de préciser dans quelles circonstances elles doivent différer dans leur opportunité d’application. Nous nous contenterons d’exposer un résumé aussi exact que possible de la pratique de Bourbonne.

On emploie l’eau minérale en boisson, en bains, douches, étuves.

L’eau de Bourbonne est légèrement purgative, surtout lorsqu’elle est prise froide ou tiède. A sa température native , elle ne purge que si elle est prise à une dose un peu élevée, et encore cet effet n’est-ii souvent que passager, et fait-il place alors à la constipation. L’effet purgatif est

rarement recherché, si ce n’est cependant quand on veut opérer une dérivation, oucombattre une constipation aciuelle ; on a recours plus habituellement à la méthode altérante, eau très chaude et à doses fractionnées.

Prat {Mémoire sur les eaux minérales de Bourbonne, 1 H27) cherchait à caractériser ainsi la méthode diamétralement opposée, suivie à Balaruc et à Bourbonne : « ï! semble, dit-il à propos de la paralysie, qu’à Balaruc on veuille la traiter par de fortes secousses, et à Bourbonne par des mouvements doux et gradués. Là on donne l’eau comme purgative et comme lulminante; ici on n’est point fâché qu’elle purge, mais on la donne plutôt comme un altérant. Là on emploie une très grande chaleur, ici on la craint et on la ménage, trop peut être... » On reconnaîtra aisément, à l’article Balabüc, que la pratique attribuée à cette station n’y est plus usitée aujourd’hui ; mais ce passage nous donne une idée assez exacte de la pratique traditionnelle de Bourbonne. Cependant on administre les bains a Bourbonne à une température assez élevée. iM. Gabrol appelle tem:pérés les bains de 31” à 36- les bains vont donc

jusqu’à 40» et même 42«. L’eau minérale s’emploie encore en bains par^ tiels, en lotions, en injections, dans les ulcères, les abcès fistuleux, en collyres. Les douches sont bien administrées et très employées, mais sollicitent, comme le reste de l’établissement thermal, un remaniement complet. Des étuves sont situées sur l’émergence même de la source, et la température y varie de 42» à 50». Les boues sont employées en cataplasmes, sans qu’une grande importance paraisse être attachée à leur usage.

l-es maladies le plus habituellement traitées à Bourbonne se rattachent la plupart, comme à Bourbon-rArchamhault, aux .scrofules, aux paralysies et au rhumatisme. Les maladies des os tiennent une grande place dans les relevés laits auprès de cette station : mais il faut les considérer comme dépendant, la plupart du temps , de la diathèse .scrofuleuse. Lependant il laut encore ajouter les suites de blessures, de blessures de

gueire en particulier, presque toutes par armes à feu, ou d’accidents comme fractures ou luxations.

Les eaux de Bourbonne conviennent parfaitement au traitement de la scrofule. On peut même s’étonner qu’elles ne possèdent pas à ce suiet une notoriété plus formelle. Si l’on faisait en France, comme on le fait en .\llemagne, recourir aux eaux chlorurées sodiques dans tous les cas de scrofule qui les réclament, il e.st présumable que Bourbonne ne serait pas moins recherché que Nauheim ou Kreiiznach. Mous renvoyons du reste aux articles Bouhbon-l’ Archambault, Scrofule, pour éviter des répétitions. Quant aux maladies .les os, ftl. Cabrol recommande de n’employer le traitement thermal que lorsque l’ostéite suppurante et

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la carie sont superficielles, ou quand la nécrose est limitée. Mais c’est surtout contre l’ostéite simple, non suppurée, que les eaux de Bour~ bonne ont une activité résolutive (Cabrol).

Les eaux de Bourbonne, employées dans le traitement des anciennes blessures, ravivent les plaies, les fistules atoniques, en amènent la cicatrisation, hâtent et facilitent l’issue des esquilles, des corps étrangers. Nous doutons qu’il faille précisément pour cela leur attribuer une action directement cicatrisante. M. (Cabrol signale à ce sujet une observation intéressante : c’est que les ulcères consécutifs à la pourriture d’hôpital sont infailliblement aggravés par l’eau minérale, au moins par son contact, qu’il suffirait d’éviter sans interrompre nécessairement le traitement.

Les eaux de Bourbonne sont employées à la suite des fractures, comme propres à hâter la résolution des engorgements qui persistent souvent à leur suite, et à rendre au membre le mouvement et la force. Mais on a supposé qu’elles exerçaient une action ramollissante sur le cal, alors que celui-ci n’avait pas encore parcouru sa complète évolution, et on les a accusées de favoriser de nouvelles fractures et l’incurvation vicieuse du cal (Magislel, Essai sur les eaux de Bourbonne, Î828). Cette question importante ne nous paraît pas encore avoir été suffisamment étudiée. Les assertions de Villaret [Annales de la Société dliydrologie médicale de Pards), et de M. Cabrol, portent à croire que le Conseil de santé s’était un peu hâté en adressait une instruction relative aux envois de fractures récentes à Bourbonne. Cependant c’est une question qu’il ne faut juger légèrement dans aucun sens; elle est complexe du reste. Il faut tenir compte, entre autres choses, des diathèses, de la partie hydrothérapique du traitement, etc. [voy. Cal].

Le traitement de la paralysie ne se fait pas exactement d’après les mêmes procédés, à Bourbonne et Bourbon-l’Akchambaült [voy. ce mot]. On a vu qu’à Bourbon, les hémiplégiques sont réclamés à une époque très rapprochée de l’APOPLiîXtE [voy. ce mot]; à Bourbonne, au contraire, on professe qu’il faut attendre qu’une jtremière période, pleine de périls, soit dépassée. A Bourbon, le traitement des paralytiques se fait avec une certaine hardiesse, on emploie le bain à température assez élevée; à Bourbonne, au contraire, le traitement est dirigé avec de très grandes précautions. Plus les sujets sont jeunes et sanguins, dit M, Renard, plus on doit se tenir en garde contre l’action excitante de l’eau de Bourbonne, à l’intérieur surtout. Les bains à douce température et peu prolongés peuvent être considérés comme une préparation utile à l’action de la douche, qui est ici la forme la plus efficace de l’administration de ces eaux. Le malade la reçoit tantôt couché sur un lit de sangle, et tantôt assis; ce dernier mode est préféré, dans le cas où la

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