‹ Dictionnaire général des eaux minérales et d'hydrologie médicaleChapitre 150 sur 259 · CARBONIQUE (ACIDE). 37 T · texte numérisé non relu

CARBONIQUE (ACIDE). 37 T

spontanée de riuimus eulu lignite situés dans le voisinage des sources,

La décoiuposilion particulière qu’ont subie les végétaux antédiluviens, dit 31. Liebig, et qui consiste en une séparation progressive d’acide carbonique, paraît encore continuer à une grande profondeur dans toutes les couches de lignite; du moins il est assez remarquable que, depuis le mont Meissner, dans la Hesse électorale, jusque vers l’Eifel, près de Coblenlz, où les bancs de lignite sont très fréquents, on voit partout venir des sources acidulés. Ces sources prennent naissance aux endroits mêmes où les eaux douces, surgissant des étages inférieurs, rencontrent l’acide carbonique, qui émane des parois latérales.

Le fait est bien prouvé. Dans les environs des lignites de Salzliaussen, on remarquait, il y a quelques années, une excellente source acidulé dont tous les habitants faisaient usage; on commit l’erreur de la garnir de grès et de murer ainsi les ouvertures latérales d’où se dégageait l’acide carbonique; depuis ce moment, on n’obtint plus que de l’eau douce.

C’est également à une petite distance des lignites de Dorheim que prend naissance la source minérale de Schwallieim, si riche en acide carbonique. (Liebig, Iraüé de chimie organique, introduction, page LXii.) Mais on doit aussi tenir compte, dans les sources minérales, de l’acide carbonique que leur apportent les eaux pluviales. C’est le cas, par exemple, des sources qui sont plus directement alimentées par les eaux atmosphériques, comme dans les terrains modernes.

L’acide carbonique est l’un des éléments les plus constants des eaux minérales : c’est à peine si, en France, on connaît cinq ou six sources qui en soient complètement privées : de ce nombre sont les eaux d’Auleuil près Paris et du Crol, situé, dans le département de l’Aveyron. La proportion est extrêmement variable : à peine appréciable dans les eaux sulfurées sodiques qui le renferment toujours à l’état de carbonate neutre, elle est plus abondante dans les eaux sulfurées calciques, où il existe mélangé avec l’acide sulfbydrique et en combinaison avec les bases alcalines et terreuses. Il faut toutefois en excepter les eaux sulfurées sodiques du groupe du Canigou (Pyrénées-Orientales) comme Amélie-les- Bains, la Preste, Yinça, le Vernet, dette, Tbuez, Saint-Thomas, etc., qui toutes contiennent une plus grande quantité d’acide carbonique que les sources des Hautes-Pyrénées: c’est ce qui avait fait supposer à Longchamp que dans l’eau de ces dernières, la soude existait à l’état caustique. 31. Jules François explique cette différence entre des eaux si identiques en apparence, de la manière suivante. Le Canigou est plus récent que la chaîne des Pyrénées, et il a observé que, parmi les eaux bicarbonatées, l’abondance du dégagement de l’aCide carbonique était, en règle générale, d’autant plus grande, que les roches éruptives (pluto-

CAHBONIOUR (ACIDE .

niques OU volcaniques) congénères de ces eau v, c’est-à-dire en rapport de voisinage, étaient plus récentes. Ces observations ont une importance caractéristique, sous le rapport de l’origine et du gisement des eaux mi nerales; car dans un très grand nombre de cas, c’est par les cheminées naturelles, dues aux roches cristallines et éruptives en général, qu’émergent ces eaux et que se font jour les dégagements d’acide carbonique. Presque toutes les eaux minérales chlorurées et sulfatées sont chargées , d acide carbonique et de bicarbonates, à ce point que souvent les auteurs ont hésité dans le classement de certaines eaux qui sont

minéralisées autant par les sulfates et les chlorures que par les bicarbonates.

//acido carbonùiue fonne la base d’une classe nomi, reuse d’eaux minérales désignées sous les noms A'eaux acidulés, de hicarhonaUks acuhdes, n simplement A'eaux bicarbonatées. C’est à sa présence (ine qnclrjues mal, è, es minérales peu solubles doivent d’élre entraînées sur n sol en parfaite dissolution, comme les carbonates de chaux, d(‘ magnésie, de fer, de manganèse et de strontiane.

Pa proportion de l’acide carbonique dans les eaux minérales a le plus grand rapport avec la nature du sol d’où elles sourdent. Ainsi on remarque que celles qui jaillissent des lorrains primitifs et de Irausilion sont plus chargées de gaz carbonique libre que les eaux des terrains sedmienlaires inférieurs, moyens et siipéiieurs. Aussi les eaux minérales chargées de ce gaz se montrent-elles de préférence dans les formations ou s observent les porphyres, les trachyles, les basaltes et les laves (Auvergne, Vivarais, Cantal, Ardèche, Cévennes septentrionales etocci- (entales, vallee (lu Rhin, Taunus, Deux-Ponts, etc., etc.;. Ce fait est surtout caractérisé et développé pour les formations cristallines (Puyde-Dôme, Cantal, Cévennes occidentales, vallée de l’Ailier, etc.). Dans ces formations, les eaux acidulés et les mofettes d’acide carbonique se

manifestent également dans les filons métalliques : les mines de Ponl- Cibaud en sont un exemple frappant.

begaz cm boniqiie, lorsqu’il est en abondance dans les eaux et mélangé avec les éléments de I air, s’annonce par des dégagements tantôt incessanls, tantôt intermittents. Dans le premier cas, l’eau semble comme en ébullition, et elle est soulevée à plusieurs centimètres au-dessus de la surface de la source; dans le second cas, on voit des perles du volume le plus variable venir se dissiper la surface du liquide. fVov. Intep,- MITl’EINCli DES SOURCES. I

Pes peisonnes qui lésident pi'ès de.s sourct's ont ou souvent l’occasion < O teerver que les dégagements d’acide carbonique subissaient l’inlluence I e atmos|)here. Ainsi loisque les orages sont prochains, le bouillonne-

Page 1