CAUTERETS
1” L’extension des Bains des Espagnols en rem placement du bain Bruzaud ;
2° La création d’un bain des indigents et d’un hospice civil;
3° La construction d’une nouvelle buvette de César ;
^1° La création d’un nouveau bain de premier ordre, alimenté par les sources du groupe des Œufs;
5° Le déplacement du bain du Bois.
(f Gauterets, dit M. Drouhet, par le nombre et la variété de ses sources, semble réunir comme un spécimen de toutes les eaux minérales des
rénées: par la graduation de leur force, de leur ihermaÜté et de leur minéralisation, celles-ci paraissent devoir répondre à tous les besoins de la thérapeutique; à côté des groupes des sources sulfureuses, se trouvent des eaux (la Saline, Rieumizet), des eaux alcalines [Bruzaud),
spécifiques RaiU'ere, César vieux, Mahourat); leurs modes d’administration sont très variés et très complets ; enfin situées dans un beau climat, leur action se fortifie nécessairement des influences hygiéniques les plus favorables . » Cette appréciation générale de la station
de Gauterets est fort exacte, à cela près de la qualiücation de spécifiques appliquée à certaines sources, et, ce qui ne se comprend guère, en opposition apparente avec celle de sulfureuses . Nous reviendrons plus loin sur cette question de spécificité.
Quoi qu’il en soit, ce qui distingue particulièrement la station de Gauterets, c’est la multiplicité et la variété de sources de même nature, mais de nuances et, par suite, d’applications différentes. Beaucoup moins rapidement altérables que les sources de Ludion et d’Ax, surtout si elles se trouvaient plus complètement aménagées, et utilisées plus près de leur émergence, ces nuances appartiennent plus en propre à chacune d’elles; ce qui établit certainement une différence notable entre Gauterets d’une part, et d’une autre part Luchon , Ax, et les sources des Pyrénées- Orientales.
Les eaux de Gauterets sont fort usitées en boisson ; on les administre également en bains, et plus communément peut-être que celles de plusieurs autres sources affectées comme elles au traitement des affections thoraciques. L’usage des demi-bains est surtout assez particulier à la pratique de (îauterets; ces demi-bains sont mieux supportés, dans les cas auxquels nous venons de faire allusion, que les bains entiers, et semblent exercer une action révulsive assez notable. Ges eaux s’administrent encore sous forme de douches, de gargarismes, d’injections, de pédiluves, d’inhalations; ce dernier mode très imparfait, du moins jusqu’à l’installation nouvelle, est en voieaciuelle d’exécution.
Nous n’avons pas h nous arrêter ici sur le mode d’action des eaux de
GAUTERETS. 4,q3
Cautereis. Ces eaux sont propres à servir de type à la rnédicalion sulfureuse, et tout ce que l’ou peut dire à propos et de l’excitation et des propriétés spéciales qui caractérisent à la fois la médication sulfureuse, s y applique parfaitement. Nous renverrons dotic à l’article SuLFunEUSEs (eaux), pour nous en tenir uniquement à l’exposé de la pratique de Cauterets.
Nous rangeons dans l’ordre suivant les applications thérapeutiques de ces eaux, en commençant parles plus spéciales: maladies catarrhales de V appareil respiratoire, maladies de la pjeau, rhumatisme, affections utérines, scrofules, syphilis.
Le traitement des affections catarrhales de l’appareil respiratoire joue un rôle coiEsidérable dans les applications spéciales des eaux de (iautercls, et de l’une des sources de Cauterets en particulier, la Ilaillèrc. C’est au sujet de celte dernière que le mot de spécificité est souvent pi ononcé, et que NL Drouhet, à propos de résultats fort intéressants obtenus dans un cas de phthisie pulmonaire, s’exprime ainsi : « Quelle autre médication auraitpu, dans un même temps donné, remplacer cette source, et eût procuré une amélioration aussi importante? » Nous connaissons parfaitement rexcellenle application que l’on peut faire de l’eau de la Ilaillèrc dans les cas de ce genre; mais nous ne connaissons rien qui soit de nature à légitimer l’idée de spécificité ou de supériorité absolueque l'on croit pouvoir y attacher. Les Eaux-Bonnes, Amélie, Allevard, etc., Ems, le Mont- Dore, pourraient en revendiquerautant : il n’est pas un effet thérapeutique obtenu à la Raillère qui ne puisse s’observer ailleurs. Il n’y a donc rien là de spécifique; il y a une excellente médication, mais que rien ne distingue d’une manière absolue. iNarmi les autres sources, sulfureuses en particulier, que revendiquentdes applications du même genre, la Raillère viendrait à disparaître, que Cauterets ne cesserait assurément pas pour cela de convenir au traitement des affections qui nous occupent.
Le point important serait de spécifier les différences d’apj)lication qui peuvent exister entre la Ilaillère et les autres sources sulfureuses qui sont employées dans le catarrhe ou la phthisie pulmonaire. M. Fontan affirme que la source Vieille des Eaux-Bonnes et la Raillère de Cauterets n’ont point leurs analogues, dans les Pyrénées, pour l’action que ces deux sources exercent sur les affections tuberculeuses de la poitrine, et notamment sur l’état de tuberculisation au premier degré, avant le ramollissement ; tandis que les autres eaux sulfureuses des Pyrénées, et notamment les eaux de Ludion, seraient excellentes dans les autres affections de la poitrine et du larynx, surtout dans les bronchites et laryngites granulées, les anciennes pneunomies et pleurésies [Rech. sur les eaux min, des Pyrénées^ 1853, p. Al 2). Cette exclusion d’Amélie et du Vernetj
CAUTEllETS.
sans |)arler du rosie, cst-olle bien légilime? L’expérience le déoionlrera sans doute. Le même auteur ajoute que la Raillera, élaut bien moins active et moins excitante que les Eaux-Bonnes, convient aux personnes un peu pléthoriques, et ces dernières aux lymphatiques. Voici une indication dont on tiendra compte. M. Drouhet dit que, si les eaux de la Raill'ere paraissent moins disposer que les Eaux-Bonnes à rhypércmie pulmonaire, l’usage que l’on y fait de demi-bains un peu chauds n’y est pas étranger. Les eaux de la Raill'ere conviennent à merveille dans une foule d’affections superficielles, mais fort tenaces, du pharynx ou du larynx. Elles réussissent très bien à dissiper celte disposition congestive ou inflammatoire du larynx ou des bronches, qui ramène des enrouements ou des rhumes fréquents. Elles seraient également applicables à la bronchite nerveuse, avec petite toux sèche, continue, apyrétique, le plus souvent sans expectoration (Drouhet). Quant à leur portée dans le traitement de la phthisie, nous renverrons, pour cette appréciation, aux articles Phthisie et Sulfureuses (eaux).
Les eaux de Cauterets conviennent dans le traitement des maladies de la peau, alors que les eaux sulfureuses se trouvent indiquées. Elles partagent avec Luchon l’avantage d’offrir à ces maladies une médication liés variée, facilement applicable à toutes sortes de cas; mais nous ne voyons rien qui les en distingue [voy. Peau (maladies de la)]. Les eaux de Cauterets, avec leur température élevée et leur sulfuration notable, sont excellentes dans le traitement du rhumatisme, surtout chez les lymphatiques, et quand il convient d’agir vivement sur la peau ; rien qui ne se rencontre du reste près de toutes les sources notablement sulfurées et thermales à la fois.
Les maladies propres aux femmes trouvent souvent à Cauterets une médication fort |)récieuse. Nous ne nous arrêterons pas à la chlorose, aux leucorrhées simples; la médication excitante, (tue l’on peut varier ici à volonté, les modes divers d’administration, les conditions hygiéniques qui se trouvent rassemblées, représentent un ensemble très favorable dans les cas de ce genre, et qui nous paraît généralement très supérieur à ce que l’on peut rencontrer près des stations ferrugineuses même les plus notables. Mais c’est surtout dans les métriles chroniques (engorgements, érosions, etc.), que ces eaux peuvent rendre de grands services. Rieumizet, le Petit- Saint- Sauveur , Bruzaud surtout, s’accommodent parfaitement à ces cas nombreux, où les propriétés générales de la médication thermale, ou les propriétés plus spéciales de la médication sulfureuse, sont recherchées, mais ne peuvent être tolérées que si elles se trouvent dépouillées de leur élément excitant [voy. Utérus (maladies de l’)].